COMPLICATIONS DE LA BLENNORBHAGIE
La blennnrrbagre anale ;
L'opAthalmie biennorrhagique. -
On observe encore certaines complictitions de Li blennorrhagie, lesquelles paraissent liées à un élat général très analogue à l'arthritis ; telles sont les arthrites, synovites ou kygromas blennorrhagtques, quelques lésions de l'endocarde signalées récemment, et une autre variété, beaucoup moins grave que la première, d'opbtalmie biennorrhagique.
Quelques médecins, Diday entre autres, expliquent cet étal général particulier que crée parfois la blennorrhagie, par la présence dans le sang et les autres humeurs des blennorrhagiens d'un microbe spécial. Ce n'est là jusqu'à présent qu'une hypothèse, plus hardie, il nous semble, que raisonnée, l'existence réelle d'un microbe ou d'un bacille chez ces malades n'ayant pas encore été démontrée.
Enfin les rétrécissements de l'urèlbre sont le plus souvent la conséquence éloignée d une blennorrhagie chronique ; nous leur réservons une description détaillée.
La cHAi/DKPissE CORDÉE, en dehors des très vives douleurs qu'elle provoque pendant les érections, est quelquefois l'origine d'bémorrhagies plus ou moins graves, déterminées par une rupture ou une déchirure de l'urèthre. Cette rupture peut se faire spontani'menl pendant une érection violente, mais le plus souvent elle est déterminée par le malade lui-même. C'étail autrefois un usage assez répandu de brtser la
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e et de mettre ainsi un ternie aux douleurs. Pour obtenir ce résultat, le malade, généralement un militaire, posait sur une table la verge en élat d'érection et par conséquent courbée, puis se donnait ou se faisait donner sur l'organe un vigoureux coup de poing. Aussitôt une hémorrhagie se déclarait, et celte perle de sang, agissant comme antiphlogisLique, amenait la cessation des douleurs.
Le plus grand danger de celle brutalité résulte non de la perle de eang, mais de la rupture même de l'itrélhre; l'urine peut alors s'infiltrer dans le tissu cellulaire ambiant, en produire la mortiflcution, amener, en un mot tout le cortège des eifels redoutables de l'infiltration rapide de l'urine. Et même, quand tout se passe bien au débul. que la déchirure uréthrale se eicalrise sans complication apparente, celle-ci est néanmoins le point de départ d'une af- Teclion très grave. Celte cicatrice, formée d'un tissu iuodulaire inextensible, devient l'origine d'un rétrécissement cicatriciel, et aucune slriclure uréthrale n'est plus rebelle au traitement.
Contre les symptômes si pénibles de la chaudepisse cordée, on se contentera de prepixire l'application permanente sur le pénis de compresses imbibées d'eau blanche, des lavements laudanisés, et à l'intérieur le camphre ou le bromure de potassium à haute dose. Dans les cas graves, de grands bains et quelques sangsues au périnée peuvent donner les plus heureux résultats. Des onctions avec ta pommade belladonée faites au périnée et sur le trajet du canal de l'urèthre, amènent encore un soulagement rapide.
a\ COMPLICATIONS DE LA BLENHORRHAGIE
L'inflammation du col de la vessie est une des compiirations les plus pénibles et les plus fréquentes de la blennorrhagie, si tant est, comme le fait remarquer le D' JuUien, que l'extension de Ti n 11 am malien blennorrhagique aux parties profondes de l'urôthre, puisse être regardée comme une complication.
La cystite du col est surtout fréquente chez les blennorrhagiques traités uniquement dès le début avec des tisanes diurétiques, nous en avons donné précédemment la raison; nous dirons même qu'il est rare qu'aucun de ces malades échappe aux premiers et très légers symplûmes de celle alîection, caractérisée seulement par la fréquence de la miction et une certaine gfine, surtout en finissant d'uriner.
La fréquence des besoins et la douleur en finissant d'uriner, ou à partir du milieu de la miction, sont les deux symptftmes caractéristiques de la cystite du col. La fréquence varie suivant l'intensité de l'inllammalion; aussi dans les cas graves, le malade urine-l-il presque sans discontinuer, et on a pu dire en pareil cas, sans exagération, qu'il y a incontinence aiguë d'urine. Les douleurs sont d'autant plus vives que le nombre des besoins est plus considérable et que le malade urine moins à la fois; elles arrivent à leur apogée au moment même des efforts pour expulser les dernières goutter, et elles se répètent ainsi presque à chaque instant. Le plus souvent, dans ces cas extrêmes, une grande surexcitation nerveuse complique la scène , le malade ne sait comment ne placer pour échapper k sa torture, il ne reste ni
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debout, ni couché, ni assis, il peut en venir à se rouler, implorant partout du secours.
Quand la fréquence n*est pas trop grande, Furine est claire au début de la miction, elle se trouble vers la fin et sort mélangée de mucus ou de muco-pus, souvent aussi elle est sanguinolente, et même, dans quelques cas, des malades rendent du sang presque pur.
Lorsque les besoins sont incessants, il ne tombe à chaque fois que quelques gouttes d*une sorte de boue formée d*un mélange de j pus et d'urine; on constate alors, comme symptômes généraux, seulement un peu de fièvre et un certain état saburral.
