‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 104 sur 241 · CL4SSIF1CAT10N DES MAUDIES DE LA PROSTATE. — DE L'INFLAMMATION · texte numérisé non relu

CL4SSIF1CAT10N DES MAUDIES DE LA PROSTATE. — DE L'INFLAMMATION

AlGlË ET CHRONIQUE

Ordre à suivre dansTétude des maladies de la prostate. — Prostatite aiguë. — Causes. -^ *|^Anatomie pathologique. — Symptômes. — Traitement. — Prostatite chronique. — Causes.

— Anatomie pathologique. — Symptômes. — Traitement suivant les formes ou les

stades de la maladie.

Classification. — Nous allons maintenant étudier dans Tordre ci-dessous lies états. iQorbides auxquels la prostate est sujette. Nous avons énuméré ici

33â MALADIES DE U PROSTATE. [Paît. n.

toutes les affections de Torgane, qu'une étude approfondie de Tanatomie pathologique et des symptômes observés pendant la vie nous a appris pouvoir s'y montrer.

Inflammation de la prostate : Prostatite.

— — Aiguë.

— — Chronique.

Résultats secondaires du processus inflammatoire :

Suppuration : Diffuse.

— Collectée (abcès).

Ulcération.

Hypertrophie de la prostate.

Tumeurs bénignes et excroissances.

Atrophie,

Cancer de la prostate.

Tubercules de la prostate.

Kystes de la prostate {?).

Calculs de la prostate.

Inflammation aiguë de la prostate. — Ce n'est certainement pas là une affection fréquente, si on la considère séparément et en dehors de Tinflammation de Turèthre ou de la vessie. Quand cette dernière est enflammée, la prostate paraît quelquefois s'en ressentir, quoique d'une façon et à un degré secondaires. Mais, d'après la grande loi qui semble s'appliquer à la propagation des maladies à la surface des membranes muqueuses en général, rinflamraation s'avance d'ordinaire du dehors vers les parties profondes. En conséquence, un accès d uréthrite, qui affecte les ii ou 5 centimètres antérieurs du canal, peut s'étendre en arrière et se fixer, chose assez fréquente, je crois, dans la portion du canal la plus fournie de tissu vasculaire, c'est-à-dire la portion bulbeuse. De là, sans doute, l'origine des rétrécissements si fréquents en cet endroit. Mais dans des circonstances exceptionnelles, l'inflammation peut aller plus loin encore, et alors la prostâ^te se trouve affectée à son tour. Tel est le mode d'origine le plus ordinaire de l'inflammation de cet organe. Une observation fort à sa place en cet endroit est la suivante : Dans les voies respiratoires, nous rencontrons la même marche, du dehors en dedans. Un catarrhe, par exemple, est le premier signe de l'inflammation de la muqueuse dans cette région : elle peut s'étendre, graduellement, à la gorge, au larj^nx, aux bronches, et ainsi de suite jusqu*au tissu pulmonaire. A la prostate, l'ordre inverse ne s'observe pas; et, de même, dans les voies génito-urinabres, nous voyons l'inflammation s'étendre régulièrement à partir de Turèthre* jusqu'à la prostate, la vessie, et parfois même jusqu'aux reins. Quelquefois, cependant, la prostate ^ parait s'enflammer d'une façon purement idiopathique, et non pas par continuité de tissu avec les parties voisines. Ce fait, à part les cas qui résultent des violences extérieures, blessures, etc., est probablement fort rare.

Causes. — Des auteurs, à idées systématiques sur ce sujet, énumèrent on grand nombre de circonstances comme susceptibles de donner liea à

Cbap. m.] INFLAMMATION AIGUË ET CHRONIQUE. 335

• rinflammation aiguë de la prostate. Les rapports entre quelques-unes d'entre "* elles et les effets supposés nous semblent, néanmoins, moins clairs que ne pourraient généralement le faire concevoir au lecteur les indications précises de ces auteurs.

Les causes mises en avant peuvent se ranger en trois classes :

a. ) Causes non douteuses de prostatite aiguè.

j. L'existence antérieure d'une inflammation aiguë de Turèthre, de quelque nature qu'elle soit, mais plus spécialement la gonorrhée, inflammation transmise par continuité de tissus, comme je Tai déjà indiqué. Un rétrécissement du canal, à forme grave, tendant, comme cela arrive souvent, à produire l'inflammation et la désorganisation des parties situées en arrière de lui, et en particulier des plus voisines, telles que la prostate et la vessie. L'application directe d'agents irritants sous forme d'injections concentrées, de cautérisations, et de violences mécaniques de diverses sortes. Quelquefois l'inflammation de la vessie. Les calculs de la vessie, et ceux de la prostate elle-même. L application du froid et de l'humidité sur le périnée, par exemple, lorsqu'on est resté longtemps assis sur le gazon mouillé. L'uréthrite a été indiquée comme une cause prochaine ; mais elle peut n'éti*e aussi qu'une cause éloignée dans les circonstances énumérées en dernier lieu, aussi bien que dans quelques-unes de celles qui appartiennent à la classe suivante.

b. ) Circonstances qu'on ne peut établir dune façon absolue comme causes, mais que Fon peut, avec une cet^taine dose de probabilité, considérer comme telles.

