‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 209 sur 472 · ANGINES · texte numérisé non relu

ANGINES

livre (1) pour établir que l'angine ulcéreuse ou ulcère syriaque d'Arétée, l'angine dite maligne et l'angine gangreneuse n'existaient pas. Pensant que toutes ces maladies nm formaient qu'une seule produisant toujours des fausses membranes sur la muqueuse de la gorge, il soutint que ce qu'on prenait pour des eschares, c'est-à-dire des fragments de gangrène, n'était que des fausses membranes noircies par le sang; que les ulcères des amygdales n'étaient qu'une conséquence de l'affection couenneuse, et enfin, que la production de fausses membranes caractérisait la nature de ces angines. Il vit, de plus, que des productions semblables se produisaient simultanément sur la peau garnie d'épiderme, qu'une sorte d'empoisonnement pouvait en être la conséquence, enfin qu'elles avaient une forme épidémique, et il en conclut que c'était là une maladie générale, presque virulente. De là le nom de diphthérile (de foyôépa, membrane), donné aux maladies caractérisées par la présence de fausses membranes, et substitué à celui d'angine maligne, gangreneuse.

Cette généralisation faite d'après le seul caractère anatomique de l'existence d'une fausse membrane n'est pas exacte, et la simplification de l'histoire des angines qui repose sur ce caractère est fort contestable.

En effet, malgré l'étymologie grecque, toutes les maladies couenneuses ne sont pas de la diphthérite. Toute phlegmasie de la peau et des muqueuses peut donner lieu à une apparition défausses membranes. Dans la stomatite ulcéro-membraneuse, dans les apbtbes, dans l'angine scarlatineuse, dans la pneumonie fibrineuse, à la surface des ulcères, des vésicatoires et des cautères, à la surface des brûlures, il existe très-souvent des fausses membranes, sans qu'il y ait d'état général diphthéritique, ni d'empoisonnement à craindre. Chez un individu sain, et devant rester sain, j'ai très-souvent produit à ma volonté, par la vésication, des fausses membranes qui n'ont rien eu de dangereux. Il est donc impossible de dire que toutes les inflammations pelliculaires ou couenneuses sont la conséquence d'une maladie générale. Ce point de départ anatomique est essentiellement faux, car il conduit à admettre des maladies couenneuses sans diphthérite, c'est-à-dire, en parlant grec, de la diphthérite sans diphthérite, déplorable confusion qu'il faudrait pouvoir éviter.

D'autre part, en niant l'existence des angines ulcéreuses malignes ou infectantes et des angines gangreneuses admises jusque-là, pour les faire rentrer dans une seule espèce d'angine dite couenneuse constituant la diphthérite, Bretonneau a méconnu un grand nombre de faits d'angines gangreneuses et malignes qu'il faut aujourd'hui réintégrer, et l'unité morbide faite aux dépens de ce qui existait par le rapprochement forcé des angines ulcéreuses et gangreneuses ne saurait être reconnue. C'est une simplification inacceptable.

Reprenant doue dans L'histoire des angines ce qu'on a eu tort de vouloir Paire oublier, ei convaincu par de nombreuses observations personnelles que l'ulcère syriaque ou angine ulcéreuse et que L'angine gangreneuse et maligne existent encoreaujourd'hui sans production de fausses membranes dans la gorge, j'admettrai parmi les angines de l'enfance :

l " L'angine tonsillaire catarrhale :

2e L'angine tonsillaire phlegmoneuse ;

'•\ L'angine couenneuse simple ;

i ■" L'angine gangreneuse :

5" L'angine couenneuse maligne ou diphthérile.

(h Bretonneau, Recherches sur l'inflammation spéciale du tissu muqueux, cl en particulier sur la iipMhérite. Paris, 1826.

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