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PARALYSIE DU DELTOÏDE

La paralysie du deltoïde, entraînant la paralysie du bras, est une maladie accidentelle assez rare. Jacquemier en a rapporté un exemple (1).

Observation I. — Un enfant fort et bien constitué, né après un travail assez long et assez pénible, offrit aux personnes chargées de le soigner une différence entre les

(\) Jacquemier, Manuel des accouchements. Paris, 1846.

PARALYSIE DU DELTOÏDE. !>l

deux membres supérieurs. Les deux bras étaient également développés, niais le droit était comme pendant et se tenait rapproché du tronc; le moignon de l'épaule paraissait un peu affaissé et moins arrondi. Le bras soulevé retombait inerte, par contraste avec le membre opposé. Les mouvements de la main, de Pavant-bras, s'exerçaient librement, mais sans que le bras y prit part autrement qu'en se portant un peu en avant ou en arrière.

Un instant Jacquemier crut voir dans cette paralysie du deltoïde une affection

congénitale ; mais il changea bientôt d'opinion, d'après la marche de la maladie qui disparut complètement au bout de vingt jours. 11 considéra cet accident du travail de parturilion comme fortuit, et l'attribua à la compression du nerf axillaire contre l'humérus, dans le point où il s'accole à la face profonde du muscle deltoïde.

Cette explication est juste et s'applique encore mieux à l'exemple que j'ai observé en 1804.

Observation II. — Dans la famille D..., M.ledocleurCaron amena au momie, à l'aide du forceps, une enfant que l'on crut morte pendant une heure. Sa tète était aplati^ par le forceps et portait sur le front les traces d'une pression qui persistèrent quelques mois. Luc fois rappelée à la vie, elle était paralysée du deltoïde gauche, et son bras était immobile. — Je lui prescrivis l'éleclrisation et des frictions stimulantes, ce qui fut fait et ce qui amena la guérison au bout de trois moi-, sans laisser d'atrophie.

J'ai revu l'enfant à l'âge de trois ans et elle n'a aucun trouble du mouvement ni de l'intelligence.

Le docteur Polaillon en a cité un cas semblable.

Observation III. — Paralysie du bras gauche chez un nouveau-né. In enfant mâle, né le 8 janvier à la maternité de Cochin, présentait une paralysie complète du membre supérieur gauche. Cet enfant, très-bien conformé et très-vigoureux, mouvait avec énergie ses autres membres, mais le bras droit restait immobile, et lorsqu'on le soulevait, il retombait inerte le long du corps. La coloration du membre paralysé était semblable à celle du côté sein, la température, appréciée avec la main de l'observateur (sans avoir employé un thermomètre), ne présentait pas de modification, el la sensibilité cutanée paraissait diminuée, mais n'était pas complètement abolie.

L'accouchement avait été naturel. La mère, âgée de vingt-trois ans, petite, mais avec un bassin bien conformé, mettait au monde pour la seconde fois. Il n'y avait eu, pendant le travail, aucune traction, aucune manœuvre obstétricale. A un examen minutieux, je ne trouvais sur le corps de cet enfant aucune trace de violence, et en particulier le bras et la partie latérale droite du cou ne présentaient aucune ecchymose ni aucun gonflement. 11 n'y avait pas non plus une luxation de l'épaule, qui aurait pu expliquer la distension «les unis du plexus brachial, et la paralysie consécutive. Cependant celte paralysie a eu, dans mon opinion, une origine Iraumatique; l'enfant dont il s'agit était très-volumineux, il pesait neuf livres; la tète -'.'-1 dégagée dans la position occipito-iliaque gauche antérieure; mais en raison de l'étendue du diamètre des épaules, l'épaule postérieure, c'est-à-dire la gauche, n'a pu se dégager qu'après une compression, qui a dû être considérable, au niveau de la partie latérale

gauche du cou. Je pense dune (pie le plexus brachial a été Comprimé, et que cette

compression, qui n'a pas laissé «le trace, a été la cause de la paralysie du bras gauche. Chose remarquable, c'est qu'en interrogeant la mère, elle nous apprit que son premier né était venu au monde avec une paralysie semblable, mais au bras droit.

Dansée cas, comme dans celui que nous avons eu vous les yeux, la paralysie a été

passagère. Lu effet, vers le troisième joui-, l'enfant put exécuter quelques légers mouvements spontanés. l'eu à peu, ces mouvements oui acquis plus d'amplitude. Lorsque la mère a voulu sortir de la Maternité, dix jour> après l'accouchement, QOUfl avons constaté que la paralysie avait disparu, mais que les mouvements n'avaient pas encore acquis tout à fait la même force que celle qu'ils avaient du côté' droit.

A un Age plus avancé, la paralysie du deltoïde s'observe quelquefois comme affection rhumatismale et comme paralysie myogénique (voy. ce mot), ou paralysie essentielle de l'enfance. Elle vient subitement dans le jour ou pendant le sommeil, et ce bras reste inerte, ne conservant que les mouvements antérieurs et postérieurs, ainsi que ceux de l'avant-bras et de la main ou des doigts. — La contractilité électrique a aussitôt disparu, et ce mal dure longtemps. Si le muscle s'altère et devient graisseux, il y a tout lieu de craindre Fincurabilité, mais si la contractilité reparaît, alors la guérison peut avoir lieu. — Elle se produit au bout de un à six mois.

Traitement. — Les frictions stimulantes, le massage, les douches de vapeur et l'électrisation par courants continus, sont ce qu'il y a de mieux à employer. — J'ai vu de nombreux faits de cette forme de paralysie qui se sont ainsi terminés heureusement, et l'un d'eux a été particulièrement l'objet de mon attention, car il s'est passé dans ma famille sur un de mes enfants.

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