L'exercice du cheval est constamment signalé comme une cause d'inflammation aiguë de Torgane, par l'ébranlement qu'il entraîne avec lui ; mais les preuves manquent, je le crois, pour établir ce fait. Qu il puisse contribuer à la produire, quand il existe déjà une inflammation de l'urèthre, voilà qui est fort possible. Assurément on ne peut pas dire que les personnes qui montent beaucoup à cheval telles que les chasseurs, les jockeys, mais surtout les soldats de la cavalerie, d'après la nature de leui: siège, y soient notablement plus sujets que d'autres individus également exposés à d'autres causes mieux reconnues. Les cantharides, prises à l'intérieur, peuvent devenir une cause occasionnelle, mais jamais probablement sans affecter au préalable les reins ou la vessie. Les boissons alcooliques, surtout lorsqu'elles sont mélangées avec des acides, le punch par exemple, peuvent amener l'inflammation de la prostate, lorsqu'il y a une blennorrhagie, mais seulement dans ce cas. Des rapports sexuels exagérés, dans les mêmes circonstances, peuvent aussi rentrer dans cette classe.

c. ) Circonstances décrites comme causes par un grand nombre d'auteurs^ mais au sujet desquelles il.n*y a que peu ou point de preuves qu'il en soit ainsi.

Les diurétiques, le copahu, le cubèbe, la térébenthine, parfois même le café et les mets fortement épicés, amènent, a-t-on dit, l'inflammation de la prostate. Les drastiques produiraient le même effet. Les irritations du rectum causées par les ascarides, les hémorrhoîdes, sont aussi indiquées

. 336 MALADIES DE U PROSTATE. [Paît. i.

comme causes. Toutes ces conditions peuvent, sans aucun doute, entnJicr une irritation de la vessie, parfois même un certain degré d'inflanmiatin • du viscère; mais je ne sache pas qu*il existe un seul cas authentiquée prostatite aiguë causée directement ou indirectement par un seul de os agents. L'état morbide qu'offre Torgane dans une infiltration carcinomateuse ou des dépôts tuberculeux ne doit jamais être confondu avec la miladie que nous décrivons. Et pourtant on énumère communément conme causes ces maladies diathésiques. De tels procédés entraînent de la onh fusion et abolissent la signiiication définie des termes, signilication qui est extrêmement désirable, dans toutes les études de pathologie, de-maintenir distinctes autant que possible.

On a parlé des habitudes sédentaires comme d'une cause de raffectioiu mais sans la plus petite ombre de preuve pour appuyer cette assertion, da moins autant que j ai pu m'en assurer. On peut en dire autant d'une constipation habituelle. Il est probable que le manque d'exercice et Tétat d engourdissement des intestins, réunis, (endent à engorger les veines del'ab- -domen, et par suite celles de la prostate ; de cette façon se trouve favorisée sans aucun doute une congestion mécanique de ces vaisseaux qui ont de la tendance à se dilater), aussi bien que des capillaires propres de l'organe; mais que l'on considère cette disposition comme cause, môme secondaire ou prédisposante de Tinflammalion aiguë, voilà ce qu'il n*est pu facile d'imaginer.

Anatomie pathologique. — Il est très-rare que l'on puisse étudier l'anatomie {.athologique de la prostati le aiguë, lorsqu'elle est primitive et qu'il n'existe pas d'autre maladie. Lorsqu'elle se présente comme conséquenre d'une maladie antérieure de la vessie ou de l'urèthre, il n'est pas moins -difficile d'en étudier les résultats anatomiques pendant ou tout de suite après la période aiguë. Il est beaucoup plus commun de tomber sur un organe atteint d'inflammation chronique ou de suppuration, et qui ne présente aucun des phénomènes trahissant la présence d'un état aigu inflammatoire.

Et pourtant ces phénomènes ont été observés et décrits. Je les ai, pour ma part, vus et rapportés dans un cas.

Ils se divisent en deux parties :

a.) Les modifications pathologiques du début et de la période d*éiai de la prostatite aiguë. Conditions qui n'entraînent pas nécessairement une suppuration étendue ou la désorganisation de la prostate, mais qui peuvent se ^terminer par la résolution, ce qui arrive souvent.

L'organe est gonflé; son volume augmente jusqu'à deux et quatre fois; il parait tendu et dur à la pression. Les vaisseaux sanguins extérieurs sont distendus par un sang noir. Pratiquez une incision allant de la face antérieure jusqu'à l'urèthre, et vous trouverez à la muqueuse une teinte un peu plus foncée que d'habitude, quoiqu'il y ait là moins de changement qu'on ne pourrait s'y attendre ; la surface de section est aussi plus rouge qu'à l'état de santé. La pression fait sourdine un fluide rougeàtre assez trouble, mélange de lymphe épanchée et de sérum,, de sang venant des

Cn\p. III.] INFLAMMATION AIGrË ET CHRONIQUE. 337

capillaires engorgés, de liquide prostatique et d*une très-pelile quantité de pus; c'esl^à-dire que si Ton examine ce liquide au microscope, on aperçoit quelques globules de pus. En incisant les lobes latéraux, on voit sourdra les mêmes liquides, mais en quantité plus considérable qu'à la partie antérieure. A mesure que Tinflammation s*accroU, la proportion du pus augmente, et une section des lobes latéraux en particulier démontre la présence de petits foyers remplis d'un pus épais ; ce ne sont point des abcès, à propi'ement parler, mais ce sont les culs-de-sac glandulaires dont les cellules sécrètent maintenant du pus et dont les cavités en sont remplies; Ainsi à mesure que l'action morbifique continue, ces phénomènes se transforment insensiblement en d'autres qui indiquent dans l'organe des modilications pennanentes et organiques, et qui succèdent aux premiers quand la résolution ne se fait pas. Il convient alors de les placer sous le titre de :

