‹ Traité pratique des maladies des organes sexuelsChapitre 59 sur 98 · BUBON SIMPLE · texte numérisé non relu

BUBON SIMPLE

et légères donnant lieu à des douleurs abdominales ' avec ballonnement et nausées ainsi que des orcbites, i lorsque le testicule est retenu à l'anneau inguinal d cAté du ganglion inllammë.

Le traitement du bubon lymphatique est des plus I simples; le mieux est de ne tenter presque rien, car, I par une Ihérapeulique trop active, on risque fort d'augmenter l'inflammation et de faire suppurer le ^^ ganglion.

On se contentera donc de cerlnines recommanda

lions hygiéniques, de prescrire le repos aussi complet— :^^ que possible, une alimentation très légère, un ou^"^ ' deux laxatifs et quelques bains assez chauds, prisà^^^ domicile, pour éviter tout rerroidissemenl.

Localement le meilleur traitement consiste à applî- '

quersurla tumeur inguinale une épaisse couche de^^* ouate qu'on recouvre it'une enveloppe imperméabl^^^^ de caoutchouc ou de taffetas ciré. Les tissus, par cette;-» ' conservation de l'évaporalion cutanée encore accrot-* ^ par la chaleur que maînlienl l'aouate, ne Iroumoff -'' dans la condition la plus favorable à la résorpUoicr^"' des engorgements inflammatoires. C'est notre tnûte — -^ ment de l'épididymile blennorrbagiquc, el il réussîV ^ tout aussi bien ici que contre l'inflammation de l'épi- — -*' didyme.

Si la douleur est très vive, on la calme en étendan -^^ sur la tumeur une pommade fortement helladonée^^^ composée, par exemple, d'onguent napolitain et d'extrait de belladone, mélangés par parties égales. Par ce traitement si simple, sans avoir recoon'^

TRAfTEMENT 3Il

I» leiuUire d'iode ni aux vésicaloire:i avec a|iplIcalion consécutive de celte même teinture, ce qui est un des procédés les plus barbares que je connaisse; ni à di- ^er^e» pommades plus ou moins fondantes el qui n'ont d'ailleurs d'autre propriété que de fondre sur le^ liimeurs (Ricard), on obtient, dans le plus grand nombre des cas, la résolution complète de l'inflamxnation ganglionnaire.

Qu'on se garde donc bien de plonger trop hâtive-

vnent un bistouri dans ces sortes de tumeur, car la

•ennintûson si favorable par résolution peut élre en-

«:ore obtenue, même lorsque la peau est déjà très

■-Duge et que la fluctuation est superficielle; aussi

(wserr^DS-nous, comme une règle absolue, qu'on ne

•it pas ouvrir les bubons sympathiques.

Le traitement du bubon .«Irumeux esl identique; il

laode seulement un temps beaucoup plus consi-

ile. quelquefois plusieurs mois. Pendant cette

igue période, on recommandera au malade une

■ilure réparatrice et l'usage régulier de médica-

its toniques, leN que l'iodurede fer, le quinquina et

l'huile de foie de morue, L'iodure de potassium pris à

dose moyenne de un gramme par jour, rendra

'•Bcore quelques services.

BnSON VIRUI.BNT OU D ABSORPTION

itouB venons de voir que le bubon inflammatoire *>' déterminé très probablement par le transport, à l'avers un lymphatique, du sérum que sécrète le

