‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 114 sur 123 · MALADIES DE LA DEAU. SUD · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA DEAU. SUD

par cet étal incessant de souffrance et d’irritation. Les malades écorchent les papules en se grattant, et une petite gouttelette de sang desséché y demeure attachée, ce qui donne au prurigo son aspect le plus caractéristique. Quelquefois même, sous l’action répétée des ongles, il se forme des vésicules qui deviennent ellesmêmes le point de départ d’ulcères rebelles. La peau revêt une teinte cachectique et une sécheresse toute particulière qui, suivant Biett et MM. Cazenave et Schedel, ne se rencontrent qu’accidentellement dans les autres formes du prurigo, mais serviraient de caractères distinctifs au prurigo senilis. On remarque assez souvent, chez les hommes surtout, et particulièrement dans les hospices, la présence d’insectes sur la peau, prurigo pedicularis. Le prurit se rencontre quelquefois chez des individus qui n’offrent aucune éruption apparente sur la peau.

Lorsque le prurigo dure depuis longtemps, et surtout chez les personnes d’un grand âge, les papules deviennent saillantes et dures, la peau brunit et se dessèche; l’épiderme se détache quelquefois sous forme lamelleuse et furfuracée.

Le prurigo se limite quelquefois au pourtour de la vulve, chez les femmes; plus souvent autour de l’anus, chez les hommes surtout. Il paraît s’étendre alors dans le rectum, détermine des fissures; il s’étend surtout au périnée, au scrotum et à la partie interne des cuisses. Il forme alors sur la peau des taches brunâtres, une sueur visqueuse et fétide se sécrète; l’épiderme s’épaissit, se gerce, se fendille, se desquame.

Les vieillards affectés de prurigo sont presque toujours mal portants, le teint pâle et plombé, d’une grande maigreur; les fonctions digestives s’altèrent profondément; il y a de l’inappétence, de 1a. dyspepsie, de la constipation. Canslatt dit avoir remarqué, au contraire, chez quelques individus, une grande voracité et une appétence particulière pour- les aliments stimulants ou les boissons iei mentees, c est-a-dire dont 1 usage est le plus propre à aggraver la maladie.

La plupart de ces vieillards meurent d’infiltrations séreuses ou dans le marasme. On voit quelquefois la disparition du prurit être

suivie du développement soudain d’accidents graves vers la poitrine et la tête.

Ce prurigo se développe, en général, chez les individus qui suivent ou ont suivi un régime trop stimulant, qui sont adonnés aux boissons alcooliques ou encore qui négligent d’une manière abso-

APPENDICE

lue les soins de propreté. Certaines cachexies, celles, en particulier qui paraissent liées à une altération profonde des fonctions de l'apparei! urinaire, paraissent en favoriser le développement d'une mamere toute particulière.

S Hl. — I'cnipbiKUN.

Voici la description que Canstatt donne du pemphigus des vieillards (1).

L apparition du pemphigus est généralement précédée de phénomènes morbides [du côté de l’appareil urinaire, douleurs lombaires, «étendant quelquefois le long des uretères, dysurie, urines rougeâtres, troubles, déposant un sédiment épais, excrétées par saccades.

L éi uption peut être précédée d’un peu de fièvre. Elle se montre il abord aux mains ou aux pieds, et s’étend ensuite sur les membres. Un liquide rougeâtre, transparent d’abord, puis opaque, soulève 1 épiderme sous formes de bulles, et présente quelquefois une odeur urineuse.

Naumann n’a jamais observé le pemphigus chronique avant soixante ans. Les femmes y sont un peu plus sujettes que les hommes, tandis que le prurigo affecte plus souvent le sexe masculin. Le pemphigus aigu est très-rare chez les vieillards.

Le pemphigus paraît toujours pouvoir être rattaché à quelque altération profonde du système, le plus souvent de l’appareil urinaire, comme nous l’avons dit, quelquefois de l’appareil digestif et de ses annexes. Quelquefois encore on a cru pouvoir le rattacher à l’existence d’une dyscrasie goutteuse.

Le pemphigus peut succéder au prurigo. Les individus qui en sont atteints étaient quelquefois sujets à des érysipèles, ou à des sueurs âcres et abondantes des pieds ou des aisselles. Toutes les influences qui favorisent l’altération générale des humeurs, l’intempérance, l’abus des mets salés, les causes morales, paraissent en favoriser également le développement. Canstatt remarque qu’on observe le pemphigus des vieillards surtout en Angleterre et en Allemagne, pays où la goutte est plus fréquente qu’en France et dans les contrées méridionales.

Le pemphigus chronique suit une marche irrégulière, revenant, pendant plusieurs années de suite, à certaines saisons, fort difficile â guérir. Naumann le considère même comme l’indice d’une mort

(1) Canstatt, loc, cil ., p. 415.

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