ô.) Modifications padiologiiiues qui se rencontrent à la dernière période de ta proslatite aiguë.

liU persistance de l'inflammation, de la sécrétion des matières purulentes et de l'organisation de la lymphe épanchée conduit à la formation de dépots isolés de pus, ou petits abcès logés dans la substance prostatique. On en rencontre de petits en grande quantité, du volume d'un grain d'orge perlé à celui d'un pois par exemple, ou bien il n'y en a qu'un petit nombre, imrfois même un seul, mais beaucoup plus volumineux que les précédents; dans ce dernier cas, il résulte parfois de la réunion de plusieurs épots plus petits avec destruction des tissus qui les séparaient. Xous devons faire observer que le pus des abcès prostatiques offre généralement, sinon toujours, un caractère particulier, je veux dire qu'il est visqueux et adhérent, et diffère ainsi de l'état crémeux, diflluent, du pus de l>onne n.v ture. Parfois on rencontre aussi des caillots sanguins, provenant de petites héniorrhagies à l'intérieur des culs-dtvsac malades ou d'autres cavités, l'ne |)artie de l'organe peut se ramollir et se sphacéler, d'autres sont déjà tombées en gangrène. I^ muqueuse de la portion prostatique devient ixiuge, parfois elle s'épaissit et prend l'aspect velvétique; on rencontre encore fortement adhérents à sa surface des débris d'un tissu blanchâtre analogue à une membrane, exsudation de lymphe organisée produite ellemême par rinflamination. Enfin la muqueuse peut être détruite par places sous l'influence de l'inflammation ou de la gangrène, ce qui forme l'orilice d'une ou plusieurs cavités déjà décrites comme siégeant dans i épaisseur même de l'organe.

A plusieurs reprises, j'ai rencontré et noté toutes ces altérations dans mes examens à l'amphithéâtre à la suite d'une prostatite aiguë avancée ; elles sont la conséquence ordinaire, mais non invariabLe, d'une maladie qui a affecté primitivement les organes voisins et ceux de même nature histologique, et qui n'a atteint la prestate que plus tard. Elles seront spécialement décrites plus loin avec l'anatomie pathologique de l'abcès de la prostate.

Symptômes. — Au début, le malade éprouve une sensation de pesanteur

B. THOMPSOR. — Malad. des voies urin. 22

J38 MlLADIES DE LA PROSTATE. [Part. n.

el de plénitude du cùlé du rt-ctum et do périnêo, avec un peu de douleur el de géue ({u'il rapporte au col de la vessie. II a besoin d'uriner plus sou- Tentque d'hubîlude, elcela avec cxacerbation delà douleur, qu'il ressent surtout à la lin de la miction. Les sjmpt^mes se prononcent : la douleur devient Irès-rorle, puis lancinante et pulsatile, el presque continue ; le inaladc éprouve un sentiment de tension et d'enOui-e, et l'anus et le périnée sont plus sensibles à la pression. Les mouvements imprimés deviennent alor^ difliciles, de même que là station assise est douloureuse. Les garde-robes ne s'exécutent qu'avec une grande angoisse ; la miction est encoi-e plus difficile; le jet d'urine se trouvant amoindri, et par siiilt^ nécessairement prolongé, la miction s'a»«ompagne d'un grand ciïort el la douleur dcrinil exquise. L'organe augmente de volume el do dureté, ce qui amène parfoiune rétention d'urine coniplMe qui peut durer plusieurs jours. Dans cecirconstances, si l'on introduit le doigt dans le i-ectum, on éprouve de Ix diflicullé, quelque doucemi'ul qu'on 1p fasse passer au travers du sphincter; la paroi anléricuro du rpclum est saillante, duiv, chaude; on peut délimiter les contours de la prostate, mais non cependant sans causer au malade de vives souiïrances. Il peut se produire aussi une fluxion hémoiv rboîdaire, vu la contiguTlé des veines prostatiques et des veines bémorrhoTdales. Plus taixl, lors de la suppuration, la tumeur rectale devient plus molle; elle est le siège de battements, et si l'on vient à introduire un calbéler. le malade se plaint d'une douleur excessive loi-sque l'inslrumeiil pénètre duns la portion prostatique de l'ui-cllii-e. La fièviv se mamfeslr plus ou moins violemment après l'apparition des premiei-s synipUttnei locaux ; ou observe uu frisson qui coixespond aU début de la suppuration. Le malade souffre de douleurs dans le dos et les lombes aussi bien que dans la verge et le long des cuisses ; assez souvent il a une envie persi*' tante daller ii la garde-robe. La muqueuse de la vessie participe quelquefois, mais non toujours, à l'inflammation; l'urine oITre des caract^fci fébriles ; elle contient du mucus en certaine quanlilé, parfois manie Ht proportion considérable, principalement lorsque la muqueuse est malada En outre, elle peut renfei-mer une plus ou moins grande quantité de pus, nui se dépose au fond du vase quand on la laisse reposer.