îli BUBON VmULEST

chancre simple. Le bubon virulenl serail dû, au contraire, à la migration du virus lui-même dans le parenchyme du ganglion, et à l'inoculation de ce ganglion par ta matière chancreuse. Cette interprélatJon pathologique ne doit plus être considérée comme une hypothèse, car elle présente tous les caractères de la certitude. Nous savons, en effet, qu'uD chancre simple ne peut germer qu'à la suite d'une contamination directe, et qu'il prend naissance au point mdme où le virus a trouvé une porte d'absorption. Gomment expliquer alors le développement d'un chancre ganglionnaire, autrement que par l'arrivée d'une parcelle virulente dans ce ganglion ! Dans quelques cas. il est possible de suivre, sur les lymphatiques enflammés, le trajet par lequel le pus a pénétré dans le ganglion; comme nous l'avonsvu, â propos delà lymphite chancreuse, de petits abcès chancreux, véritables chancres eux-mêmes, peuvent alors prendre naissance sur le vaisseau lymphatique, par arrêt du virus au niveau de ses valvules. Euliu chez des sujets tatoués, on a pu constater le transport, parles lymphatiques, des matières solides colorantes dans les parties profondes du derme (Virclmw). Ce sont là autant de preuves éridentes de la migration des particules figurées qui entrent dans la composition du pus du chancre simple et lui donnent sa virulence.

H est probable qne ce transport des particules solides ne peut s'opérer que dans certaines circonstances. Il est nécessaire, en etTel, pour qu'il ail lieu, qu'un lymphatique soit béant dans la plaie chancreuse; et Diday a Tait justement remarquer que les

chancres qui saîj^naient ou qu'on faisait saigner, liaient plus exposés que d'aulres k communiquer ua bobon virulent. C'est que, comme l'indique le D' Jullien. à câté d'une veine chemine un lymphatique et <:]ue ?i Tune est déchirée l'nulre a beaucoup de chance «ie !"4tre également et peut devenir ainsi capable «!l'ab9orption. D'oi'i celte conséquence pratique, de .^^en se (garder d'arracher trop vile les pansements sur

*a chantre ample, de peur de le faire saigner et de exposer ainsi à un bubon d'absorption.

n est assez diflîciie de fixer la proportion des butioDS virulents, par rapport au nombre des chancres simples, car les slatiiitiques sont tout à fait en dé.'jac- «^nrd sur ce point. Ce que nous pouvons dire, c'est ^ue. dans laclienlèle privée, te bubon virulent est ^usez rare, et que le contraire a lieu pour in popular Uon hospitalière ; cela s'explique d'ailleurs faeilemenl. Les causes qui donnent naissance au bubon virulent sont en elTet la malpropreté, des pansements mal itts, arraché.s lorsqu'ils soni secs et faisant saigner f plaie, les travaux pénibles, la marche, l'aicoolisme. e mauvaise hygiène, etc. : toules circonstances qui ^rencontrent habituellement dans les basses classes. \ 1^ buboQ virulent peut apparaître pendant toute la ^torfe d'un chancre mou : on rapporte même l'obsen'a- ^tion d'un accident dn ce genre survenu à la suite d'uD 'Juntre phagédénique qui durait depuis trois aa" '.

' I)" iullien. — toe. i

BCBON VIRULENT

Mais c'est généralement entre la rleuxiéme ell| quatrième semaine qu'il est le plus à craindre.

Le début du bubon virulent s'annonce par une douleur extrêmement vive dansl'aine.douleurqu'eiaspère encore notablement la pression. Comme pour le bubon lymphatique, on e^enl, au début, un seul ganglion superficiel engorgé, situé en général vers la partie inlerne du pli de l'aine, au-dessus de ce pli. Puis apparaissent bientôt l'empâtement du tissu cellulaire périphérique, la confusion en une seule masse très sensible du ganglion et de la zone inTillrée, l'adhérence et la rougeur de la peau.

S'il était possible de pratiquer à ce moment une coupe de la tumeur, en suivant son grand axe, car elle a exactement la même Torme que celle du bubon simple, on observerait une disposition anatamo-palhologique des plus intéressantes. Au fond on apercevrait le ganglion ramolli, h. moitié purulent, mais ayant encore coni-ervé sa coque, et au pourtour une suppuration naissante provenant de la fonte du lissu cellulaire ambiant. Chose curieuse! On tremperait à ce moment la pointe d'une aiguille dans le pus périphérique nu ganglion, et on l'inoculerait, qu'on n'obtiendrait qu'un résultat négatif; on tremperait au contraire une autre aiguille dans le pus emprisonné par la coque ganglionnaire, que vingt-quatre ou trente-six heures après son inoculation, on verraitapparaltre une pustule chancreusecaractérislique. L'interprétation de ces faits est des plus simples: Legou-

