‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 125 sur 241 · V. L'atrophie congénitale · texte numérisé non relu

V. L'atrophie congénitale

I. Atrophie par épuisement. — La première est celle qui se présente pr épuisement, dans une maladie générale, et particulièrement dans laphthisic. Le point jusqu'où peut être poussée l'atrophie dans ce cas est parfois très- Temarquable, et j'ai eu plusieurs fois l'occasion de m'en assurer. J'ai der- |iiièrement disséqué une prostate atrophiée sur un homme de vingt et un lans, mort de phthisie, et chez lequel l'organe ne pesait que 3«%50. Un autre exemple est le n® 151 des tableaux (chap. II), qui provient d'un homme de soixante-dix-huit ans, qui mourut phthisique; la prostate ne pesait que l(K%70. Dans tous les cas de celte catégorie, il y a une très-grande déperdilion de tous les éléments du corps, et c'est par là que cette première foime d*atrophie diffère souvent de la seconde. Mais la proportion delà diminution semble plus forte dans la prostate que dans tous les autres organes.

11 y a d'autres affections où la prostate s'atrophie; toutes les maladies qui épuisent amènent cet élal à un degré plus ou moins prononcé, mais il n'est aussi marqué dans aucune aulre que dans la phthisie et la scrofule. On toit un bon exemple de celte puissance d'atrophie aun" 150 des tableaux, 45*est la prostate d'un homme de quatre-vingt-dix ans, qui mouinil épuisé par le charbon; Porgane pesait 11 grammes. Dans celle forme d'atrophie: îous les éléments de l'organe paraissent également affectés : tous les tissus sont diminués dans la même proportion, à en juger par l'apparence que présentent les sections pratiquées sur différentes parties de l'organe.

II. Atrophie sémle. — La seconde forme d'atrophie est celle qui se présente chez les vieillards. Il y a souvent une diminution générale du poids ^t de la masse des solides, à mesure que les individus avancml dans la vie, au-dessus d'un certain âge. Un simple effet de cet état n'est |)as ce qu'on «ntend par atrophie sénile. Une prostate qui en est affectée est celle où la diminution est relativement plus grande que celle qui affecte le reste du 4X>rps. Ou a d't, mais sans fondement suffisant, à ce qu'il semble, que quand l'hypertrophie ne se présente pas chez les gens âgés, on y rencontre toujours l'atrophie. Certainement celte opinion ne s'appuie pas sur des faits. Ainsi en analysant les tableaux du chapitre II, nous ne trouvons pas moins de -50 individus âgés de soixante-dix ans et au-dessus (de soixante-dix à quatrevingt-quatorze ans), dont les prostates pesaient entre 1^ ^",5 et 21 granunes, avec une grande majorité d'entre elles comprises entre 15 ?**,5 et 19 granmies. On doit les regarder, presque sans exception, comme des cas où il peut n'exister ni hypertrophie ni atrophie. Dans aucun, il n'y avait eu de signes àe troubles dans les fonctions urinaires pendant la vie. Le nombre des prostates qui offraient cette condition est beaucoup plus considérable, c'est-àdire au-dessus de 90, si l'on prend aussi tous les individus compris entre

AHO MALADIBS OE lA FROSTATE. |has.L

soixante et soixante-dix ans; cet iniervalle a éCé cbsisi pour œ eiM^ah d'rtablir ((u'un état normal de ia prostate eSi emoare chwbmhui à h Ip iW's-avanct».

Panni les 164 exemples de soixante ans et am-desBU, il n'y va que 11 prostates pesant moins de i3«*',5:^des gtandes oeàifNristt eniR 13-, 5 et 15 ^',5 ne pea^^ent être considérées oonnne itropUees {larlr seul l'ail de leur poids; quelques-unes sont ceitaincnneint aonBales; m» la connaissance de leur structure et de la laiUe de rin^iéa, véSà ts données (ju'il est n(kx.*ss&ire de |)0sséder, pnisqwe, ooiiHiie4aBs4'«M orp!anes, ce n*est {ms \e poids absolu, mais, oommc on I^'a jastooMBl U observer, celui qui est relatif au poids du corps, qu'il fsat ooimallR,fiv décider de l'existence ou du de^ré d'atrophie qui se présente dass Ifsoi douteux. Acc<>ptons le nonibi-e 11 cx)nnne des exemples imfcliiiahles 4*11111phie, nous en retirons 2 qui appailiennent à des individus moris d'<éyaKnient par maladie p:énéi'Hle ;pbthisîe et charlion), et il nons en Teste 9 es. que nous p(»Hvonsclasst^r ici. En cons(k{uence de ce caictfl, Patrophie seule se rencontre dans un peu plus de 5,5 |)Our 100 des cas, chez les indiniis de soixante ans et au-dessus; et en y ajoutant les données qui fantéM» il est probable (|u\>n augmenterait un peu cette proportion. Ce firiCseatk n'avoir aucune portée pratique; néanmoins, du moment qu'on pessède b matériaux, il vaut mieux le mentionner, car il ne manque pas iKm]to d'un certain iiitt-rét scientifique.

