CHANCRE MIXTE
Isbri de quelques exceptinns qui en atténneiil la simplicité. Ainsi M. Vidal, médei-in diAlingiiétle l'hôpital Saint-Louis, adémontré que tec(hynia timplex est autoinoculable, et queues inoculations peuvent être reproduites avec succès jusqu'à quatre ou rinq générations. Le dinfçnoslic deviendrait donc impossible, par cette •eulc méthode, entre ufi chancre simple et une ulcéralion consécutive à la rupture d'une puflluled'ecthvina.
Mais, chose plu? grave, un chancre, ayant d'abord toutes les apparenceid'un chancre simple, jouissant des mêmes propriétés, c'est -.Vd ire pouvant élre autoinoculé, s'indurc npr^s un temps plus ou moins long et donne lieu aux accidents secondairi?» de la syphilis. Inversement unchancre infectant, qui sera certainement suivi d'accident» constitutionnels, peut prendre lont-&-coitp, à quelque époque que ce soit de sa période d'activité, tes caractères extiïrieursd'unchancre mou et devenir auto-inoculabtu.
Ces variétés hybrides, fort bien décrites sous le nom de dumere mixte, par le professeur Rollet. «ont en rMiUdes exceptions pathologiques, mais dont il ne bat pas moins tenir compte et qui. jusqu'à un certain poiot. enlèvent aux résultats de l'inoculation, considérés au point de vue du diagnostic, leur caractère de certitude.
L'auto-inoculalion du pus du chancre simple est dUleurs une épreuve qu'on ne doit laire subir au aulkde que par absolue nécessité, s'il s'agit par exemple d'une affaire médico-légHJe, d'un mariage prochain, ou qu'elle soit réclamée impérieusement. D'abord elle n'offre paa. ainsi que noue venons de le
CHANCRE SIMPLE
*, le caradÈre absolu de la cerlilude, ensuile. Aab- Bertains cas tout â fail exceptionnels, elle peut dekfenir dangereuse.
On a vu des chancres inoculés sur la cuisse, sur 'l'abdomen au-dessous de l'ombilic, se compliquer de phagédénisme, de gangrène, d'érysipèle phlegmoneux «t déterminer les lésions tesi plus graves. C'est donc un devoir pour le médecin d'avertir son client des dangers, très peu probable? il est vrai, que l'inoculation va lui taire courir; car les dissimuler, serait se » mettre, si certaines éventualité;: graves survenaient, dans la situation la plus embarrassante. Je sais bien que, lejoiiroii l'inoculation a donné un résultat positif, où l'on aperçoit manifestement une ulcération chancreuse, si petite soil-elle. celle-ci doit être détruite immédiatement par une cautérisation énergique, el qu'on pare ainsiàtous les dangers. Mais ce moyen préventif n'est pas absolument infaillible; on l'a vu échniier et les complications les plus graves
»ae développer, malgré les soins les mieux entendus. Dans les cas exceptionnels, où une inoculation du pus chancreux doit être pratiquée, il ne faut pas choisir indifféremment la partie du corps où vous porterez la lancette. Le professeur Le Fort a fait sur ce point de pratique médicale des observations très instructives. II a remarqué, qu'au point de vue de la gravité des chancres inoculés, le corps humain pou- ^^ Tait être divisé en deux parties; une partie sus-ont- ^L-bilic.ale. sur laquelle les chancres ont peu de tendance
k INOCULATION ««» ^|
«'étendre et restent toujours limilés en surface et ^H profondeur, et une partie sous-ombilicale favorable ^H contraire k l'extension indéfinie et aux complica- ^H •nn graves des ulcérations chancreuses. ^H
Nous choisirons donc de préférence, pour pratiquer ^1 nneinorulalinn. la région épigra^lrique, les parties Iftléralesdulbnraxja régiim delloïdienne. Les chancres simples inoculés se développeni encore plus mal nir ia face et la région céphaliquc, que partout ailtean, ce qui explique, avec d'autres raisons que nous apprécierons ultérieurement, leur absence presque
Kaolue sur celte partie du corps.
