VICES DE CONFORMATION DES DOIGTS
§ I. — Adhérence des doigts.
L'adhérence congénitale d'un ou de plusieurs doigts delà main et du pied s'observe quelquefois chez les nouveau-nés. Il en résulte pour la main une difformité fâcheuse et qu'il faut essayer de guérir. Au pied, cela n'a point d'importance et Fou peut ne pas s'en occuper.
Les adhérences des doigts sont osseuses ou charnues. Les adhérences charnues sont les plus fréquentes, elles affectent un ou plusieurs doigts, une partie ou la totalité de L'espace interdigitaire.
Traitement. — Les adhérences charnues doivent être divisées avec le bistouri et les ciseaux. En cas d'adhérence osseuse, on divise d'abord la peau avec un bistouri, puis ou termine la séparation avec une scie très-fine Ente avec un ressort de montre.
Le pansement consécutif est ce qu'il \ i de plus important, il doit être fait avec beaucoup de soin pour éviter la reproduction de l'adhérence. Les doigts doivent
(ii Debout, Union médicale, 19
êtres isolés au moyen de bandelettes de linge enduites de cérat de Goulard; et ensuite, de petites compresses à cheval sur l'angle de séparation des doigts, relevées sur le dos et la paume de la main, fixées au poignet sur un bracelet, empêchent la cicatri-
Appareil pour le traitement de l'adhérence des doigts de la main.
sation de se faire d'une façon vicieuse. M. Delore (1) a recommandé la pression élastique à l'aide d'un fil de plomb et d'une bande de caoutchouc (fig. 174).
§ II. — Doigts surnuméraires.
Des doigts incomplets, mal formés, existent souvent surajoutés, régulièrement ou irrégulièrement, aux autres doigts de la main. C'est surtout sur le bord cubital de la main que cette difformité se rencontre. On l'observe moins souvent du côté du pouce.
Ces doigts sont quelquefois placés sur le même rang que les autres, tenant à un métacarpien isolé, ou, au contraire, ils sont hors ligne et adhèrent aux phalanges ou aux métacarpiens du voisinage.
Traitement. — Les doigts surnuméraires, bien conformés et placés sur la même ligne que les autres, doivent être respectés. Les doigts incomplets, irrégulièrement placés, exigent une extirpation immédiate, dans les premiers joins qui suivent la naissance. Cette opération se pratique avec le bistouri. Au moyen d'une incision demi-circulaire de la peau, sur la base du doigt à enlever, on pénètre dans l'articulation, et après avoir luxé l'appendice, on termine en formant un petit lambeau suffisant pour recouvrir la plaie. Une bandelette de diachylon met les parties en contact, et l'on recouvre le tout avec de la charpie, du linge et une bande. Au bout de trois jours la plaie est cicatrisée, et jamais aucun accident ne vient compliquer celte opération.