OREILLONS ET P A R 0 T I D I T E S
Quelle singulière maladie que cet engorgement aigu de la glande parotide auquel les médecins ont donné le nom d'ourlés ou d'oreillons ! Combien son histoire est obscure, malgré le nombre des observations et des observateurs ! Encore, si cette affectation était nouvelle, et avait été inventée ou seulement découverte par un médecin de ce temps-ci! Mais point, les oreillons sont aussi anciennement connus que les plus anciennes de nos maladies ; Hippocrate les connaissait et signalait leurs caractères à ses contemporains (1). Cependant nous ne sommes guère plus avancés que lui ; si les principaux phénomènes des oreillons sont chose vulgaire et facile à saisir, il n'en est plus de même de la marche de la maladie, de ses terminaisons , de ses métastases, ce grand mot qui nous a été légué par la foi médicale de nos pères et qui ne va guère plus à notre esprit que leurs habits et leurs habitudes ne vont à notre corps et à nos penchants. Il n'est pas, enfui, jusqu'à la nature de ces mêmes oreillons qui ne soit contestée et sur laquelle les idées ne soient en contraste les unes avec les autres.
Voici les paroles d'Hippocrate : « Toutes les circonstances atmosphériques ayant été australes, et avec sécheresse, un intervalle où la constitution fut contraire et boréale au début du printemps fit naître quelques causus... Il se forma des oreillons, chez plusieurs, d'un seul côté, chez le plus grand nombre, des deux côtés... Chez quelques-uns bientôt, chez quelques autres plus tard, il se formait une inflammation douloureuse du testicule, tantôt d'un côté, tantôt des deux.» A celte occasion, Littré (2) rappelle une épidémie du même genre qui fut observée pendant l'automne de 1779, à Pégomas, par Rossagnoly, médecin de l'hôpital de Grasse, et dans laquelle, par un singulier privilège, les hommes mariés furent absolument épargnés.
Les oreillons ne sont qu'une parotidite congestive. Us ont la plus grande analogie avec les parotidites des fièvres grasses septicémiques appelées parotides. — C'est le même siège analomique, et comme eux ils résultent d'une rétention salivaire produite par l'inflammation obstructive du canal de Sténon.
Les oreillons sont une maladie de l'enfance, et plus particulièrement de la seconde enfance, aux environs de la puberté. Rarement se montrent-ils après la vingtième année révolue et chez les vieillards. Il y en a cependant des exemples
(1) Hippocrate, Œuvres complètes, Ir ad. E. Littré. Premier livre des Éphémérides, lrc sect., I 1", t. II, p. 599.
(2) Littré, Œuvres d'Hippocrate, t. II, p. 531. Argument.