‹ Traité pratique des maladies des organes sexuelsChapitre 35 sur 98 · CHAPITRE VIll · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIll

DIAGNOSTIC DES RÉTRÉCISSEMENTS DE LTIRÈTHl

- Signes des rétréciasements de l'urèihre : déronttaiiOn du Jel d'urine, fréquence des besoins , etc., allératlon do» urines; rtiention et incontinence. — L» marclie dp* rétrécissements est fBlalemeut progressive. — Exploration {le l'urètlire.

Nous désignerons sous ie nom de rélréciBsemi toute cause organique ayant son siège <lans ies paroà mêmes de l'urélkre. et empêchant ce canal de se dilater librement pendant la miction. L'avantage de celle défiaiLion est d'éliminer toules les causée extrinsèques ou intrinsèques qui, en dehors de^ rétréctssemeiils véritables, peuvent mettre obstacle à la miction.

On admettait autrefois trois variétés de rélrécissement de l'urèthre :

Le rétrécissement spasmodique;

Le rétrécissement inflammatoire ;

Le rétrécissement organigue.

C'était beaucoup trop, et la troisième variété seule doit subsister.

Le spasme, qui ne se pruduil que très exceplii.tn-

ei^^

ÉTIOLOGIE 121

nellement à l'état d'affection isolée , existe au contraire, asftez fréquemment, comme complication de certaines maladies des votes urinaires el en parliculier des rétrécissements organiques. Celle disposition inlerniit lente de lurèthre ne gaurait donc à aiican litre filre regardée comme un rétrécissement; et quant à donner ce nom aux inflammations des régions profondes de l'urèlbre, autant vaudrait, comme 1« dit Thompson, soutenir qu'un malade atteint d'une amvgtUlile a un rétrécissement du gosier.

I.es causes qui peuvent donner naissance à un rétrécissement urélhral sont peu nombreuses. Parmi elles, la plus Tréquenle est la blennorrhéc ou goutte militaire ; elle est le point de départ de plus des trois qu«rlfi des striclures urélhrales. Les traumatismea accîdealels, tels que les chules ou les chocs sur le périnée amenant une rupture du canal, les blessures chirurKicales de l'urètlire faites avec un instrument inéta]U((i>e,une cautérisation trop profonde delà muqoeuse, etc., sont, après la blennorrhagie chronique, les causes les plus communes des rétrécissements; on a encore cité les chancres du canal, mais ce fait pathologique est 1res rare.

Les premiers signes extérieurs d'un rétrécissement peuvent se montrer quand l'écoulement blennorrliéiqae dure encore, mais plus souvent, ils surviennent après que celui-ci a cessé complètement; aussi dans U grande majorité des cas, un intervalle variable, pouvant comprendre depuis quelques mois jusqu'à viuj^ années, et de trois ou quatre ans en moyenne.

lïa RÉTRÉCISSEMENTS DE I.'URÈTHRE

siipare-t-il la puérisriii de la lilennorrhée du début apparent du rétrécissement.

Fi8. 1. — Hi>irèci8sement Hhrpiix de la portion ptnienne de rjrëthrc.

en général, qu'un seul rétrécissetnenl, qui occupe, de préférence, la partie terminale de la portion spongieuse du canal. C'est là, en efTet, que l'urèlhre est le plus vasculotre. et par conaéquent le plus apte h la formation de dép<^ts plastiques sous Vinfliience de rinflammation.

Les rétrécissements peuvent cependant ftre multiples, on en compte alors deux ou trois, rarementplus. Nous ne ferons que signaler ici les rétrécissements congénitaux nu dcalrjciels du méat, conséculifs, dans ce dernier cas.

H une ulcération chanereuse cicatrisée ; le débridcment est le seul procédé de traitement à leur appliquer, Les rétrécissements péniens (fig. 7), c'est-à-dire ceux qui siègent à six ou huit centimètres du méat, sont, comme les slrictures de cet orifice, extrêmement rigides; ils ne se laissent

RÉTRÉCISSEMENTS INFBASCHIPSABLF.S 123

B facilement dilnter et snurenl, pour rétablir le cae normal de l'urëthre, il est nécessaire de recour k riocisîon de la partie rétrécie.

■ On dit qu'un rétrécissement est induré, quand il *" demeure réfractaire à la dilatation tente, et qu'on sent l'extrémité de la bougie froller contre des parties dureE;qu'il est irritable, lorsqueleslonlativesdedilalation lente déterminent des complications. Il est éliutique s'il se laisse très facilement dilater, mais que la récidive soit presque immédiate; enfin il est mou loi^ue la dilalalioD lente se Tait aisément et se main tien I.

11 n'y a pas de rapport nécessaire entre i'élroitesse d'un rétrécissement et la difllcullé de la miction. On peut pister passablement avec un rétrécissement assez serré, et très mal, au contraire, avec un rétrécissement plus large; cela lient à la présence d'un spasme uré- Ibral qui rient parfois, comme nous l'avons fait remarquer, i»>mpliqner les strictnrea de l'urèthre. C'est l'existence de ce spasme urétbral qui rend compte également des variationssubites qu'on obser\'e souvent dans les sjmptâmes des rétrécissements de l'urèthre.

Il ne faut pascroirelrop rapidement à l'cxislence de rétrécissements infranchissables de l'urèthre ; avec de la persévérance et de bons instruments, on arrive LoujoufB à franchir un obstacle urétfaral si étroit qu'il I être, pourvu qu'il laisse passer l'urine, ne 6 que par un jet filiforme et intermittent. li constitue la plus grosse difncultë pour le

Jiétériaroe uréthrni, quand il existe un rétrécisse-

meni, c'esl que l'orifice du point rélréci ne se trouve pas toujours dans l'axe du canal; on comprend toute la peine que le rliirurgien éprouve alors à Taire dérier l'exlrémité de sa bougie, laquelle, suivant naturellement l'axe du canal, vient buter dans un cul-de^ac de la muqueuse, au lieu de s'engager dans le fm perluis du rétrécissement. C'est li un des puints de pratique qui a peut-être le plus exercé la sagacité des chirurgiens. Nous verrons dans un chapitre ultérieur comment on est arrivé iL tourner en partie la difficulté.

La longueur des rétrécissements est variable : tantôt ils forment un anneau de l'épaisseur d'un fll, tantôt, au contraire, ils ont jusqu'il un, deux cenlimêlres d'étendue et môme davantage. On arapporté une observation dans laquelle toute la partie pénienne de l'urÈlhre était envahie par un rétrécissement.

L'épaisseur des dépôts plastiques qui forment les rétrécissements est variable; souvent elle ne dépasse pas l'épaisseur de la muqueuse, mais dans quelques cas, ces exsudats peuvent envahir le corps spongieux el y former une masse Indurée d'une notable éj seur.

ipw^H

Rien de plus obscur et de plus insidieux que les signes de début d'un rétrécissement uréthral. A celle période, on peut seulement en soupçonner l'existence d'après quelques légers indices, lesquels, souvent même, ne sont que passagers eL presque toujours échappeut au malade, ou tout au moins lui paraissent sans importance. Celte obscurité du début est

Page 1