DÉVELOPPEMENT
laines femmes qui, par vengeance, ont été en égratignerd'autres. aprêsavoir trempé leurs ongles dans le pus d'un chancre mou.
Ainsi que nous l'avons vu, à propos de l'inocuialion. le chancre mou se développe mal sur le visage, on ne l'y observe que 1res rarement et sa présence sur la face a même été niée complétemenl. Ce fait, qui peut surprendre tout d'riburd, s'explique très simplement par le terrain peu favorable que présente la région cêphalique h la germination de l'ulcère simple, et encore par cette raison, que les symptômes du chancre mou sont asseï évidents, manifestes, mal dissimulés, priur exclure toute idée de rapports af> ore.
Rnlin le chancre T^imple a encore été reconnu sur dps tissus pathologiques, sur un cancer de l'utérus |tar exemple. Cette germination du chancre sur des produits cancéreux a été créée p'ir inoculation, dans le but de détruire ces tissus de mauvaise nature. Du pus chancreux a été ainsi inoculé sur un épithéliuma des lèvres; un moment on a pu croire que l'aie Ère d'origine vénérienne allait détruire la petite tumeur, mais bientôt l'affection maligne reprit le dessus et suivit son cours habituel. Un comprend do mùme qu'un chancre simplepuisse ainsi se greffer sur un chancre induré et cunstiluer une variété de chancre mixte, très rare il est vrai, car ce syphilAme commence généralement par revôlir les caractères du chancre mou.
e chancre mou ne présente pas de période d'in- Ition, c'est un fait dont il est facile de s'assurer
CHANCRE SIMPLE
par l'Luui;u!iitiuri : vingt-quatre heures après avo'tf inoculé du pus. chancreux, on voit en effet, eur une base rouge, apparaître une minuscule élevure épermique.
U est rare cependant qn'on s'aperçoive de la présence d'un chancre mou vingt-quatre heures après le coït; cela tient à noire négligence et à ce que la lésion est encore à peine ébaucliée. Le plus souvent c'est vers le troisième ou le qualrième jour qui suit le rapport suspect que le malade reconnaît une ulcération présentant, déji en petit, tous les caractères qu'elle va bientôt revêtir; dans quelques cas plus rares, c'est seulement après sept ou huit jours, quetquerois dix, que le chancre est découvert. Ce fait esl surtout commun chez les gens du peuple; il tient plutôt à un manque d'observation de soi-même qu'il une contagion re lardée.
Le chancre simple revél des caractères morphologiques, qui permettent presque toujours de le distinguer facilement. C'est d'ahord une ulcération de dimension variable, toujours profonde, faite comme A l'emporte-pièce, et dont le fond irrégulier, vermoulu, est tapissé d'une sorte de fausse membrane grisâtre, adhérente, ne s'en allant pas par le lavage el dilDcile h arracher. Les bords en sont abrupts, tailles & pic, très souvent décollés et sur leur contour, examinée la loupe, on observe de fines dentelures.
La forme et la grandeur de l'ulcération sont va> riahles; depuis le diamètre d'une lentille, le chancre mou peut arriver, dans quelques cas redoutables, k
'4I6NES ET SYMPTOMES
VF
férir plus d'uo décimèlre carré de surface; mais dimensions ordinaires sont celles d'une pièce de "un à deux francs souvent même de cinquanle oenlimes. La forme de l'ulcération vnrie suivant son siège ; presque toujours ovule, elle peut devenir ronde mrsire, ou. en cas de phagédénisme, complèleirréguliëre.
Comme la btennorrbagie, le chancre simple comftrund trois périodes, une rie déliut, une d'élal ou «tationnaire, une de déclin. La période de début •lu d'augmenl est plus ou moins longue, généralement •^lle ne dépasse pas un à deux septénaires, elle peut l'julefois se prolonger indéfiniment dans le pliagë- Jénisme. Pendunl loule celle période, le chancre j^r.indil, est excessivement contagieux, parfois assez «louloureux etjetteunpus abondant qui va inoculer parties voisines; mais, point capital, l'uIcere resie
sur une ùase molle.
'eiidant la période d'élal, le chancre ne grandit suppure moins est moins douloureux, mai» ilcon- 'e sa couleur grisâtre et tous ses autreacaractères 'ieurs. Il dure ainsi trois ou quatre semaines. Infio arrive !a période de rép.iralion. Le chancre TOppure presque plus; sur son fond s'élèvent de !B granulations rougeAtres qui. devenant de plus plus nombreuses, finissent par lui donner une cou- ''""rrouge uniforme, au lieu de sa teinte gris sale des ""m précédenlfi. Puis un liseré cicatriciel apparaît, ' ta cicatrice se fait ainsi lentement el régulièrement '** 1« périphérie vers le cenlre.
:iT.S CIIAMIKK Sl.MPLK
Un chancre, même presque complètement cicatrisé, est toujours capable, sous rinfluence d^une cause irritante quelconque, parfois même, sans cause bien appréciable, de s*enflammer de nouveau. Le travail cicatriciel est alors rapidement détruit et Tulcère peut prendre très vite une grande extension. Cette recrudescence est due à ce fait, que pendant la période de réparation, la sécrétion du chancre infectant est encore auto-inoculable.
Il y a une très grande différence entre le mode de cicatrisation d*un chancre simple et celui d'un chancre infectant. Dans le premier cas la cicatrice formée de tissu inodulaire restera indélébile; ou apercevra toujours un enfoncement, une dépression formée par la partie de la muqueuse qui a été détruite et, principalement sur la peau, une large tache ou une rainure blanchâtres. Si la perte de substance est considérable, des brides, très gênantes plus tard pour la mobilité du pénis, s'établiront définitivement.
