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CHAPITRE II

OTITE ET 0T0RRIIÉE

Votite est une inflammation, soit du conduit auditif externe, soit de l'oreille moyenne et interne. — ■ On la rencontre à Yétai aigu et à Y état chronique.

Causes. — Elîe succède à l'influence du froid ou des corps étrangers, tels que noyaux de cerise, graviers, larves d'insecte (Meissner, Ménard, Saint-Laurent) etc., très-souvent enfin aux maladies aiguës, particulièrement à la rougeole, à la scarlatine, à la fièvre typhoïde, aux maladies du pharynx et des amygdales, etc. Toute maladie aiguë qui attaque l'épilhélium de la langue et du pharynx fait naître une inflammation qui gagne la trompe d'Eustache et occasionne l'otite.

Symptômes. — Elle amène la fièvre, des douleurs plus ou moins vives, des cib incessants parfois du délire, et chez les petits enfants on ne sait a quelle cause attribuer ces phénomènes. Il y a de L'affaiblissement de l'ouïe, et enfin, au bout de quelques jours, la suppuration de la caisse, la perforation de la membrane du tympan et l'écoulement de pus par le conduit auditif. Le pus continue à sortir pendant quelques jours, puis cesse de couler, si la pblegmasie se termine par résolution. Ailleurs, particulièrement dans les cas de corps étrangers dans l'oreille, ou de carie du rocher, il se produit des convulsions éclamptiques ou épileptiformes, de la paralysie faciale, de l'hémiplégie, comme cela est signalé par Itard, Larrey, Champouillon, Saint-Laurent (1), etc. Ces accidents nerveux peuvent être sympathiques, essentiels et sans lésion osseuse, ou au contraire être symptomatiques et sous la dépendance d'une suppuration du rocher.

Ordinairement, l'inflammation passe ta l'état chronique, la suppuration continue et se prolonge plusieurs semaines ou quelques mois. La maladie prend alors le nom à'otorrhée.

L'otite chronique et l'otorrhée sont surtout la conséquence de la scrofule, de l'ostéite du rocher ou des tubercules de cet os. Elles s'observent très-ordinairement chez les sujets débiles, lymphatiques, scrol'uleux ou nés de parents affaiblis et plus ou moins entachés eux-mêmes de scrofule. Elles résultent de tout coryza, de toute pharyngite, de toute amygdalite et de toute stomatite des malades aiguës qui se propagent dans l'oreille par la trompe d'Eustache. Il \ en a deux 'espèces : l'une, -ans gravité, occupe le conduit auditif externe seulement ; et l'autre, beaucoup plus grave, a sou sié^e dans ce conduit et dans l'oreille moyenne a la suite de la perforation du tympan.

Dans quelques cas, la suppuration de l'intérieur de l'oreille altère les parois de la caisse, et s'étend aux cellules mastoïdiennes et au rocher lui-même par suite de l'altération des os, et de leur nécrose ou de leur carie consécutive. 11 en résulte

souvent un abcès osseux de L'apophyse mastoîde qui vienl s'ouvrir à l'extérieur derrière le pavillon de l'oreille et qui reste Gstuleux. (/est la carie de l'apophyse

(lj Voy. Gazette des hôpitaux, octobre \se<o.

mastoïde. Alors la maladie se prolonge indéfiniment, la suppuration ne tarit pas, des fragments osseux ou des osselets sont rejetés au dehors, et la maladie, chaque jour plus avancée, s'étend du rocher, soit au nerf facial en déterminant une hémiplégie faciale, soit à la dure-mère, aux méninges et au cerveau, d'où la méningite et la mort.

Parmi les exemples que j'ai recueillis, quelques-uns sont dignes d'intérêt :

Observation I. — Yver, âgé de deux ans, était à l'hôpital Necker pour une bronchite aiguë. Sa tète était volumineuse comme celle d'un hydrocéphale et comme celle des individus de sa famille. 11 avait souvent des convulsions.

A la suite d'une rougeole, otite aiguë, suppuration et perforation de la caisse du tympan, prolongation de la maladie.

Otite chronique ; carie des rochers, expulsion de fragments osseux très-reconnaissahles. Fièvre hectique intermittente. Mort au hout de huit mois, à la suite de méningite aiguë. Cet enfant n'avait qu'une surdité incomplète, et chaque jour il apprenait de nouveaux mots.

Observation II. — Boissonnade, âgé de dix-huit mois, douze dents, maigre, chétif peu développé, eut une otite aiguë, puis une otite chronique à la fin d'une bronchite grave. Ses deux oreilles suppuraient, et au hout d'un an des os très-poreux sortirent du conduit auditif. La fièvre hectique intermittente s'établit, et l'enfant chaque jour plus faible, mourut d'entérite chronique, avec la carie d'un des deux rochers.

La surdité, chez cet enfant, est incomplète; il retenait et prononçait chaque jour des monosyllabes qu'il ne pouvait dire la veille; il arrivait à répondre aux offres qu'on lui adressait.

Otite moyenne et interne. — Cette seconde forme d'otite a pour siège l'oreille moyenne et interne ; la caisse du tympan, le limaçon, les canaux demi-circulaires ou le rocher sont malades.

La membrane du tympan est perforée, la caisse remplie de pus verdâtre, les osselets détachés ou tombés, les parois osseuses nécrosées et quelquefois des tubercules enkystés existent dans le rocher. C'est dans ce cas qu'on rencontre aussi la carie des cellules mastoïdiennes communiquant ou non avec l'extérieur par une fistule cutanée.

