COLIQUE DE PLOMB
Chez les enfants à la mamelle, la colique de plomb est très-rare, mais j'en ai vu des exemples. J'ai vu un cas suivi de mort chez un enfant de huit jours dont la mère, ayant des gerçures au sein, se barbouillait d'une solution dite de madame Delacour et qui n'est autre chose qu'une solution concentrée d'acétate de plomb (2).
Observation. — Flemming (de Birmingham) a vu un enfant de six mois qui languissait, maigrissait rapidement, qui était toujours assoupi et dont les bras soulevés retombaient inertes. Cet enfant n'avait jamais eu de convulsions, mais il avait de vives coliques avec rétraction du ventre et constipation rebelle à tous les purgatifs.
S'étant aperçu que le biberon qui servait à l'allaitement avait un bout de plomb et des soudures de même métal, on attribua à ce vase l'origine des accidents. Il fut remplacé et le mal disparut au bout de quelque temps.
Inutile de dire que, l'enfant n'ayant pas de dents, on ne put constater la présence d'un liséré noir sur le bord des gencives.
La colique de plomb est plus fréquente dans la seconde enfance, mais alors elle ne diffère pas de celle qu'on observe chez l'adulte. J'en ai vu un grand nombre d'exemples chez des enfants occupés dans une imprimerie, chez des coloristes, ou chez d'autres enfants qui par profession et accidentellement avaient subi l'influence de l'absorption du plomb. Le traitement consiste en limonade sulfurique — purgatifs salins, — bains sulfureux et savonneux.