La cicatrice du chancre infectant, même lorsque r ulcération a été large et profonde, reste à peine vi sible après une année environ. C'est qu'ici l'ulcération se fait aux dépens d'un tissu de nouvelle formation, le syphilôme^ et non au détriment des tissus normaux muqueux ou cutanés; il n'est donc pas étonnant qu'il ne reste pas de trace ineffaçable de la cicatrice.
Les symptômes que détermine le chancre mou varient suivant le siège de Tulcère ; nous allons les passer successivement en revue.
SIGffES ET SYMPTOMES f79
^Le« chnncre* du frein onl Rénéralemunt une forme rondie, 1res fréquemmeni ils sont multiplet, et iqne toujours on en compte deux, un de chaque 5 de ce repli de la muqueuse préputiale. Ces incrps accouplée ont alnr!' une grande tendance à préunir, el le frein est pi^rforé, parfois même détruit mplëtemenl. Cette ulcération du frein peut occamner une hémorrhagie abondante; c'est une com- Mtion «s^ez sérieuse pour que le malade en soit pévenu et qu'il puisse, le cas échéant, gr&ce aux lom mail dation s précises qui lui auront été faites, iter une perte notable de .«ang.
Sdp la rainure gtando-prépuliale le chancre se M«e en orale el il a une grande tendance à s'autoiiler; aussi, dans la plupart des cas, la rainure Bile garnie de six à huit chancres et même davan- , faisant une sorte de couronne ulcéreuse dans ce irâlAn. D'autres chancres peuvent se développer en- Cftre, mais plus rarement, sur la muqueuse du gland. Si le gland est recouvert par un long prépuce, il se forme presque toujours, en pareil cas, un phimosis in dam mat o ire. Le pus chancreux, s'écoulant alors entre le gland et la muqueuse préputiale, inocule celte dernière principalement au niveau du hmbe. Ce<: chancres du hmbe sont généralement petits, quelques-uns se creusent en fissure, d'autres préaeil' leni une surface plate et ovale, mais aucun n'a de tendance bien marquée à s'agrandir. Leurs cicatrices [Miurront constituer plus. tard un phimosis cicatriciel. Sur le prépuce, le fourreau et, d'une manière générale, nur )e^ parties cutanées, le chancre peut revêtir
CHANCRE SIUPLE
au début l'aspect d'une piislide d'eclhyma ou d'un 1 petit furoncle. Un doit être prévenu de ces anomalie» j forme, encore assez fréquentes, pour ne pas Irailer 1 3c trop de légèrelé ces pelites lésions qui, bien ] 'en apparence insigniBantes , peuvent devenir | ]e point de départ d'une affection aussi grave qu'un 1 chancre grangréneux ou phagédénique. Sur la peau, 1 le chancre mou reste parfois couvert d'une croûtel épaisse, sous laquelle s'amasse le pus chancreux^' cette variété de chancre crouleux s'observe prUicipap J lement sur le fourreau du pénis.
Chez la fenmie, nous rencontrons les mimes variétés d'aspect. Sur la partie cutanée des grande.s lèvres, nous relntuvons lechancre croûteux, eclhymaleux, furonculeux, huileux, suivanlson apparence au début; sur la fourchette et les petites lèvres," nous voyons des ulcérations chancreuses plus ou moûts étendues, ayant les caractères que noua avons renconlréa chez l'homme, et de même une grande tendance â l'autu-înoculation. Aussi les chancres sïaipies Bont-ils en général très nombreux chez la femme; on a pu, sur un même sujet, en compter Jusqu'à trente et quarante, occupant tons la sphère génitale.
Les chancres mousdu vagin sont rares; l'épaîsseii considérable, particulièrement chez les prostituéeft'j de Tépithélium qui défend la muqueuse vaginale e la cause de cette immunité relative. Le ciianci simple peut se développer sur !« col de l'utérus; ^M garde sur cette région ses caractères spéciaux et i dst central ou périphérique suivant qu'il toucltj
SIGNES ET SYMPTOMES
ÎRl
riftce du roi utérin ou qu'il en est éloigné. Il eal inique ou multiple, mai^^ Irc.s soiivenl il Raccompagne, par auto-iiiurLtlalion, de petits chancres de l'orifice vulvaire.
pLes chancres mous de l'anus peuvent s'observer s les deux sexes, mais ils^ sont incomparablement s fréquents cbcz la femme : lasiluation des parties ■plique suffisammenl celte fréquence, sans qu'il t nécessaire d'en chercher une autre cause. Toute- R la sodomie passive est incomparablement plus k|uenle chez la femme que chez l'homme. I^VM. PéaD et Malassez ont écrit sur ce sujet une laographie remarquable. D'après ces auteurs, le chancre de l'anus serait presque toujours double, l'un ailné en arriére et l'autre en avant; plus rarement leur position serait latérale. Sous rinfluence de l'irritation vive qu'ils déterminent, il n'est pas rare de voir se développer de petits condyiomes. sorte d'escroissance verruqueuse occupant généralement l'exlrémité cutanée d'une ulcération chancreuse: enfin assez communément une couronne de petits chuicres secondaires entoure l'anus.
■ cluincre anal revêt assez souvent une forme Niraire et s'accompagne parfois de tous les sympli douloureux de la fissure h l'anus. Péan proe la dilatation forcée pour faire cesser l'élat spaakdique du sphincter; mais cette manière d'opérer plnconvé nient de créer une vaste déchirure qui >cule aussitôt. Mieux vaut, à notre avis, cautér très profondément le chancre avec le Ihermo-
Mi CHANCRE BIMPI.K
caiilère, en ayant soin naturellement de déiruire, par le même proréiié, tous les autres petits chancres qui pourraient exister dans le voisinage.
