PLEURÉSIE. 0C5J
tranchés. Autrement les signes directs, ceux que fournissent la percussion et l’auscultation, sont exactement les mêmes ; mais le point de côté, la dyspnée, la toux peuvent manquer, et comme elles se développent souvent chez des individus affectés de catarrhe, il arrive assez communément que leur début reste ignoré, ou les troubles fonctionnels que ce dernier peut déterminer confondus avec ceux qui pourraient résulter de 1 existence anterieure d un cataiihe, d un asthme ou d’une affection du cœur.
On voit encore, par cet exemple, combien il est nécessaire de soumettre les vieillards dont la santé est altérée en quelque chose à une observation minutieuse, et surtout à un examen fréquent de la poitrine, au moyen des seuls procédés rigoureux qui soient à notre disposition, l’auscultation et la percussion. Encore ces moyens de diagnostic ne sont-ils pas toujours fidèles.
Bricheleau a observé à l’hôpiLal Necker une femme âgée et cacochyme, qui mourut peu de temps après son entrée. 11 y avait un état de prostration extrême; la face grippée, le pouls faible, l’intelligence très-nette, le côté droit de la poitrine mat, avec souffle et bronchophonie, des crachats rouillés et pénibles, une dyspnée plaintive. On diagnostiqua une pleuro-pneumonie. Deux saignées furent pratiquées à quelques heures de distance ; le sang [en était fort couenneux ; la malade mourut peu après la seconde. À l’autopsie, on fut très-étonné de ne trouver aucune trace de pneumonie, mais une pleurésie à droite sans épanchement (1).
Je possède plusieurs observations intéressantes de pleurésie chez des vieillards, pleurésie diaphragmatique, pleurésie purulente avec communication de l’épanchement avec les bronches, chez un homme de 63 ans. On trouve dans les Bulletins de la Société anatomique l’observation d’une pleurésie purulente ouverte spontanément au dehors chez un homme de 66 ans (2). J’ai observé chez une femme de 66 ans un cas d’épanchement séreux où la paracentèse a été pratiquée et a eu pour résultat de prolonger un peu la vie de la malade, tout en allégeant ses souffrances.
(1) Gazette des hôpitaux , 1846, p. 5.
(2) Dagincourl, Bulletins de la Société anatomique, 1846, t. XXI. p. 78.