En résumé, en tenant compte des données fournies r la clinique el par les inoculations expérimentales, us pouvons affirmer qu'il exisie deux chancres dif- «nU : l'un, le chancre simple, qui est une afTeclion tbeolument locale, dont le malade est totalement guéri tpiand l'ulcération est cicatrisée, l'autre, le chancre iafeclanl, qui est suivi d'accidents secondaires constit tMionnels. Ces chancres constituent donc, sinondeux pnodalités essentiellement diiïérentes, du moins au ^nl de vue clinique, parfaitement distinctes.
i Le chancre simple, avons-nous dit, occupe toujours k «phère génitale ; le plus souvent il est assez douiMreux, et il amène chez la femme une tuméfaction hs grandes lèvres, qui l'empêche, même à un examen ioperficiftl, de passer facilement inaperçu. C'est, en ' ginéral, dans les basses classes de la société, parmi les filles insoumises, que s'entretient et se perpétue
CHANCRE SIMPLE
le chancre simple. La prostUuUun clundesline, si Tréquente à Paris, en est le Foyer pnnripal Aussi le chancre simple est-îi rare dans la clientèle privée, où le médecin a affaire à des malades observateurs el soigneux de leur personne; c'est à peine si Tony observe un chancre mou pour six chancres infectants.
Il faut, en effet, la plus grande insouciance, je dirais même la plus grande malpropreté de la part d'un homme ou d'une femme, pour ne pas se traiter d'une affection aussi évidente que l'est généralement un chancresimple. Une syphilide peut passer inaperçue, un chancre simple jamais : telles sont les raisons de la localisation presque complète du chancre simple dans les classes inférieures de la société.
Le chancre simple étant une afl'ection purement locale, il en résulte que si, par impossible, les hommes et les femmes atteints de chancres mous cessaient tout commerce sexuel, cette afTection disparaîtrait complètement. Aussi n'est-il pas surprenant de voir sur les statistiques des maladies vénériennes, soignées dans les hûpitau.\ spéciaux, de grandes difTérences dans le nombre des malades atteints de chancres mnug qui y sont admis chaque année.
M. le D' Mauriac a, dans un mémoire exlrémemeolf remarquable, relevé ces variations de fréquence li chancre mon et également des autres maladies véoi rienne.'', suivant les années et les événements îi [antsqui s'y sont accomplis; voici quellessont ses ci clusions :
" A. — 1' Le nombre des maladies vénérienj dans lavillede Parts, diminua considérablement a
STATISTK't'E i'i
(.1 gut-rre de 1870-71. A [jiirlir de 1872, époque à l«- ■I iitfUe se produisit une recrudescence légère, le décroi»-
^ement fui progressir jusqu'en 1875 ;
'■ 2* Parmi les espèces vénériennes, le chancre mou
! m le plus atteint parcelle diminution, et il devint,
■ -') 1875, d'une rareté extraordinaire tout à la fois
■ ih^fflne et relative, puisqu'il ne représentait plus «alors que la vin^ième partie du nombre total des naladies vénériennes, et qu'il élait, par rapport ^a <;hBiicre syphilitique, dans la proportion de t à 10 environ;
a y Les principales causes de cette diminution des
■Bftladies vénériennes et du chancre mou furent : a,
k dépopulation immédiate de la ville h la suite de la
B et l'arrêt dans le développement numérique de
■ habitants : 6, l'abaissement de la Torlune indîvî-
etie qui se produisit dans toutes les classes de la
leiélé el qui fui aggravé par l'augmentation des char-
; e^ la surveillance plus rigoureuse de lu prostilu-
Ion, en généra), et, en particulier de la prostitution
tandeetine; d, l'augmentation dans le nombre des
tariagev depuis la guerre, supérieur, malgré la dîmi-
intioD des habitants de Paris, à ce qu'il était avant
9. — 1" L'année 1875occupe une place exception- ■flelle dans la période de 1869 à 1681 ; c'est en eiTet & ï période que s'esl établi l'ifliage des maladies l' Vénériennes, puisqu'elles atteignirent le niveau le plus 9 auquel elles soient descendues depuis longtemps; « 2* A parlirdel875, le nombre des maladies véné- 'ricnnAsa lonjours élé en augmentant dans la ville da
CHANCRE SIMPLE
Paris jusqu'en 1881. Celte augmentai ion est devenue surtout très accentuée pendant 1878, année de l'Exposition universelle. Mais elle a pria un développement bien plus considérable encore en 1879, et elle a acquit son maximum numérique en 1880.
