‹ Traité pratique des maladies des ovaires et de leur traitementChapitre 5 sur 63 · OVAIRI^S ET TROMPES DE FALLOPE · texte numérisé non relu

OVAIRI^S ET TROMPES DE FALLOPE

véritable scissure vasculaire {hilus ). C'est par ce dernier bord que les ovaires reposent sur la partie supérieure du ligament large. Leur superficie est ordinairement lisse chez les jeunes filles non encore réglées, mais presque toujours inégale, déchirée, chez les femmes qui ont été menstruées. Peu volumineux dans l'enfance, ils augmentent vers l'âge de la puberté, pour diminuer ensuite dans la vieillesse. Les ovaires sont couverts extérieurement par le péritoine, au-dessous duquel on trouve une membrane fibreuse, blanche, très-solide et très-résistante {tunica cilhuginea). Ces deux tuniques sont unies ensemble d'une manière si inlime qu'on ne peut les séparer... L'interne est perforée, au bord inférieur de la glande, par les vaisseaux qui la traversent, pour se répandre dans le tissu de cette dernière.

Kôlliker range les ovaires parmi les glandes folliculeuses, et, comme nous venons de le dire, M. Sappey les place, en raison de leur structure et de leurs fonctions, dans la classe des glandes conglomérées vésiculeuses, ayant un conduit excréteur non ramifié et détaché de la glande sur laquelle il s'applique par son extrémité libre, au moment où le produit qu'elle a sécrété, s'en échappe. Lorsqu'on fend les ovaires, on reconnaît qu'ils sont formés d'un tissu d'un brun rougeàtre, abondamment pourvu de vaisseaux, dans l'intérieur duquel sont plongées des vésicules. L'ovaire est donc, comme toutes les glandes, un organe à la fois sécréteur et excréteur... et les organes qui, dans l'ovaire, sont chargés de la sécrétion, sont des vésicules qui portent le nom d'œufs de Graaf (veskulie, ovula Gruufiana), quoiqu'elles fussent déjà connues de Yesale {De corporis humani fahrica, lib, V, cap. .w, p. 4r)9), et de Fallope [Obs. anal., t. P',

6 TRAITÉ PRATfQUE DES MALADIES DES OVAIRES,

p. 106 ; IGOO)... Les vésicules sont de petites sphères imperforées, véritables follicules clos; le liquide qu'elles renferment dans l'état normal est clair et limpide; leur volume n'est pas le même dans toutes, et elles semblent se développer les unes après les autres ; elles sont plus ' abondantes à la circonférence de l'ovaire que dans son centre; chez les vierges, leur nombre varie de 8 à 20.

Le produit de la sécrétion est constitué par les ovules, le liquide et les granulations qui les entourent ; seule, ment les ovules étant contenus dans des cellules entièrement closes, ce produit de sécrétion ne peut arriver au dehoïsque par rupture des parois qui les sécrètent ; il en résulte que l'ovaire n'entre en communication avec la surface du tégument interne, que d'une manière périodique et temporaire, et arrive dans la matrice par la trompe de Fallope ou oviducte, qui est le conduit excréteur. L'utérus n'est, donc qu'un simple organe de réception, et ne doit être placé qu'au second rang dans l'appareil génital interne de la femme, l'ovaire tient le premier rang.

Suivant Meckel {Abhandlungen aus der menschlïchen imd vergleichenden Anatomie-j 1806, t. II; — Beitràge zur vergleichenden Anatomie, 1808, t. P', cahier 1, n°5), dans l'embryon, jusqu'à la sixième semaine, il n'existe aucune trace des organes génitaux; au moment de leur apparition, ils sont construits absolument d'après le même type dans tous les embryons ; leur forme, leur volume, leur situation sont les mêmes, et il n'y a par conséquent aucune distinction de sexe; les parties génitales internes se composent : Tde deux parties fort allongées, étroites, obliques de dehors en dedans et de haut en bas, qui sont situées très-haut et qui deviennent plus tard, soit des testicules, soit des ovaires ; 2° de deux conduits qui ne

OVAIRES ET TROMPES DE FALLOPE. 1 sont pas beaucoup plus étroits, mais qui ont plus de longueur et plus d'épaisseur, les dépassent en haut et descendent sur leur côté externe; ils produisent ou les trompes, ou les épididymes et les organes éducteurs du sperme, et se réunissent, hors du bassin, en un conduit commun médian, qui devient, soit matrice et vagin, soit glande prostate, vésicule séminale et partie postérieure de l'urèthre, etc.

