CHAPITRE XII
BAUNO-POSTHITE. — VÉGÉTATIONS. - HERPÈS
Balano-jMSiUiilr. — QtiiseB; signes t<[ symplAniRs . —Conséquences, œdème dur," ddliérences en cas de phimosis. - Complications; lymphangiie, ptiltbiip, gangrène. — Diagnostic avec le chancre phagérféaique épithflial. — Diagnosfc en cas de phimosis, avec la blennurrhagie et le chancre. - Traiiement, nitrate il'ar^nt et tannin.
Végétations ; elles ne sont pas spécifiques. Csusn; caractères. ~ Elles sont sessiles ou pédiculi^es. isolée* ou conDuentes. —Traitement: poudres astringentes, cautérisation, ligature, exciaion, raclage
Herpès prtputial; ce n'est pas une affection spécifique. — Causes; syraplûmes. — Herpès urélliral.— Hpr|)è<i névra'- Ipque. — Ui.iRnoslic avec le chancre infectant. — TmîM-
Balano-I'OSthite. — On appelle bafanite l'inflammation de la muqueuse qui recouvre le gland, postkile celle du feutllel muquenxqui Inpisse la face Interne du prépuce. Comme ceR deux lésions sont le plus souvent réunies, il est d'usage de les comprendre dans une même description, sous le nom de balano-posUiile ou vulgairement de chaudepisse bâtarde, norrhagie externe.
ÉTlOLOfîlE SU
lialano-posthitc s'annomre par une aensalion 9e chaleur, puis de chaLouillement à la «urface du ^laad ; ce n'est d'abord qu'une légère Litillation, mais bieolM ces prodromes s'aggravent, le malade ressent une Térilable cuisson, et un écoulement épul^. purulent, d'une grande fétidité s'établit. En découvrant le nUnd. on remarque à sa surface, priîs de la couronne et sur la muqueuse du prépuce, de larges érosions, mais extrêmement superficielles. Elles ont une coloralirtn d'un rouge foncé; leur sensibilité est grande, car les papillessonl mises à nu; la suppuration qu'elles enlretieanent est abondante, et leur limite irrégulîère simule assez, bien le contour d'une carte géographique.
La balano-pnsthile n'est pas une maladie spécîlique, c'esl-a-dire que toutes tes causes, quelle que soit leur nature, capables de déterminer une irritation suffisante, peuvent laprnduire. La leucorrhée, si fréquente chez les femmes de nos grandes villes, le flux menslruel à son déclin, une excltuti'^n trop vive, des rapprochements trop répétés peuvent faire naître la balano-poslhite. la femme étant indemne de tout mal vénérien.
Le phimosis, surtout lorsqu'il est congénital, cons- Ihue la cause prédisposante, par excellence, à la batano-poslhîte. Lorsque le prépuce par sa longueur, son orifice Irop élroit, ne se prèle pas & être retiré complêtementcn arrière, que le gland reste toujours incomplet emeot découvert, le tmegma, matière sébacée blanchâtre, très ammoniacale, s'accumule en arrière de la couronne du gland et devient une cau=e
îlî BALANO-POSTHITE
perpétuelle d'irrilalion. Dons cerlains cas de phimosis 1res serré, l'urine, empêchée de sortir libremenl,à cause de l'étroitesse de l'orifice préputial, souilli; aaas cesse lo glaiid el contribue, pur sun contact, n développer ou à entretenir l'intlammation. Ain^î recouverte, la muqueuse du gland reste irès mince et délicate, aussi la moindre cause siiffil-elle pour l'enflammer: de légères crevasses se forment fréquemment à sa surface, el deviennent autant de portes d'entrée pour tous les virus. La balano-pusthite et même la contagion syphilitique sont, au contraire. bien moins fréquentes chei les personnes qui ont le gland découvert par une disposition normale ou après la circoncision. La muqueuse halanique, alors exposée continuellement au contact de l'itir et surtout au frottement des vêtements, se durcit, et sou épithélium change de caractère au point de ressembler à l'ipiderme.
La circoncision, opération de prévoyance pratiquée dès le plus jeune tige chez lesJuifs, est le palliatif |Hir excellence contre cette conformation spéciale desnrganes génitaux qui les rend particulièrement apttf à contracter tout mal vénérien ; nous reviendrow d'ailleurs sur ce sujet.
La masturbation, toute cause d'irritation exlérif comme il \'ient d'être dit, peut provoquer la bah posthile. L'état constitutionnel joue encore ici un certain rôle; c'est ainsi que la srrofute, l'anémie, prédisposent k contracter la balanite ; mais parmi ces conditions générales, l'herpélisme doit être placé CD première ligne el, sous son influence, l'inflammctiDii
draw
■ la muqueuse dit ^laiid peut iipparatlre sponlam^- Ept chez des enfanta ou des vieillard?.