* 3" Le chancre siniple a regagné promptemenl tout le terrain qu'il avait perdu depuis 1869 jusqu'en 1875, el, à sa rareté, a succédé une Tréquence abeoloe et relative, qui a atteint son maximum en 1880. A celte époque, il représentait la dixième partie du nombre total des maladies vénériennes, el se trouvait, par rapport au chancre sj-phylitique, dans les rapports de l,54à 1;
■ 4° Dansrelle période quinquennale, les cause? de raugmenlation des maladies vénériennes ont été : a. l'augmentation de la population parisienne; A, l'affluence des ouvriers nécessitée par les travaux de l'Exposition universelle et autres grandes constnirtions dans tous les quarlierH de la ville; c, l'invasion de la ville par les visiteurs de l'Exposition de 1878: d, la diminution de la prostitution inscrite et raugmenlation toujours progressive de la prostitution clandestine '. »
Pendant la période de la guerre (1870-1871) il veut une grande augmentalîon du nombre des maladie!^ vénériennes, el particulièrement de celui des chancre!) simples (Mauriac) ; elle «tait due à l'affluence danalkr» ville de Paris de soldats venus de Provir
iniuence aanaMr»i
STATISTIQCE *73
J Ce* variations dans le nombre des chancres simples el des maladies vénériennes en général, sont des plus intéressantes A connailre, car elles dévoilent netlement les causes multiples du mal, et indiquent ainsi quelles mesures préventives sont les meilleures pour y parer, au moins daii5 une certaine limite. Parmi celles-ci nous signalerons surtout la poursuite acharnée de la (trostitution clandestine.
TtJJM sont les notions préliminaires et nécessaires i Is connaissance exacte du chancre simple et de son hisloire patholofiique si intéressante; elles forment l'introduction indispensable 4 In partie purement clirUque que nous allons maintenant aborder.
CvMUfU du chancre simple, — Il esl le plus souvent mu 1litda. — InOiiminaiion aubilo d'un chancre «impie presque eniiirement ciatinii, — Formes eclbymaleuae, lUronculeuse, bulleuM du uhaniTH simple. — Oiflérence des cltalriccH du diaacre simple et du chincre induré. — Chancres simples de l'anot, du canil de l'urMbre et du col de l'utérus.
Complications du cbancre simple, phimosis, piU'apbimosis, *lti» chftncrcui, balino-posthile. — Gaa([rène — Bubon. — Phagédénisme.
Traitement prérentil. — Traitement aborlir par U cautéri- ■Uioo deslruclive. —Traitement méthodique. — Trailemvnl <H complications.
Le chancre simple, avnns-noua dit, est une maladie «"^nii plie ment vénérienne, car il siège presque excliwiïemenl sur les organes génitaux ou dans leur
>'iisinage.
CHANCRE SIMPLE
Chez l'homme «on premîur lieu d'élection est la muqueuï'e préputiule, au niveau du frein; elle est en effet, dans celte région, extrêmement fine et soumise, pendant le coït, à des tiraillements, qui l'exposent â se déchirer et à laisser ainsi pénétrer le virus. Nous pouvons citer ensuite par ordre de fréquence, comme siège du chancre mou, la rainure glando-prépuliale, la tnugtinise prépuliale, le limbe du prépuce, \a.partie cutanée du prépuce, le fourreau di la verge, enlîn le méat et le canal de Curèlhre.
Chez la femme, la fourchette, constituée par la jonction inférieure des petites lèvres, est le poinl,des organes génitaux où se développe de préférence le chancre simple ; viennent ensuite la fosse naviculaîre, le clitoris, leveslîbule, la muqueuse et la partie cutanée des grandes lèvres, très rarement les parois du vagin et quelquefois le col de l'utérus.
Lorsqu'il i^ië'ge en dehors des organes génitaux, le chancre simple ne s'en écarte jamais beaucoup, il reste presque toujours cantonné dans les environs. C'est ainsi qu'on peut le voir germer sur le acrotum dans la région du pubis et particulièrement, cher la femme, à la marge de l'anus, dans l'anus même et à la partie interne et supérieure des cuisses.
Exceptionnellement on le rencontre en des région» éloignées de lasphère génitale. C'estaiosi que quelques médecins, Hicord en particulier, se lesont inoculé au doigt, et que des malades, en se grattant après avoir touché leur chancre, l'ont transporté sur une autre partie du corps. On rapporte encore l'histoire de cer-