Les principaux signes sur lesquels s'appuie le diagnostic sont les suivants : Augmentation de la glande, reconnue à l'examen par le rectum; cette recherche est extraonlinairo nient douloureuse pour le malade, el k douleur s'augmenle chaque Tois que le doigt vienl à presser une partie quelconque de la tumeur. La défécation s'accoinpagni' souvent d'une grande ttjigoîsse; la uiiclion, plus encore; il survient souvent une rétention d'urine complète. Liiilroduclion d'un cathclcr donne lieu à une douleur atroce, lorsqu'il alteinl la portion prostatique de l'urèlbre. Ajoutez à ces signes l'esistence d'une douleur continue, profonde, et souvent pulsatilc, aiu envii-ons du fondement. Ces symptdmes, h eux seuls, ou surloul associrs k un écoulement uréthral récent, guéri ou encore en puissance, suffinrat k établir la nature de lafl'ection (1).

(Il QiielqucB ï,ia iLirrailcmciil nels Je proatalile ai^'uti oui ai rap|>orlcB pu Xag. VîiJ

Jl

CiAP m.] INFLAMMATION AIGUË ET CHRONIQUE. 339

Traitement. — Il est inutile d'enti^er ici tout au long dans les détails qui constituent le traitement général ordinaire de Tinflanimation. En général, on prescrira les antiphlogistiques et la diète, comme on le comprend facilement du reste. On peut administrer fréquemment de petites doses d'antimoine combinées à la potasse, tandis qu'on entretiendra au début la liberté du ventre, et que plus tard on continuera à agir du côté de l'intestin. Les veines hémorrhoïdales et prostatiques communiquent très-librement entre elles, et on les rencontre, après la mort, si communément gonflées de sang dans tous les troubles inflammatoires des organes urinaires, qu'il ne peut exister aucun doute sur leur propriété d'assurer, autant que possible, une libre circulation au travers des viscères alxlominaux.

Ce traitement local réclame une mention spéciale. Il importe d'enlever du sang au voisinage des parties atteintes, et c'est ce qui soulage le plus les malades; mais la manière d'opérer dépend des circonstances. Dans le plus grand nombre des cas, l'application de sangsues est le moyen le plus avantageux. Elles doivent être employées en grand nombre, de dix à quinze, sur le périnée ou autour de Tanus, et plutôt peut-être aux environs de ce dernier. Un venlouseur très-habile enlèvera assez facilement et bien vite 230 ou 300 gmmmes de sang, à la région du périnée; mais il est rare de rencontrer d'autres personnes que des individus très-adroits et ayant une gi-ande pmtique, qui puissent y arriver, et, à leur défaut, il faut donner, à coup sur, la préférence aux sangsues. On a aussi recommandé les sangsues appliquées sur la face rectale de l'organe, introduites au moyen de tubes imaginés dans ce but; mais l'eflet que Ion obtiendra ainsi doit être médiocre, parce qu'on ne peut faire prendre à la fois qu'une sangsue, deux au plus (1). Après cette saignée, on ordonnera un bain de siège chaud, mais seulement pendant quelques minutes, puis on appliquera sur le périnée un large cataplasme ou une flanelle bien chaude, et l'on reportera dans son lit le malade chaudement enveloppé. Le bain de siège peut être souvent répété avec avantage dans le cours du traitement; mais, dans aucun ciis, il ne doit, chaque fois, être prolongé. Six à huit minutes, c'est, selon moi, le plus long temps que l'on doive permettre à un sujet aflieclé d'une inflammation de la prostate ou de la vessie, de rester dans son bain ; le bain doit être environ à 36° centigrades au début, et s'élever peu à peu jusqu'à environ 39° et 40* |)endant le laps de temps indiqué. H me parait bien préférable d'employer ainsi cet excellent moyen de traitement plutôt que de prolonger le bain jusqu'à quinze ou vingt minutes. Le bain n'a pas pour objet de congestionner les viscères du bassin, mais au contraire de relâcher et de gonfler les vaisseaux de la peau en les impressionnant vivement d'une façon douloureuse, impression que l'on fait partager, jusqu'à un certain point, à chacune des parties constituantes de la peau. De celte façon, l'usage du bain amène un

(de Cassis), qui s*est spécialement occupé de cette affection, dans les Annales de la chirurgie française^ novembre 1844. Paris, t. XII, p. 257.

(1) Les instruments employés, dans ce cas, se trouvent décrits et figurés dans la Laneef, %ol. XXXiX, p. 645, et vol. LX, p. 299.

un MALADIES DE LA PROSTATE. [fxht. n.

iltapUorèsii générale et une congestion teinjHiraire lies Mirfaces t-xlenu-s du liassiii, d'où iiisiiUe une amêiioralion dans les parties profondes.

Une des complications les plus gênantes que l'on puisse rencontrer, l-sI Ift rétention d'urine ; la miction trouve une barrière dans la prostate luinéfiéi'. Le jet diminue, puis cesse tout à Tait, et il devient alors absolument nécessaire de passer une sonde aussi souvent que l'exige l'état du malade, d'ordinaire quati-e Tois au moins dans les vingt-quatre heures. En règle géiMrale, le meilleur instrument est la sonde molle, d'une courbure appropriée, et d'une dimension relativement faible, c'est-à-dire les n" .'», 6, et tout au plus le n" 7 [n" 14 à 17 de la HHêre française]. Il laut l'onlever aussiliU qu'on a vidé la vessie ; on doit en continuer l'usage, plus ou moins, apn's le début du rétablissement de la miction, et aussi longtemps que la vessie ne se vide pas par les elTorls naturels.

