MALADIES DE LA TEAU
imminente, chez les individus très-âgés, ce qui n’est pas précisément exact.
La gravité du pemphigus consiste surtout dans l’existence d altérations organiques ou fonctionnelles qu’il accompagne presque toujours. Aussi la plupart des individus qui en sont affectés meurent-ils dans l’épuisement et dans le marasme. On a vu en outre quelquefois les bulles du pemphigus s’exulcérer, sécréter un liquide excessivement âcre et revêtir même un caractère gangréneux, malin.
g IV. — Proiu^tic et traitement «les maladie» «le lit peau.
Le pronostic des affections cutanées est généralement grave chez les vieillards. Ces affections sont toujours rebelles au traitement et souvent complètement incurables. En outre, leur disparition même ne serait pas toujours sans danger. Il en est des prurigos, des eczémas chroniques, comme des ulcères dont la suppuration ne saurait être supprimée sans inconvénient, surtout chez des individus avancés en âge, cachectiques, chez qui les fonctions organiques sont plus ou moins profondément troublées (1).
Il ne faut donc jamais entreprendre le traitement de ces sortes d’affections, sans avoir les yeux ouverts sur l’état des organes internes. Aussi les traitements généraux sont-ils en général mieux indiqués que les moyens topiques, bien qu’ils semblent devoir être plus lents à agir.
Tous les moyens du reste sont lents et incertains dans ces sortes de traitements. On essayera d’abord de remédier aux vices de régime, aux habitudes mauvaises; le changement d’alimentation, de séjour, les moyens propres à combattre une constipation habituelle, le rétablissement aussi complet que possible dos fonctions urinaires par lin traitement approprié, les toniques, les amers, les balsamiques, chez les vieillards affaiblis; le petit-lait, les laxatifs, les purgatifs énergiques, chez les individus lymphatiques et catarrheux; enfin les agents propres à combattre l’âcreté des humeurs, suivant un langage qui, s’il n’est pas fort exact, n’en a pas moins un sens intelligible et très-pratique ; telles sont en général les indications principales. Lisfranc a traité avantageusement les ulcères des vieillards, par les préparations iodurées.
On prescrira des bains d’eau de savon, de gélatine, de sublimé, les bains alcalins et les bains sulfureux et surtout ces derniers combinés
(1) Raymond, Des maladies qu'il est dangereux de guérir , p. 104 et p. 130.
SOS
APPENDICE
ensemble; les lotions un peu concentrées de sublimé rn’onl souvent réussi, pour soulager les démangeaisons du prurigo. Les eaux minérales pourront être utilement prescrites, mais peut-être plutôt contre les affections internes qui la compliquent souvent, que contre l'affection cutanée elle-même ; aussi me paraît-on devoir en général tirer plus davantage des eaux de Royal, de Carlsbad, de Bourbon-Lancv, de Vichy, pour les maladies de l’abdomen, de Vichy ou d’Evian pour celles de l’appareil urinaire, que des eaux sulfureuses.
Le docteur Wellierfield a obtenu de bons résultats de l’emploi du goudron chez des vieillards âgés de quatre-vingts à quatre-vingtdix ans, affectés de prurigo senilis rebelle. 11 emploie le goudron à l’intérieur, sous forme de capsules, contenant 10 gouttes de goudron pur de Stockholm, et à l’extérieur sous forme de pommade. Les jambes sont entourées, après l’application de la pommade, d’un bandage que l’on relire tous les deux ou trois jours, pour leur faire [•rendre un bain d’eau de savon (1).
Le docteur Bellingham (de Dublin) recommande, dans le traitement du prurigo des vieillards, la pommade de créosote (20 gouttes pour 32 grammes d’axonge), et des lotions avec 20 ou 30 gouttes de créosote dans une demi-pinte d’eau acidulée avec l’acide nitrique (2).
(t) Bulletin gén. de thérapeutique , 1848, t. WW, p. 85, extrait de London médical Gazette , juin 1848.
(2) Annales de thérapeutique , t. VI, p. 21.