CORPS ÉTRANGERS DU PHARYNX
Yoici un curieux exemple de corps étranger du pharynx, observé par le docteur Adam chez un enfant de huit mois. Il s'agit d'une portion d'étui arrêtée dans l'arrière-bouche et d'aiguilles éparpillées dans le pharynx.
i ï) Voyez Scrofule.
STOMATITE. 5±")
Observation I. — Je fus appelé, dit M. le docteur Adam (de Chaumont eu Vexin), auprès d'un enfant âgé de huit mois. Sa mère, ayant à s'absenter, l'avait couché et lui avait laissé sou étui plein d'aiguilles comme un jouet pour l'amuser. Quand la mère rentra, elle trouva son enfant sans mouvement et pouvant à peine pousser quelques soupirs ; voyant d'un autre côté des aiguilles éparses çà et là sur le lit avec un des bouts de l'étui, elle devina le malheur qui était arrivé ; elle n'eut que la force décrier et s'évanouit.
Quand j'arrivai, je trouvai l'enfant presque asphyxié, la face bleuâtre et la bouche pleine d'écume sanguinolente ; lui ayant ouvert la bouche, je portai le doigt indicateur dans l'arrière-bouche et touchai distinctement plusieurs aiguilles. Comme il n'y avait pas à attendre, je procédai immédiatement à leur extraction. Avec les deux doigts index et médius de la main gauche, j'abaissai fortement la mâchoire inférieure et la langue dans toute son étendue, puis saisissant des pinces à anneaux de la main droite, j'allai à la recherche des aiguilles qui se trouvaient fichées sur la voûte palatine, sur !a base de la langue et sur les différentes parois du pharynx ; malgré le peu de lumière que donnait une mauvaise chandelle, malgré l'écoulement de sang, je parvins à extraire cinq aiguilles l'une après l'autre ; il en restait une sixième horizontalement située et fixée une extrémité dans la base de la langue et l'autre extrémité dans la paroi postérieure du pharynx ; Taisant alors une forte pesée sur l'extrémité fichée dans labase de la langue, je pus dégager l'autre et retirer l'aiguille sans la briser.
Il ne restait plus d'aiguilles, et cependant l'enfant ne revenait pas. Comme d'ailleurs on n'avait pu retrouver la partie manquante de l'étui, je pensai que ce corps étranger pouvait bien s'être arrêté au fond de l'arrière-gorge, ou même dans l'œsophage. En face d'une mort imminente, je songeai d'abord à la trachéotomie; mais, avant de recourir à cette ressource extrême, je portai encore une fois la pince le plus loin possible ; je sentis un corps résistant, et saisis le rebord de l'étui qui fut immédiatement extrait. Des insufflations et les différentes pratiques usitées contre l'asphyxie furent mises immédiatement en usage. L'enfant revint peu à peu, et quand la respiration se fut rétablie, il vomit à plusieurs reprises du sang caillé mêlé à des mucosités.
Trois jours après, l'enfant se livrait à ses jeux comme par le passé ; il était guéri.