Home {Phil. trans., 1790), Autenrieth {Infantis androgini historia, léna, 1805, p. 53) et Ackermann {Ueber die Verschiedenheit heïder Geschlechter ; dans Reil, Arcliiv fur die Physiologie, t. VII, p. 88) avaient déjà reconnu cette identité primitive des organes génitaux dans tous les indi - \\àus.Tiedemann {Beitr âge %ur vergl. Anat., t. -Il, p. 170. Leipzig, 1812) a confirmé ces observations en décrivant avec beaucoup d'exactitude plusieurs embryons trèsrapprochés du moment de leur origine, et il a remarqué qu'il n'y a pas d'organes génitaux chez la plupart des animaux inférieurs, ou du moins que ceux qui existent correspondent aux parties génitales femelles de ceux chez lesquels il s'est établi deux sexes, de manière qu'ici encore c'est une même loi qui préside au développement de l'embryon et à celui de la série animale.

Cependant, à partir du troisième mois de la grossesse, les ovaires sont toujours plus petits que les testicules, et ils sont situés plus horizontalement ; ils ont d'abord, proportion gardée, et surtout eu égard aux autres organes génitaux, un volume bien supérieur à celui qu'ils présentent dans le cours des périodes subséquentes (RosenmûUer, de Ovariis embryonum et fœtuiim, Leipzig, 1802). Ils forment pendant longtemps la plus grande partie de la masse de ces organes, quoique, dés que la

■8 TRAITÉ l'HATIQUIî DES MALADIES DES OVAIP.ES.

tlilTérencc des sexes s'esl prononcée d'une manière évidenle, ils soient proporlionnellement plus pelits que les leslicules, et que cette différence constitue, môme déjà auparavant, un de leurs principaux caractères distinctifs. Dans les embryons du milieu du troisième mois, qui ont à peu près 6 centimètres de long, leur longueur s'élève à peine à 5 ou 6 millimètres, leur hauteur à moins de 5 millimètres, et leur épaisseur à 1 millimètre environ. Chez le fœtus à terme, ils pèsent de 25 à 50 centigrammes, et ils ont 2 centimètres environ de longueur, et un peu • moins d'épaisseur; ils sont situés presque horizontalement à une grande distance au-dessus du petit bassin, niais leur situation horizontale fait que leurs extrémités supérieures ou externes, ne s'élèvent point aussi haut que les testicules dans les embryons mâles du même âge, de manière qu'ils sont fort éloignés de toucher aux reins. Leurs extrémités internes sont au contraire tellement rapprochées l'une de l'autre qu'il n'existe entre elles que le rectum, à celle époque très-étroit, et que cet intéstin ne les sépare même pas complètement; leur forme est très-allongée, étroite, prismatique; c'est seulement à l'époque de la puberté qu'ils deviennent arrondis, cl qu'ils acquièrent plus d'épaisseur en proportion de leur longueur. Leur capsule est très-mince, non-seulement chez le fœtus à terme, mais encore pendant tout le cours des premières années de la vie. — Leur tissu est plus simple jusqu'au milieu de la première année de la vie extra-utérine; on ne peut y découvrir aucune trace do vésicules de Graaf avant l'âge de six mois; c'est vers cette époque seulement que se forment ces vésicules, et elles ont tout d'abord des dimensions proportionnelles très-considérables (Meckel). Mais, à la naissance, ils con-

OV.MRKS l'IT TROMPES DK FALLOPE. <)

lionncnt déjà ces granulalions ou points milliaires signalés par Osiander, Ilalier et Cuvier, et qui bientôt formeront les vésicules de Graaf.

