‹ Traité pratique des maladies des organes sexuelsChapitre 14 sur 98 · DEUXIÈME PÉRIODE DK LA BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PÉRIODE DK LA BLENNORRHAGIE

Sur la muqueuse des voies unitaires, des phénomènes analogues, mais plus inlenseR, se produisent; le malade ressent, sur le trajet du canal de l'urèthre, une certaine chaleur ou démangeaison pendant la miction ; les urines prennent une coloration rougeàtre et, point capital, répandent une odeur de copahu. Parfois, le malade souffre de douleurs rénales; on peut rencontrer alors des urines albumineuses et même, mais exceptionnellement, héinaliques.

Les urines copahiféres présentent souvent une particularité capable, à un examen Huperficiel, d'induire le médecin en erreur et de faire croire à la présence d'albumine qui, en réalité, n'existe pas. Si on additionne en effet ces urines d'acide azotique, ainsi que l'a fait remarquer le regretté professeur Gubler, on voit souvent un précipité, très analogue à celui de l'albumine, se former; mais, caractère différentiel, ■ ajoutez de l'alcool et ce précipité disparaîtra.

L'huile essentielle de copahu s'élimine encore par les glandes sudoripares, aussi l'absorption de ce baume peut-elle déterminer une diaphorése abondante et, dans quelques cas, une éruption rubéolique.

La roséole, due à l'action du copahu sur la peau, est caractérisée soit par de simples tuches coniluentes d'un rouge vif, soit par de petites papules; elle occupe principalement le dus des pieds et des mains, la face antérieure des genoux et, à un degré intense, elle s'étend sur toute la surface du corps ; elle provoque de très vives démangeaisons. En dehors des commémoralifs. ces caractères suffisent amplement

pour dislingucr la roséole copahJvique de la roséole sj'philiUque, dont les macules ou pikpules, d'un rouge sombre cuivré, ne délerminanl aucune démangeaison, occupent la surface du tronc et, plus rarement, les mains et les pieds, mais alors sur leurs faces palmaire et plantaire.

Après avoir décrit d'une façon générale l'action du copabuEur l'organisme, nous devons nous demander, rentrant dans le cadre de nos études spéciales, comment le copahu guérit la blennorrhagie. Le copahu guérit la blennorrhagie en s' éliminant par les urines; il agit directement sur la muqueuse des voies urinaires, au même titre que le ferait une dissolution de son huile essenlielle.

Plusieurs preuves viennent démonirer jusqu'à l'évidence la vérité de celle proposition.

V Le copahu n'agitpas contre la ilennotThagte par son action purgative.

Plus en effet sont intenses les troubles gastro-intestinaux déterminés par le copahu, moins bien il est absorbé, et moins il est apte à modifier la muqueuse des voies urinaires. On peut administrer tel purgatif ou drastique que l'on choisira, jamais on n'obtiendra l'action élective ou, 'pour mieux dire, spécifique du copahu.

2° Le copahu agit directement, par contact, sur la muqueuse des voies urinaires, en s'éliminant par les urines.

Ce fait capital du rôle thérapeutique du copahu a été mis en évidence par Ricord d'une façon irréfu-

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table. Ge maître, donnant ses soins à un malade affligé d'une fistule uréthrale, et qui avait contracté une blennorrhagie, constata, après l'administration du copahu, la cessation de l'écoulement dans la partie du canal postérieure à la fistule, et sa persistance dans la partie antérieure. L'urine, en efi*et, ne s'écoulait plus par le méat urinaire, mais par l^orifice fistuleux, de telle sorte que la portion du canal, antérieure à la solution de continuité, n*était plus baignée par l'urine copahifère; aussi Tinflammation blennorrhagique y avait-elle persisté, pendant qu'elle disparaissait dans la partie du canal située en arriére de la fistule.

3* Le copahu guérit Vuréthrite chez la femme; Une guérit pas la vaginite.

L'énoncé de cette proposition, maintes fois vérifiée par l'expérience, suffît à démontrer Faction locale et spécifique du copahu. Ricord avait même imaginé de faire prendre aux femmes, atteintes de vaginite, des injections avec leur urine rendue copahifère. Cette méthode, peu délicate dans le choix du procédé, a été suivie de quelques succès ; ajoutons qne le copahu est également sans action sur les blennorrhagies oculaire, anale, balanique, etc.

Si le copahu n'agit que par contact avec la mu-^ queuse des voies urinaires, lorsqu'il est éliminé par les urines, on doit obtenir un résultat analogue, en injectant dans le canal de l'urèthre de Teau distillée saturée d'huile essentielle de copahu. Cette pensée théorique a conduit le D' £d. Langlebert à se servir

EAU DISTILLEE DE COPAUO

de l'eaa disUliée de copabu comme vÉhîcule pour les injections nréthrales. « Parlant de ce fait (l'action locale du copahu), j'ai eu. dit-il, l'idée de distiller de l'eau mr du copahu, aiin d'imiter, j'usqu 'à ud certain point, ce qui ee passe pbysiologiquemeRt d&as les reins et d'obtenir de cette façon un liquide saturé d'essence. C'est ainsi que j'ai introduit et fait prévaloir dana la pratique l'eau dbtillée de copahu.

