‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 405 sur 472 · cas, enfants entre six jours et un mois · texte numérisé non relu

cas, enfants entre six jours et un mois

La caisse est remplie d'un pus jaune-verdàtre, parfois on constate la présence d'un peu de mucus et de sang. La muqueuse, très-hyperhémiée, est d'un rouge sombre; la trompe, également hyperhémiée, est oblitérée par F épaississement delà muqueuse. Parfois même, il y a perte de substance de la muqueuse de la caisse, ainsi que carie des osselets ou de la paroi osseuse de la caisse. L'épithélium de la muqueuse disparaît toujours. L'autopsie révélait toujours chez ces sujets l'existence d'affections des organes de la respiration, de la digestion ou encore des lésions du cerveau ou des méninges.

L'auteur conclut en établissant que les différences signalées entre ces trois groupes indiquent que l'on a affaire, non à des affections distinctes, mais que ce sont les divers degrés d'une même affection, et il se demande si l'on ne doit pas attribuer une certaine part dans ces processus inflammatoires à l'air lancé dans la caisse pendant l'acte de la respiration.

Traitement . — Quand l'otite aiguë est très-douloureuse, elle peut être traitée par une sangsue derrière l'oreille affectée* qu'on laissera peu couler, et par des boulettes de coton imbibées de pommade opiacée, de laudanum ou de baume tranquille laudanisé placées dans le conduit auditif. En même temps on met une ou deux gouttes de laudanum sur du sucre qu'on fait avaler à l'enfant, ou on prescrit une potion calmante. Au moment de la suppuration, on fait des injections avec la décoction de guimauve, de graine de lin, de quinquina, de feuilles de noyer, etc. On peut aussi employer dans ce but la solution de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre et d'acétate de plomb. Si la suppuration tarde trop à sortir, on peut avecavantage au moyen de la lancette donner passage au pus en incisant la membrane du tympan.

On y arrive autrement, par le dégagement de la trompe d'Eustache et en faisant écouler le pus de la caisse par cette voie.

Cette indication est des plus importantes. Il faut donner un libre écoulement aux produits de l'inflammation; maintenir toujours perméable la trompe d'Eustache par le procédé ïoynbee. Ce procédé consiste à provoquer des mouvements de déglutition après avoir préalablement pratiqué l'occlusion de fosses nasales, chose facile si l'on fait boire les enfants d'une main en serrant de l'autre les ailes du nez. Il se fait alors une véritable aspiration du contenu de la caisse, aspiration qui a le double avantage de renouveler l'air de la caisse et de favoriser le cheminement des mucosités dans la trompe d'Eustache. Ce procédé est des plus simples et des plus pratiques.

L'otite chronique et l'otorrhée doivent être traitées intérieurement par l'iodure de potassium, par l'huile de foie de morue, par le sirop antiscorbutique, par le sirop de quinquina, par le sirop de feuilles de noyer, par le sirop d'arséniate de soude que j'ai fait connaître, et extérieurement par des injections mucilagineuses ou astringentes. Ces dernières sont de beaucoup plus utiles, et il faut se servir de la décoction de racine de fraisier, de roses de Provins, de feuilles de noyer, la solution de goudron dans l'eau simple ou alcoolisée, la teinture de coaltar

Page 1