Un chancre simple de l'anus peut provoquet l'innammalion plus ou moins vive de la muquense du rectum. Celte redite serondaire serait la principale cause des rétrécissements liu rectum contécntirs k ralTeclion chancreuse.
Enfin il est souvent nécessaire de délimiter, d'une Taçon très précise, la silualinn qu'occupe un chancre lia l'anus; car, dans certains cas médico-légaux, cela devient d'une importance capitale, la situalînn relative des chancres ches deux individus accusés de sodomie, pouvant en établir sinon la certitude, du moins une forte présomption.
Chez l'homme, le chancre simple se développe quelqueToi» h l'extrémité antérieure du canal de l'urèthre; presque toujours il occupe alors les lèvres du méat urijiaire, mais il y est cependant heaucoup moins Troquent que le chancre induré. Le chancre du méat dure longtemps, il guérit dirHcilemenl, étant sans cesse irrité par le passage de l'urine.
Le chancre peut germer plus prorondémenl dans le canal de l'urôthre; presque toujours cependant on l'aperçoit en écartant avec les doigts les lèvres du méat, ou, suivant lu procédé de M. Ilorteloup, avec un petit spéculum. Lorsqu'on ne peut découvrir le chancre, le diagnostic de celte lésion avec la blennorrhagie devient chose asset délicate. La petite quant relative de la sécrétion, non apparence salé,
!sde»aag, une douleur limitée <lnns un point du tal où l'on perçoit avec Je doigt une petite masse dure, assez douloureuse â, la pression, enfin, dans les cas douteux, Vauto-innciUabiliié de la sécrétion, sont autant de signes, dont le dernier donne la certitude, qui permettent de reconnaître le chancre du canal. Un rétrécissement peut être la conséquence tardive
É\& cicalriaation de cet ulcère.
jOMFUCAnons. — Le chancre mou n'est pas ordiremenl. p»r lui-même, une afTectron grave, car, non compliqué, il laisse seulement, dans la plupart lies cas, une trace cicalricielle de son passage. Mais il peut devenir le point de départ de nombreuses et r^loutsbles complications.
Le prépuce, chez les malades qui l'ont naturellemenl long, a une grande tendance à s'infiltrer lorslu'il existe plu&ieurs chancres dans la rainure ou sur 1« muqueuse préputinle. Cet œdème du prépuce détermine un phimosis, cause d'une grande gène pour les JioinB & donner aux chancres; aussi certains malades Font-iU de grands efforts pour découvrir le gland «fin de pouvoir panser les ulcérations chancreuses. Mais il arrive, dans quelques cas, que le limbe prépulinl, arrêté en arrière de la rainure, ne pouvant plus éATK ramené, il se Torme un parap/iimosis c/iancreux. it dif&cile h réduire.
Anque la lymphile prépuliale devient plus grave, Wtit suivre, dessinés sous forme de cordons légè- Hil rougedtres, quelques lymphatiques super- : la pression est aases douloureuse sur leur
jv, CHANCRE SIMPLI-:
trajet, et parfois l'on y rencontre de petites nodosités. Ces nodosités se ramollissent bientôt, et il se forme un abcès chancreux qui se comportera comme un véritable chancre. Un chapelet de ces petits abcès chancreux peut ainsi apparaître sur le trajet d'un lymphatique.
Le bubon virulent des ganglions de Taine, est parfois la conséquence de la lymphite préputiale; mais bien plus souvent il est provoqué directement par un chancre mou du pénis sans intermédiaire de Tinflammation des lymphatiques: cette complication est d'ailleurs assez importante pour que nous lui réservions un chapitre spécial.
Dans les cas assez fréquents, où il se forme un phimosis inflammatoire, il n'est pas rare de voir survenir simultanément une balano-posthite plus ou moins intense. Cette balano-posthite cbancreuse présente tous les caractères de la balano-posthite ordinaire, mais de plus sa sécrétion purulente est inoculable et reproduira un chancre. La gangrène d*une portion du prépuce, de cet appendice tout entier, du fourreau et, dans quelques cas heureusement tout à fait exceptionnels, du pénis lui-même sont des complications possibles de la balano-posthite chancreuse. La gangrène peut enlever le prépuce avec assez de régularité, pour simuler une circoncision ; mais le plus souvent le sphacèle ne s'étend qu'à la partie dorsale du prépuce et le gland passe à travers Touverture, il met le nez à la fenêtre, suivant la pittoresque expression de Didav.
Un chancre mou, même sans complication de
~ PHAGÈDËNISUE IKr.
l'aIani»-po=lhite, est capable (le ilevenir le point de départ d'un foyer gangreneux plus ou moins étendu. Les chancres gangreneux produisent très vite de grands ravages en superficie ou en profondeur; mais, chose remarquable, une fois la gangrené établie, toute virulence disparaît, le pus chanereux n'est pins inoculable, il n perdit son caractère spécifii]ue.
Ia période de début ou extensive d'un chancre peut se prolonger indéiiniment; le chancre est dit alors pkagédénique. SuivanI la marche de l'ulcère, le pbagédénisme est rapide ou chronique, térëbranl ou serpigineux. Le phagédénisme aigu « une grande analogie avec le chancre gangreneux; l'ulcération primitive s'entoure de larges eschares noirâtres, qui »e renouvellent plusieurs jourade suite et laissent, en se iléUtchant, des perles de substance très ét<;ndues. U fwrme chronique du phagêdénisme. ou gangrène moléculaire, est plus commune, elle peut durer des années. Chaque jour on voit l'ulcération chancreiise ^'agrandir: ses bords sont décollés, la peau y est riiuge&lre, amincie, souvent perforée, et ainsi se forment des ulcères pouvant acquérir plus d'un décimètre carré de surface.
