‹ Traité pratique des maladies des vieillardsChapitre 81 sur 123 · TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE PRIMITIVE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA PNEUMONIE PRIMITIVE

La pneumonie des vieillards est une des maladies dans lesquelles un traitement actif est le plus nécessaire, et prend peut-être le plus de part réelle à la guérison de la maladie, lorsqu’il vient à réussir.

Il est arrivé parfois qu’en présence de la mortalité considérable qu’on observe à certaines saisons, et dans les hospices spéciaux, relativement à la pneumonie des vieillards, on ait éprouvé une sorte de découragement au sujet des ressources que la thérapeutique peut offrir contre celte maladie. Tous les médecins qui ont exercé à Bicêlre ou à la Salpêtrière sont obligés d’avouer, en effet, qu’ils ont vu quelquefois toutes les méthodes thérapeutiques échouer sur une série de malades, chez lesquels leurs efforts les plus persévérants ne pouvaient parvenir à enrayer une marche rapidement fatale. Mais ce serait une grande erreur que de vouloir juger, sur de pareils résultats, de l’étendue de nos ressources contre la pneumonie des vieillards.

Je me suis déjà expliqué, en parlant du pronostic, sur les conditions spécialement défavorables où se trouvent les vieillards des hos-

pices, lesquels ont fait le sujet de la plupart des éludes sur la pneumonie des vieillards. Faisant donc abstraction d’un certain ordre d’observations, dont on est généralement porté à s’exagérer la valeur, je dirai au contraire que si, toutes choses égales d’ailleurs, un âge avancé est certainement une circonstance défavorable dans la pneumonie, c’est précisément à cet âge que l’influence de la thérapeutique est la plus nécessaire et la plus manifeste.

En effet, si l’on peut voir assez fréquemment, chez les adultes, des pneumonies moins graves se guérir spontanément, ou à la suite d’une médication purement expectante, à ce point que cette dernière a pu être essayée impunément, et même érigée en principe, il n’en saurait être de même, à un âge où l’épuisement des forces vitales et la faiblesse des réactions ne permettent plus de compter sur les ressources de la nature. Et ce n’est pas tout d’ailleurs : l’organisme abandonné à lui-même, pût-il suffire encore à lutter contre la maladie, s’épuise dans ses efforts, et l’on a vu plus d’une fois les vieillards succomber, leur pneumonie guérie, à un véritable état d’épuisement, sans lésion apparente, et sans qu’il eût été possible de rendre à l’économie le ressort qu’elle semblait avoir perdu.

11 est donc permis d’avancer que la pneumonie, chez les vieillards, est une des maladies dont le traitement doit être institué avec le plus de soin et dirigé avec le plus d’attention, parce que c’est une de celles où il faut le plus demander à la thérapeutique, sinon le plus espérer de cette dernière.

Le traitement de la pneumonie des vieillards ne comporte guère que l’emploi des moyens usités chez les adultes, mais modifiés et accommodés aux conditions spéciales qui résultent d’un âge avancé. Je les étudierai dans l’ordre méthodique de leur çmploi, c’est-.à-dire qu’en supposant que leur indication vienne à se présenter successivement chez un même individu, supposition souvent réalisée, on aura presque sûrement à commencer par la saignée, puis les vomitifs (traitement du premier degré de la pneumonie), à poursuivre par le tartre stibié à haute dose, ou les autres préparations antimoniales (traitement de l’hépatisation), et enfin à terminer par les vésicatoires, les toniques et les alcooliques (traitement de la dernière période de la pneumonie, que celle-ci aboutisse à la résolution, ou qu’on ne puisse prévenir une terminaison funeste).

Lorsque nous rapprochons du reste ces différentes médications des périodes anatomiques successives de la pneumonie, nous n’entendons nullement les asservir, d’une manière absolue, les unes aux

PNEUMONIE

aulres; mais nous voulons seulement exprimer un rapport, généralement exact, dont l’opportunité se rencontrera beaucoup plus souvent encore dans le traitement de la pneumonie des vieillards qu aux autres époques de la vie.

ARTICLE PREMIER

Page 1