‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 190 sur 472 · ENDOCARDITE · texte numérisé non relu

ENDOCARDITE

L'inflammation de l'endocarde et des \al\ nies, appelée endocardite, est plus commune elle/ les enfants (pie cbe/. les adultes, mais elle est rare chez le DOUVeau-né. BOLCMUT. — KOUV.-NÉS. — 7e LUIT. 'JO

Elle s'observe comme maladie primitive ou comme complication très-fréquente du rhumatisme, de la diphthéritc et du croup, de la chorée sans rhumatisme, de la scarlatine ou de la variole, de la fièvre typhoïde, de la méningite, delà pneumonie, de l'angine couenneuse, de l'érythème noueux et de tout état fébrile prolongé, .l'en ai observé plus de trois cents cas sur le cadavre (1). Qu'on dise après cela q uec'eM une alïcction rhumatismale, si on l'ose.

Elle occupe presque toujours le cœur gauche, et, dans ce côté, l'orifice auriculoventriculaire plutôt que les valvules de l'aorte. Mais j'en ai vu un certain nombre de cas sur la valvule tricuspide. — On l'observe à Vétat aigu et à Yélat chronique.

Elle produit l'épaississement de la valvule mitrale ou tricuspide, dont les tendons, augmentés de volume, sont un peu raccourcis, et dont les bords tuméfiés forment un bourrelet rouge plus ou moins épais, avec ou sans végétations fibrineuses. C'est l'Endocardite végétante. Le même épaississement, avec rougeur, existe aussi quelquefois sur les valvules de l'aorte ou de l'artère pulmonaire. De plus, il y a souvent des thromboses ou caillots auriculo-ventriculaires cruoriques , en partie décolorés ou tout a fait fibrineux.

Quand il existe des végétations fibrineuses, ce sont de petites aspérités, arrondies ou frangées, du volume d'une tête d'épingle au volume d'une petite noisette. Une fois j'ai vu des végétations de ce genre, molles, friables, dentelées, ayant laissé échapper une partie de leur substance, ce qui avait produit de nombreuses embolies du cerveau et des autres viscères (-2».

S'il n'y a que raccourcissement des tendons de la valvule mitrale, il y a insuffisance mitrale ; mais s'il y a des grosses végétations, il en résulte un rétrécissement du même orifice.

Quand l'endocardite végétante eccupe l'orifice aortique, les valvules sigmoïdes sont épaissies, rougeàtres, surtout à leur bord libre. Elles sont quelquefois adhérentes a leur extrémité d'attache, ce qui produit le rétrécissement aortique.

Y l'état chronique, il y a également rétrécissement ou insuffisance de l'orifice aortique et de l'orifice mitral, mais les valvules ne sont pas rouges. Elles ne sont qu'épaissies, blanchâtres et couvertes des végétations polypiformes dures, dont je viens de parler. A l'état aigu il n'y a pas d'hypertrophie du cœur, mais i! y a souvent myocardite. Ce n'est que dans l'état chronique qu'il se forme quelquefois de l'hypertrophie ventriculaire.

Symptômes». — L'endocardite aiguë s'accompagne de fièvre modérée, et si elle se développe dans le cours du rhumatisme articulaire aigu, elle entretient la fièvre et prolonge les douleurs.

Quand elle se développe avec les maladies aiguës, elle est presque toujours latente, c'est-à-dire sans fièvre, et trouble peu les fonctions.

Si elle apparaît d'emblée, et a pris une certaine importance, elle produit la fièvre, l'état saburral de la langue, l'inappétence, un peu d'impulsion au cœur, quelquefois du frémissement vibratoire, pas de matité précordiale, et un bruit de souffle au premier bruit du cœur.

Si le souffle du premier bruit est a la base du cœur en dedans du mamelon, c'est qu'il y a rétrécissement de l'orifice aortique; si, au contraire, il est en dehors du mamelon vers l'aisselle et descend à la pointe du cœur, il y a insuffisance mitrale.

Les poumons restent généralement à l'état normal, ainsi que le foie et les reins, si l'endocardite est peu intense ; mais dans les cas graves il y a de la congestion des

(1) Bouchât, Recherches sur VEniocardite végétante (Gazette des hôpitaux), 1875. 2 Bouchut, Gasette des hôpitaux, I8G9.

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