‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 265 sur 472 · MORT SUBITE OU RAPIDE · texte numérisé non relu

MORT SUBITE OU RAPIDE

Bajon. Négresse, coma, mort (1). — Courbon-Pérusel. Observations sur les vers lombrics (2). — Ebermaier. Enfant , mort inopinée avec les convulsions ; autopsie judiciaire, tous les organes sains, un grand nombre de lombrics dans les intestins (3). — Sterz. Fille de huit ans ; convulsions pendant sept heures, mort ; instruction judiciaire, treize lombrics dans l'estomac, plusieurs centaines dans l'intestin grêle (4).

On rencontre chez les enfants différentes espèces de vers intestinaux : — des protozoaires ou infusoires, tels que les vibrions du choléra et de la diarrhée; — des cestoïdes: ténia, bothriocéphale, etc.; — des nématoïdes : ascaride lombricoïde, trichocéphale dispar, oxyure vermiculaire, etc. — De tous ces entozoaires ascarides, les oxyures et le ténia sont ceux que l'on observe le plus communément.

§ I. — Ascarides lombricoïdes.

Les ascarides se développent ordinairement dans l'intestin grêle. Ils ressemblent à des petits vers de terre un peu plus pâles. Leur corps est rosé, également aminci vers les deux extrémités. De chaque côté, on y trouve un sillon bien évident. La tête est marquée par une petite dépression circulaire au-dessus de laquelle se trouvent trois boutons ou petites valvules, qui peuvent s'ouvrir ou se fermer ; lorsqu'elles s'ouvrent, on aperçoit au milieu d'elles l'ouverture de la bouche. L'extrémité inférieure présente, un peu avant sa terminaison, une fente transversale ou anus. La longueur du corps est de 8 à 20 centimètres, la grosseur de 5 à 0 millimètres. Les deux sexes sont séparés; le mâle est plus petit et plus court que la femelle.

Bien que les ascarides se rencontrent ordinairement dans l'intestin grêle, on les trouve quelquefois dans l'estomac, l'œsophage et le gros intestin.

Ils sont très- communs chez les enfants et surtout dans la seconde enfance. Hippocrate en a vu, dit-on, chez des enfants qui n'étaient pas encore à terme, et Brendel a publié des faits semblables.

L'usage des fruits et des légumes, du lait et de ses préparations, favorise leur développement, qui coïncide rarement avec un régime animal. Ils apparaissent surtout en été et dans l'automne. Les enfants scrofuleux et ceux qui ont le tempérament lymphatique y sont plus disposés que les autres.

On les rencontre dans le cours des affections des voies digestives, et surtout chez les enfants atteints de fièvre typhoïde. Ils sont alors la conséquence de cette maladie, en raison de la nature des matières intestinales qui favorisent leur éclosion, et ils ne provoquent aucun phénomène différent des autres symptômes de l'affection principale. Il est impossible de soupçonner leur existence, à moins que plusieurs d'entre eux n'aient été expulsés par les garderobes ou qu'on n'ait découvert leurs œufs dans les matières stercorales.

Il est à regretter qu'un ouvrage de géographie médicale n'ait pas été entrepris peur indiquer d'une manière précise l'influence des localités et des latitudes sur la manifestation des maladies qui affectent l'espèce humaine. On y trouverait sans doute la topographie de l'affection vennineuse; on saurait alors véritablement quels sont les pays ravagés par cette affection. Quant a présent, on ne l'a signalée que dans la Hollande, l'Allemagne, la Suisse, dans quelques provinces de l'ouest de la

(1) Bajon, Ancien Journal, Mém. cité, p. 69. — (8) Courbon-Pérusel, Journ. méd. cliir. pharm. de Corvitart, t. XII, p. 3, et t. XIII, p. 315, Paris, 1806 et 1807.— (3) Ebermaier,

G**, méd., 183 i, p. 615. — i 4) Sterz, Med. Jaltrb. des (Esterr. Staats, 1837, Bd. WI1 S. 547, et Arch. de méd., 3e série, t. I, p. 180.

France et dans les départements qui environnent Montpellier (1). Là cette maladie présente tous ces phénomènes singuliers et sympathiques que nous avons si rarement occasion d'observer à Paris.

Symptômes. — Les symptômes des ascarides se rapportent à Y irritât ion locale qu'ils occasionnent dans le lieu de leur séjour et kY irritation qu'ils déterminent sympathiquement dans d'autres organes, sur le cerveau par exemple. C'est leur action réflexe.

Accidents locaux. — Les symptômes locaux des ascarides sont constitués par

des coliques sourdes ou aiguës plus ou moins fréquentes, par la diarrhée et le rejet de matières glaireuses ou sanguinolentes, seules ou accompagnées de lombrics, par des vomissements glaireux avec ou sans lombrics. — J'ai vu un enfant rendre vingt-quatre lombrics par la bouche en vingt-quatre heures, et un autre deux cent cinquante en cinq jours par les selles, par deshémorrhagies, et il paraîtrait même, d'après Charcellay, qu'une artériole peut être percée par un lombric de manière à produire une hémorrhagie intestinale mortelle. Les autres symptômes sont la présence d'œufs de lombrics visibles avec le microscope au milieu des excréments. Ce signe est le seul auquel il faille attacher quelque importance.

En effet, on voit des enfants malades d'une façon incomplète, souffreteux, dont l'intestin renferme beaucoup de lombrics, et chez lesquels il n'y a pas de diagnostic possible jusqu'au jour de l'expulsion d'un helminthe pour établir la nature de la maladie. Pour ne pas attendre cet événement qui peut tarder, on devra examiner les matières au microscope, et, en présence des œufs qui s'y trouvent, le diagnostic se trouve établi.

Observation 1. — Entérite vermineuse. — (Hôpital Sainte- Eugénie, service de M. Bouchut.) Petite fille de deux ans affectée de diarrhée depuis trois mois, qui rendit deux lombrics. Je lui donnai chaque jour 5 centigrammes de santonine, et le lendemain elle en rendit cinq ; le jour d'après trente-deux enroulés les uns dans les autres et sans matière fécale, puis huit autres, enfin cinq, et là s'arrêta cette expulsion. L'enfant^était guérie.

YiG.li. — Ascaride ^Jombricoïde (*).

Fig.

ride

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