TRAITEMOT DE LA RÉTENTION D URINE
Cbap. xu.]
termes le calhélérisine forcé, regardé autrefois comme une opération légitime, se pratiquait avec une forte sonde d'argent, à peu près du calibre !!• 9 ou 10 n°* 19 à 21 de la filière française , de forme un peu conique à sa pointe, plutôt plus longue que la sonde oixlinaire, mais sans la large courbure de Tinstrument prostati(|ue accompli. L'opérateur Tintroduit jus-^ qu*au siège de Tobstacle, et s*assure, au moyen d'un doigt dans le rectum, qu'il est bien dans Turèthre et qu*il s'engage dans la prostate; il la porte alors rapidement en haut vers la cavité de la vessie, en poussant fortement la pointe en arrière, et en déprimant le manche avec lenteur; il s'arrête lorsqu'il sent que la pointe se meut librement dans une cavité et lorsqu'il Toit Furine s'écouler par rinstrument. D'après Chopart, cette opération a élé pratiquée par Lafaye sur la personne d'Astruc ; dans des temps plus modernes, elle l'a été en Angleterre par Home (!) et B. Brodie (2). Liston Ta exécutée avec un mandrin aiguisé, « porté dans une longue canule à grande courbure », et « a fait plusieurs fois l'opération avec succès » (3). Ce procédé barbare n'est plus maintenant qu'un sujet d'histoire. Les instruments flexibles perfectionnés que l'on emploie aujourd'hui rendent inutile et non désirable l'emploi de la force, excepté dans des cas très-rares où les manœuvres les plus adroites ont échoué. Alors je n'hésite pas à pratiquer la ponction de la vessie, du côté qui convient le mieux à l'état du malade.
La ponction de la vessie se fait de trois cotés : au-dessus du ]iubis, par le rectum, au travers de la symphyse pubienne.
Fie. 124. — Trocart courbe du iVèro COmc (*)
].t\ iMiictioti sus-pubienne y regardée autrefois comme le seul moyen d'arriver du dehors à la vessie, se fait ainsi : Le malade est placé dans une position moitié assise, moitié couchée; le pubis a élé rasé. On fait, juste au-dessus de la sjmphyse pubienne, une incision verticale des téguments,
(1) F^ lliinit', Vrndicnt Ohfservnlions on Ov Trcatineni of the Disenses of the Prostate Glnutl. London, 1811, vol. I, p. 103.
<2i Sir B. Bnuli»», Lectures Oti the Disposes of the Vrinnry Onjans^ 4* édit. London, 1849, p. 195.
(3) Uoberl Liston, Practical Surt/rri/^ à^ édil. London, 18Î6, p. 845,
(•" Lu rainin*.' f-j^ «lu tnMMrt p«t ji.iiroiinio <'ain toiiio <.i l«>iiïneur i»ar uin* raimt'liire h «pii |>criiiet k l'ariiio «I«? -V«-I»ii»; er iU'« •|in.' rin-tniiiH'Dl •••( arriv»"* «iaii-i la v«*->^i«*. Li* pavilInQ r ilo lu rniinle c?t |M«iirvu d'iilie pla<|ne lrttn»vt'tî«u!e {«ei-i-fe <le iKmix urilire- '•/, nii\i|»n'l« m; livnt il»*- nilMn;< o**«.'z Ions» |»oiir entunier le tronc; «or !•& pla<{ii« «-n n'tuarqiit* nno ri::^!»' lii'riaU* il ; lo lu.**? fî nit»»i iinini irune onvi^rlnr.* latérale '* ; ronrcrtnre 6 et I» riz<)le </ cnm*«|H»ii«i(*nt <i la raiiuirt' •!»• la tbiiiiii*', atiti «le i>cru*'!ttro à l'arioe «L* ^'cronier. (Gaiijotet Si>illiiiaoD, Ar*é-t%nl de la chirurijtK 'ontrnijujrniif^ t. 11.)