H certaines circonAlances, le diagnnslic précis de la balano-posthite simple est entouré de nomhreuseB difficultés. Lorsque le gland est complètement décniiverl. toute méprise devient difficile, et cependant, le chancre syphilitique peut revêtir une ressemblance asseï exacte avec la balano-posthite pour imposer le doute, même a un œi! exercé : « Quelque- ToU. dît le D' Ed. Langleberl, il arrive que le chancre infectant, au lieu de se limiter à une petite surface, s'étend ontre mesure, mais en restant tout à fait superficiel ; on voit alors l'érosion qui le constitue envahir au loin la muqueuse environnante et prendre une forme îrr*?gulicre. bien différente de la forme classique du chancre. Cette érosion qui. chez l'homme par exemple, peut occuper une grande partie de la surface du ^lund et de la muqueuse du prépuce est ordinairement d'un rouge vif et parutl n'intéresser que l'épithéltum. Frnissée entre les doigts, elle donne U wnsalion d'une lame résistante, mince et parcheminée. Qnand celle variété de chancre, qu'on pourrait appei^r chancre phagédénique épithélial, a pour siège le gland ou la surface interne du prépuce, elle simule assez bien la balano-posthite blennorrhagique , et pourrait donner facilement lieu à une confusion contre laquelle il faut être bien prévenu pour se mettre en garde. C'est celte similitude qui a fait croire à rertajns auteurs que la balann-poalhile était lis nature syphilitique, ayant pris pour celle affec^
ïll HAI.ANf)-PnSTHlTE
lion de vêrilai)lr.-s chancres coiiijiliqiits de phagéJenUme ' n.
Cette reman|ue est tellement importante, quepnur la mieux graver dans l'esprit du lecteur, nous allons rapporter l'hisloire de deux méprises de ce genre citées dans le savant traite des maladies vé.iiérîenae!^ de notre ami le D' Jullien : « M. Ed. Langleberl, dit-il, en rapporte une qu'il a commise au début d; sa pratique. Un jeune homme prêt à partir en wcauces étant venu le consulter pour des ulcérations de ce genre, il crût reconnaître une simple inflammation de la muqueuse et dédara qu'il surfirail de quelques jours de traitement pour la faire disparaître. Mais quelle ne fut pas sa surprise, en apprenant qD« cette balano-po^thile, qui d'ailleurs avait disparu dans les délais prévus, avait été suivie au bout de cinqou' six semaines d'une roséole ne laissant aucun doute>
il Le fait que je viens de rapporter, ajoute H. Laaglebert, ne pouvait dans l'espèce avoir de suite ft cheuse que pour le malade, mais supposons qu'tv lieu de partir en vacances, il eût été question d'un mariage procliain 1 Celte hypothèse s'est hélas ré<- Usée dans un cas bien malheureux, et ajoute le D' Jullien, je ne crois pouvoir mieux faire que d'imiter \t loyal aveu qui précède,
" M. B,.,, commis voyageur, vint me consulter en août 1871, pour une balanile persistante dont il attribuait l'opiniâtreté aux fatigues d'un voyage et »" défaut [ion seulement de Irniteraetit mais d'hy^*iK'
I Eil. Lnnflpliert. - I-op. ril.
A Taspect d'érosions rougeàtres irrégulières, occupant une bonne partie du gland, sécrétant une quantité modérée de pus, je portai le diagnostic de balanoposihite fongueuse^ rassurai pleinement mon client, et ne crus pas devoir le dissuader d'un mariage dont plus de deux mois d'ailleurs le séparaient. Un seul indice eût pu m'éclairer : Taine gauche était le siège d'une tuméfaction plus considérable que n'en détermine habituellement la balanite; mais M. B... me prévint qu'il en était porteur depuis plusieurs années.
« Deux mois s'écoulèrent. Trois jours avant son mariage, B..., que je n'avais pas revu, vint me remercier. Grâce au nitrate d'argent, les ulcérations avaient disparu en moins d'une semaine, et je me félicitai à la fois et du diagnostic et du traitement, quand, recherchant les causes d'un enrouement passager dont il se plaignait, je découvris sur les piliers, le voile et les amygdales les plaques muqueuses les plus caractéristiques. Il fallut bien me rendre k l'évidence, la prétendue balanite n'était autre qu'un chancre syphilitique. A l'honneur du malade, je le décidai sans peine à une rupture que les circonstances rendirent plus éclatantes que je n'eusse voulu et pour lui et pour moi. Mais il me fût moins facile de l'arracher aux idées de suicide qui rol)sédèrent et dont il ne se débarrassa que par une expatriation momentanée*. »
L'existence de l'adénite inguinale spécifique {pléiade ganglionnaire) y apparente surtout du cùté qui corrcs-
* D' Julli«D. — Traité des maladies vénériennes.
