‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 298 sur 472 · VARIÉTÉ D'ICTÈRE GRAVE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ D'ICTÈRE GRAVE

A l'histoire de l'hépatite et de l'ictère grave, se rattachent des faits publiés par Laroyenne et qu'il a décrits sans les qualifier autrement que par celui de maladie nouvelle chez les nouveau-nés.

Cette affection que le docteur Laroyenne a rencontrée sur dix-huit nouveaunés dans le dernier semestre de l'année 1872, et qu'il ne connaissait pas auparavant, est caractérisée par une teinte spéciale, jaune olivâtre, répandue sur une grande partie de la surface cutanée ; les extrémités et les lèvres sont au contraire violacées; la conjonctive présente une teinte subictérique. Cette maladie survienta ssez brusquement, a une marche rapide (la mort arrive en trente-six, quarante-huit heures), est accompagnée de peu de fièvre : 1 degré d'élévation; la température baisse environ de 2 degrés quelques heures avant la mort. Mentionnons enfin que les langes souillés par l'urine sont tachés d'une auréole sanglante. A l'autopsie, les viscères, foie, rate et poumons, ne présentent qu'une congestion intense sans altération particulière ; les vaisseaux contiennent un sang noir, poisseux; le liquide céphalo-rachidien présente une couleur chocolat. On trouve parfois dans le péricarde un liquide identique. Le rein présente dans le bassinet un caillot grenu, sanguin, plus ou moins volumineux; enfin, la vessie contient une urine sanglante, d'où les taches observées sur le linge.

Parrot a observé un cas de maladie semblable; Berckmann avait étudié les coagulations des veines émulgentes à la suite des catarrhes intestinaux ; Pollack enfin a publié des observations analogues qu'il explique par un excès de tension dans le rein, mais sans en donner la cause. D'après ces observations, il semble que l'on doive tout faire dériver du catarrhe intestinal. Mais Laroyenne fait remarquer avec juste raison que des enfants faibles ou forts, mais non diarrhéiques, sont pris subitement et meurent en quelques heures; d'autre part, qu'on a une contre-épreuve probante, c'est que les nombreux sujets atteints de diarrhée cholériforme à la même époque n'ont jamais présenté les altérations qu'il a rencontrées dans cette maladie.

Le docteur Pincus (1) relate trois observations de rupture du foie avec épanchement sanguin dans la cavité abdominale.

La mort était survenue dans un cas par suite de la rupture seule de l'organe ;

(1) Pincus, Eulenberg's VierteJjahrsschr. f. gericht. Mediz., XXII, 1875.

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