CHAPITRE
T DM BUR LA CRVMÀLE
La tumeur lacrymale est assez raie chez le nom eau-né. Elle se présente avec do caractères semblables a ceux de la tumeur lacrymale chez l'adulte. En voici un exemple observé par Caron :
Observation. — I âgée de quarante ans, sourde et muette, ayant eu déjà quatre
tilles bien conformées et pourvues du sens de l'ouïe et de la parole, accoucha le 16 mars d'un -arçon qui ne paraissait point sourd non plus, mais qui offrait les particularités que voici : il portait à l'œil droit une tumeur du volume d'un œuf de canari environ, constitué par une hydropisie du sac lacrymal. Le liquide refluait difficilement par le point lacrymal correspondant, et, malgré les pressions exercées, rien ne s'échappait par h; canal nasal.
(I) Lawson. Meé. Tunes >/"■/ Gtu 'lie, mai
BOUCHOT. — SIOUV.-NÉS. — ' II' 1 r . ,
Sans différer, M. Caron opérait l'enfant an bout de quarante-huit heures. Après avoir fait inutilement des pressions ménagées et réitérées sur la tumeur et avoir essayé en vain de vider le sac sur le point lacrymal, il en ouvrit le centre avec une lancette, de manière à évacuer tout le liquide séro-purulent qu'elle contenait ; il fit une injection simple dans le sac, qu'il vida complètement; puis il couvrit aussitôt la plaie, ainsi que toute l'étendue des parois de la tumeur, d'une couche assez épaisse de collodion. Sous l'influence de ce topique compresseur, la peau se crispa, se ratatina, et ne se prêta plus au développement du sac.
En effet, au bout de vingt-quatre heures, la peau était légèrement rubéfiée au voisinage du collodion, la portion du cartilage avoisinant un peu injectée; mais en détachant avec l'ongle le collodion et le soulevant, on put voir la petite plaie déjà cicatrisée, la partie pâteuse plutôt que tuméfiée et sans fluctuation. M. Caron appliqua une nouvelle couche du topique imperméable, qui opéra, en se desséchant, la rétraction de la peau; elle resta quarante-huit heures en place. Au bout de ce temps, la tumeur parut effacée, la peau plissée, et les mucosités nasales commençaient à couler du côté correspondant. On lava souvent l'intérieur du nez au moyen d'un pinceau, et depuis ces pansements, le cours des larmes s'est largement rétabli, et la tumeur lacrymale ne s'est plus reproduite. Il ne reste même aucune cicatrice visible dans le lieu où a été pratiquée la ponction. Il est probable que la tumeur était une véritable hydropisie du sac lacrymal, et que l'excessive distension de celui-ci occasionnait l'occlusion du canal nasal, comme dans certains cas de rétention d'urine par regorgement.
Le même enfant offrait un phimosis assez prononcé pour mettre obstacle à l'évacuation des urines. Une incision pratiquée au prépuce sur sa face supérieure fit prompte justice de cette difformité.
Cette tumeur de l'appareil était formée par une hydropisie du sac lacrymal plutôt qu'elle ne constituait une tumeur lacrymale proprement dite. C'est là un cas intéressant, presque unique dans la science, sous le rapport de l'âge où il a été observé.
Il n'y avait pas d'autre traitement à faire que celui qui a été mis en usage par Caron. On peut se demander cependant s'il aura été suffisant et si la maladie ne sera pas reproduite, à cause de l'obstruction du canal nasal. En effet, on n'a pu constater la perméabilité de ce canal.