KYSTES DE I.A FACE PALMAIRE DES MAINS ET DES PIEDS
A la région palmaire des mains et des pieds paraissent quelquefois des tumeurs dont la nature est souvent difficile à déterminer el que l'on peut considérer comme des fibromes, tandis que ce ne sont que des kvstes. Eu v(»ici deux cas :
Observation I. — Ud enfanl .le deui ans est amené à la consultation de M. Péàn (hôpital Saint-Louis), pour une petite tumeur siégeant à la région plantaire gauche. Elle remonte à deux mois environ, esl du volume d'une grosse lève et ne fait qu'une
sailli.' peu accusée à la vue, mais dont (»n se rend bien compte par le palper. On sent alors, en explorant, une masse solide, non mobile, très-peu douloureuse à la pression
et siégeant évidemment sous la peau de Ja plante du pied : aucune fluctuation ne peut y être perçue, et c'est à peine si elle offre de la pénitence : sa consistance est si dure que le chirurgien n'hésite pas à croire qu'il a affaire à un fibrome; il incise la peau, et l'issue d'une petite quantité de pus d'assez bonne nature démontre que c'était là un abcès enkysté, entouré par un anneau plastique très-induré et développé dans la couche la plus superficielle du tissu cellulaire sous-cutané. La guérison eut lieu rapidement.
Observation II. — J'ai observé le second malade dans le service de M. Anger. C'était une jeune fille de quatorze ans, qui portait à peu près depuis deux mois, dans la paume de la main droite, une petite tumeur située au niveau de la base de l'annulaire. Elle était logée sous la peau, allongée, aplatie, grosse comme un haricot et remarquable par son extrême dureté. Elle jouissait d'une certaine mobilité latérale quand le doigt était étendu, et, lorsqu'il était fortement fléchi, cette mobilité existait encore, quoqiu'à un degré moindre. La situation de ce corps et la présence d'un petit prolongement que je sentais profondément me firent bien croire que je pouvais avoir affaire à un kyste ; mais, d'autre part, sa consistance extrêmement dure me faisait hésiter et pencher un peu vers le fibrome : de plus, il existait un phénomène qui ne se rencontre pas d'ordinaire dans les kystes; quand on exerçait une pression assez forte sur cette saillie, la malade accusait une douleur ou plutôt un fourmillement ascendant sur le trajet des filets du nerf cubital, jusqu'à la partie inférieure du bras. Était-ce un névrome ou l'une de ces petites masses dénommées tubercules souscutanés douloureux? Une ouverture étroite me fit voir que j'avais sous les yeux un kyste de la gaine synoviale tendineuse, car il s'échappa de la substance gélatiniforme, d'une coloration jaunâtre : j'appliquai immédiatement le collodion et établis une compression ouatée ; il n'est survenu aucune complication.