Assez souvent nu obscn'e ua soulagement instantané à la suilu de la sortie brusque d'une certaine quantité du pus; ce fait peut se présenter |)endant le passage de la sonde ; un abcès de la glande vient à s'ouvrir, et les symptf^mes, tant généraux que locaux, diminuent rapidement d'inlensilé. Dans un gietit nombre de cas, il faut donner issue à la matière piimleiile. au moyen d'une incision, et cela par le i-ectmn, si l'on \ pep(,-oîl bieit distinctement la lluctuatioii; il est moins souvent nécessaire d'inciser sur le périnée, parce que les vrais abcès de la prostate ne donnent lieu, dans celte direction, qu'à des signes insuflisants pour légitimer l'emploi d'un bistouri à longue lame. t)t, pourtant, la chose peut devenir nt>cessaire daus Ciittcasion, bien que les abcès ainsi ouverts siègent plus probablement dans U profondeur du périnée ou autour de la prostate que dans l'épaisseur même de ta glande.

Les douleurs tri's-vives et la difficulté à pisser seront, selon les cas, considérablement diminuées par l'administration de l'opium ou de la morphine par la bouche, ou au moyen de suppositotn'S et de lavements. Ait Iwut de peu de joui-s, les vives douleurs et les fréquentes envies d'uriner s^ calment graduellement; c'est du moins la règle, bien qu'on rencontre parfois, pendant un jour ou deux, une rechute du caractère le plus sérieux. On \KnH gi-iiéralement attribuer d'aussi fâcheuses circonstances à quelque in'glij^'nce de la part du malade, surtout s'il a pris trop d'exercice, ou à une p<irii»de trop rapprochée du début. Aussi faut-il modérer avec fermeté l'aetivilé qu'un homme jeune et plein de cœur est tout disposé à déplovcr. aussitôt qu'il voit son mal commencer à guérir. Une diète modérée ctuntî alislinence complète de stimulants alcooliques doivent être prescrites pour un temps; la période de convalescence sera sm-veilléo et ménagée de telle sorte qu'on remonte non-seulement la santé générale sur les principes ordinaires d'un régime tonique et nutritif, mais qu'on réduise aussi la masse de l'organe, lequel a de la tendance i» rester dilaté, par suite du processus inflammatoire. D'une manière générale, on trouvera la prostate voiuraineuse et molle en l'examinant au bout d'un mois environ, à partir du début di-s accidents aigus, et, s'il y a nécessité de passer une sonde, on pourra « Injuvcr obligé de déprimer le manche de riiislniment beaucoup plus qu»

Chap. m.] INFLAMMATION AIGtË ET CHRONIQCE. 3U

4-hez un sujet sain, avant que Furine s'écoule, et néanmoins lé cathété* risme est encore rien moins qu'aisé, surtout quand la sonde traverse la |)ortlon prostatique de Turèthre. Il faut encore une somme d'effort plus considérable pour vider la vessie, et le jet est projeté en avant avec moins de force que d'habitude. Tels sont les seuls effets qui persistent, lorsque la prostatite aiguë se termine par la résolution.

Inflammation chromole de la prostate. — L'affection que je décris sous <'e nom n*est point du tout rare, même dans sa forme la plus simple et sans complications; et lorsqu'elle se montre secondairement dans une maladie de la vessie et de l'urèthre, il est hors de doute qu'on la rencontn' fréquemment. Et pourtant son existence n'est qu'à peine reconnue, souvent pas même mentionnée par les meilleurs auteurs qui ont le mieuv <lt'*crit les maladies de la prostate.

La prostatite chronique a trois phases différentes : il est \mi que les N\mpt<^mes et les caractères pathologiques sont presque les mêmes dans Ions les cas, et qu'ils ne diffèrent que par leur degré plutôt que par leur nature. Elle peut prendre son origine dans un accès de prostatite aiguë et pmvenir de la persistance d une action morbide qui n'a aucune tendance à 4liininuer après la cessation des symptômes aigus; ou bien il peut y avoir luie longue et fatigante résolution, qui ne cimduit au rétablissement qu*à jMis lents; ou enfin elle peut débuter par la forme chronique, indépendamment d'aucun accès aigu : dans ce cas, Taffection se présente, ou seule i't primitive, ou sous l'influence d'une maladie des organes voisins.

Il n'est pas rare de rencontrer des cas où une simple inflammation chn>ju'que de la prostate, accompagnée d'une augmentation de volume, est regardée comme un exemple d'hypertrophie. Il n'y a toutefois rien de plus <listinct que ces deux affections, lorsque l'on com|)ari* leur histoire et leurs i-ardctères pathologiques. Ainsi, Tinflammation chronique n'est pas une lause nécessaire d'augmentation dans le volume de l'organe ; celle-ci, e i rflet, ne s'offre qu'exceptionnellement, toutes les variétés bien considérées du reste. Mais lorsque l'inflammation amène de l'augmentation de volume, l'est presque invariablement dans l'adolescence et l'âge moyen de la vie; au C4>ntraire, l'hjperlrophie ne se rencontre jamais avant cinquante ans, lrès-raremt»nt avant cinquante-cinq, et ne développe que peu communément ses caractères symptomatiques avant cinquante-sc»pt ou cinquante-huit ans. I/augnientation inflammatoire succède presque invariablement à quelque inflammation uréthrale. Il v a eu ou il continue d'v avoir un écoulement purulent; t*ar l'urine renferme de petits flocons, avec de la douleur pendant (*t après la miction. Ajoutez à a^la que souvent la santé générale s'altère, toutes conditions qui manquent d'ordinaire, ou peuvent manquer, au début d(* l'hypertrophie. Enfin l'augmentation inflammatoire est due à l'épanchement de produits morbides, lymphe plastique, pus, etc., dans l'épaisseur «le l'organe ; tandis qu'une augmentation hypertrophique résulte, oomme son nom l'indique, d'une simple hyperplasie des éléments boiiw^ la glande même.