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pond au chancre, la consistance parcheminée de la base dii l'ulcération, sa sécrétion relativement peu abondante, «a sensibilité peu vive sont les principaux caractères qui distinguent le chancre épithélial de la balaniLe simple. Mais si le doute le plus léger subsiste dans l'esprit, qu'on n'hésile pas à faire part au malade de ses appréhendions, on évitera peut-ëlre ainsi un malheur autrement irréparable.
Un autre genre de difficuUés se présente lorsqu'un prépuce long et étroit empêche de découvrir le gland. Lu balano-posthite peut alors élre confondue avec un écoulement blennorrhagique ou avec un chancre. Quelques signes permettent cependant de distinguer, sous le couvert du [irépuce, ces dernières ail'eclions.
Les aymplômes du début de la blennrjrrhagie se rencontrent également dans certaines balano-posthites; la douleur pendant la miction est alors déterminée par le passage de l'urine sur les érosions du limbe prépulial, les érections fréquentes et pénibles sont dues à l'afdux sanguin plue considérable que provoquent l'inflammation du gland el l'exaltation réflexe plus grande aussi, développéepar la sensibilité vive des papilles muqueuses mises à nu. Toutefois dans la blennorrhagie la douleur ne se fait pas seulement sentir à l'extrémité de la verge, mais encore sur une étendue de quatre à cinq centimètres dans le canal de l'urêlhre, de plus, en comprimant ce conduil eu arriére du frein, on fait naître une douleur asser cuisante et parfois du muco-pus se met à couler; ei l'écoulement de la balano-posthite à une odeur 1
LTHPHANGITK DC PBÉPUCE !!?
plti9 fétide, bien plus péri élrante, que celle de IVcou- Wnent blentiurrhagique.
I^ chanrre infectant Foii?-prépuiial se rcconnatl k un point de la région devenu douloureux à la pres- Mon; na le rencontre le plus souvent au niveau de la saillie de la couronne du gland, il donne la sensatiou d'une niasse plus ou moins dure, et s'accompagne d'une adénopalhie spécifique. ,
La balaiio-poElhite est presque toujours une afl'ection bénigne: dan? quelque» caia cependant, certaines Complications, telles que la lymphant,ite, la phlébite, * « Ç&ngrène d'une portion du prépuce, peuvent surgir ' ^( chauffer totalement smi allure.
La lymphangite est généralement annoncée par un f^ai de malaise et quelque» frisions fiuivis de Rëvre, V^^ui» Itt prépuce se gonlle démesurément, prend une ' '-^tnle variant du rose au rouge vif, et celle tumé- ■Vjrlion occasionne de vives douleurs. En palpant l'or- ^Sai»e, on distingue très nettement un ou plusieurs ^''atMeaux lymphatiques indurés, 1res sensihles sous le ^ÏMgl, el formnnt une sorte de cordon marqué sur la k^^MUii par une trace rouge ; enfin les ganglions ingui- *iaux sont engorgés et quelque peu doulimreux. ^u'on se rassure cependant, car presque toujours celte S n dam mat] on, qui semble si menaçante, disparait au ' ^^■wnt de peu de temps, sans lai-^ser aucun vestige de ^Kon passage.
^H Toutefois, quand on a laissé persister trop long- ^^Binip» le gooQi^unent du prépuce, le fourreau ne re- ^^■rient pascomplêtemenlàson étal primitif, ils'indurc.
aiS BALANO-POSTHITE
e'épaiasit, se déforme; t'est là une des suites de U balanile qu'il esl très facile d'éviter ; nous indiquemns cfimment à propos du Iraitemunl.
La phlébite esl une cnmplicolion rare, on l'observe parfois sur la veine dorsale de la verge cpiis* transforme alors en un cordon induré lout à f«il analogue à celui que nous décrivions précédemmenL Un œdème aaseï prononcé et des éreclions tréquentes et très douloureuses sont liées à celle atTection.
L& gangrène m\ morliflcation d'une partie du prépuce esl la terminaison la plus grave de la balaDi> poslbile. La peau prend sur le dos de la verge, un niveau de la couronne du gland et dans une étendue limitée, une teinte d'un rougecuivré: de petites phlyf' ténes se soulèvent, et bîentùl on voit apparaître une eschare généralement delà grandeur d'une pi^ce d* deux francs; une zone inflammatoire intense entonrf la portion murlîfiée. Des symplomes généraux tel* que lièvre, céphalalgie, élat gastrique, diarrhée, gninii afTaiblissempnt accompagnent celle complication. ■^'' moment de la chute de l'eschare, la perle de substance peut être assez vasle pour laisser passer '^ gland, landiaque l'exlrémilé du prépuce se trouve reportée vers le frein ; on remédie à cette dilTorini'^ par ta circoncision.