Lorsque la femme a parcouru la moitié de sa carrière, les ovaires commencent à devenir plus durs et à s'atropliier; ils perdent leur poli, et leur surface paraît plus ou moins inégale, parce que les dépressions qu'on y remarquait se sont converties en enfoncements considérables. Cet effet tient principalement à la disposition du parenchyme; mais les vésicules subissent en même temps une dégénérescence; elles se rapetissent, leurs membranes deviennent plus épaisses, enfin leur cavité s'efface tout à fait, et elles se convertissent en des corps jaunâtres, noirâtres, souvent fibro-carlilagineux ou osseux. Les ovaires s'atrophient tellement chez les femmes avancées en âge, qu'on n'en retrouve quelquefois plus aucun vestige, et que les vaisseaux seuls indiquent la place qu'ils occupaient; souvent alors il leur arrive de peser à peine 1 gramme.

Suivant plusieurs écrivains, tels, par exemple, que Malpigh i (D/.ss. ep. var. largum; dans 0pp. omn. , Leydc, 'H)87, t. II, p. 225), Vallisneri [von cler Erzeugung (1er Menschen und der riiiere, p. M ; c. ni, p. 262, 519), Santolini (Obs. anat., c. xi, p. 225), Bertrandi (rfg G/ant/n/aovarït; dans Mise. Taur., t. 1"% p. i04), Brugnone [de Ovariis, eorumque corporibus liiteis; dans Mém. de Tnriii, 1700, p. 595), et Buffon {Hist. mit., t. Il, p. 205), la formatioii des corps jaunes {corpora lutea) appartient aussi à l'hisioire du développement, des ovaires, parce qn'ils les ont observés tant chez les filles vierges que chez de très-jeunes femelles d'animaux, et Mcckel pense • que leur formation est précédée par une exaltation de l'activité des organes génitaux, due à une cause quel-

10 TRAITÉ PRATrQIJR DES MALADIES DES OVAIRES, conque; nous allons voir à quelle cause il faut, suivant Négrier, atlribuer la formation de ces corps jaunes. Les anciens pensaient que, au moment de la conception,

11 se développait dans l'ovaire un corps particulier qu'on appelle corps jaune ou glanduleux [corpus luteum; glandiilosum) (Malpiglii, de Cornuum vegetntione, utero^ viviparum ovis; dans 0pp. omn., Leyde, 1687, t. P', p. SU.— Bertrandi, Observations sur les corps glanduleux, sur l'ovaire etsurla matrice dans l'état de grossesse ;daTïsMiscell.Taur., t. P', 1758. — Brugnone, de Ovariis eorum que corpore luteo observationes anatomise ; dans Mém. de Turin, 1 790. — Roose, Ueber die gelben Kôrper und Eierstôcke, Brunswick, 1800). C'est un tissu arrondi, mou, très-vasculaire, composé de plusieurs lobes qui fait saillie audessus de la surface de l'ovaire, atteint à peu près le volume d'une cerise, et renferme une cavité qui s'ouvre à Pextérieur. Suivant les auteurs anciens, le nombre des corps jaunes correspondrait à celui des organismes nouveaux qui ont été produits ; mais, suivant Négrier, il correspondrait au nombre des vésicules rompues à chaque époque menstruelle. On savait bien, d'après des expériences faites sur les animaux, que ces corps devaient naissance à la métamorphose d'une vésicule de Graaf, qui de simple membrane séreuse qu'elle était, se convertissait en un organe glanduleux, c'est-à-dire prenait une organisation plus compliquée et acquérait ainsi la faculté de produire un liquide différent de la sérosité des vésicules, et que c'était sous l'influence du sperme masculin que cette mélamorphose s'opérait; ils admettaient cependant, que le corps jaune pouvait encore se former sous l'empire d'autres stimulations, peut-être de l'imagination ou de jouissances contraires à l'ordre établi par la

OVAIRES RT TROMPES DK FALLOrE H nature; quelques observateurs opposaient à la lliéorie que la formation des corps jaunes est due à la fécondation, un argument tiré de ce que le nombre des corps jaunes ne correspond pas à celui des petits ; alors on leur répondait qu'un seul corps jaune pouvait tout aussi bien qu'un seul testicule, suffire à la production de plusieurs organismes nouveaux; que, d'ailleurs, il se pourrait bien qu'un ou plusieurs de ces corps eussent disparu, ou que plusieurs se fussent confondus ensemble; et on se contentait de ces explications incertaines, parce qu'on ne connaissait pas la vérité sur ce point, qui a élé éclairé d'une lumière si vive par les travaux de plusieurs physiologistes distingués de nos jours.

