VERS INTESTINAUX. — TÉNIAS OU VERS SOLITAIRES
chocéphale existe dans le caecum de presque tous les individus atteints de fièvre typhoïde. Malheureusement il existe chez presque tout le monde, même en bonne santé, ce qui enlève toute signification à sa présence.
Le trichocéphale, ainsi nommé parce que sa tète est fine comme un cheveu, a de \ à 6 centimètres de longueur sur I à -2 millimètres d'épaisseur. Son corps est cylindrique, capillaire du côté de la tête et plus épais a la partie postérieure.
Les œufs sont rougeàtres, renflés à leurs deux extrémités, et faciles à reconnaître au microscope au milieu des matières fécales.
Le trichocéphale existe chez beaucoup de personnes bien portantes et il ne détermine aucun accident local ou sympathique. On trouve de ses œufs dans riG. 76. — Trichocéphale (*). presque tous les excréments. Toutefois,
il v a des enfants qui rendent un grand nombre de ces vers à chaque défécation, et comme ils se plaignent en même temps, soit de coliques, soit d'inappétence, soit même, comme je l'ai observé, d'accidents épileptiformes ou épileptiques, j'ai pensé que cet helminthe devait être considéré comme la cause des accidents. J'ai employé le calomel à dose purgative deux fois la semaine et les enfants ont guéri.
§ IV. — Ténias ou vers solitaires.
Les ténias, inconnus chez les nouveau-nés, quoiqu'en ait dit Bremser, sont trèsrares chez les enfants à la mamelle, tandis qu'ils sont assez communs, au contraire, dans la seconde enfance. Ils deviennent plus fréquents à Paris depuis dix ans, c'està-dire depuis que les médecins font manger beaucoup de viande crue à leurs malades. Or, le bœuf ayant souvent des échinocoques et le ténia, surtout le tœnia mediO'Canellata, il en résulte que ces malades avalent le germe du ver qui se développe ensuite dans leur tube digestif.
Gémis et VanBeneden(l),Moquin-Tandon admettent le cysticercus cellulosœ du bœuf, mais Davaine (2) le nie. Cobbold. a représenté (3) un ctjsticerque qui serait l'origine du tœnia mediocanellata, mais on ne l'a pas vu chez le bœuf. En 1851, Weisse, en vantant la viande crue a dit qu'elle pouvait engendrer le ténia. A Lyon se mange le filet de bœuf à la hottentote cru avec échalottes, sel et poivre. \ux abattoirs l'on trouve des poches d'eau dans le foie ou dans lésinasses musculaires de la fesse (gîte à la noix). Livois(i) sur des bœuf S, vaches, veaux, moutons, dit avoir vu des vers vésiculaires dont l'existence n'avait pas altéré la constitution de l'animal. Tout semble donc prouver L'origine externe du ténia, mais il \ a des cas d'entozoaires congénitaux. Ainsi, outre Bremser qui admet le lombric chez le nouveau-né, Van Beneden et Gervais citent des cas de douve dans le foie clic/ des agneaux nouveau-nés. Les juifs de la Pologne qui ne mangent jamais de porc ont souvent le tœnia.
(1) Gervais et Van Beneden, Zoologie médicale. Paris, 1859, in-N.
(2) Davaine, Traité des entozoaires et des maladies vermineuses, '2" édition. Paris; 1 s 7 >» , in-8
(3) Fera, in Lavant, Ouvrage sur le cœur du veau. 1 L] Legendre, Mémoire.
(*) a, mâle; b, femelle, c, extrémité céphaliqufl avec la bouche ^terminale; d, extrémité caudale du mile avec sa jjaînc masculine et son spicule ; e , œuf. (Moimiii-Tandon )
On a vu les gorets nés de truie ladre affectés de la maladie. Kuchenmeister croit que la maladie vient de l'entrée des embryons du cysticerquedans le corps du jeune cochonnet, pendant qu'il est dans la matrice. — Ils
FlG. /8 — Tète du ténia (**).