COMPLICATIONS DE LA BLENNOBRHAGIE
diverse nature appliqués sur la région périnéale: 2" l'action si efficace de quelques gouttes d'une solution de nitrate d'argent portées directement dans la région prostatique de l'urèlhre.
Pour exercer une action révulsive sur la région périnéale, on peut, suivant le procédé de Thompson, barbouiller avec un crayon de nitrate il'argenl, préalablement mouillé, la partie du périnée située en avant de l'anus, sur une étendue de trois centimèlres environ. Cette cautérisation très superËcielIe, qu'on pourrait appeler épldermique. devra être renouvelée plusieurs fols. Thompson recommande encore spécialement de badigeonner tanlftt un cAté du périnée, tantôt l'autre, avec du vinaigre cantharidé (liqueur épispastique de la pharmacopée anglaise). On pourrait plus simplement appliquer, de la même façon, plusieurs petits vésicatoires ammoniacaux. Il est encore d'un usage assez répandu de poser, avec le thermo-cautère, un grand nombre de pointes de feu sur le périnée; enfin nous ne rappelons que pour mémoire les sétons et les moxas, moyens barbares aujourd'hui Justement abandonnés.
A tous ces révulsifs périnéaux, dont le grand tort, à notre avis, est leur situation relativement éloignée de l'organe malade, puisque la peau de cette région est séparée de la prostate par toute l'épaisseur du périnée et surtout par sa forte et épaisse aponévrose moyenne, nous préférons simplement l'hydrothérapie et la chaleur locale maintenue d'une façon permanente, BU moyen d'un appareil ouaté imperméable.
Comme hydrothérapie, on peut se contenter de
PBOSTATITE CHRONIOCK
lotions froides faites largement malin et suir avec une grosse éponge; tniilefois tes douches përinéale^ doivent être préférées et, dans quelques cas plus graves, les douces ascendantes.
Quant à l'emploi de-i instillations urélhrales, ou mieux des attouchements direcUsurla région prostatique avec une ."olution titrée de nitrate d'urgenl, nous y avons sultisammenl insisté dans le traitement de la blennorrhée : il est inutile d'y revenir. Nous auriina d'ailleurs à traiter encore ce sujt;t à propos des perles séminales.
Quelques médecins ont aussi vanté contre la prostalile l'emploi de l'électricité sous forme de courants intermittents ou continus. Il est bien évident, en efTet, qu'on peut retirer ici des avantages précieux del'électrîcilé, comme dans tous les cas d'engorgement chronique, quelle que soil la région envahie.
Les bains itulfureux ordinaires, ou mieux encore IX que nous avons fait composer sous le nom de
Ifurine, entrent comme un élément très imporlanl dans le traitement général.
Enfin quelques stations Ihermiiles peuvent ^tre recommandées contre l'inllammalion chronique de la prostate ; telles sont les eaux sulfiitées-calciques de Ontrexeville, de Vittel, de Sail. de Capvern ; les eaux alcalines d'Evian; les eaux sulfureuses d'Aix,
Savoie, et la source de Hahourat, A Cauterets.
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La suppuration est une des terminaisons lieureusemenl rares de la prosliitile aiguë: voici comment les choses se passent en pareil cas.
lœ COUPLICATIONS DE LA BLENNORRQAGIE
Les f^yinplijmes du début ponl exartemenl. ceux de de la prostatile aiguë, mais, au lieu de s'apaiser apr^? sepl ouhuit jours, on les voit, ail contraire, augmenter toujours d'iolensilé. La dyaurie est excessive et la moindre miction arrache des cris ; si i'urine ne peul s'échapper spontanément au dehors et qu'on soit obligé de sonder le malade, la douleur est plus vive encore. Les garde-robes deviennent extrêmement pénibles et il arrive souvent qu'un bourrelet d'hémorroïdes entoure l'anus. La fièvre s'allume, puis un ou plusieurs frissons, de durée variable, Tonl trembler le malade tous les soirs pendant deux ou trois jours; tel est l'indice presque certain de la formation du pus.
Le toucher rectal est extrêmement douloureux ; en le pratiquant avec douceur, on peut cependant lerendre supportable. Si, par ce mode d'exploration, on avait constaté, quelques jours auparavant, une prostate volumineuse, sensible à la pression, mais ferme sous le doigt, on reconnallquects signes se sontunpeu modifiés. Le volume de la glande est devenu plus considérable, mais en même temps celle-ci s'est ramollie et donne la sensation sous le doigt d'une résistance élastique ou d'une fluctuation manifeste. On constate, en outre, avec l'index que les tissus périphériquas sont emp&tés.
La terminaison de l'abcès prostatique, surtout chez les jeunes sujets, est généralement bénigne. Le plus souvent l'abcès s'ouvre spontanément dans le canal de l'urèthre et le pus s'écoule au dehors par le méat : c'est presque toujours là une issue favorable. C^tle
SUPPUtlATION DE LA PBUSTATE 107
rupture de fabcës est généralement le résultat d'un effort pour urini'r ou pour «lier à la garde-robe, elle peut encore être provoquée pur le passHge d'une sonde, et je ne me rappelle plus au juste, â ce sujet, quel chirurgien barbare se servait d'un cathéter conique en métal pour aller gratter, avec la pointe lie son inatrumenl, la région prostatique, espérant Tarorifier ainsi l'ouverture de la pocbe purulente dans l'uréllire.
Un amendement considérable des symptAmes douloureux est le résultat presque immédiat de l'évacuation du pus: l'écoulement de la matière purulente, d'«bord tnis abondant, puis intermittent, diminue vite et, dsns les cas heureux, cesse au bout de quelques jours.
Le toucher rectal pratiqué peu de lempa après l'ouverture de l'abcès donne la sensation d'une prostate encore grosse, mais mollasse et comme vidée, puis, pendant longtemps encore, on peut reconnaître une certaine augmentation de volume de la glande, avec des parties indurées cicatricielles.
L'ouverture de l'abcës dans le rectum est une issue moins fovorable que la précédente, mais aussi moins coromuoe. Le pus est rendu par l'anus, quelquefois en grande quantité ; cette évacuation est suivie d'un soulagement rapide, et la guérison complète de l'abcès en est le résultat le plus ordinaire. (Zependanl la suppuration peut se prolonger pendant Iréa longtemps; elle est alors entretenue par la formation d'une caverne prostatique dans laquelle séjournent