480 MALADIES DE LA PROSTATEj [fm.i
d'une longueur de 3,5 à 5 cenlim.; on la porte en arrière au tiuTctsi la ligne blanche, de façon à laisser passer le lK)ut du doigt pour m» nîiltre la vessie distendue. En même temps un aide, qui se tient denip le malade, doit appuyer avec ses mains de chaque côté sur les paij alxlominales, de façon à (i\er la vessie. On pousse alors jusque dans bvci en Tinclinant un peu en bas, un trocart droit ou légèrement reoooè^ [fig. V2U] ; dans ce dernier cas, la convexité devra être tournée en bl: On doit faire la ponction, non pas exactement au-dessus du pubis, cts« dans les contractions de la vessie, l'ouverture serait entraînée derriéirii' symphyse; la distance au-dessus de celle-ci ne doit pas non pluseyséfcj 2,5 centim., de crainte de léser le péritoine. Quand la distension est cm dcrable, cette séreuse se trouve écartée de 5 centimètres ou plusau-ik»! du bord de la symphyse. Après l'opération, il faut changer la canuleoorii un tube d'argent spécialement adapté pour glisser au travei-s d'elle ;oil fixe au moyen d'un ruban et d'un bandage en T. Celui-ci peut resta c place un temps variable, mais au moins jusqu'à ce que la lymphe seid épanchée sur les bords de la |)laie; alors on peut l'enlever et le remplMi par une sonde de gonmie élastique, instrument mieux toléré en (9Hi par la vessie qu'une sonde métallique. Dans un cas où j*ai pratiqué eel opération à University Collège Hospital, il y a quelques années, j'aiiil» duit une sonde de gomme au travers du tube, et retiré celui-ci sur kl même d'opération.
La ponction par le rectum, adoptée vulgairenr.e.it dans les cas de rétiw»
sements, mais à laquelle on i)eut avoir recours dans certains cas de nte
tion avec hypertrophie de la prostate, se pratique de îa manièiv suivaÉr
Le rectum ayant été vidé, s'il est nécessaire, au moyen d'un lavemejil,^
malade est couché sur le dos, en position pour la taille, et niainlenosé
dément par des aides, mais non lié. Le chirurgien introduit alors sonini
cateur gauche dans le rectum, pour s'assurer des limites de la prostak.i
définir ses bornes, surtout en arrière. 11 sent en ce point de la fluctualitt
transmise par le contenu de la vessie, quand on frappe ou qu'on près
momentanément sur la région hypogastrique, et il choisit sur la Car
médiane le point où il la perçoit de la façon la plus distincte. Toute parti'
qu'atteijit le doigt dans le cas de rétention d'urine et de distension coosf-
cutive, peut étrt» regardé*» comme en dehors du ptTitoine. Aprt*s it*
montré à un aide à soutenir les parties latérales derabdonien, pourpresis
sur la vessie et l'appuyer contre le rectum, on porte le long du doi^s
trocart courbe, long de 17 à 20 centimètres, et on le dirige avi^c soinw»
l'endroit indiqué ; puis on déprime le manche, et Ton porte la pointent
haut, à travers lès tuniques du rectum et de la vessie, jusqu*à ce quoak
sente se mouvoir librement dans la cavité de cette dernière. Il Taut af*
soin de laisser la canule en place quand on retire le trocart, puis ensal^
on la fixe au moyen d'un bandage et d'un rul)an. Pour prévenir l«
tendance à s'échapper de la vessie (jue présente souvent la canule orf-
naire, M. Cock, de Guy 's Hospital, en a imaginé une dont rextrâMi^
s'élargit un peu après son introduction dans la vessie, cl avec laquelk fc
Cir^r. XII.] TRilTEMEHT DK LA 1
danger de cet nccident est moins gran l'on emploie généralemeJil, mais augm< J'ai pratiqué quatre fois ropéralion ave que In canule restait bien en place, ronde le trocarl de Maisonneuve, dont
Enfui, il y ii la iionclim de la vessie ou travers de ta iymphyse pubienne.
Cette opération paratt avoir été proposée pour la pi-emière fois par M. Brandcr, nctuellement à Jersey, en 1825, (|Uatid il était étudiant à Paris, où il lut un niémoirc sur ce sujet à une société médicale : il en conseillait l'emploi uniquement par des vues thtîoriques tirées des avantages supiinsés (In In sitiiatinit ma nriint Ae. vue
MALàDtfi» D£ LA PBOSTAXS^
lfm.1
lion pvesque k angle droit avec l'axfi TefUcaJ dn corps» Le dodeur dit a ^ueique peu obliquement en arrière et en bas, ybt» le sarnuK, eië sont varier la direction suivant les ctrconstanees; ua honi tir sonde laM est alors introduit à travers la canule », et maintsnm aoBMiyeii d*«i nhi
Je Tai essaye moi-même une fois à UnrversiCy CoHege HoepitiLtf n'ayant pu trouver Turine, je pratiquai iinmédîalenie»t après la pMdii par le rectum. Je pense que la symphyse est teUftiMml ossifiée chab sujets très-àgés, que la pointe du troeart s'émousto*. et ne periere fkm\t tissus délicats situés en aiTière, mais qu'elle les pevsse deTanI eik. m dant ainsi la ponction inutile. Le fait m'est arrivé sur fe-eadcvre, evIÉa des expériences à ce propos ; je ne répéterai jamMs- ccUe rrpt^nrtwni svf vivant.