(iAi'SEs. — La cause la plus fréquente de la prostatite ch

312 MVLADTES DE LA PROSTATE

blennorrhaftie, qui s'est étendue en arrière, pour afTecler la prostatp d'un» façon plus ou moins aiguë. A l'occasion, on peul allnbuer les infmes etTels au froid et il l'humidité agissant d'une manière locale : moins souvent eocore on peut Irouver une cause dans une violence mécanique qui port»> sur l'urëthre ou le périnée. Mais ce qui exerce une inHuence non douteuse, c'est l'abus des plaisirs vénériens de toutes sortes. Pour la forme qui provient d'un rétrécissement ancien et prononcé de l'urèthre, d'une cvstite cbronique, d'un ctilcul vésical ou prostatique, elle est assez commtinect n'exige pas pour chacun de ces cas une description spéciale; elle n'esl que le résultat d'une maladie voisine, concomitante, et se règle sur la m^ne marche qu'elle.

Akatohie PATHoi.oiiiQiig. — J'ai examiné un certain nombre de prostates présentant des caractères anatomiques semblables ii ceux que l'on décrti dans d'autres org:anes sous le nom d'inflammation chronique par exemple : dans les ganglions lymphatiques superficiels et profonds, dans les ganglions méseiitériques, dans tes amygdales, l'utérus, el les muqueuses des bronches, de l'estomac, de l'intestin et de la vessie. On trouve la prostate malade plus grosse, quelquefois même plus petite qu'à l'état normal ; car la déviation sous ce rapport n'est pas toujours exactement la même; la consistance est moins ferme, lorsqu'il y a une différence appréciable; la texture est moins serrée et plus spongieuse. La couleur de la surface de section est plus sorabn^ avec une teinte rouge dans certains cas. On rencontre dans le tissu glandalaire plus de liquide qu'à l'état normal, el il sort librement sous la pressitm du doigt. Ce liquide est trouble, el quand on presse fortement, il apparah un peu teinté en rouge. A une période avancée de la maladie, on rencontre des dépdts de pus, de la grosseur d'un grain de sagou perlé k celle d'un pois, mais ils sont peu nombreux, un ou deux peut-être : contraste tuppaol avec la multiplicité des petits abcès disséminés à la dernière période de II prostatite aiguë. La muqueuse s'épaissit, elle devient plus vasculaire; les orifices des conduits s'élargissent; les mêmes phénomènes se présentent h la suite d'une dilatation de la portion prostatique de l'urèthre amenée par un rétrécissement antérieur à elle ; d'un auti'e cAté, la muqueuse peul ètr» revêtue par places de lymphe plasjique organisée, ce qui lui donne m» aspect inégal et non transparent. Ou bien ses parois sont épaissies, el non plus rouges comme dans l'inflammation aiguè, mais d'un gris sombre, oa même couleur d'ardoise, altération qui indique une existence déjfi ancienne de l'afl'ection. Dans do tels cas, du pus remplit le sinui pocularis el l« canaux glandulaires qui l'entoui-ent; parfois une cavité remplie de pus communique avec l'urèthre, ce qui fonne un abcès cbronique de la pnv state ; en môme temps il n'est pas rare de rencontrer un ou plusieurs abrès autour de l'organe, en d'autres teimcs des alicès périprostatiques, sous la dépendance de la maladie de l'organe qui leur est antérieure.

SïHPTilHKS. — Un malade qui n'a ipi'une inflammation chronique de l» prostate, sans complications, se plaint d'une fréquence inusitée dans se» envies d'uriner, parfois d'un écoulement urélbral muco-purulenl, ou d'une sensation de poids et de plénitude; parfois de vives douleurs au pérîn^ ou

dAP. m.] INFUMIIATION AIGIË ET CUROIIIQUK. 349

au!L environs de 1 anus, lesquelles peuvent être passagères ou permanentes, mais augmentent presque toujours sous Tinfluence de la marche; souvent de douleurs dans les cuisses ou les jambes, ou dans la région sacrée, douleurs que viennent parfois augmenter, mais non toujours, les rapports sei^uels. Il n'y a point de douleur pendant la miction, sauf à la fin de l'acte» où on la ressent quelquefois, mais non pas toujours, et même alors elle n'est pas aussi aiguë que celle qu'entraîne la présence d'un calcul. Il y a de la sensibilité <iu périnée, lorsqu'on s'asseoit; de la sensibilité à la prostate, quand on l'examine parle rectum; le doigt constate quelquefois une certaine irrégularité dans sa forme, mais ce fait est exceptionnel; une augmentation de volume n'est pas constamment nécessaire. Le passage d'un cathéter cause une douleur plus qu'ordinaire quand il s'engage dans la portion prostatique de l'urèthre et le col de la vessie. L'urine est un peu trouble; mais, lors- (|u'on y fait attention, cela est dû à la présence de fragments concrètes de matière muco-puruleiite et de masses d'épithéiium qui proviennent de la portion prostatique de Turèthre et non de la vessie : on peut s'en convaincre en denifindanl au malade d'uriner dans deux vases, la première once ou à peu près dans le premier, et le reste dans l'autre : on trouvera dans celui-là toutes les matières purulentes, tandis que l'urine de celui-ci sera claire. J'attache une très-grande Importance à ce mode d'examen pour l'urine. Il sépare les produits purement urélhraux des dépôts qui viennent de la vessie ou des reins, dépôts dont on pourrait méconnaître la source, ou qu'on pourrait attribuer indûment à d'autres organes. Pour tous les examens d'urine, ce procédé doit être mis à exécution. Dans les cas bien marqués, on voit apparaître à la lin de la miction une goutte de sang, quelquefois un peu plus, teintant la dernière portion d'urine qui s'écoule : c'est là un fait qui met souvent sur la voie de l'existence d'un calcul. Ce signe, autant que la douleur siniultan<*e et l'exacerbation des symptômes produits par l'exercice, prescrivent souvent un cathétérisme qui doit éclairer la question. Je ne connais en vérité aucune autre maladie qui ressemble aussi fortement à une pierre dans la vessie (en adoucissant les traits de ressemblance), surtout quand le corps étranger est petit et ne produit qu'une irritation légère.