<• L'eau distillée de copahu, employée en injection, guérit la blennorrhagie urélhrale ; mais il faul, pour obtenir ce résultat, multiplier outre mesure le nombre des injections, ce qui rendait cette méthode impraticable pour la plupart des malades. Aus^i ai-Je dû borner bob rôle 4 serrir de vébtcule pour les diverses substances astringentes qui entrent dans la composition dea injections antîblennorrhagtques ordinaires. A l'eau dbtillée simple, ou à l'eau de rose, vulgaîreineat employées pour dissoudre, par exemple, le sulfate de zinc, je substitue l'eau distillée de copabu, et j'obtieos ainsi une injection qui vaut k la fois et par le sel qu'elle renferme et par le liquide dis- ^olvant. Cette pratique, éminemment rationnelle, me donne chaque jour de bons résultats '. n

Le copabu est souvent administré pur, emprisonné daoB des capsules gélatineuses, dites capsules molles, ou dans des capsules de gluteu qui en masquent le goûl. Dix À qainte capsules par jour, prises peu de lemps avant les repas, en constituent la dose habituelle. Mais le copahu, ainsi administré, agitsouveut

■ Ed. Lta^tbeti. ~ Loc. cit.

U DEUXiËME PÉRIODE DE U BLENNOHHUAGIE

avec trop d'énerg:ie sur la muqueuse stomacale et est mol toléré.

Nous prescrivons généralement le copahu associé au cubèbe sous forme d'opiat. Celte préparation, tout en étant mieux tolérée par l'estomac, a pour avantage de réunir les effets des deux antiblennop^ rhagiques les plus puissants.

Disons maintenant quelques mots des médicameots réputés anlibiennorrhagiques, entrés aujourd'hui dans le domaine de la pratique courante, comme succédanés du copahu.

Dts lui me

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CcBÈBE ou poivre à queue, fruit du Cubeba officint rum de Java. A dose peu élevée, le cubèbe active les fonctions de la digestion, il devient, comme les autres condiments, un véritable apéritif. Mais si la quantité absorbée est trop considérable, l'etfet inverse se produit, et l'on se trouve en présence de symplâmes analogues à ceux que détermine l'ingestion du copahu. Dans quelques cas exceptionnels, une éruption rubéolique, semblable à celle que provoque le copahu, peut apparaître. Les urines prennent les mêmes caractères que les urines copahifères. Ce médicament se prescrit en poudre à, la dose de dix à douze grammes par jour, ou mieux, comme nous venons de le dire, associé au copahu sous forme d'opiat.

Bal'mb de gurjun ou wood-oil, fourni par le!> J)ipterocarpus trinerois et incanm ; il est employé aux

Indes orienlales aux mêmes usages que le copahu. ( H anbury-G ub) er . )

Santal CITRl^, bois du Santalum album, il provient de l'Inde. On se eerl de son essence emprisonnée dans des capsules molles (gélatineuses ou de gluten. Ses effets physiologiques sont analogues, mais inférieurs, & ceux du copahu, sur lequel il n'a d'autre avBiitage que de posséder une odeur moins désagréftble.

Hatico, Piper angusli/blium, provient du Pérou. On en emploie les feuilles à la do.se de trente grammes environ pour un litre d'eau bouillanle ; on peut prescrire encore quatre à huit grammes de poudre seule, ou englobée dans un opiat.

BaOhe rnj PEROU, e.iitrait du Myraspermum Pereirx; un à deux grammes par jour, en pilules ou en po- Uod; il est plus particulièrement employé dans les "jetions bronchiques.

tAOKE DE TOLU, extrail du Myrospermum loluifeium. Beat bon de le prescrire en sirop, associé au citrate de fer, dans les blennorrhagies déjà un peu anciennes.

Parmi lous ces médicaments, on ne doit guère employer que le copahu et le cubébe, ce sont les plus puissants anliblennorrhagiques connus, les seuls sur lesquels on puisse el'&cacement compter. Il est bon de les associer sous forme d'opiat, dont on

DEUXIÈUE PÉRIODE DE LA BLENNOHRHAGIE

prescrit trois ou quatre boulettes par jour, de la grosseur d'une petite noix, ce qui représente envirun quinze à vingt grammes de la masse. Ce trailecnent doit être continué jusqu'à la cessation de l'écoulement et être suspendu ensuite progressivement. Cependant, si au bout de cinq â six Jours, l'écoulement blejinorrhagique n'était pas sensiblement modifié, le mieux serait d'interrompre celte médication, pour la reprendre après une semaine d'intervalle.

En vue de diminuer les effels purgatifs du copahu et du cubébe associés, nous avons coutume d'ajouter à l'opial quatre grammes environ de teinture de cachou, car cette résine, tirée de i'Acacia calecAu, agit comme un puissant aslrigenl. C'est enfin une règle thérapeutique de s'assurer, avant de prescrire les balsamiques, du bon état des voies digesttves, qu'il est même prudent de préparer, par un léger purgatif salin, à l'absorption de ces médicaments.

Pendant toute la durée du traitement, les injections seront continuées et la dose du médicament aclif sera . progressivement élevée. Ainsi on commence généralement par prescrire quarante centigrammes de sulfate de zinc pour cent vingt-cinq grammes d'eau distillée ou d'émulsion de vaseline, puis on porte successivement à cinquante, soixante, quatre-vingts centigrammes et même un gramme, la dose du sel métallique. Dans certains cas rebelles, il est bon soit d'y adjoindre une petite fraction de sulfate de cuivre, soit de remplacer le sulfate de zinc par un Msiringent de nature organique tel que le tanniji ou

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