Haller [Elem. Phijs., t. VII, p. 38) et plusieurs autres ont attribué la découverte des corps jaunes à Volcher Coïter {Obs. anat., 1575, p. 424 : «Vesiculse qusedam conlinebant aquam limpidem, quœdam luteum humorem»); mais elle appartient réellement à Fallope [Obs. anat., Venise, i56i : « Vidi quidem in iisdem (ovariis) quasdam veluli vesicas aquse, vel humore aqua?, alias luteo, alias vero limpide turgen(es; » dans 0pp. omn., Venise, 1606, p. 106), qui a parlé de ces corps douze ans avant Coïter, et à peu près dans les mômes termes.

Suivant Négrier, dans les années qui suivent la naissance, les ovaires augmentent de volume, les follicules de Graaf y deviennent de plus en plus nombreux, de plus en plus apparents; ils sont placés irrégulièrement dans l'o" vaire, plus rapprochés du centre que de la périphérie, mais à la puberté, quinze ou vingtvésicules plus avancées que les autres, se rapprochent de la surface exiérieurede l'ovaire, puis une ou deux plus avancées prennent de 1 accroissement ; une matière grise pulpeuse s'épanche

■12 TR.MTR l'RATIQdE DKS MAL\1)IES DI-IS OVAIRES.

enLre les deux membranes qui conslilnenl les parois du Ibllicule ; ces membranes perdent leur transparence, les vésicules augmentent de volume plus rapidement que ne s'agrandissent les loges qui les contiennent, elles se froncent et forment de petites bourses (bourses grises de Négrier). Ces vésicules grises sont des organes normaux et non des productions morbides, ce sont des organes ascensionnels et transitoires. Peu à peu la pulpe grise de ces vésicules passe à la couleur jaune ; ce sont alors les vésicules jaunes ascendantes de Vallisnieri, de Home et do Négrier, différant essentiellement des corps jaunes en ce qu'elles contiennent l'ovule arrivé presque à maturité, et ne présentent pas de cicatrice à leur surface; à peine ces changements se sont-ils opérés dans l'ovaire, qu'apparaissent chez la jeune fille les premiers signes de la puberté. (Négrier, Me 1 eux.)

Alors, si on examine l'ovaire^ on remarque qu'il n'y a ordinairement qu'une vésicule qui présente la coloration jaune. Un seul ovaire, celui qui contient la vésicule ascendante, présente un tissu plus injecté que celui de son congénère. La vésicule, gonflée de plus en plus par l'afflux du liquide, vient toucher et soulever ses enveloppes ; elle les distend, non sans réagir surtout l'organe, car ses tuniques fibreuses doivent résister longtemps avant de. se déchirer ; puis quelques coliques, quelquefois assez vives se font sentir ; la première hémorrhagie utérine apparaît et en môme temps les douleurs lombaires s'apaiseni, la tension hypogastrique cesse, et la jeune fille voit son état de souffrance se dissiper, les tuniques de l'ovaire cèdent, la vésicule de Graaf se déchire, laisse échapper l'ovule qui est saisi par la trompe, dont le pavillon est venu embrasser l'ovaire ; à cette déchirure sont venus

OVAlHIiS ET TROMPES DE FALLOPE. 15 succéder une cicatrice et la formation d'un corps jaune. (Négrier.)

Bèclard avait dit, dans ses leçons orales, « la menstruation peut naître d'une excitation sympathique générale des organes génitaux, dont les ovaires seraient le centre. Ce fut cette remarquable prévision qui poussa Négrier à faire des recherches sur les ovaires, et lui lit découvrir que l'ovulation est le phénomène principal et la cause de la menstruation, et, dès 1827, il annonça, dans ses cours, qu'une vésicule ovarienne se brisait chaque mois chez la femme nubile ; il exposa son système dans un mémoire lu à la Société de médecine d'Angers en 1831 , et ce fut en 1839 qu'il publia son premier travail sur ce sujet.

