‹ Traité pratique des maladies des ovaires et de leur traitementChapitre 6 sur 63 · TROMPES DE FALLOPE · texte numérisé non relu

TROMPES DE FALLOPE

Les trompes deFallope (Tubss Faîlopiaux—Meatus Semijîflnj.— Bartholin, de Tubis uteris, Leyde, '1684) sont les conduits excréteurs des ovaires. Situées au devant et au-dessous de ces organes, elles se portent de dehors en dedans, vers les angles supérieurs de la matrice, en traversant la partie supérieure du ligament large {ala Vespertiliomm) h laquelle elles s'attachent; elles sont flexueuses, longues de quatorze à quinze cenlimclres, et

vont en diminuanL de largeur, de l'ovaire vers la matrice, dans laquelle elles s'ouvrent dans l'angle qui résulte de la réunion de son bord supérieur avec ses bords latéraux. Cet orifice interne, dans lequel on n'aperçoit aucune trace de valvule ou de saillie, est si étroit qu'il peut à peine admettre une soie de cochon, tandis que l'oritice supérieur va en s'élargissant s'ouvrir dans l'abdomen par un évasement entouré d'un rebord découpé, déchire et qu'on appelle morceau frangé ou pavillon de la trompe... Cette ouverture, qui est en rapport avec l'extrémité externe de l'ovaire, fait communiquer celui-ci avec la trompe, et établit une communication entre la cavité abdominale et celle de la matrice, et même à l'extérieur par la matrice et le vagin.

Les trompes sont formées par le péritoine qui forme leur tunique externe, et qui se continue avec la membrane interne sur les bords de l'orifice abdominal; d'une membrane interne qui se continue avec celle de la matrice, et qui forme dans l'intérieur un grand nombre de plis longitudinaux. Au-dessous du péritoine, il existe une membrane moyenne, que quelques analomisles, entre autres Santorini {loco citato), ont dit être composée de deux couches musculeuses, produites, l'externe par des fibres longitudinales et l'interne par des fibres circulaires; de plus, suivant Desault et Gavard, il entrerait dans la structure des trompes un tissu spongieux qui se gonflerait dans Toi gasme vénérien, et produirait dans les trompes une espèce d'érection, pendant laquelle leur pavillon s'applique étroitement contre l'ovaire pour en recevoir ce que la femme doit fournir à la génération.

Dans ses dernières années, M. le docteur Rouget, en cherchant à expliquer le mécanisme de la mensirualion

OVAIUES ET TROMPES DE FALLUl'E. {1

(Hechdidu's sur les organes érectiles de la femme et sur l'appareil musculaire tuho-iitérïn^ dans leur rapport avec iovulation et la menstruation), a démontré dans le système génital interne de la femme, indépendamment du plexus veineux que l'on connaissait, l'existence de véritables formations érectiles bien distinctes de ce plexus ; pour lui, il n'y aurait pas de lissu ôrectile dans les trompes, et il n'admet pas par conséquent qu'elles puissent entrer en érection. Dans les injections les plus parfaites, M. Rouget n'a jamais vu la trompe changer de forme ni de volume, ni exécuter aucun mouvement, comme il l'a vu pour des organes véritablement érectiles; il n'admet l'existence des organes érectiles que pour l'ovaire et l'uîérus, et il a démontré la nature musculaire du ligament rond pubien, du ligament de l'ovaire, du ligament séreux qui unit une des franges du pavillon à l'ovaire, des ligaments uléro-sacrés; il a découvert des fibres musculaires lisses dans les replis du ligament large, surtout le long des vaisseaux ovariques, et c'est à ces fibres qu'il a donné le nom de ligament ovario-lombaire ; il a fait voir qu'il existe à travers l'ovaire une double irradiation du ligament uléro-ovarien et du ligament ovario-lombaire dans la membrane qui relie la trompe à l'ovaire; ce serait la coniraclion de ces faisceaux musculaires qui attirerait la trompe et le pavillon au contact de l'ovaire. C'est là, dit M. Rouget, le mécanisme réel, le seul possible, de cet acte physiologique, si imporlanl que, s'il est troublé ou empêché, la grande fonction de la reproduction de l'espèce est frappée d'impuissance... la direclion des deux ordres de faisceaux musculaires qui, prenant leurs points fixes à la région lombaire et à l'utérus, embrassent toute la longueur de la trompe cl du pavillon, explique parfai-

temcnl les mouvements exécutés par ces organes pour se porter en arrière et en dedans, la possibilité de l'inflexion de la trompe sur elle-même et l'application du pavillon à la surface de l'ovaire. Tout se réduit, en somme, au mécanisme par lequel se ferme l'ouverture d'une bourse dont les bords se froncent, se rapprochent, lorsqu'on exerce des tractions sur les liens, dont les attaches s'étendent dans toute la longueur de ces bords; ces deux bords sont constitués, l'un par le bord de la membrane ovariotubaire (aileron de la trompe), l'autre par le bord de la membrane ou ligament de l'ovaire ; les bords libres de ces deux membranes enferment, l'un l'ovaire, l'autre le pavillon , regardent l'un vers l'autre et circonscriven^ l'orifice d'une large cavité ou poche périlonéale de l'O' vaire, analogue à la tunique vaginale du testicule; les vaisseaux du bulbe de l'ovaire et du plexus pampiniformc sont partout entrelacés, enveloppés par les faisceaux émanés du ligament de l'ovaire et du ligament lombaire, qui, sous l'inlluence d'une cause excito-molrice, ayant sa source dans l'ovaire et dépendant de l'ovulation, les faisceaux musculaires décrits par M. Rouget se contractant, le pavillon de la trompe viendra s'appliquer sur l'ovaire, et l'hémorrhagie menstruelle aura lieu.

Mais quelle est la t-ause de cette contraction spnsmodique des faisceaux musculaires de l'appareil tubo-ovarien qui produit Férection et la menstruation? Négrier, qui ne connaissait pas l'appareil musculaire décrit par M. Rouget, avait considéré, comme la source de la cougestion des organes génitaux, la distension violente et souvent douloureuse des membranes et du parenchyme de l'ovoirc.

Les trompes de Fallope, la matrice et le vagin, ne lor-

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