‹ Traité pratique des maladies des organes sexuelsChapitre 18 sur 98 · SUINTEMENT HABITUEL · texte numérisé non relu

SUINTEMENT HABITUEL

de santé générale des personnes, les dialhèse." auxquelles elles sont soumises et la lésion pathologique uréthrale. C'est là, que se cache tout le secret de la guérison.

La Wennorrhée se présente sous deux Tormes bien distinctes. Bans la première, la sécrétion muco-punilente est épaisse, elle empèse le linge qu'elle tache en jaune-verdàtre, et l'écoulement se montre phiK habilitellentenl le matin. A son réveil, en pressant modérément sur le gland, le malade voit sourdre par le méat une ou plusieurs gouttes de muco-pus, d'oùle nom de you«edile militaire, sous lequel esl dénommée vulgairement celte affection. La blennorrhée n'est en général accompagnée d'aucun sentiment de gène ou de douleur: dans quelques cas cependant, le malade perçoit le long du canal, au moment du passage de .l'arioe, une sensation de chaleur ou de chatouilleit; ce très b-ger symptôme peut persister même dehors de la miction.

Dans la seconde forme de la blennorrhée, le suinletnent habituel, l'écoulement est formé d'un mucus clair Ironspurenl et visqueux comme l'albumine de l'œuf. Le suintement habituel n'est donc pas une maladie, mais la simple exagération d'une sécrétion normale; il ne saurait donc être conlagieux. El pourtant, quel tourment pour les malades, quel trouble jetlu danis leur esprit ce témoignagne insignifiant mais durable d'une înQammalion uréthrale ancienne !

Tous les symptômes de l'uréthrile uiguë ont di»- 1,-il n'y a plus ni rougeur, ni gonflement, ni dou-

^l'urir

aa DLENNOURHAriIE CHBONIQtlE

leur; l'écoulement est réduit à presque rien, mais ce rien, par sa contînuitë, inquiète beaucoup plus le malade que tous les phénomènes intenses dont il a été successivement frappé. Il voit en lui la persistance de son mal, l'incertitude de sa guérison. Son avenir lui paraît perdu, il lui faudra renoncer au mariage, aux joies de la famille, etc. Sans cesse préoccupé de Bon mal et absorbé par ses craintes, il examine ses urines qu'il recueille avec un soin minutieux et le moindre trouble qu'il y saisit, le moindre nuage qui en obscurcit la transparence vient accroître son anxiété. Cet infortuné s'attache aux pas du médecin qu'il poursuit de ses plaintes et de ses demandes; ïl devient l'hôle le plus assidu de son cabinet et aussi le client le plus intrailable. Vainement s'efTorce-t-on dM dissiper ses chimÈres el de le faire renaître à 1' rance ; les consolations qu'on lui prodigue, le coura| que l'on cherche à lui donner paraissent le rassurer n instant; mais bientôt le bon effet de ces paroles s'efface, et l'épouvanle reprenant le dessus, il retombe dans son hypochondrîe.

Le tableau que nous venons de tracer n'a rien d'esagéré;mais, hâtons-nous de le dire, s'il s'applique a certains malades, il en est beaucoup d'autres, heureusement, qu'un caractère plus ferme et une raison plus éclairée prolëgent contre de tels excès d'imagination. Cette hypocondrie, que j'appellerai uréthrale, n'est pas la conséquence nécessaire de toute blennorrhée. Cependant il faut reconnaître que chez tous les malades ou, du moins, chez presque tous, quelles que soient l'inlelligence individuelle et la positinn sociale.

:rer "

HTPOCHONDRIE UBËTHRALE 33

aussi bien dans les régions élt^vées de la société que dans les classes les pht» infinies, la blennorrhée est une cause de tourment moral.

Le premier devoir à remplir pour le médecin consiste donc à rassurer le malade, à l'éclairer sur la nature de son mal, à lui en démontrer, ainon l'innocuité, du moins le peu de danger, et à lui faire espérer une guérison qu'il pourra d'ailleurs obtenir le plus souvent par les moyens que nous allons indiquer. Que le médecin toutefois, dans son intérêt et aussi dans celui de son client, ne promette pas beaucoup plus qu'il n'espère ; qu'il demande du temps et de la patience, sans lesquels U ne faut guère compter sur le Buccès du traitement'.

Telle est la description, plut&t atténuée qu'exagéde l'hypochondrie urélhrale, dér^jgnation donnée mon père à ce trouble psychologique. Nous avons cru intéressant d'y insister, ne serait-ce que pour recommander un peu d'indulgence et d'attention pour ces malheureux qu'on est trop souvent disposé à re- ■, suus prétexte qu'ils sont malades imagi-

a blennorrhée est généralement consécutive ù une innorrhagie aiguè mal soignée ; nous n'entendons 1 par là que le traitement ait été mal conçu ou 1 dirigé, mais que le malade ne l'a pas suivi

; la ponctualité et la persévérance nécessaires. i rechutes, qui surviennent si fréquemment à la

BUCC

34 BLENNORRHAlilE CHRONIQUE

suite d'écarls de régime trop rapprochés du jour où l'écoulement vient de cesser, sont peut-être la ptoa grande cause du passage de l'inflammaLion uréthralf. à l'état chronique.