Un examen plus att<'ntif démontrera souvent que le malade n'a que peu ou point de désirs vénériens, et qu'il est ou non sujet à de fm|uentes pollutions pendant son sonmieil. La santé est d'ordinaire quelque peu atteinte, et il y a de l'aiïaiblissement général.

Traitement de la prostatite chronique simple. — Lorsque la sensation de pesanteur et les vives douleurs au périnée sont presque constantes, et que ces deux signes augmentent d*intensité sous rinfluence de la marche, je ne vois rien d'aussi efficace qu'une irritation à distance pratiquée sur le périnée. Mais il est nécessaire de la continuer pendant une période de quatre à six, ou même huit semaines, et avec cette persévérance on est presque certain d'arriver à un heureux résultat. On peut obtenir cette n tation en promenant un crayon de nitrate d'argent, moaillé sur' située au devant de l'anus et rccou\Tant le bulbe de l'on

■iM MALADItS Dt LA i'BOSÏATE. ]J-kKl. tl.

;i la dL'pouillei' daDS une t'Ieiidue df 3 c<?nli mètres en longueur sur :"» (-«'nliiir. m largeur. Cependant la raélhude que je préfire, el que j'emploie loujoum inainlenaiit.estl'appliealiun, sur la partie malade, Am vinaigre de cantharide$^ ou /i9ueure)»>/»i</iyuedclarbannacopéeanglaise;on doit entretenir la plai» nu moyen d'un pansement jouroalier avec le papier brouillard, ou en réxp- ]dii|uant le remède précédemmenl employé, t^es manœuvres peuvent occasionner au malade quelque gène au début; mais l'applicalion d'un corps gras quelconque diminuera rapidement le mal. Loi'squ'on étendra le liquide vésicjint, il faudra avoirgrand soin de ne pas le laisser couler vers la marge de l'anus, ni se mettre en contact avec le scrotum. Le moyen le plus commode consiste tt enduire une portion de la peau du périnée sur une longueur de I à 3 cenliroètrcs, du calé droit du rapbé; puis, au bout de Im^ ou quatre jours, une partie semblable du côté gauche; on alterne ain^ l'application tous les trois ou quatre jours, ce qui permet à chaque v(Aé de guérir avant qu'on renouvelle la friction, il est nécessaire d'ajouter qu'ujir Irès-potite quantité du liquide vésicant suffira; inutile de trop dénuder la surface de la peau, ni de causer une irritation assez violente pour s'opposer à la liberté des mouvements du sujeL C'est une erreur commune (jue d* faire des applications trop fi la légère.

Tandis qu'on agit ainsi localement, il faut aussi régulariser les digestions, provoquer une réaction générale par un régime tonique et généreux, pei^ mettre et rt'gler |>ar degrés l'exercice, aussi vite que te malade pourra ^f livrer sans douleur.

Quand les organes digestifs sont dans un meilleur état, on lire presque toujours parti de l'usage du fer. Le sulfate de fer, associé au sulfate de quinine, sous fonne de pilules, avec un peu d'extrait de rhubarbe et d'extrait de noix vomique, est une forme avantageuse d'administration pour ot tunique, dans les cas où il est désirable d'entretenir la liberté du ventre et avec les obstacles que lui oITre d'habitude l'incapacité du sujet à prendre beaucoup d'exercice. On peut ajouter un peu d'extrait aqueux d'aloès, si l'on a iH'soin de produire un effet plus laxatif. 1^ teinture de sesqutchinrurr de fer est aussi un remède fort ellicaci', pourvu qu'on évite d'aller jusqu'à la consti|)atioh. Je préfère ces modes d'administration à tous les autres, y compris les hypophosphites, si souvent oixlonnés aux malades atteints Recette affection.

