CHAPITRE VI
PÉRICARDITE
L'inflammation du péricarde est aussi fréquente que les autres inflammations du cœur chez les jeunes enfants. Elle n'est pas moins difficile a constater pendant la vie. On ne la reconnaît guère que sur le cadavre, à moins qu'elle n'ait été trèsconsidérable.
Au contraire, cette inflammation est assez commune chez, les enfants plus âgés. et elle se montre alors d'une façon primitive ou comme maladie secondaire dans le rhumatisme articulaire aigu. On peut dire alors que le rhumatisme se porte à l'intérieur et se fixe sur le cœur, de même qu'il peut se placer sur les méninges et donner lieu à un rhumatisme cérébral.
Causes. — Billard, qui, chez le nouveau-né, a vu sept périeardites bien caractérisées, considère cette maladie comme le résultat de l'activité plus grande survenue dans les fonctions du cœur lors de l'établissement de la circulation indépendante. J'en ai vu un cas chez un enfant d'un mois mort d'érysipèle et de péritonite, ïhore en a observé un autre dans des conditions à peu près analogues : L'enfant avait, en même temps, une péritonite et une double pleurésie.
Dans la seconde enfance elle résulte du rhumatisme articulaire aigu qui se porte sur le cœur, de la scarlatine pendant la convalescence, de la diphthérile et de quelques maladies aiguës.
Lésions annioniiques. — Sur les enfants qui meurent, on trouve dans le péricarde un épanehement séro-albumineux et sanguinolent, des flocons blanchâtres adhérents a la surface du cœur et des brides très-légères entre les deux feuillets de l'enveloppe de l'organe.
Le péricarde et la surface du cœur sont «le siège d'une injection pinson moins considérable, de pétéchies nombreuses et de fausses membranes adhérentes, quelquefois très-compactes, épaisses et très-étendues dont la surface libre est rugueuse, chagrinée, comme dans la péricardite des adultes.
Dans un cas chez un sujet atteint d'angine diphthéritique, j'ai trouvé la plus remarquable péricardite tuberculeuse qu'on puisse rêver. Tout le péricarde pariétal et
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viscéral étail semé de granulations niiliaires grises assez grosses avec des adhérences
partielles des deux feuillets et sans aucune goutte de liquide épanché.
Symptômes. — Quand la périeardite est exempte de complications et qu'elle existe seule, lesenfants nouveau-nés, d'après ce que dit Billard, paraissent éprouver de vives douleurs : ils ont le cri pénible, la respiration gênée et quelquefois suffocante; la figure est grippée ; les muscles de la face semblent se contracter continuellement. Quelquefois des mouvements coimilsifs viennent agiter les membres.
Dans la seconde enfance ils ont de la fièvre, de la gène respiratoire, du frottement péricardiquc qui disparaît avec la formation de l'épanchement, de l'affaiblissement des bruits du cœur qui s'éloignent de l'oreille et qui peuvent disparaître, un défaut d'impulsion cardiaque et enfin une matité de 8 à 12 centimètres carrés à la région précordiale.
Diagnostic. — Billard dit, avec raison, qu'il est difficile de reconnaître la péricartide des nouveau-nés. Le pouls, la percussion et l'auscultation ne fournissent point de caractère spécial; et comme les enfants meurent très-rapidement, c'est seulement à l'autopsie que le diagnostic peut être formulé.
Chez les enfants plus âgés le diagnostic est plus facile, car les symptômes sont ceux de la périeardite chez l'adulte. On observe alors un bruit de frottement assez prononcé, puis l'affaiblissement des bruits du cœur, leur entière disparition lorsqu'il y a épanchement et alors une matité péricardiale très-étendue.
C'est une maladie très-grave et qu'on a tout lieu de croire toujours mortelle chez les nouveau-nés, mais à une époque plus avancée de la vie elle guérit aisément.
Traitement. — Au début de la périeardite, des ventouses sèches, des sangsues et des ventouses scarifiées ; quelques jours après, des vésicatoires volants, du sirop de digitale, delà vératrine, 5 à 15 milligrammes, le repos au lit et la diète lactée sont les moyens à employer contre cette maladie. .Mais si l'épanchement est trèsconsidérable et qu'il menace d'entraîner la mort par suffocation, il faut faire la ponction du péricarde avec le bistouri, ou avec un trocart et faire l'opération dans le quatrième ou cinquième espace intercostal sur le bord du sternum. — Je préfère la pond ion aspiratrice avec un trocart capillaire, et si le liquide se reproduit, on recommence la ponction. J'ai une fois fait ainsi sept ponctions au même enfant.