SIGNES ET SYMPTOMES

ion est primitiTemont touché par le piisrhancreux o'apporle un lymphatique, el un véritable chancre lionnaire se développe, mainlenii quelque temps la résistance de l'enveloppe fibreuse de la coque igtionnaire. Ce Iravnil pathologique provoque une ianflammalion du lixsii c'-Ihilaire voisin, et tant que la i^oque résistera, leputi résultant de cette inflammatioD ^ura simple, c"esl-à-dire sans propriétés virulentes; vnais une fois la i^&'ine rompue, il prendra aussitôt K oolefi les qualités du pus chancreux.

Le bubon virulent suppure toujours, rien ne peut ^■fréter sa marche, il faut que le pus chancreux trouve «ine is^ue, il ne saurait être gardé dans l'économie. 'W^ suppuration sunienl en général a^sez vite, en vnoyenne après un septénaire; elle est souvent annoncée par quelques petits rHgssons suivis de sueurs, l'resque toujours, d'ailleurs, on peut constater un ^certain malaitie général, souvent avec Qévre. pendant ~ ite la durée de l'adénite virulente, et principalernt vers la fin.

bès que le bubon est ouvert, au lieu d'un pus franchement phlegmuneux. on voit sortir une masse liquide, sale, sanieuse, mêlée de stries de f^ang el de inftistance plus ou moins séreuse, puis la peau s'afaussitûl et reste pour ainsi dire fluttanle sur la irité de l'abcès; euRn te soulagement des douleurs considérable. Mais dans les deux ou trois jours ^i«uivent, les bords de l'ouverture commenceul à s'ijrrandir rapidement, et bientùl se forme une longue Iniire dirigée suivant le grand axe de la tumeur, les lèvres de cette sorte d'incision naturelle

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^^eonftisti ^BlUtse a ^Bharitéc ^^Tarteoni

BUBON VlBrLENT

s'écartent l'une de l'anlre ell'on se trouve en présence d'un vaste ulcère rappeliint exactement par ses caractères extérieurs, fond grisâtre, vermoulu, burds taillés à pic, etc., un. chancre simple ; enfin pour compléter le tableau, la sécrétion de cet ulcère est inoculable.

Dans les cas heureux cet agrandissement du chancre ganglionnaire s'arrête, son fond ne larde pas 1 s'élever, à se délerger, cl au bout de six semaines à deux mois, la plaie chancreu^^e est cicatrisée. Malheureusement il n'en est pas toujours ainsi, etce chancre de l'aine est exposé aux principales cc.mplicaiîons du chancre simple, â lu gangrène el au phagédénisme.

La gangrène apparaît sous forme de phegmon gangreneux, el les eschares peuvent ainsi recouvrir une large étendue de la partie supérieure de la cuisse el de la peau de l'abdomen. Mais cette complication, au moins dans ses formes graves, est asser. rare.

Le phagédénisme est plus fréqueni, il peut s'étendre sur la cuisse ou sur l'abdomen, prendre la forme lérébranle ou serpigineuse, en un mol, présenlcr toutes les particularités sur lesquelles nous avon^: insisté, à propos du chancre simple.

Mais une complication curieuse et assex fréquente du chancre secondaire de l'aine est sa tendance ô l'hémorrhagie. Celte hcmnrrhagie peut se produire des l'ouverture de l'abcès et je rapporterai à ce sujet une observation a.osRz curieuse. Le D' Ed. LanglebeH ayant ouvert, i) y a quelques années déjà, un bubon virulent avec la pointe d'une lancelle, fut oss-iz étonné de voir son malade venir le retrouver le lendemain el lui montrer la tumeur inguinale aussi

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