Le phngédéniime est dit lérébrant, lorsqu'il gagne tn profondeur; on l'a vn soue cette forme, détruire le ghiiid en totalité ou en partie, mais il est généralement arrêté par des tissus hétérogène', c'esl-ft-dire dilTerentg de ceux sur lesquels il s'est primitivement reloppé. et en particulier pur le li^su aponévrotîque
iRvelnppe des corps caverneux). Ce n'est pas li'i
<:ii\\'':p,f: -nîPLE
(•('pendant une re^le absolue, et la barrière en franchissable.
S'étend-t-il au contraire en surface, le phagédé* nisme est alors rampant, terpigineux; il se limite* pour toute profondeur, à Tépaisseur du derme, mai» il s'étale largement. On Ta vu ainsi, après plusieurs années de durée, occuper une grande partie de la peat»^ de Tabdomen, au dessous de Tombilic, et la parti^^ supérieure et interne des cuisses. Chose remarquaUe^— les chancres serplgineux, ainsi que Tindique leu^r' nom (de serpere, ramper), se cicatrisent sur une de leur contour, tandis qu'ils s'étendent par dV points, et cela quelquefois pendant des années, mal gré les traitements les plus énergiques.
Le phagédénisme ne présente aucun caractère cifique, le chancre le plus minuscule engendre, pai contagion ou par inoculation, un chancre phagéd< nique; inversement, un ulcère phagédénique doni naissance à un chancre très ordinaire ; enfin un chanci phagédénique et un chancre aux allures les plus mi destes peuvent se développer simultanément sur h même individu.
Les mauvaises conditions hygiéniques, la malpro "
prêté, les mauvais pansements^ trop rares et fait avec une substance irritante, longuent napolitain d'une façon générale, les corps gras employés comnoM topiques, l'anémie, la scrofule ou, au contraire, tempérament sanguin, une prédisposition individuelle^^^ ou idiosyncrasie, qui fait que tous les chancres, a ^ quelque date qu'il surviennent chez une même pei sonne, présentent une tendance au phagédénisme,
PHAGÉDÉNISME i87
l'herpétisme, etc., telles sont les principales conditions favorables au développement de cette complication.
Pour raison de malpropreté locale et de mauvais entretien des pansements, les chancres de la vulve sont plus sujets que ceux de Thomme au phagédénisme.
Mais parmi toutes les causes du phagédénisme, nous devons en retenir deux, qui dominent toutes les autres. Le phagédénisme est très fréquent chez les alcooliques ; il en est de même pour les syphilitiques qui ont absorbé de grandes quantités de mercure.
On comprend que les ulcérations phagédéniques puissent amener, par leur persistance et les dégâts qo'elles occasionnent, des déformations locales permanentes ; le fourreau du pénis peut être ainsi totalement détruit {chancre décorticant) et remplacé par an fourreau cicatriciel. Le frein, comme nous Tavons vu pour le chancre ordinaire, est à fortiori perforé ou détruit, enfin, chose plus grave, une partie de Turèthre peut être enlevée, et il se forme alors une vasle fistule pénienne.
Cet ensemble de complications montre avec quelle vigilance il faut suivre, pas à pas, pour ainsi dire, la marche du chancre mou, pour obvier, dans la mesure du possible, à de semblables calamités ; et quel service on rend au malade en détruisant cet ulcère, ab ouo, par une cautérisation énergique, qui le met ainsi à i*abri de tout fâcheux événement.
CUANCRE SIMPLE
Diagnostic. — Dans un prochain travail s iemenl con!>acrê à la syphilis, nous exposerons ê détail le diai^nosUc dilTârenLiel du chancre simple avec le chancre inTeclant. Disons tout de suite cependant que ces deux lésiiine sont, dans la plupart des cas. assez tranchées pour qu'il soit rarement permis d'iiésiler.
Un chancre infectant se développe en effet après une incubation de trois semaines à un mois, sa surface est rouge ou rosée, l'ulcération est peu profonde, les hords se raccordent avec la peau en pente douce, au lieu d'être abrupts et déchiquetés, souvent même c'est une exulcêralion très superficielle, semblable à celles de lu balanite. Ënlln, point capital, celle ulcération est portée sur un tissu de nouvelle formation, le syphilôme, formant une nappe indurée plus ou moine épaisse, ayant la résistance du cartilage, comme lui élastique, nu donnant parfois, quand elle est mince et tendue, la sensation d'une feuille de parchemin. C'est là le caractère essentiel du chancre syphi^ liLique qui, pour cette raison, a été dit cUana-e l'i par opposition au chana-e mou, qui ne repose s cune base dure.
Dans quelques cas, cependant, l'intlai phérique entretenue par un chancre mou, surtout lorsque celle-ci a été augmentée par des caulérît^tions intempestives, peut amener une induration de* tisiius qui simule celle du chancre infectant; c'est \k une cause assez fréquenle de méprise. La différence des engorgements ganglionnaires, l'existence ouj) uuii-cxi$teucc de la période d'incubation, le« c
i syphion pwF
téres objectifs des lésifins sufliront bien pour établir
■JD diagnostic précis; mais parfois cela est impossible
^ c'est un devoir pour le médecin d'avouer au ma-
Bade ses doutes, ses hésilalions, l'ubMgutlon où il est
«J'atteodre des événements ultérieurs, lelleque l'appa-
■Htion des accidents secondaires constilulionneh, pour
»e proDoncer. Après en avoirexposé les inconvénients
^ïossibles au malade, on pourra recourir à Tinocula-
jJKÎon du pus chancreux sur l'épaule ou sur la partie
Hde l'abdomen situt^e au-dessus de l'ombilic ; un ré-
V âullst positif lèvera tous les doutes.
