‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 33 sur 472 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

DES SICNES EXTÉRIEURS FOURNIS PAR l/EXAMEN DE LA CIRCULATION

Jl est impossible d'examiner avec soin le cœur des entants à la mamelle sans provoquer aussitôt une agitation difficile à calmer, el qui augmente la fréquence des battements de cet organe. Cette étude n'est heureusement pas très-importante dans les deux premières annés années de la \ie, car les maladies du cœur sont trèsrares chez les jeunes enfants, et d'autre part on peut apprécier la fréquence de la circulation par la vitesse des battements du pouls. Gela n'est utile que dans la seconde

l I Les signes d'auscultation avaient disparu : une toux légère indiquait encore la souffrance des organes thoraciques.

enfance, alors que l'endocardite est très-fréquente et que les maladies organiques du cœur s'observent fréquemment. Dans ce cas, on entend les mêmes bruits de souffle que chez l'adulte, et ils ont la même signification.

Je vais h présent procéder à l'étude du pouls, et j'arriverai ainsi à la connaissance de la fièvre et de la réaction fébrile.

De la fréquence du pouls, et la fièvre chez les enfants à la mamelle. —

Nous n'en sommes plus à l'époque où l'on jugeait du siège des maladies par des modifications du pouls que personne ne saurait apprécier aujourd'hui. Les idées de Galieu à cet égard sont abandonnées, et les expressions bizarres dont on se servait pour distinguer les nombreuses variétés de pouls ont enfin succombé sous le poids du ridicule jeté sur elles par le théâtre. Un autre système, dont Bordeu (I) fut le promoteur, s'était élevé sur ces ruines, et lorsque ce médecin publia ses recherches, on put croire un instant qu'il suffirait de connaître le pouls capital, nasal, guttural, pectoral, stomacal, intestinal, hépatique, hémorrhoïdaire, etc., le pouls de l'irritation et le pouls de la non-irritation, bien d'autres encore, pour spécifier les états morbides qui correspondent à ces dénominations différentes. Un tel excès de subdivision dans un sujet qui n'est pas divisible à ce point perdit cette doctrine. Les médecins modernes firent eux-mêmes justice de ces assertions erronées qui, se répandant, ne pouvaient que jeter le discrédit sur la science.

Dès lors on s'est contenté de palper le pouls pour reconnaître les principales sensations qu'il communique aux doigts, apprécier sa faiblesse ou sa force, son ampleur et sa petitesse, sa régularité, etc., et l'on s'est enfin décidé à spécifier sa fréquence par des chiffres. C'est ce que l'on pouvait faire de mieux. Aujourd'hui on se borne à palper et à compter le pouls chez les adultes.

Chez les enfants à la mamelle, la palpation du pouls est presque impossible. Il faut le compter. On ne peut guère reconnaître ni sa force, ni sa faiblesse, ni son ampleur, ni sa dureté; l'intermittence est le seul phénomène sur lequel il ne puisse y avoir de doute ; c'est aussi le seul qui présente quelque valeur.

Fréquence du pouls. — Je vais déterminer d'abord la fréquence du pouls chez les jeunes enfants dans l'état de santé, afin d'avoir un terme de comparaison indispensable, si l'on veut tenir compte de la fréquence des pulsations dans le cours des maladies ; je parlerai ensuite de quelques-uns des caractères que présente le pouls à cette période de l'existence.

La numération du pouls n'offre guère plus de difficultés chez les enfants à la mamelle que chez les adultes. Les pulsations sont quelquefois difficiles à saisir, tant elles sont petites : le moindre mouvement des doigts ou de la main les fait échapper; mais avec un peu de patience on peut toujours arriver à les compter.

Les auteurs qui se sont occupés de ce sujet sont arrivés à des résultats bien différents. Ainsi, Hallerfixe le nombre des pulsations d'un enfant à 140 par minute. Sœmmering donne avec raison des chiffres variés suivant les âges des enfants ; les pulsations sont au nombre de 130 ou 140 dans la première année, de 120 dans la deuxième, de 110 dans la troisième, etc., et de 80 au moment de la puberté. Gorham, qui paraît avoir étudiéce sujet avec soin, a trouvé chez des enfants d'un jour à une semaine, pour minimum 95, et pour maximum 100. D'après Yalleix (2), les chiffres 76 et 104 sont les nombres extrêmes pris chez des enfants de deux à vingt et un jours et chez des enfants de sept à huit mois le chiffre moyen est 124. C'est

(1) Bordai, Recherches sur le pouls. Paris, 1772.

(2) Valleix, Recherches sur la fréquence du pouls chez les jeunes enfants {Mémoires de la Société médicale d'observation. Paris, 1 8 1 i , t. II).

Page 1