La blennorrhée peut survenir d'emblée, apparai sant alors comme une blennorrbagie absolum< indolente, chronique dès le début, et connue vul( renient sous le nom A'échauffement.

Quand la blennorrhée succède à une blennorrbagie aiguë ou subaiguë, voire même à un simple échauffemenl. chez un individu soigneux de lui-même el dont tout le trailemenl n'aura pas uniquement consisté dans le plus souverain mépris pour son mal, on devra rechercher chez lui les signes d'un général de l'organisme, et souvent on découvrira aioai la clef du traitement.

Le lymphalisme et la scroful», l'anémie, l'bei tlsme et la diathése urique, le rhumatisme sontaulant de causes capables de faire passer un écoulement aigu A l'état chronique. C'est seulement par un traitement long et méthodique de ces constitutions imparfaitei, de ces diathi^ses maltresses, qu'on parvient & laritM l'écoulement. ^

Hais avant d'instituer le traitement d'une blennorrhée, il faut toujours, quelle qu'en puisse être l'origine présumée, examiner à fond le canal de l'urèthre ; le plus souvent on découvre ainsi la (cause permanente qui entrelient la suppuration et. en supprimant cette cause, on arrête par cela même l'écoulement : mblatâ camâ, tollilur effèctus.

ptoa -aiiA

iipai j|

EXPLORATION IJRÉTHRALE 35

Cette exploration uréthrale, toujours très appréhendée des malades, n'est nullement douloureuse ; up peu de légèreté et de délicatesBe de main la font passer, pour ainsi dire, inaperçue.

De toutes les causes locales de la blennorrhée, la plua commune, el de beaucoup, est, eu elTet, un rélrécUsement au début ; on a signalé encore de petites végétations, l'intlammation de quelques follicules urélbraux el, très exceptionnellement, l'existence de petits polypes, de granulations, de brides ou de valvules dans l'uréthre.

Pour examiner l'urèthre, nous nous servons d'un explorateur ordinaire, ou bougie à boule, du n' Si ou 2â. Après avoir bien graissé cet instrument, on parcourt avec l'olive toute la longueur du canal et, [ chemin faisant, on porte la plus grande attention aux I impressions ressenties. Si le passage de rexplorateurj provoque une douleur un peu nette sur un point quel-J conque du canal, on note la distancée laquelle se ren' contre ce point douloureux, car c'est là qu'on devra porter les médicumentï topiques. Très souvent, quand la blentorrhée est déjà ancienne, on est arrêté et, pour passer, l'opérateur est obligé de choisir une olive plus petite. Tel est l'indice certain d'une slrictnre uréthrale au début ou, parfois même, déjà corn- ( plitement organisée et étroite. Toutefois, nous devons tàganler qu'à onze ou douze centimètres du méat, au niveau du collet du bulbe, on éprouve toujours un temps d'arrêt qui est normal, carie canal de l'urèthre est moins dilatable à ce niveau ; mais s'il n'existe aucun obstacle, on peut continuer le cuthétérisme au

bout d'un instant. Un peu de sang, pendant cette exploration, sort-U du méat; il est vraisemblable que la muqueuse de l'uriMbre est légèrement fongueuse sur une portion de son trajet. Nous pouvons désormais nous rendre exactement compte de quelle utilité, pour le diagnostic et pourle traitement qui en dérive, est le cathétérisme explorateur du canal de l'urèthre, précieux moyen de renseignement, d'ailleurs absolument înofTeiisif et dont on ne devra jamais i^e priver.

Il nous reste à examiner maintenant les différents cas qui peuvent se présenter dans la pratique, le traitement devant varier pour chacun d'eux :

V Blennorrhée sans lésion bien détejfninée de furètkre ou blennon'hée cat/ian-hale ; elle persiste le plus souvent sous une influence dialhésique.

2° Blennorrkée dépendant dune lésion pathologique . de furèthre, rétrécissement au début ou confirmé, végétations, brides, valvules, etc.

3' Blennorrkée dépendant à la fois d'une lésion pathologique wélArale et d'une influence dtathésique.

Tralloment de la blennorrhée catarrliale. ~ TArébenttiioe, essenue de santal, copahu et cubèbe. — Injeutions astringentes et isolantes, injections au sourre. — Traitement des diathëscs. — lmporlB.Lice de la chaleurtDsintenuB autour des parties malades, appareil uUcilé.

Le traitement de la première classe de blennorrhée eisL à la fois local et général.

Page 1