MÉNINGITE AIGUË
Qoraènes intermittents qui sont : de l'inappétence, des accès de tristesse et de
colère, de rabattement, des frayeurs H des hallucinations nocturnes.
106. Des vomissements, de la constipation, une fièvre vive, avec intermittence du pouls, joints à une respiration courte, incomplète, intermittente et suspirieuse, et une névro-rétinite avec ou sans tubercules choroïdiens, annoncent une méningite.
107. La rougeur subite du visage et sa décoloration consécutive alternant à de courts intervalles durant la fièvre, sont des signes prochains de convulsions.
108. La fièvre des enfants, accompagnée de sensibilité extrême des yeux à la lumière, et d'occlusion permanente des paupières, sans ophthalmie, est un signe de méningite.
109. La méningite granuleuse accompagnée de cris aigus et de convulsions est ;i peu près invariablement mortelle.
§ II. — Méningite aiguë simple.
La méningite simple s'observe quelquefois chez les enfants à la mamelle. Selon quelques auteurs, Billard, Baron, elle remplacerait à cet âge la méningite tuberculeuse. Je ne crois cependant pas que cette proposition soit exacte, et je me fonde sur le relevé de quinze observations de méningite recueillies chez des enfants de huit jours à trente mois, relevé dans lequel je trouve dix exemples de méningite granuleuse, quatre exemples de méningite simple et un exemple d'hydrocéphalie aiguë essentielle.
Je puis donc avec raison appliquer aux enfants à la mamelle la proposition formulée par Guersant, au sujet de la fréquence; de la méningite chez les enfants de deux à quinze mois. Je dirai, d'accord avec cet auteur, et pour tous les enfants, que le nombre des méningites simples est inférieur au nombre des méningites tuberculeuses. C'est surtout dans la seconde enfance et après la puberté qu'on rencontre la phlegmasie simple des méninges à l'état aigu.
Causes. — Les causes qui favorisent le développement de la méningite simple sont aussi nombreuses que variées. Ce sont : les coups, les chutes sur la tète, l'insolation, les plaies du sourcil qui par leur action ascendante gagnent le cerveau et les méninges (1), l'excès de travail, et enfin l'influence épidémique. Nous savions bien que la méningite aiguë des adultes pouvait se développer sous cette influence; mais on ignorait qu'il en pût être de même chez les enfants. Les relations de méningite cérébro-spinale épidémique publiées par Ubert, Mistler, Wilson, etc., lèveront tous les doutes à cet égard.
La méningite simple peut aussi être congénitale; fait raie, dans lequel la maladie a été primitive, et s'est développée en dehors de toute influence épidémique, en offrant tons les caractères anatomiques de la méningite cérébro-spinale Ordinaire (2). — Née dans le sein maternel, elle a été annoncée par la sortit* prématurée du liquide amniotique, el les phénomènes observés au moment (le ta naissance n'ont élé que des accidents assez, caractérisés de strabisme, de renversemenl du corps et de la tète en arrière formant YopistkotonoS. Celle observation se trouve dans la précédente édition de cet ouvrage.
On trouve dans les traités de pathologie des observations d'enfants qui présentaient au moment de leur naissance le sclérèine, l'érvsipèle, la péritonite, la pleu-
(1) E. Bouchut, Gazette des hôpitaux, 1865.
(2) Stoltz, Gazette des hôpitaux, 18.~>7.
résie; il y en a même qui sont relatives à des cas de méningites consécutives à l'opération du spina-bifida, par exemple; mais nous ne croyons pas qu'il ait été question de méningite cérébro-spinale, idiopathique, spontanée, aussi nettement caractérisée par les symptômes et surtout par les lésions nécroscopiques.
Lésions anatomiques. — Les caractères anatomiques de la méningite simple des enfants sont, à peu de chose près, les mêmes que ceux de la méningite granuleuse. Si l'on excepte les granulations qui forment le signe essentiel de cette dernière variété, les altérations de l'arachnoïde, de la pie-mère et du cerveau sont semblables ; seulement l'infiltration plastique et purulente qui se fait dans le réseau de la pie-mère et l'épanchement des ventricules paraissent plus marqués.
Je ne pense pas, comme le prétendent Rilliet et Barthez, qu'on puisse rapporter à la méningite tuberculeuse certains exemples de méningite simple, c'est-à-dire sans granulations méningées et sans tubercules cérébraux, par ce seul motif qu'il existe des productions tuberculeuses en d'autres points de l'économie. La phlegmasie des méninges qui se développe chez un enfant qui a des tubercules cervicaux ou une affection tuberculeuse de l'articulation du genou (tumeur blanche) ne saurait être considérée comme une méningite tuberculeuse, s'il y a des granulations méningées. C'est comme si l'on voulait appeler pneumonie tuberculeuse celle qui survient chez un enfant qui n'a pas de tubercules pulmonaires, parce qu'il y en a dans les ganglions bronchiques ou parce que d'autres organes sont remplis de ces productions morbides.
Souvent, il est vrai, le médecin, guidé par la constitution évidemment tuberculeuse des enfants qui présentent des accidents cérébraux ou thoraciques, croit pouvoir diagnostiquer une méningite granuleuse ou une pneumonie tuberculeuse : en effet, la chose est très-probable, mais il ne doit pas craindre d'avouer son erreur et de revenir sur son assertion, si l'autopsie lui permet de constater l'absence de granulations dans les méninges ou dans les poumons.
Symptômes. — Les symptômes de la méningite simple sont surtout différents de ceux de la méningite tuberculeuse, lorsqu'on les étudie au début de l'affection. Il faut ici tenir compte des commémoratifs pour connaître les antécédents de l'enfant, et savoir si, dans sa vie ou dans celle de ses parents, il n'y a pas de traces de l'affection scrofuleuse. Le début de la méningite simple est toujours instantané; il y a, au contraire, dans la méningite tuberculeuse, des accidents précurseurs plus ou moins prolongés qui n'échappent pas à un examen attentif. Ce sont ces phénomènes que j'ai rassemblés dans la période prodromique de germination de la méningite granuleuse, comme on a pu le voir dans le chapitre précédent.
A part cette différence fondamentale dans l'expression morbide du début de la méningite simple, les autres symptômes ne diffèrent pas beaucoup de ceux de la méningite tuberculeuse. Ici, la marche est plus rapide, les accidents moins incertains, les phénomènes mieux caractérisés; mais il n'y a pas de signes positifs sur lesquels on puisse s'appuyer pour assurer son diagnostic. Je renvoie donc, pour ce qui regarde les symptômes de cette maladie, à l'exposition du diagnostic des deux dernières périodes de la méningite tuberculeuse par l'étude des troubles fonctionnels, et des signes cérébroscopiques.
Terminaison. — Vu point de vue de la terminaison, de grandes différences séparent ici la méningite aiguë de la méningite tuberculeuse.
La méningite aiguë peut se terminer par la mort, par la guérison, ou passer à l'état chronique. La guérison n'est plus ici tellement rare qu'on la révoque en doute si on ne Ta pas observée. De nombreux exemples attestent la possibilité de la