Toutefois on a cité quelques cas d'aulo-inoculatîon ayant réussi chez des malades qui furent atteints, peu de temps après, d'accidents constitutionnels ; probablement avait-on eu alfaire à la variété de «honcres dite mixte de M. Rollel. Mais cela est tellement exceptionnel que le résultat positif ou négatif d'une inoculation, pratiquée avec toutes les précautions désirables, peut servir de base sutlisante à un dùgnoattc précis.
S'il est possible d'afQrmer, en présence d'un chancre
iduré type, que le malade est atteint de la sypbllis,
B doit toujours faire une petite réserve sur le pro-
wUc du chancre simple ; car tout médecin a vu
Laios chancres, sans doute des chancres mixtes,
r tous lescuractères du chancre simple et néan-
loins Être suivis d'accidents constitutionnels. Cepen-
l^ftnt si un chancre simple est accompagné d'un bubua
lloguinal virulent, il est absolument certain que le
■ !ttalade n'aura pas la syphilis.
CHANCRE SIMPLE
Nous insisterons peu gur le diagnoslic du chanrri; simple avec les ulcères herpétiques. Dans certains cas d'herpès solitaire, Pulcéralion, dont ic fond 'e couvre d'une membrane jaunAlre, peut assez bien simuler un petit chancre simple; maïs en y regardanl de près, on notera le contour festonné de rulcérution. son fond uni et non vermoulu, sa sécrétion presque inoignifianle. Ces caractères dislinctifs sufTisent le plus souvent, surtout lorsque d'autres vésicules d'herpès ordinaire sont aperçues dans le voisinage, pour éviter toute confusion. En cas de doute, le mieux e^t de détruire totalement Tulcéralion, ce qui, vu le jieu d'étendue de la lésion, ne présente aucun inconvénient et donne une grande sécurité.
Traitement. — 1» Traitemml prévenlif. Le Condotii ou proiecd'ue, enveloppe de baudruche ou de caoutchouc bien connue, est d'une eflicacité à peu prés certaine; en empêchant le contact immédiat, il élimine par cela même toute possibilité de eoniagion. Mais c'est là un vêlement bien incommodeel beaucoup, BOUS l'empire d'une répulsion très justifiée, ne sauraient en faire usage. Heureusement il existe d'aulres moyens. Nous avon^vu, au commencement de ce chapitre, que les acides, les bases, certaine.' essences détruisaient la virulence du pus chancreux. lui enlevaient tout pouvoir de ae transmettre. C'est sur ce fait inconleslahie que sont basés les dilTérenU moyens prophylactiques qui vont ttre énumérés.
Un des plus simples, des plus délicate est de f«îre, posl coitum, une lotion étendue avec de l'eau i la-
TRAITEMENT ï9l
quelle onauramûlé une proportion de vinaigre de loiiette, suffisamment forte pour reâsenlir au contact du liquide une légère cuisson. Le jus de citron a été employé dans le même but, ainsi que le chlore et le bichlarure de mercure; mais ce^ derniers moyens sont compliqués ou exhalent une odeur désagréable de chlore, et restent comme tels inférieurs à Teau vinaigrée aromatisée.
Le D' Ed. Langleberl a proposé comme préser- Talif. contre la syphilis et tes chancres en général, un liquide composé de savon dépotasse, d'alcool et d'une essence volatile, réunissant ainsi en une mixture simple trob corps capables, chjicun séparément, de détruire le virus; en voici la formule :
Alcool ordinaire 30grammes
Savon mou de potasse 20 —
Euence de cilranreclifiëe. ... 1d gouttes.
Si maintenant, dît l'auteur, on cherche à comprendre de quelle manière se produit l'effet prophylactique de ce liquide, on reconnaît aisément qu'il est la conséquence d'une double action. D'une pari l'alcool el Tessence de citron étant des substances très volatiles, pénètrent rapidement dans les tissus el neutralisent par leur activité spéciale, le virus quelconque qui a pu s'y introduire ; d'autre part, le savon qui entre en grande porportion dans ce mélange, outre fies propriétés basiques, et les bases détruisant le virus, n lavage aussi complet et aussi entraînant possiLIe de tous les points où ce même virus,
CHANCRE SIMPLE
n'aurait élé que auperriciellemenl dépusé. J'ajouterai que la consistance oléagineuse du liquide Tacilile siugulièrement son applicalion. Ouelquesgouttesversées sur les partiesqui viennent de subir un contact suspecl I et étendues ensuite au moyen de Trictions Taites &vee j les doigts, surfirent à son emploi. Uneminiiteoudeux ' après on elTeclue un lavage avec de l'eau simple.
Traitement auortif, pah la cautèkisatios uësthuc- ~ TivE. — Pour traiter celle partie de noire sujet, nous -^ ne saurions mieux faire que de reproduire presque^^^^
intégralemenl ce que le D' Ed. Laiiglebert a écrit sui
celte question de thérapeutique ; on n'agit pas autre-
ment aujourd'hui.
Suit que l'on ait fait usage de moyens préventir^, dit le D' Ed. Langleberl ', soit, ce qui arrive le plu^^
souvent, qu'on ait négligé de s'en servir, il faut tou
jours, après un coil suspect, s'observer attentivement^^ pendant les quinze ou vingt jours qui suivent, et, <~ qu'on s'aperçoit de la plus petite solution de ( nuilé, d'une érosion, d'une éraillure, d'une vésicnlf d'une pustule, en un mut, d'une lésion d'appareu douteuse, la cautériser immédiatement.
Il faut faire pour le chancre ce qu'on fait pour ] pustule maligue, ce qu'un fait pour la morsure d'^ chien hydropbubc, pour la piqûre d'un reptile vei meus, etc. Il faut le détruire complètement dès ; apparition.
