CHAPITRE X
ATHREPSIE
L'athrepsie (de ? privatif, et rpfywje nourris) n'es! pas plus une maladie (pie la dyspepsie, que la phthisie, que l'atrophie, que la dystrophie, etc. C'est un symptôme et rien de plus.
Ce nVst pas à une époque de localisation anatomique où la science repousse les entités morbides de phthisie, de boulimie, de vomissement, de céphalalgie, etc., pour rapporter ces symptômes à une altération organique déterminée, qu'il est possible de remplacer celui de gastro-entérite chronique, bien connu avec toutes ses conséquences, par un mot nouveau impropre. En effet athrepsie veut dire absence de nourriture. Or, il n'y a pas chez ces enfants d'absence de nourriture, il y a seulement mauvaise nourriture. C'est donc cacothrepsie qu'il aurait fallu dire, comme on disait jadis cacochijmie et cachexie. Mais laissons ce mot malheureux qui n'exprime pas une idée et qui indique seulement le symptôme d'amaigrissement et d'altération de tous les tissus superliciels et profonds produit par la gastroentérite et par toutes les maladies chroniques de l'enfance. Voyons la chose. L'auteur de cette innovation du vocabulaire médical a voulu décrire la dyspepsie des nouveau-nés, c'est-à-dire la gastro-entérite aiguë et chronique avec leurs conséquences d'ulcération des fesses et des malléoles, de muguet, d'ulcération de l'intestin, d'apoplexie pulmonaire et cérébrale par suite d'une stéatose générale de tissus, qui est l'effet de la phthisie gastro-intestinale. Il décrit même l'athrepsie foudroyante qui est l'entérite cholériibrme. Or, j'ai décrit le muguet, la diarrhée chronique, l'entérite aiguë, le choléra infantile, l'entéro-colite chronique, etc., dans autant de chapitres distincts, et ce serait me répéter inutilement que de recommencer la description de choses bien connues. Ce serait toujours la même chose sous une étiquette différente, et il n'y aurait nul profit pour le lecteur. Que l'on consulte donc les chapitres que je viens de citer et cela sera très-suffisant.