l/alrophie séiiile, c'est-à-dii-e celle qui ne tire point son origine de Yéfir sèment qu'amène la maladie, mais qui se rencontre indépendamimeiit de celli-ci chez les sujets àp:és, a un caracltTc quelque pou diflerent, an poaâ de vue hislolo^ique, de l'alropliie par épuisement. On a vu que, dans ortie dernière, tous les élém<^nts constituants sont diminués d*mie Taçon épk^ autant ([ue la dissection et la comparaison la plus attentive pemi<?tteiit d'fli jujïer. Dans l'ati^jphie sénile, au contraiw*, le tissu glandulaire semble plus atr(»pbié (jue le stroma fibro-nmsculaire de Torgane. Celui-ci est quefcj»fois induré, et renferme parfois de petites tumemps composées des m^nes tissus. IMais l'élémeirt glandulaire est en plus faible jn'oportîon par rappmt au stn/ma libro-musculaire que dans un organe sain. Ccftte fonne d alrôpW^ se prt^enle [)eut-étTe à un degré moins avancé que celle qui sneoMe i répuiscmnit par une maladie. Tandis que, dans ce cas, nous avonns ru vn adnke, mort de pbtliisie, offrir unt» postale qui ne pesafh que ^»',50, noos n*avons jamais vu mie |nx)State affect(?e d'hj-peitropbie sénile peser Tnoînf de 1 2 grammes ou à peu près.

m. ATHOPiffE PAii confPiŒSSiOTS'. — La troisième fonne d atrophie e<ft ccBf que produit imc compression mécanique. E!le ne possède pas de cnradère particulier. C'e5it celte esj)èce de drmrnTïtion, de disparition des élémeirts com^tituants qu'on obsen'c dams tons les tissus du corps, sous rinfftnenee d'une compression mécafniqiie continue. C'est ainsi qu^on voit ])m^fois la prostate diminuer d<» |)oids et de volume sous l'action d^une pression exercée par des tumeurs voismes, à contenu pafi*foisliqmd<», telles qu'un abcès on des hydatides; ou par des tumeui's solides, osseuses ou auti-es; par des

Cbap. ion.] » L'ATROfPHfC. ffep

ft calculs de la vessie ou du lissu même de la proslale. Assez souvent aussi, I à la suite d'une distension eUrémeel prolongée, par l'urine, de la vessie et de la portion prostatique de Turèthre, lorsqu'il existe un rétrécissemenl j Irès-serré, il peut y avoir use imic pi^essiou, qui a pour résultat une atro- I phie marquée de la prostate. Dans ces cas, les tissus sont quelquefois amin- I cîs à un point très-consîdéralilc, les canaux naturels et les cavîlés sont Matés et près d une moilié de Tor^ne, eu égard à son jMÙds, peut disiparattre dbiK le cours d'un rétréciMement de r«pèUire qui persiste longldoips «ans être traité.

IV. Atrophie par mai^vdik de la prostate même. — La quatrième Tonne d'atrophie est celle qui est produite par quelque maladie locale de la prostate même. Un abcès de la glande amène la désagi'égatîoe d'une forte partie du tissu prostatique, en s'opposant par ulcération et par pression à la nutrition des tissus voisins; et c'est ainsi qu'on peut dire que l'atrophie prend naissance. Cn dépôt tuberculeux produira les mômes conséquences, et parfois à un degré considérable. De la même manière, une tumeur maligne fera disparaître la structure propre de la prostate, pour la remplacer par ses productions morbides^ on a dit aussi dans ce sens que la prostate était atrophiée.

V. Atrophie congénitale. — A la naissance, on trouve parfois la prostate dans un état où l'on peut dire qu elle n'a pas acquis son développement naturel. Cet état s'accompagne d'ordinaire de malformations congénitales de quelque autre partie de l'appareil génito-urinaire, TexsUrophie de la vessie, par exemple. Ce n'est que grâce à une coutume, à peine garantie par une pi*écision philosophique dans l'emploi des termes, que nous mentionnons ce dernier groupe dans ce chs^itre, puisque l'atrophie suppose, à proprement parler, un état normal préexistant ; aussi n'en pailerons-nous pas avec plus de détails.

Smiptomes et Traitement. — Je ne sache pas que Tatrophie simple de la prostate sans complication se manifeste par aucun symptôme. On ne peut non plus s'apercevoir de cet état, sauf par l'amoindrissement de volume que le doigt peut constater, et la diminution de la sécrétion. Pour celle-ci, nous en connaissons si peu la quantité à l'état normal, que nous ne pouvons tirer aucune conclusion des modifications que l'atrophie amène dans ce sens. Aucun 4ouie qu'elles ne coïncident avec le déclin des pouvoirs sexuels dû à l'âge. Cet état ne demande aucune indication en iait de traitement. 11 n'y a aucune raison de croire que nous ayons un moyen de remettre en bon état un organe affecté d'atropbie sénîle. Lorsque Fatrophie résulte d'autres causes^ telles qu'un rétrécissement, un abcès, etc., l'allégement ou la sij^ppression du mal seront sans aucun doute le moyen^ et même le seul moyen, d'influer heureusement sur l'affection de la prostate.

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