Une souree très-commune de mécontentement chez les jeunes sujets, réside dans la grande fi-équence des pollutions nocturnes. Elles aocoiii> ftagncnt souvent la prostatite chronique ; mais, le plus communément, ellr* ne reconnaissent pas une telle cause, et ne résultent d'aucun état morbid» de la prostate : ce n'est que paree (]ue te malade s'en plaint que nous les mentionnons ici. Quand, cependant, outre lo faisceau de signes déjà décrits, • 11! malade se plaint de pertes involontaires, irréguliéres, mais três-fréqnentes, on doit inli-uduire un instrument dans le ranal. D'ordinaire, néan^ moins, dans la prostatite chronique, le contact d'un corps étranger ne Fail qu'augmenter l'irritation déjà existante. Si les symptilmes de la prostatil» sont prédominants, et que le malade éprouve une vive douleur lors du pas

Ci\p. III.] INFLAMMATION AIGUË ET CHBONIQUE. 345

sa^e de riiistniinent dans la portion prostatique de Turèthre, rien ne réussit aussi bien, dans beaucoup de cas, que Tapplication d'une solution de nitrate d'argent : on commence par 25 centigrammes dans 30 grammes d'eau, et Ton augmente, s'il le faut, jusqu'à 1 gramme. On emploie à cet effet un cathéter perforé renfermant un piston, qui envoie librement le liquide k Tendroit voulu, et en limite là strictement Faction, ce qu'il importe d'exécuter avec un grand soin. Dans cette petite opération, on pourra tenir la a>nduite suivante. On commencera par vider la vessie; en agissant ainsi, on s'attachera à déterminer exactement la longueur de Turèthre, de la ma* nière ordinaire, pendant que l'urine s'écoule. L'instrument qui renferme la solution caustique doit être immédiatement introduit, et la solution poussée aussitôt que l'extrémité perforée a pénétré dans la portion prostatique de l'urèthre; on doit, en effet, de la longueur cx>nnue de l'urèthre, inférer correctement le siège de cette portion, aussi bien que de l'excessive sensibilité qui lui appartient. Les résulUits immédiats sont, d'ordinaire, des liesoins d'uriner répétés, douloureux, et parfois accompagnés de quelques gouttes de sang ; ces accidents durent vingt-quatre heures, et sont remplacés par un léger écoulement pendant un jour ou deux. Pendant les premiers jours, il n'est pas impossible que les signes du début continuent à s'aci^rottre, mais peu à peu ils diminuent graduellement. Toutefois, quand même il n'en serait pas ainsi, on ne devrait faii'e aucune application nouvelle de caustique avant qu'il se soit écoulé deux ou trois semaines depuis la première, parce qu'il est impossible d'en constater l'effet dans un espace de temps plus court. S'il est nécessaire, on peut recommencer l'application, et même avec une solution plus concentnie. On peut avoir besoin de recourir il une troisième ou à une quatrième application ; toutefois je n'en ai jamais <'untinué l'emploi, lorsque je n'ai pas réussi après la quatrième fois. Ix» Miccès ne dépend que du soin qu'on met à l'appliquer librement à la surface de l'urèthre, dans sa |K>rtion prostatique, et, lorsque ce résultat est assuré, on rencontre généralement là un très-bon remède.

Dans ces cas aussi, ce qu'il faut avant tout, c'est un traitement tonique^ <|ue Ton nmouvelle, tel que je viens de le décrire, et un régime généreux, mais non stimulant.

Quand il n'y a qu'une légère affection de la prostate, et qu'on a seulement il combatti*e la fin d'un accès de prostatite suraiguë, dont la convalescence n'avance qu'à petits pas, l'indication d'une irritation de voisinage est moins foimelle, et nulle celle de l'emploi du caustique porté dans l'urèthre. Un 4les caractères pi*édominants dans des cas pareils est la persistance de Taugmentation et de l'induration de l'organe, résultat des dépôts inflammatoires de la piTÎode aiguë. C'est l'augmentation qui appartient à la jeuntîsse, et elle diffère totalement de celle qu'on rencontre à un âge avancé et qu'on désigne sous le nom d'hypertrophie sénile.

Lorsque la santé générale est bopne, il faut conseiller l'emploi des médiramentsqui ont la propriété de favoriser l'absorption des liquides épanchés. T«'ls sont l'iodure et le bromure de potassium. On peut les administrar jointementou séparément, le premier convenant parfois à l'estonu

3A6 HVLADIES DE H PnOSTATE. L^*"- «^

le second nVsl pas supporté. Dans beaucoup dp cas, Tun ou l'autre de ces médicamonls peut Èlro avanlageusemenl combiné à 75 cenligrammes ont I gramme de blc^irbonale ou d'acétate de potasse, deux fois par jour, ou à 2*', 60 ou 3*', 90 de laitratc de potasse, s'il y a de la constipation habituelle. Ces moyens sont encore plus indiqués si l'urine est anormalement acide, el par suite irritante. Si l'augmentation de volume est considérable, il est boa de pralii|uer aussi une saignée locale. J'ai eu dernièrement dans mon scf^ vice deux malades figés, l'un de vingt-huit, l'autre de trente-quatre aosj oiïrant une augmentation de volume de la prostate : chez le preitiier, cell* augmentation était considérable, et était venue k la suite d'une prostatil* suraiguè, qu'il avait eue trois ans auparavant ; chez le second, le volume de' la prostate, dû a la même cause, était assez énonne pour rendre une e\pl»* ration rectale quelque peu difficile, par suite de la forte saillie de l'orgaM du câté de l'intestin. Dans tes deux cas, et spécialement dans le dernier, It fréquence des signes d'irritabilité vésicale et de douleurs au périnée el t les lombes paraissait due en grande partie à cet état anormal.

En ce qui regarde J'inOammation chronique de la prostate, qui rés d'une maladie antérieure dans les organes connexes, comme mi rétrécisse* ment de l'urèthre, un calcul, une affection organique de la vessie on rectum, etc., il devient sans nécessité dédire autre chos<>, sinon que I» traitement applicable à la maladie primitive embrassera égalenieal tous ' cas de complications du cùté de la prostate.

so ch

Page 1