TRArTEMENT
L'agent le plus énergique et le plus sûr dont il faudrait de préférence à loul autre se servir dans ce cas, sérail le fer rougi à blanc. Mais lea malades que ce moyen violent effraie, se refusent presque loujours & son emploi. Il faut donc avoir recours à des substances qui délruisenl le virus par leur action csusiique. Nous citerons au nombre de celles qui sont le plus usitées : la potasse caustique, la pAte de Vienne (mélange de potasse caustique et de chaux irive délayées dans un peu d'alcool), la pâle de Canqnoifi dont on taille une rondelle qu'on insinue, k frottement, dans l'ulcération chancreuse. enfin le nitrate de zinc pétri avec de la farine jusqu'à consistance de mie de pain (Jullien) : ces deux derniers caustiques ont l'avantage de ne pas attaquer les parties voisines couvertes d'épiderme.
Toutes ces substances sont excellentes, mais elles présenlenl l'inconvénient de prolonger trop longtemps la douleur. C'est pourquoi je leur préfèreTacide azotique monohydraté. qui, de tous les caustiques, est celui qui remplace le mieux le fer rouge. Sans doute son application donne lieu à une douleur vive, mais cette douleur ne dure que l'Instanl très court pendant lequel s'opère la destruction profonde et complète de l'uloère.
Pour s'en servir, on trempe dans ce liquide l'exlrémitë d'une baguette de verre ou d'une allumette en bois, doni on a enlevé le phiisphore, et on la porte ainsi imbibée sur l'ulcération. A ce contact les tissus missent et une eschare se forme instantanément, ou quiitre jours après, celle eschare, dont le
CHANCRE SIMPLE
^H diamètre dnil dépasser largement celui de In surfocQ I
^B ulcérée, se détache, el laisse une plaie simple qui ne
^H tarde pas à se cicatriser. Quelquefois le travail de ré-
^H paration se fait sous l'escbare même qui, en tumbant,
^f laisse alors une surface parfaitement sèche. Un autre ?
avantage de ce procédé, c'est que si une cautérisation ^^a
est insuffisante, on peut la renouveler autant de foit'^H
qu'on le juge nécessaire. 3Q
■ Le Irailement abortif, appliqué dans tous les cas -^k où il serait nécessaire, et selon les règles que nous ~ venons d'indiquer, aurait, je n'en doute pas, pour
effet de diminuer dans une proportion considérable ^^Œ
le nombre des chancres. Malheureusement on le né-
glige beaucoup trop. I.e chancre, à son début, passe ^= bien des fois inaperçu pour le malade; elce n'est le -^^ plus souvent que lorsqu'il a acquis déjà un certain -* I développement, alors que son existence remonte à— I plusieurs Jours de date, qu'il s'est multiplié, qu'une* I cautérisation destructive complète n'est plus possil)la,J f que le médecin esl consulté.
Souvent, en effel, la cautérisation destructive (
■ chancre simple n'est pas praticable, lorsque l'ulcé"
ration, par exemple, est située dans des régions in-*
I accessibles à nos agents modiflcaleurs. Tantôt elle "*
it recouverte par un prépuceenHammêquineperroel l pas de la mettre à nu ; tanlOl elle se développe dans I des cavités où il estÂpeu prés impossible d'appliqueir ] 1 convenablement le caustique. .\jouLons que méme-l 1 dans les cas où le chancre a pour siëge une partie dé^^ |;Couverte et facileÀ cnulériser, il faut encore prendre ] n sérieuse considéralion l'étpndue et la profondeur
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TRATTEMENT 295
de l*ulcère. Car, si pour obtenir la destruction du point virulent, nous nous exposons à produire d'irréparables pertes de substance, de larges et indélébiles cicatrices, mieux vaudra nous abstenir d'un pareil moyen.
Traitement méthodique. — Dans tous les cas où pour les motifs que nous venons de signaler, la cautérisation du chancre simple n'est pas possible il faudra, par un traitement méthodique, chercher à en limiter les progrès et à en abréger la durée. Ce traitement est soumis à plusieurs règles importantes que nous allons successivement indiquer.
Et d*abord les pansements doivent être fréquents, il faut les renouveler souvent et, autant que possible, mettre chaque fois la partie malade à découvert, afin d'éviter l'accumulation et le séjour du pus sur les tissus ambiants. Si une plaie simple n'exige que deux pansements par jour, il convient d'en faire quatre pour une plaie virulente. Le foyer purulent doit être, en effet, le plus souvent possible, débarrassé de ses sécrétions, afin de diminuer les chances d'inoculation sur les parties voisines, ce qui n'est nullement à craindre avec une plaie ordinaire.
Quant aux substances à employer comme médicaments topiques, je crois devoir, avant de les énumérer, indiquer celles dont il ne faut jamais se servir.
Je ne saurais trop m'élever contre l'usage de l'onguent napolitain.
Cette pratique banale est des plus dangereuses. liOin de modifier avantageusement l'ulcère, l'onguent
^'M\ CHAN'CRE STMPI.E
mercuriel, par ses propriétés irritantes en augmente presque toujours l'état inflammatoire, favorise son extension et souvent même engendre le phagédénisme. On devra proscrire également tous les autres corps gras en général.
Les liquides astringents sont les meilleurs topiques que Ton puisse appliquer sur les chancres simples. Ces substances sont en effet douées d'une triple action qui les rend bien préférables à toutes les autres. Premièrement elles diminuent la sécrétion virulente ; en second lieu elles neutralisent ce même virus ; enfin elles durcissent et tannent en quelque sorte les tissu» ambiants, les protégeant par là contre de nouvelles inoculations.