Simon, Pott, Pearson, avaient remarqué que la menstruation ne s'établit jamais chez les sujets manquant congénitalement d'ovaires, et que cette fonction cesse aussitôt après la destruction de ces organes ; Négrier rappelle ces faits, et, d'après ses nombreuses observations, ilputensuite établir que jamais les ovaires des femmes menstruées, de quelque âge qu'elles soient, ne manquent de cicatrices vésiculaires, ou de corps jaunes, que l'hémorrhagie utérine est tellement dépendante des fonctions de l'ovaire, que si ces dernières viennent à tarder, les règles tardent aussi, et que si l'autopsie permet de constater l'avortement de quelques vésicules, on peut être certain que les retours menstruels ont olfert des interruptions qui correspondent à ces avortemenls. 11 observe encore que les ovaires sont peu développés, petits, ou peu vésiculeux, renferment beaucoup ou peu de cicatrices, suivant que les femmes sont précoces et perdent beaucoup de sang aux époques menstruelles, ou qu'elles se irouvenl dans des

14 TRAITÉ l'UATlQUE DES MALADIES DES OVAIRES, conditions opposées ; cl il en conclut que l'évolution des vésicules de Graaf est la cause de la menstruation, qu'il n'y a pas d'hémorrhagie fonctionnelle sans une rupture vésiculaire dans l'ovaire, tandis qu'il n'est pas vrai que toute rupture d'une vésicule ovarique soit nécessairement accompagnée d'une hémorrliagie utérine, car il avait rencontré des cicatrices sur les ovaires de filles qui n'avaient pas encore élémenstruées. 11 remarqua aussi que pendant la grossesse l'évolution vésiculaire est très-lente.

M. le docteur Rouget, qui avait établi que tout organe érectile n'est qu'un organe musculaire, dans lequel le sang apporté par les artères peut être temporairement reteim dans les capillaires ou dans les veines transformées en sinus caverneux, en plexus rétiformes par la contraction des faisceaux musculaires, qui sont l'élément premier ou la base de tout tissu érectile, a décrit un bulbe de l'ovaire et a donné la preuve expérimentale des organes érectiles de l'ovaire et de l'utérus et fait voir qu'il se passe dans ces organes des phénomènes semblables à ceux que l'on connaît dans les organes de la copulation. M. Rouget a découvert qu'un appareil musculaire plus ou moins complexe, mais présentant partout la même disposition générale, présidait à l'expulsion de l'œuf hors de l'ovaire et à sa transmission dans l'oviducte ou la trompe; il établit que le phénomène de la ponte spontanée s'accomplit d'après les mômes lois, par les mêmes agents, chez les vertébrés intérieurs, chez les mammifères et dans l'espèce humaine, que dans ce dernier cas seulement, la présence de formations vasculaires érectiles dans le corps de l'utérus détermine, comme conséquence secondaire de l'évolution, l'hémorrhagie menstruelle.

Si les fonctions des ovaires sont très-énergiques à cer-

OVAIRES ET THOMl^ES DE FALLOPE. 15

tailles époques de la vie, surtout lorsque l'utérus est à l'état de vacuité, elles cessent presque complètement une fois que la femme a conçu..., le corps jaune lui-même, succédant à la rupture de la vésicule ovarienne, qui a fourni l'ovule fécondé, parcourt lentement ses périodes, puisqu'on en trouve des traces jusqu'après l'accouchement, tandis que lorsqu'il n'y a pas eu conception le corps jaune disparait au bout d'un mois, six semaines. Pendant la gestation, la fonction ovarique est ordinairement suspendue, et on pense assez généralement que les écoulements sanguins que quelques femmes présentent pendant la grossesse ne sont pas de véritables menstrues.

L'importance des ovaires est si grande, qu'en médecine légale, ce n'est pas l'utérus qui sert à caractériser le sexe chez les femmes, mais bien l'ovaire. L'extirpation des ovaires fait perdre à la femme les caractères physiques qui sont propres à son sexe, non-seulement la menstruation disparait sans retour, mais la femme maigrit et prend une apparence masculine.

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