‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 417 sur 472 · PÉRI0ST1TE AIGUË CHEZ LES ENFANTS · texte numérisé non relu

PÉRI0ST1TE AIGUË CHEZ LES ENFANTS

simple avec thromboses fibrineuses ou cruoriques (Bouchut, Martin), mais, dans quelques cas, il y a véritable endocardite ulcéreuse. Ainsi sont les faits de Martin et de G ir aidés.

Dans le ventre, Stone a trouvé une fois du liquide purulent. La rate est toujours gonflée, noirâtre, ramollie. Le foie est volumineux, gros, mais rarement il renferme des abcès. Il n'en est pas de même des reins, qui offrent presque toujours de la néphrite parenchymateuse, brightique, et souvent de nombreux abcès de la substance corticale (Chipault, Stone, etc.).

Dans les articulations éloignées du lieu de la périostite suppurée, il y a souvent des collections purulentes métastatiques (Gadaud) qu'on a trouvées aussi dans la vie de relation, dans le grand pectoral (Gadaud), dans les jumeaux (Bouchut), etc.

Toutes ces métastases ne se trouvent pas réunies ensemble sur le même sujet, mais elles sont très-nombreuses et attestent -bien que la mort a été le résultat d'une résorption des produits morbides sous-périostiques.

Voilà ce que c'est que la périostite suppurée dans les cas graves. Si on la compare avec le fait que je rapporte, on verra les différences. Ici, pas d'état typhoïde et par conséquent de résorption purulente. C'est une périostite aiguë heureusement terminée par suppuration.

Observation. — Marie L..., âgée de cinq ans et demi, est amenée â l'hôpital le 18 juillet 4873, parce qu'elle a de la fièvre, de la toux depuis trois jours, et qu'elle souffre beaucoup du bras gauche, de la main gauche et du pied.

Elle est sortie, il y a peu de temps, d'une salle de chirurgie où elle avait été admise pour une maladie des yeux.

Tuméfaction considérable de tout le moignon de V épaule gauche, se prolongeant le long du bras, mouvements très-douloureux; au-dessous de la tête de l'humérus la partie supérieure de l'os est gonflée; veines formant de gros et nombreux sillons bleuâtres sous la peau ; le coude est gonflé et un peu douloureux, sans rougeur ; l'humérus est douloureux dans toute sa longueur. — Rougeur, gonflement et douleur vive sur le cou-de-pied gauche au niveau du tarse, au-dessous de l'articulation tibiotarsienne ; impossibilité des mouvements â cause de la sensibilité extrême des parties. — Rougeur et tuméfaction avec douleur astez vice à la partie dorsale du troisième métacarpien et de V articulation métacarpo-phalangienne du médius droit. — Hien du côté des autres articulations.

Langue large, humide, un peu chargée. Appétit à peu près nul. Ventre souple, indolent. Pas de diarrhée.

Toux grasse assez fréquente. Quelques râles niuqueux aux deux bases. Hien au cœur.

Double conjonctivite catarrhale assez intense, avec irritation assez vive de la peau au pourtour da> yeux. T. 10°, G.

19 juillet. —T. 39°,2. — Même état. M. Bouchut, se fondant sur le siège du gonflement, qui non-seulement occupe le moignon de l'épaule, mais s'étend â toute la longueur du bras, sur tout le développement du réseau veineux sous-cutané de l'épaule, pense qu'il ne s'agit pas là d'un rhumatisme articulaire, mais bien dune périostite phlegmoneuse de l'extrémité supérieure de l'humérus droit. Les autres peints malades (tèle du troisième métacarpien de la main droite et cou-de-pied gauche) sont le siège d'une lésion semblable.

Il n'y a pas de nouveaux points douloureux ni d'autres articulations envahies.— Pas d'albumine dans l'urine.

Soir. — T. 39°,5. — La longueur et le gonflement se sont étendus â toute la longueur du troisième métacarpien (main droite). — Pas d'appétit. Pas de selle.

Prescription : Bain simple'. Onctions sur les parties malades avec la pommade ci-dessous :

Axonge et onguent mercuriel en parties égales.

Ouate par-dessus.

