PÉRIOSTITE AIGUË CHEZ LES ENFANTS
Les inflammations scrofuleuses des os ne marchent pas ainsi et surtout ne se terminent pas de cette façon.
C'est bien évidemment une périostite phlegmoneuse aiguë avec tous les caractères anatomiqnes habituels. Elle n'a présenté de spécial qu'un cortège de symptômes moins graves que de coutume. Elle a gardé la forme inflammatoire sans complication typhoïde, et de plus elle s'est terminée par résolution, ce qui est très-rare. Comme je l'ai dit plus haut, c'est peut-être le troisième cas qu'on trouve dans la science sur une cinquantaine d'observations publiées.
Maintenant que j'ai lait connaître ce cas particulier de périostite phlegmoneuse, et ce qui se rapporte à la nature générale de cette maladie, je vais indiquer quel est mon traitement.
La thérapeutique de la périostite phlegmoneuse aiguë doit être active, énergique et prompte. C'est ici que l'intervention médicale est très-utile, car l'on a peu à espérer des efforts bienfaisants de la nature.
Au début, quand les enfants sont pris violemment et subitement d'une- douleur profonde des membres et de l'os, il faut appliquer des sangsues pour arrêter la la phlogose locale et faire tomber la température de la fièvre.
Si le mal date de quelques jours et parait tout à fait formé, les sangsues deviennent inutiles et ne peuvent arrêter le travail phlegmasique. On doit alors se borner ii des pommades résolutives et à des applications émollientes. La pommade que je préfère est celle que j'ai fait préparer pour notre malade guérie.
Elle se compose de :
Axonge 30 grammes.
Onguent mercuriel 10 —
Cette pommade sur les parties malades, de la ouate et une bande peuvent suffire pour empêcher l'apparition de la fluctuation et amener la résolution de la périostite. Cela est rare sans doute, mais le fait actuellement dans mon service vous démontre que la chose est possible.
lui même temps qu'on emploiera celte pommade, on donnera 25 milligrammes ou 5 centigrammes d'opium pour calmer les douleurs.
Ce qu'il faut chercher avec soin dans les cas de ce genre, c'est l'instant de formation du pus révélé par la fluctuation. Cela est de la plus haute importance. En effet, le danger de la périostite phlegmoneuse aiguë, c'est la formation d'ttfl abcès SOUS-périostique ou bien le décollement des épiphyses par la suppuration du cartilage interdiaphysaire.
Si l'on ne peut é\iter-la suppuration, il faut empêcher les désordres qu'elle entraîne à sa suite, et qui sont le décollement du périoste et le détachement épiphysaire. C'esl en cherchant à reconnaître, à ses premiers instants, la formation du pus sous le périoste et autour de l'os, pour ouvrir le foyer avant qu'il ne s'étende bien loin, qu'on est utile au malade.
Lors donc que la maladie suit sa marche ascendante et que du pus se forme, il faut ouvrir largement le foyer jusqu'à l'os, qui est souvenl à ou, faire des lavages et se conduire comme dans une plaie simple. Dans le cas où l'épiphyse est décollée, il faut immobiliser le membre dans une gouttière, cl, s'il \ a des séquestres, attendre leur mobilité pour les extraire.
Gomme traitement général, si la périostite phlegmoneuse aiguë reste dans la forme inflammatoire avec peu de fièvre el sans phénomènes typhoïdes, on devra laisser les enfants à leur régime ordinaire et leur donner un peu moins à manger que d'habitude. Mais s'il > a des phénomènes typhoïdes, il faut apporter plus d'attention
au régime et contraindre les enfants à prendre quelques aliments. Il faut alors prescrire de la macération de quinquina; 30 à 50 grammes de purée de viande crue, seule ou délayée dans du bouillon froid, et donner à boire du madère ou du xérès dans de l'eau sucrée à la place du vin ordinaire.