CHAPITRE XXV
Le mot convulsion s'applique généralement à tous les mouvements involontaires désordonnés que l'on observe dans le système des muscles de la vie de relation. Il sert à désigner des affections fort différentes par leur nature, mais identiques par leur manifestation, qui est l'état convulsif. Aussi, la chorée, l'épilepsie, la contracture, sont des maladies convulsives ; mais ce n'est pas là ce qu'on appelle, chez les enfants, des convulsions.
Les convulsions sont ce qu'on appelle aussi par les noms d'éclampsie des enfants et d'épilepsie puérile, à cause de l'extrême ressemblance qui les rapproche de l'épilepsie des adultes. Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de cette opinion.
Les convulsions s'observent surtout chez les enfants ;'mais les plus jeunes sont,
parmi Ions, les plus prédisposés à leur développement. Cela «s'explique par la susceptibilité si exquise de L'encéphale à un âge où les sensations, quelles qu'elles puissent être, sont neuves, et par cette raison dangereuses, si elles sont un peu fortes. Tout, dans la nature, se fait par degrés, et les organes doivent peu à peu s'accoutumer aux impressions extérieures. Le voile qui ferme la pupille à l'instant de la naissance ne se lève (pie par degrés, et l'enfant qui sort du sein de sa mère ne voit pas aussitôt le jour, car il ne pourrait en supporter l'éclat. La lumière l'entoure graduellement; elle ne devient éclatante que lorsque les organes de la vision y sont habitués. Il faut que le centre des sensations se familiarise avec les souffrances physiques et que les premières impressions soient aussi les plus faibles. Sans cela, il en résulte, par action réflexe, un trouble dans l'action du cerveau, une perversion des fonctions motrices, la seule qui puisse exister chez les enfants à la mamelle. La douleur est donc quelquefois la cause occasionnelle de l'état convulsif; peu importe son siège, qu'il soit au milieu même des centres nerveux ou dans un point du corps tout opposé : le retentissement sympathique et le résultat sont les mêmes.
La nature des convulsions les sépare tout naturellement en deux catégories bien distinctes. Dans la première se trouvent les convulsions qui ne s'expliquent que par une excitation vive de la fibre nerveuse du cerveau sans lésion appréciable de cet organe. Ce sont les convulsions essentielles sympathiques , telles que Yéclampsie, Vépilepsie, le vertige épileptique, etc. Ce sont les seules qui méritent de garder le nom de convulsions comme entité morbide ; quant aux convulsions symptomatiques qui forment la seconde catégorie et qui résultent d'une excitation nerveuse produite par une altération matérielle de l'organe encéphalique ou de la moelle, il en sera question à l'occasion des maladies dans le cours desquelles elles se produisent.
Ces convulsions n'ont rien de commun avec l'éclampsie.
Elles sont sous la dépendance des altérations anatomiques des centres nerveux ou de leurs enveloppes, et coïncident avec les lésions suivantes : la phlébite des sinus de la dure-mère ; la thrombose des sinus; l'épancheinent séreux des ventricules cérébraux, de la pie-mère ou de la substance du cerveau dans l'œdème cérébral qui accompagne l'hydrocéphalie aiguë et chronique ; l'anasarquc porté a un très-haut degré dans l'albuminurie ou dans les maladies du cœur; les embolies artérielles suite d'endocardite; l'épanchemcnt sanguin des méninges encéphaliques ou rachidiennes dans l'hémorrhagie cérébrale ou méningée ; la phlegmasie de la moelle et du cerveau dans l'encéphalite ; les maladies aiguës des méninges telles que la méningite; enfin les helminthes et les productions accidentelles granuleuses, tuberculeuses, fibro-plastiques, développées dans les différentes parties de l'encéphale et de ses enveloppes.
Comme on le voit, les phénomènes convulsils perdent tonte L'individualité qu'ils nous ont offerte dans les convulsions essentielles appelées éclampsie. Ils sont ici l'expression d'une lésion analoiniqne des (entres nerveux, cl ils dépendent de ces altérations de la manière la plus absolue.
•le décrirai les convulsions essentielles comme unv de ces affections dont la nature est inconnue, et qu'il était nécessaire (l'individualiser. Il n'en sera pas de même pour les convulsions symptomatiques. Puisque leur cause est palpable et que leur nature est en partie dévoilée, il faut d'abord décrire lis maladies dans le cours desquelles elles apparaissent, et dont elles ne sont qu'un symptôme.
Aux convulsions symptomatiques se rattache donc l'histoire (les maladies dn s\vtème cérébro-spinal chez les jeunes enfants, et pour connaître les différentes formes
qu'elle présente, il faut étudier : la méningite^ V hydrocéphalie aiguë el chronique,
l'encéphalite et les tubercules du cerveau, maladies rarement isolées, presque toujours unies à la méningite, sinon primitivement, du moins vers leur terminaison ; la phlébite des sinus de la dure-mère, Yhêmorrhagie méningée, et enfin cet état si fréquent chez les nouveau-nés, auquel on a donné le nom d'apoplexie ou de mort apparente des nouveau-nés.