Cette otite interne débute par des douleurs aiguës avec fièvre et surdité. — Vu bout de quelques jours le tympan éclate, et du pus sort par le conduit auditif externe. Il en résulte une otorrlœe chronique et la cessation des douleurs et de la lièvre. — Plus tard, les osselets sortent, et j'ai ainsi reçu d'un enfant le marteau et l'étrier entraînés par le pus. Ailleurs, il sort des esquilles, et le stylet introduit dans l'oreille constate la perforation du tympan et la nécrose des parois de la caisse.

Dans quelques cas, le pus sort par le conduit auditif dont l'orifice est rouge, excorié, fongueux et douloureux, ou bien il se fait un chemin derrière l'oreille dans les cellules mastoïdiennes. Alors un abcès s'établit, s'ouvre îi la peau en formant une fistule qui a beaucoup de peine à se fermer.

Cet état entraîne une surdité complète et définitive; il dure indéfiniment. On le voit guérir, mais chez quelques enfants il entraîne une hémiplégie faciale, due à l'altération du nerf facial, ou une inflammation des méninges promptement mortelle. La méningite est alors le résultat de la propagation de l'ostéite à la dure-mère et aux méninges.

Le docteur KutschariantzdeTiflis (1) a étudié l'inflammation de l'oreille moyenne chez trois cents enfants d'âges différents. Après avoir recherché quel était chez le

(1) Kutschariantz, Archiv fur Ohrenheilkunde, t. X, p. 119etsuiv.

OTITE ET OTORRHÉE.

fœtus et le nouveau-né l'étal normal de l'oreille moyenne, l'auteur a examiné les altérations que subissaient 1^ différentes portions de l'oraDe moyenne dans ! i d'inflammation; il a fait servir ainsi l'anatômie et l'histologie normales a l'anatoinie « t ci l'histologie pafthologiqu s

A quatre mois < de la fie intra-utérine) l'oreille moyenne ne contient pour ainsi dire encore aucune cavité. Trois replis parfaitement transparents, riches en vaisseaux, dont le pins grand a été décrit par de Trœltsch. remplissent presque toute cavité î ils circonscrivenl un espace irrégulier fort petit, el on Ton trouve un liquide clair, aqueux et légèrement gluant.

La structure historique n'est pas la même pour les trois replis, le plus grand contient une couche d'épiihélium cylindrique, les deux autres sont formés par des <ellule> pavimenteuses; on y trouve, du reste, tous les intermédiai

A cinq mois, on ne note point de particularités importantes; les replis cependant diminuent en hauteur, el l'espace signalé plus haut augmente.

A la fin du •'>* mois (2 cas) et du 7 m - deux petits replis ont disparu

presque complètement, tandis que le plus grand n'a presque pas subi de modification. L'espace rempli de liquide acquiert plus d'importance. Au 8 mois

vêtement de la caisse a presque partout la même épaisseur, et l'espace contenant le liquide est déjà pour ainsi dire ce qu'il sera chez l'enfant a terme.

Chez trois enfants mort-nés et un quatrième mort peu après - âiss nce, on a trouvé la caisse complètement formée et remplie par un liquide transparent. Une muqueuse brillante, bien adhérente a l'os - - -nt, dont la couleur varie du . recouvre toute l'oreille moyenne : elle comprend trois couches distinctes et mesure 0,08 millimètr- s.

■ i. les enfants ayant au moins un jour jusqu'à sept mois et demi (20 muqii se es spai rite, unie, et sa couleur varie suivant la richesse en vais-

s différentes parties. ! ss oe contient que de l'air, parfois cependant on peu de mucus transparent et quelques débris de ceUul

S basant sur ces recherches, l'auteur a classé tout ce qui s'éloigne du type normal en deux groupes distincts : {• la muqueuse étant intact.-, le contenu de la caisse peut avoir subi des modifications; la muqueuse ainsi que le contenu de la caisse se trouvant dans an état anormal, ce dernier i s - plus fréquent.

A. La muqueuse étant intacte, le contenu de la caisse est modifié. Le contenu aqueux de sse es s< onsidérable qu'à l'état normal; sa consistance est celle

du blanc d'œnf. Le microscope montre une quantité considérable de débris de cellules et de détritus.

i a un peu hyperhémiée était intacte; il en était de même du tympan

la trompe. La muqueuse pharyngienne était tuméfiée: dans lesdeui oreilles on trouvai! les mêmes signes. \ l'autopsie, on trouvai! !<■ plus souvent des bronchites, des broncho-pneumonies, des gastro-entérites, des méningite s,

r>. Modifications du contenu de la muqueuse de ! ss l'Ius de deux cents enfants on! été examinés, trois group - s M été obs rvés :

1 Inflammation catarrbale ec chute partielle de l'épithélium.

Inflammation catarrbale intense, gonflement considérable de la muqueuse, chute complète de l'épithélium.

3° Otite purulente avec ulcération de la muqueuse de la caiss

1. Dans le premier cas, la muqueusi s-hyperhémiée, tuméfiée, plus on

moins privée de son épithélium; le tympan, l'ouverture de la trompe hyperhémiés.

La muqueuse de la trompe et du pharyni était tuméfiée, et par places, la mu-

queiise de la caisse faisait quelques saillies. (20 cas, de 11 jours à 3 mois, ont été notés.)

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