INJECTIONS ISOLANTES
Le traitement local de celle variété de blennorrhée, laquelle n'est autre chose, en réalité, qu'un catarrhe de la muqueuse urélhrale, consistera en injections astringentes ou isolantes et dans l'absorption de lérébenthtne ou d'essence de sanlal. Ce dernier balsamique, d'après les médecins anglais et américains, serait même spécifique contre le catarrhe de l'urèthre ; nous avouons ne pouvoir lui accorder un pareil Iribul d'éloges. Le copahu et le cubèbe, mélangés en opiat, peuvent avoir une efficacité au moins égale, si le malade n'a pas antérieurement abusé de ces antiblennorrhagiques.
C'est dans le traitement de la blennorrhagie chronique, que conviennent plus particulièrement les injections dites isolantes, c'eat-à-dire tenant en suspension une poudre inerle ou aciive telle que le bismuth, la craie, le cachou, l'oxyde de £inc, le sulfate de plomb, le soufre, elc. Lorsqu'une injection de ce genre est lancée dans le canal de l'urèthre, une partie de ta poudre qu'eUe contient se dépose contre les parois du canal et y séjourne, après que le liquide qui sert de véhicule a été rejeté- Cette poudre, en recouvrant la muqueuse urélhrale, empêche le contact immédiat de ses difTérentes faces. Les parois de l'urèthre, en efi'et, sont, en dehors de l'étal de miction, partout accolées à elles-mêmes, et l'urine les écarte d'arrière en avant pour Be frayer un chemin au dehors. Or aucune disposition anatomique n'est plus propre à perpétuer une inflammation, à lui faire prendre le caractère de la chronicité, que le contact de deux feuillels muqueux. Pouvoir les séparer, c'est
3S Bl^NNORRHAGIK CHKONIQLE
presque assurer la guérieoD. Le Iraîtement de la balano-posthîte qui réusaiL le plus souveQt en quarante huit heures, ne repose pas sjr un autre principe.
Les injections isolantes les plus connues sont les injections au bismuth, au cathou et t'injectioa Bjcord, laquelle est composée d'acétate de plomb et de sulfate de zinc; ces deux sels, agissant par double décomposition, donnent du sulfale de plomb insoluble qui constitue la poudre inerte. Dans le but de conserver à ces sortes d'injections le pouvoir si actif du sulfate de zinc, le D' Ed. Langlebert a imaginé d'associer ce sel à l'oxyde du môme métal. •> Pour obvier à cet inconvénient, la destruction du siilfalte de linc dans l'injection Ricord, dit le D' Kd. Langlebert', je me suis demandé si l'on ne pourrait pas garder dans l'injection le sulfate de zinc en lui associant un corps pulvérulent et incapable de l'altérer. L'oxyde do zinc se présenta naturellement à mon esprit. Complètement inerte de sa nature, sans action chimique sur son sulfate, insoluble dans l'eau, facile à réduire en poudre impalpable, ce corps réunit toutes les conditions nécessaires pour remplir le but que je me proposais. »
Parfois ces injections isolanlL's ne sont pas sans quelque inconvénient; cela s'observe surtout pour les injections à la craie ou au bismuth. La poudre peut s'agglutiner dans le canal de i'uréthre, y former une sorte de mortier et gêner ainsi la miclion. Nous
' D' Ed. Luiglebert, — Ti-aité dea maladie.\ fônn-irnaa.