Un grand nombre de substances astringentes peuvent être employées, qui toutes jouissent de propriétés à peu près équivalentes. Le vin aromatique est devenu justement un remède populaire. La solution de tannin (eau de rose 100 grammes ; acide tanniquede 2 à 4 gr.) et la solution d^alun (eau de rose 100 grammes, sulfate d'alumine et de potasse, 3, 4 ou 5 grammes) sont aussi très bonnes. La teinture d'iode (eau distillée 100 grammes; teinture d'iode 5 à 10 grammes; iodure de potassium 1 gramme) rend parfois de grands services. On emploiera aussi très utilement les solutions suivantes :
Eau de rose iOO grammes.
Sulfate d'alumine pur ... 4 à 5 —
Eau distillée 100 —
Tartrate de fer et de potasse . 5 à 10 —
Ean de row )
Vin aromatique ] ^^° grammes.
^^ Tannin 1 —
^^B Enfin si le chancre est plus superficiel que profond, ^frfus large que pénêlranl, on en Iriompliera plus facilement par une légère solution d'azotate d'argent :
Eau ijistillce. 100 grammes.
Azolele d'argent 1 gr.
''On bien encore avec le liquide suivant :
} Bail distillée I!i0 (grammes.
Liqueur de Labarraque. . . 50 —
Ces solutions trouvent surtout leur emploi dans le IM de phimosis chancreux. pour faire des injections ptre le prépuce et le gland.
On anlili^é, dans ces derniers lemps, surtout sous bspînttionde M. Dujordîn-Beaumetï, l'hydrale de Uoral, en solution concentrée : 5 grammes de chloral insSOgrammes d'eau pourle pansement des chancres, kpanaement est un peu douloureux, mais il fait merliJle ; dan* les cas simpleti;, nous avons coutume de ■Kénuer, et 2 grammes dechlnral pour 50 grammes '«au donnent encore des résultats 1res satisfai-
le D' Marc Sée a obtenu également de très
keoreux résultais d'ime solution à 3 p, 100 de silicate
soude, tie produit alcalin est en effet un anti-
leet>tiqae puissant. M. le professeur Le Fort a vanté
CHANCRE SIMPLE
de même l'emploi de l'alcool camphré étendu de dii fois son poids d'eau.
Je me suis très bien trouvé, dans quelques cas rebelles du mélange suivant :
Teinture d'aloâs 1 partie.
Glycérine neutre 2 parties.
J'ai pu faire cicatriser ainsi des chancres contre lesquels tous les autres moyens avaient échoué.
Je n'ai eu également qu'à me louer de l'emploi de l'acide phénique soit seul, soit associé à l'alun ou chloral.
Eau distillée f2r> grammes,
Acidephénique 3à3 —
Eau distillée ITâ grammes
Acide phéuique 1 ~~
Alun ià5 —
Eau distillée 125 giammes
Acidephénique I i —
Ghloral I î —
Le camphre, réduit en poudre fine constitue encore un excellent topique ; il réussit particulièrement quand il y a menace de pbagédénisme.
Mais parmi tous ces pansements, un des plus eflicaces est certainement celui à l'iodoforme; et pourtant il est assez rare qu'on ait à l'employer dans la clientèle privée. C'est qu'en effet l'iodororme répand une odeur assez désagréable, mais surtout extrêmement pénétrante et, chose plus grave, aujourd'hui
ODue du public el révélant ainRi que celui qui txhale est affecté d'une maladie vénérienne'. Outre s propriétés antiseptiques et cicatrisantes tndiscuta- , riwdoforme est encore anesthésique el réussit k>ac très bien contre les chancres duuluureux el enjanitnés.
, Eu égard & ses propriétés aneslhésiquee, l'iodo- (ornie est particulièrement indiqué contre les chancres e l'anus donnant lieu aux crises douloureuses de la Kure à Tanua; on obtient le plus souvent ainsi !a essation des douleurs et la prompte cicatrisation I l'ulrêre chancreux. L'iodoforme doit Être alors ployé en pommade el porté sur une mèche. Les chancres du canal devront (Ire également pan- 6 avec une petite mèche, enduite d'un corps gras, fe vaseline par exemple, dans lequel on aura incor- ^ré l'agent médicamenteux.
Dans les cas, oii il est impossible, de par la volonté iu malade, d'employer l'iodororme, el où cependant le chancre est trop enflammé, trop douloureux pour (\ae l'on puisse immédialemel recourir à des applications astringentes ou antiseptiques, on cherchera firéalablement à modérer l'étal înDammaloire, ce que ^'on obtient facilement avec la solution suivante :
Eati de laitue 100 grammes.
Laudanum de Rousseau. ... 5 —
^H. A. Lan(tlel>ert est parvtnii à enlever l'odRiir |iénétrante Hcarnctérislique île l'iodiifoniK^, en le iiiËlaiigeanI h nii ciii- ' : jiin puid; [le eaumarine. principe uJorant de lu lève
CHANCRE SIMPLE
Ce liquide, comme tous les autres, doit être applî> que au moyen d'un bourdonnet de charpie que l'oit dépose tout imbibé sur la plaie, el que l'on renouvelle quatre fois par jour.
On peut encore, si les liquides astringents précédemment formulés excitent trop de douleur, diminuer Ift dose de la substance active, ou y ajouter quarante ou cinquante centigrammes d'extrait gommeux d'opium.
Rëgle générale, il Faut éviter avec soin tout pansement susceptible de provoquer une douleur vive et persistante ; car la congestion qui en résulterait ne pourrait que favoriser la marche extensive de l'ulcère.