, Si nous passons en revue les mérites coinforaÉifs dses deiss aiiIrsMÉ de ponctionner la vessie, il faut admettre que, dans certains cas, ctaa possède des avantages spéciaux. Beaucoup de ebimiçiens ont nfti la ponction an-dessas du pubis comme bettMoufn jriiis ûmDgmremtf la ponction par le rectum, et peut-être en e9t-41 aiasi, puisque, WÊÉ/iï succès et le soulagement qu'elle a apporté,, saceès qui s*est cofiti sieurs années (i), il faut s'attendre à courir le fisquc d'une et d'une suppuration derrière la symphyse pubienne, ou dans le Si l'on croit que le soulagement ne sera que temporaire, l'<»pératk»pvk rectum est la plus simple et la plus sim, et Fonramait reco«rs à bp» tion sus-pubienne, lorsqu'une énorme prostate vient défendre l'appliêiÉ de la première. Ihis, d'un autre côté, si l'on pense avec raison que fai« velle ouverture doive être lit seule reseearce du nMàadc paur uneptrié de temps considérable, comme dans les cafi-où les malades ont podaM pouvoir d'uriner, et ne comptent que sur la sonde^ surtout qua«d V\ est évidemment difficile à traverser avec ane sonde, il est i qu'une ouverture au-dessus du pubis sera beonceup plus avsan4agsiH»pi le malade qu'une ouverture dans le rectum.
Ea ponetrôn par le rectum, qu'on a employée parfois pour ai— à soulagement dans ces cas, comme nos musées- en font foi, est paesqatai versellement considérée par les auteurs comme* inadmiesibio quand bp State est hypeiirophtée; on ne fait une exception enfa^'eurde Toi que quand* l'hypertrophie est pen eonsidéraMë. D (but se demander #i si phisieurs auteurs n'ont pas négligé de se posera question* du ki Ifté dé prathiueroett^ opération àims unr beî» nomfcvede-ea». It v
(♦) 0 y a une- préparation an musde du Koya! Collège of Surgvfons, qui rtwà& et la prostate il^in homme A^ de- soixante-iix» ans, <|w aubtl: IfapénrtMn rétmtian due à rhypcriropliie do ce dernier orfaoe ; rhamiac vécut encore quatre reprit ses occupations habituelles. N« 2043. — Mon ami M. Paget (de Leicester; i uo encore vivant (1867) que j'iii vu, et qui. porte ou-desMi» du pubis ud tube oouriet il a pratiqué sur lui Topération il y a quinze aiB, et pendant tant «a teni|M éaoulée w moyen il& ce- tubeL H a un aiitr» mabîëe auqiMA il a pmti^iié la, il y » deuK ans» M l'un ni. Tautre ne cooaeDtiraiant à quUtBi leur tube, à toulagement <|u'iii ^ twnireDt : ii»aa liipreiittiNiff le» dansai leiin aocupAtions larité parflritv*
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CeàP-m.] TFi.lITËHlîM DK U i
acBUtut 4es «semples 8&c«plioiuiolâ (loigl ne |Mut atteiiuli'e la vessie au -dvaâuYTÎi: eu kéI «odiuLt la fluctualiioi LiMit w(Ui{Uttit luifstfu'ii y a uu W^ei' <l lendue fEiisant saillie au-ilessus du pi des (langors iminiiiBiiU sans que cet é lade coi'puletit, on ne peut toujours de elle existe, tandis que sur ce mCme îu moins ais^e ou moins avanlageiis<.«. J« casion de ponctionner In vessit! pour u une fois en 1853, avc« M. l'sliiiw, et -leiiner l'i Sir Jatnes Paget. Celiiit sur l^osUte psr simple hjpertroplrie, qen soit ynisque tout le bassin, et faisait e suriti qu'oïl dut augnieuler la longuev ■Mtiir aUeiudi*» la vessie, située un n
àSà MALADIES DE LA PROSTATE. [rin.K
rectum, la ponction par Tintestin n*a plus qu'une propriété doiiteiise,(l Ton doit pratiquer Topération au-Klessus de la symphyse pubienne. Si b circonstances indiquent que Touverture artificielle doive persister Iod|^ temps, elle est située dans une position plus avantageuse pour le wàà
que celle par le rectum.