La rétention complète de Turine est, dans quelques cas, la conséquence d'une cystite violente; pour évacuer la vessie, on doit tenter le cathétérisme avec une 8onde molle de moyenne grosseur à bout olivaire. Cette opération, que la grande sensibilité du canal rend parfois extrêmement douloureuse, ne peut pas toujours être conduite à bonne fin, le malade, malgré toute sa résignation, n'ayant pas la force de la supporter. Nous avons coutume, quand pareil fait se présente, de pratiquer dans la région hypogastrique une injection hypodermique de morphine et d'attendre, pour passer la sonde, que l'anesthésie morphinique commence à se produire.
Mais supposons, ce qui n'est pas très rare, quelque soit le moyen employé, que le cathétérisme soit impossible, que la sonde ne puisse être introduite jusque dans la vessie, et examinons ce qu'il y a de mieux à
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faire dans celte circonslance délicate. Quelle est alors [ft cause de la rétention? Evidemment nous avons affaire snil à une contraclion spasmodique des parties profondes de l'urèthre, soit à un goDUement de h muqueuse, gonDement asuei fort pour boucher complètement le canal, et, très probablement, à ces deux causes réunies. Nous devons donc diriger tons nos efforts dans le but de diminuer celle contraction spasmodique, d'affaisser celle turgescence de la muqueuse. Une application de dix à quinze sangsues au périnée, nous a toujours fourni d'excellents résultais et, à défaut ducalhélérisnie et même concurremment avec lui, c'est \é. le remède par excellence. Un moyen encore très efBcace, et d'un emploi des plus simples, est de plonger le malade dans un grand bain où il demeurera longtemps, deux heures au moins ; le plus souvent il commencera par uriner goutte à gouUe dans le bain, puis par petits jets et enfin la miction se rétablira.
Pour atténuer les douleurs si violentes qui accompagnent la rétention d'urine, on pourra pratiquer des injections bypodermiques de morphine, mais avec une certaine réserve cependanl, car, k trop haute dose, la morphine amène une atonie telle des fibres musculaires lisses de la vessie, que ce réservoir ne peul que difllcilement surmonter la résislunce du sphincter urélhra];c'esl ainsi que chez un homme sain, mais morphinisé, le jet d'urine est saccadé, étant interrompu, plusieurs fois par des contractions du sphincler uj-étbral. Les injections hypodermiques de morphine peuvent, d'ailleurs, être avantageusement
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remplacées par deux ou Iruis quarts de laventenl laudanisé, pris pendant la journée.
Dans certaines ci rcons lances, lorsqu'on est appelé longtemps après le début de la rétention, et que le malade présente des symptfimes assez graves pour faire redouter une rupture et une infiltration d'urine consécutive dans les tissus ambiants, on doit pratiquer la ponction capillaire de la vessie, opération d'ailleurs très inoffeDsive et sur laquelle nous reviendrons en détail à propos des rétrécissements. Disons, toutefois, que si la rupture de la vessie et surtout celle de l'uréthre sont à craindre comme conséquences d'une rétention causée par un rétrécissement urélhral déjà ancien, c'est ici une éventualité presque irréalisable.
Noua venons d'indiquer quelle est la conduite médicale et chirurgicale à tenir contre les cas les plus graves de cystite du col ; mais ce n'est pas ceux-ci qui se présentent le plus souvent. Les formes légères de la cystite sont, en etfet, infiniment plus fréquentes que ies formes graves; cependant, dès qu'un malade, atteint de blennorrhagie, vient se plaindre d'une certaine fréquence de la miction, on doit aussiii')! avoir l'esprit en éveil, en pensant où cela peut ' i-ndoire.
La cystite blennorrhagique ordinaire est simplement caractérisée par des mictions fréquentes et plus ou moins douloureuses vers la fin ; par un jet d'urine quelquefois sacrodé dont les dernières gouttes sont trouMes et, dans quelques cas plus aigus, sanguinolenU* ; enfin, chose remarquable, par une diminution
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notable, mais plus apparente que réelle, de l'écoulement, qui reparaît dès que les symptômes de la cystite commencent à s'atténuer.
Les causes de la cystite blennorrhagique sont nombreuses. Parmi les plus importantes, en debors de l'abus des boissons diurétiques au début du traitement, nous signalerons les excès d'alcool et surtout de bière, les écarta de régime de toute sorte, le froid, une cystite antérieure.
Le traitement de ces formes légères, pour ainsi dire ébauchées de la cystite, est des plus simples; chez un malade attentif aux conseils qui lui sont donnés, scrupuleux pour les obser\er, il est toi^ours efficace.
On recommande le repos aussi complet que possible, la position couchéeou, tout au moins, allongée sur une chaise longue, un bain de siège ou un grand bain tous lesjours et, en même temps, on a bien soin de se garder des tisanes délayantes et diurétiques, car, en excitant la fonction, elles ne feraient qu'aggraver le degré d'irritation du col vésical. N'est-ce pas, en effet, une des règles fondamentales de la chirurgie, que de laisser, autant que possible, au repos absolu un organe enflammé? Pourquoi en serait-il ici aulrement? Toutefois, pour que les urines ne soient pas trop chargées, trop irritantes ou passage, nous avons coutume de prescrire seulement quatre à cinq verres, par jour, de macération de graines de lin additionnée de sirop de stigmates de maïs , dont nous avons reconnu maintes fois l'efficacité. Sous l'influence de ce breu-