Lorsque le chancre est entré dans sa période de réparation, el qu'il commence à se cicatriser, il faut prendre garde à quelques petits accidents qui peuvent alors survenir. On voit quelquefois se développer à sa surface des bourgeons fongueux qui, abandonnés à eux-mêmes, entraîneraient une cicatricu irrégulière. 11 importe alors d'intervenir et de niveler, en quelque sorte, par des cautérisations avec le crayon d'azotate d'argent, ces expansions charnues. Des végétations peuvent également envahir l'ulcération; on devra les détruire par la cautérisation, l'excision, la ligature, en un mot, par tous les moyens indiqués dans un chapitre précédent.
Tel est le traitement local du chancre simple. Dans le plus grand nombre des cas, un traitement général est inutile. Il suffit d'engager le malade à garder 1
;. pour éviter le plua possible l'engorgemeiil adé- PiMpathique, et de lui recommander un régime doux, n inmtant sur lu Décessité de s'ubstenir de tout excfts •Icdolique. SI cependant le sujet est faible de constilulion, s'il est anémique ou d'un tempérament Ijmphattque exagéré, il sera prudent de le mettre à l'usage des amers et des ferrugineux. On lui prescrira du hou- Mon, de la gentiane et trois à quaire pilules par jour ^'iodure de fer. Ce traitement aura pour elTel de 'élever son urganiâme affaibli, et de le placer dana •^es conditions favorables à la cicatrisation de l'ulcère.
Comme nous l'avon^^ déjà dit, le chancre simple peut ••compliquer de gangrène et de phagédénisme. Voici tt'els sont les moyens que nous fournit la thèrapeu- 'ique pour combattre ces deux accidents.
IJuand l'ulcère s'entoure d'une auréole large, brui^tre el violacée, quand les tissus ambiant!^ s'œdémalient et deviennent le siège d'une inQammation •iolenle, il faut aussitôt recouriruux antiph logistiques M. aux antiseptiques. Si ces moyens ne parviennent P4M à triompher de l'inHammation, si les tissus qu'elle * envahiâ prennent une teinte de plus en plus =ombre el livide, si l'excitation vitale des parties engorgées lîmiaue graduellement el que la gangrène devienne iinminente, on appliquera sur le chancre des com- P*^ases imbibées du liquide suivant :
bécoclioii conccntrte de quinquina jaune tiS grammes.
Elirait t'ommeux d'opium. . . I —
Dans quelques cas il est bon de substituer k la décoction de quinquina. la liqueur de Labarraque étendue d'eau ou une solulinn phéniquée.
Après quelques jours, les tissus sphucélés s'éliminent d'eux-mêmes, et quand l'eschare commence â se séparer, on en facilite la chule avec le bistoari ou les ciseaux : on peut alors détacher les parties mortifiées sans faire éprouver au malade aucune douleur. Dés ce moment le virus a cessé d'exister, le chancre est détruit, et il ne reste àsa place qu'une plaie simple, qui va très rapidement se cicatriser. Mais la gangrène a entraîné quelquefois des pertes de substance considérables; elle a détruit une partie plus ou moins grande du prépuce, du gland, de^ grandes lèvres, die a perforé l'urèthre ou produit d'autres mutilatianf presque toujours irréparables. „^Ê
J'arrive au phagédénisme, l'accident le plus grave ' qui puisse compliquer le chancre, et dont il est le plus difflcile d'obtenirla guérison.
La cautérisation avec le thermo-cautère, ou avec les caustiques précédemment indiqués, leh que le$ pâtes (le Vienne, de Canquoin, les acides sulfurique, azotique, etc., est le moyen le plus énergique. C'est dans certains cas le seul qui présente quelque chance de circonscrire le phagédénisme et de le détruire immédiatement. Si ces moyens violents, mais elScaces sont absolument refusés par te malade, nn aura recoursaux divers astringents précédemment mentionnés. Parmi ces derniers il en est deux, qui, en raîeûO— de leur efficacité plus spéciale, méritent une ])la«
part : le tartrate ferrico-potassique et le perchlorttre de fer.
Eau distillée 125 grammes.
Tartrate ferrico-potassique . . 15 à 25 —
Eau distillée 100 firammes.
Perchlorure de fer 10 à 20 —
Enfin la plaie devra être recouverte d'une couche épaisse d*ouate pour maintenir la chaleur locale, car on a remarqué que celle-ci était notablement abaissée à la périphérie de Tulcère phagédénique.
Je me suis encore bien trouvé de Temploi d'un mélange par parties égales de charbon porphyrisé et de quinquina dont on saupoudre Tulcère trois fois par jour, après l'avoir lotionné avec de Teau chlorurée. J*at rapidement obtenu par ce moyen, la guérison d'un chancre phagédénique de Taine dont Texistence remontait à plusieurs années.
Indiquons encore parmi les innombrables remèdes proposés contre le phagédénisme, les éthers, le chloroforme, les essences, les onguents digestifs, la créosote, la teinture et la poudre decantharide, lejus de citron, etc. ; le mercure, Tiodure de potassium, l'opium pris à l'intérieur à très haute dose. Que n'a-t-on pas essayé ? Depuis le fer rougi à blanc jusqu'au simple cataplasme, tout a été mis en usage, tout a réussi, tout a échoué! Une fois engagé dans l'empirisme, on hésite, on tâtonne de médicaments en médicaments, jusqu'à ce qu'on rencontre une substance qui, plus heureuse que 1ei> autres, ait enfin raison de l'ulcère
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rebelle; ou plutùl^ devrions-nous dire, pendant lutte de la médecine contre le mal, le temps paset avec lui s^épuise le phagédénisme. Voilà le secr de bien des guérisons, la cause du succès de bien d remèdes, dont les vertus aujourd'hui vantées, s*év nouissent le lendemain.