20 juillet. — T. 39°, 2. Soir, T. 39° ,4. — L'épaule et le pied sont moins douloureux, le gonflement de la main a augmenté.

22 juillet. —Beaucoup moins de gonflement de l'épaule; les veines sont à peine apparentes aujourd'hui; les mouvements sont plus faciles, plus étendus et moins douloureux. Moins de gonflement au niteau de la tète du troisième métacarpien droit; encore un peu de rougeur. Mieux évident, mais toujours pas d'appétit. — Matin, T. 39°. Soir, T. 39°,5.

23 juillet. T. 39°,2. — La tuméfaction de l'épaule gauche a encore diminué; l'enfant peut porter sa main sur sa tète. Le gonflement et la rougeur ont diminué à la main droite et presque disparu au pied gauche ; la douleur est toujours assez vive en ce dernier point. — Bagnols, 100 grammes. — Pas d'appétit, pas de diarrhée. — Soir, T. 40V2.

24 juillet. —Le mieux continue du côté des trois régions primitivement affectées. Mais, du côté de la poitrine, on trouve aujourd'hui, à la base gauche, de la diminution de la sonorité à la percussion et des râles crépitants, un peu gros, assez nombreux, sans souffle; cependant l'enfant tousse moins. — Malin, T. 39°. Soir, T. 40°.

^5 juillet. — T. 39°. Soir, T. 39°,8. — Beaucoup moins de râles à la base gauche. — Il semble qu'il y ait eu peu de fluctuation au niveau du troisième métacarpien droit. — Un peu meilleur appétit.

29 juillet. — T. 38". Soir, T. 38°7. — Le gonflement a presque complètement disparu du côté du bras gauche, et depuis quelques jours déjà il ne reste plus trace du réseau veineux signalé précédemment. Les mouvements sont de plus en plus faciles. — Même état à peu près de la main droite et du pied gauche.

6 août. —Les mouvements de l'épaule sont complètement revenus, et il n'y a plus ni gonflement, ni douleur. — Il ne reste plus trace de gonflement ni de rougeur au cou-de-pied gauche ; la douleur a également cessé. — Au milieu de latête du troisième métacarpien de la main droite, il existe toujours un gonflement assez marqué, profond, pâteux, sans rougeur de la peau ; les mouvements de l'articulation correspondante sont toujours assez douloureux, ainsi que la pression sur la tète métacarpienne, soit par la face dorsale, soit par la face palmaire; mais cette douleur est beaucoup moins vive que par le passé. — L'enfant tousse toujours beaucoup; rien à l'auscultation.— L'appétit revient.

Il août.— Il reste à peine aujourd'hui un léger gonflement de la tète du métacarpien; la pression n'y détermine plus de douleur; les mouvements de l'articulation correspondante sont tout à fait libres.

L'enfant est rendue à ses parents.

pans cette observation, le diagnostic est de la plus grande évidence. L'extrémité supérieure de l'humérus est gonflée et entourée d'un empâtement douloureux considérable, avec gène de la circulation veineuse superficielle et chaleur vive de la peau. 11 en est de même à la face dorsale de la main droite, au niveau du troisième métacarpien, mais là, outre le gonflement, l'empâtement et la douleur, il y a presque de la fluctuation, et l'on constate une rougeur vive de la peau.

Au pied gauche, des lésions semblables existent au niveau des os du tarse, près de L'articulation tibio-tarsienne.

On n<*"peiit hésiter sur le siège du mal, qu'il faut placer dans l'os et son périoste.

La question de nature est plus embarrassante, et l'on peut se demander si ce n'est pas là. de la scrofule osseuse à l'état aigu plutôt qu'une périostite phlegmoneuse aiguë.

Pour moi, c'est une périostite aiguë parce que le mal date de trois jours au moment de l'entrée à l'hôpital, parce qu'il y a une fièvre qui varie de 40°, 6 le soir à 3(J°,2 le matin, pendant huit jours. C'est alors seulement que le thermomètre ne marque plus que 38 degrés le. matin et 38',7 le soir. Ce ne fut qu'après vingt-deux jours que la température revint à 37°, G le matin et 37°,2 le soir. Alors l'enfant était guérie.

Page 1