Enfin il n'est pas trèsrare, à la suite de la balarujioslhile, de voir proliférerles papillesdu gland qui. comme en un jardin potager, s'étalent sous formelle choux-Heurs et de poireaux.
1 résumé, noua pouvons adirmer que malgré ces ielqu«s complications, labalano-po?lhite, dans la tr^s grande majorité des cas. resle la plus bénigne des maladies vénériennes. Nous savons bien que quelqueâ auteurs ont soutenu que la balaiiite, après sa ^érison définitive, constituait une cause prédisposante d l'absoption des virus, par l'agrandissement définitif des orilices glandulaires de la muqueuse
^hli a suppuré; mais cette hypothèse n'est pas encore
^bnfirniée.
La balano-posthite, qu'on nous passe celte expression, est la maladie vénérienne qui fait le plus d'honneur à la thérapeutique, aucune autre n'en est mieux ■jti. plus facilement justiciable. Dans les cas légers, ^■ors que le prépuce peut être ramené facilement en Byrière. des soins de toilette minutieux et Journa- ^uers, une simple petite bande de toile interposée entre la muqueuse du gland et celle du prépuce sufliraienl à la rigueur pour amener la guérison. Le mieux cependant est d'imbiber d'une solution très légère de nitrate d'argent la petite compresse roulée aotour du gland; l'inllummaliou ne résislepasquatre HBors à ce traitement.
H^K les surfaces dénudées sont très rouges, et que Hpi papilles y forment de petites saillies donnant à la ^talaoite une apparence chagrinée {balano-poslkile f'mgueiue), on fera bien de promener 1res légèrement sur les érosions un crajon de nitrate d'argent. a pareil cas, les astringents appliqués comme to' s réussissent encore bien ; on recommande alors
BALANO-POSTHITE
de saupoudrer de tannin la surface du gtai rabaltre le prépuce.
Lorsqu'il existe un phimosis congénital ou momentané empêchant de découvrir le gland, on aura recours aux injections pratiquées plusieurs fois par jour entre le gland et te prépuce. De préférence h tout autre liquide, on choisit une solution convenablement titrée (au cinquantième environ) de nitrate d'argent.
Le crayon de nitrate d'argent, promené circulai ment entre le gland et le prépuce, donne encc dexcellenla résultat?; ce procédé n'a que l'incon^ nient d'ôtre extrêmement douloureux. Nous ajout rons, pour terminer, que le meilleur r lea récidives, en cas de phimosis congénital i accidentel, est de conseiller la cireonc
Si la balano-posthite est accompagnée d'une lyi phile déterminant un œdème prononcé du prépuce, on devra apporter tous ses soins à faire disparaître ce gonlleraent au plus vile. Qu'on tarde un peu, qu'on néglige ce point du traitement comme un détail futile, et on verra se former un œdème dur, chronique, tenace, d'ofi résultera une déformation permanente de l'organe. Nou^ emploierons donc, en pareil cas, le traitement local extérieur déjà indiqué à propos de la bleonorrhagie aiguë. Une bande de toile imbibée d'eau blanche et enroulée méthodiquement autour de la verge, un caleçon de bain pour permellre de porter facilement cet organe relevé contre l'abdomen, ea feront tous les frais.
Contre la lymphangile et la phlébite, il faut aval
TRAITEMENT îH
B aux moyens anliphlogisliques ordinaires lel-t que bains, enveloppe ment avec de la glace pilée, romeatations avec la pommade mercurielle belladonée et, dans quelques cas exceptionnels, émissions sanguines. Vienl-on à senltr, sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, un point lluctuant; on doit se bâter de donner, par une incision, une libre issue à la suppuration ; ces petits abcès n'ont d'ailleurs aucune gravité.
Les injections et les pansements antiseptiques composés d'eau phéniquée, d'une solution étendue de chloral. ou encore d'une décoction de quinquina jaune, sont employés comme topiques en cas de sphacéle d'une portion du prépuce. L'intervention cliirnrgicale est ici plus nuisible qu'utile, le mieux est ■Ae laisser i'esrhare se détacher d'elle-même sans pra- □ débridement. On régularise plus tard Il prépuce par la circoncision.
t VéfiirATiûns. — Les végétations n'ont qu'un rap-
L aaaez éloigné avec les maladies vénérienne.»,
s ne sont nullement spécifiques, c'est-à-dire que
Kte cause irritante quelconque peut les Taire naître ;