HÉMIPLÉGIE FACIALE
Chez les enfants, il y a l'hémiplégie faciale des nouveau-nés et l'hémiplégie faciale de la seconde enfonce.
La paralysie faciale des nom eau-nés est une affection de la septième paire, causée par l'action compressée dn forceps, ou par une contusion de la face contre une partie saillante des os dn bassin.
Smellie, Paul Dubois, Danyau, Landouzy. Vernois et Jacquemier en ont rencontré de nombreux exemples.
La paralysie faciale des nouveau-nés n'esl pas toujours facile à reconnaître, car elle entraîne peu de difformités. Au repos, la symétrie du visage esta peine altérée, et l'œil entr'ouvert semble être le seul caractère de cette maladie. Il n'eu est plus de même au moment des cris de l'enfant. Les traits sont bouleversés, b commissure (1rs lèvres est entraînée élu côté sain et la succion fort difficile. Cependant b paralysie oe tarde pas a se dissiper, et die disparaît ordinairement au boni d'un temps qui varie entre deux jours <i six semaines.
La luette et la langue h»' -"nt i as atteintes par la paralysie l Landoui] | et la sensibilité leur est conservée.
Cette paralysie n'a encore été observée que sur un côté de b lace: peut-être on jour la \erra-t-on occuper les deux côtes : ce n'est pas impossible, puisque déjà Smellie l'a vue s'étendre aux deux membres supérieurs. l)an\aii (1) a VU atis>i un
(I) Danyau, Union médical''. 1851
fait très-curieux dans lequel, avec la paralysie de la face, il a observé la paralysie dans le bras du même côté, et cette paralysie était due à un épanchement de sang autour du plexus brachial à son origine. Depuis ce point jusqu'en dehors des scalènes, les branches qui concourent à la formation du plexus présentaient une teinte sanguinolente qui ne disparaissait pas par le frottement. Au delà des scalènes, au niveau du creux axillaire, les nerfs étaient décolorés comme dans l'état normal. Le tissu nerveux présentait du reste partout sa constitution normale.
Le nerf facial présentait aussi à sa sortie du trou stylo-mastoïdien un épanchement sanguin.
Evidemment, ici, la paralysie a dû être causée par la compression des branches du forceps, comme d'ailleurs cela s'obtient dans tous les cas de ce genre.
Si la paralysie dure depuis longtemps, ou devient incurable et que l'enfant meure d'une maladie intercurrente, on trouve le nerf facial plus ou moins altéré dans sa structure ainsi que les muscles qu'il anime, mais cela est rare. — J'ai vu, dans deux cas, le nerf de la septième paire dépouillé de son névrilème grisâtre à partir du trou stylo-mastoïdien. — Une fois il était demi-transparent. — Le cylindre d'axe avait disparu et la myéline était convertie en gouttelettes huileuses et en granulations très-fines. Sur un cas très-ancien, les muscles étaient pâles, un peu atrophiés et moins nettement striés que de coutume.
L'hémiplégie faciale des nouveau-nés produite par le forceps se termine ordinairement assez vite par une guérison entière, si la compression n'a pas été trop forte et il faut seulement coucher l'enfant sur le côté non paralysé, garantir de la lumière l'œil qui ne ferme pas, et employer le biberon si l'enfant ne saisit pas bien le mamelon de sa nourrice.
Quand la paralysie se prolonge, il faut frictionner la peau avec des liniments excitants, donner des douches de vapeur d'eau, diriger des fumigations émollientes, appliquer de petits vésicatoires volants sur la face au niveau du nerf facial, et employer la galvanisation.
Hémiflégie faciale de la seconde enfance. — Chez les enfants plus âgés, l'hémiplégie faciale est le symptôme d'une méningite aiguë ou-d'une affection chronique du cerveau. Dans quelques cas, il n'y a que de l'otite chronique, suppuration de la caisse, avec carie du rocher, destruction du nerf de la septième paire constituant une maladie locale, étrangère au cerveau et ne pénétrant pas dans le crâne. J'en reparlerai un peu plus loin.
J'ai vu plusieurs faits de ce genre : entre autres, un qui est relatif à un enfant de deux ans. Pendant huit jours cet enfant avait eu, un mois avant, de la fièvre, de la somnolence, des vomissements et de la constipation ; puis tous ces accidents avaient disparu en laissant une hémiplégie faciale. Comme il n'y avait eu ni contusion, ni otorrhée, il m'a semblé que cette hémiplégie devait résulter d'une méningite avortée ou pseudo-méningite. (Voy. ce mot.)