‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 270 sur 472 · ans · texte numérisé non relu

ans

11 ans (.) cas.

li - 3 -

7ô cas.

UiG. 8-2 — Tète du bothriocéphale (**).

FiG 8i. — Articles isolés du bolhriocéphale ou <oonites (****).

Dans le premier âge, la conformation des ténias est absolument semblable à celle des entozoaires observés chez l'adulte. Il y en a trois espèces : 1° le tœnia proprement dit ; î° le bothrioûéptmte; et 3" le tœnia medio-canellata, ter rabane qui n'a point d'anneaux et qui est comme un long ruban d'un demi-centimètre de'large, cannelé sur le milieu. J'en ai vu un exemple.

Le ténia est un ver rabane, long de plusieurs mètres, et dont la tète est armée de crochets, ce qui le distingue du bothriocéphale. Le corps esi formé de KM H) à 2000 articles juxtaposés, très-petits à la tète et an cou, et plus larges au milieu et a la fin de ranimai. Lesfigures 77 à 80, empruntera Moquin-Tandon (2), en feront voirlesdifférences.

li) Livois, thèse, 1843.

(2J Moquin-Tandon, Éléments de zoologie médicale, contenant la description de» animaua vides a la médecineet des espèces nuisibles, 2" édition. Paris, 1862, in-18, p. 373 et suiv.

r)»« tête est mince, son cou étroit el le corps formé d^arlicles^solés plus larges el moins longs que ceux da teeia

i ; '• " est arge de 2--.I M», ellipsoïde, obtuse \aa, rossetl • latérales ou orifices buccaux; b, cou.

..;.,. '.""'"• w«ilfoxiiel :a, orifice masculin avec ion spicule; b, testicule; c, orifice féminin; d, ma-

lr"...'.'N'( " 3 ""l" î e, oviducte entortillé; f, ovaire. — B, œuf.

( ) a, orifice mâle av« MM1 spfculo; b, orifice femelle.

BOUCHUT. — Norv.-NKS. - :■ ÉDIT. lu

Fig. 83. — Appareil

sexuel et œuf du bothriocéphale (***).

Fie. si

Bothriocéphale (*).

Le bothriocéphale diffère notablement du ténia. Bien que ce soit un ver rubané,

composé d'articles juxtaposés, très-nombreux, étroits vers la tête, plus larges au milieu du corps, il se distingue parce que son corps est plus jaune et plus large, sa tête garnie de deux fossettes et dépourvue de crochets (fig. 81 à 84) et que l'ouverture des organes génitaux se trouve sur le plat des anneaux au lieu d'être sur le bord (fig. 84).

Symptômes. — On peut avoir le ténia sans s'en douter et sans ressentir aucun malaise. — Quand il y a des accidents ce sont les mêmes pour le ténia et le bothriocéphale. Ils sont caractérisés par des troubles locaux des voies digestives, tells que vomituritions, gastralgie, diarrhée, hématémèse, etc., ou par des phénomènes généraux et sympathiques, tels que contractures, convulsions, paralysies, épilepsie, etc. En tout cas, le diagnostic de ces accidents est fort difficile.

L'expulsion des fragments de l'helminthe par l'anus avec les matières fécales, l'existence des œufe découverts par le microscope avec les matières fécales, peuvent seules mettre le médecin sur la voie du diagnostic.

Traitement. — Parmi ceux qui nient la réalité des accidents vermineux et qui se moquent de la crédulité de ceux qui y croient, il y en a qui disent en plaisantant que, pour guérir le ver solitaire, il faut en avaler un second, car c'est le moyen de détruire la solitude, du premier. — Cela est joli à dire en petit comité, mais la science qui se respecte tient un compte plus sérieux des souffrances des malades. En effet, une fois l'existence du ténia révélée, on emploie contre cet helminthe les mêmes agents que chez l'adulte.

On fait prendre chaque matin, pendant huit jours, 8 à 10 grammes de racine de fougère mâle en poudre dans 120 grammes d'eau distillée de tilleul, et deux heures après un purgatif d'huile de ricin. — En place de racine on peut donner la teinture éthérée à la dose de 6 à 10 grammes dans une potion avec 20 grammes d'eau de menthe, et ensuite on administre aussi l'huile de ricin.

Vécorce de racine de grenadier se donne à la dose de 40 à 60 grammes dans deux litres d'eau qu'on fait bouillir et réduire à un litre, et qu'on administre dans la matinée. Un peu plus tard, on donne de l'huile de ricin. Le kousso se donne également à la dose de 15 à 30 grammes, et produit aussi l'expulsion du ténia; mais ce médicament a l'inconvénient d'être très-cher. Quand on doit le faire prendre, dès la veille on prépare les malades par une diète légère, ou même un purgatif, s'il y a constipation; puis on donne à jeun 15 à 30 grammes de kousso en poudre, selon l'âge des sujets et dans de l'eau sucrée.

Il y a enfin deux nouveaux vermifuges, également produits de l'Abyssinie, que Schimper et Strohl ont fait connaître; ce sont : le saoria, fruit du Mœsa picta, et le tatzé, fruit du Myrsina af ricana. — Le saoria se donne à la dose de 15, 30 et 45 grammes en poudre dans la bouillie. Il détermine des purgations, tue et chasse les vers au dehors sans avoir une aussi fâcheuse influence sur la santé que le kousso. Il est d'une administration facile, à cause de son peu de saveur, et il colore l'urine en violet. Son action est surtout efficace dans les cas de ténia.

Le tatzé réduit en poudre se donne dans de l'eau à bien plus faible dose que le saoria, de 10 à 25 grammes. Cette dernière dose ne peut même être donnée qu'à des gens très-robustes. Sa saveur est acre, désagréable et il a un effet purgatif trèsmarqué.

Hétet conseille la poudre d'écorce ou la poudre de feuilles du vernis du Japon (Ailantus glandulosa), à la dose de 50 centigrammes à 1 gramme, et 2 grammes chez l'adulte ; on donne ensuite de l'huile de ricin. Trois observations ont été pu-

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bliées pour établir l'efficacité de ce remède, qui, dit-ou, ne fatigue pas autant que le grenadier ni le kousso. Je l'ai employé une fois sans succès.

On pourrait encore employer les semences de citrouille (Cucurbita pepo), conseillées par Iloaran, Mérat et de Lcns, Farneau, etc. Rigaud (1) a même réussi, par ce moyen, à guérir un ténia qui avait résisté à l'écorce de racine sèche et fraîche, au kousso, à la fougère mille, à l'huile de Dippel, à l'huile de térébenthine, au remède de Chabert, aux pilules dcBremser composées d'aloès et de tanaisie, etc. Voici comment il faut s'y prendre : la veille, diète sévère et 30 grammes d'huile de ricin; le jour, 40 grammes de semences de citrouille mondées de leur pellicule, pilées dans un mortier avec suffisante quantité de sucre ; sur cette pâte une tasse de lait, et deux heures après 40 grammes d'huile de ricin ; ou bien on fait une émulsion avec GO grammes, on l'aromatise avec de l'eau de menthe et on en fait prendre cinq à six jours de suite, en donnant une ou deux fois 15 grammes d'huile de ricin.

Quelques heures après, sans douleur ni coliques, le ténia est expulsé dans son entier.

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