‹ Traité pratique des maladies des voies urinairesChapitre 131 sur 241 · DE LA BARRE AU COL DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

DE LA BARRE AU COL DE LA VESSIE

Rapport étroit entre ce sujet et rengorjçemenl prostatique. — Presque tous les organiques au col de la vessie sont prostatiques. — Il n'y a que peu de cas qui ùm exco|)tion. — Méthode de M. Guthrit; pour les reconnaître. — Définilioa de sa nuai de voir. — Manières de voir de Civiale, Mercier, Gross, Leroy. — La barre peot è due à des contractions répétées de la vessie, quelle qu'en soit la cause, qiniid ei durent depuis longtemps — Elle consiste, dans ce cas, en une hypertrophie moicilii

— Exemples. — Conclusions du sujet dans son entier. — Rareté d*aucune autre 4 lion méritant l'appellation de barre en l'absence de l'hypertrophie de la prostate. Diagnostic. — Traitement. — Lorsqu'elle est due à une hypertrophie musculaire, cw dans les cas de calcul et de rétrécissement, elle disparaîtra avec la cause excitante.

— M. Guthrie a proposé de sectionner les obstructions au col de la vessie. — Métb» et instruments de Mercier. — Résultats des opérations. — Examen de ces proposiliofl

Voici une aiïectioii si iiiliinemeiit unie à Fengorgement de la prost par l'identité de la situation anatomique et des symptômes qu'elle amè qu'il est ini|)ossil)le de traiter l'une sans envisager aussi l'autre. Com nous l'avons déjà vu, en étudiant l'anatomie pathologique de la premi de CCS deux affections au chapitre V, une baiTC au col de la vessie est u vent due à un simple engorgement d'une partie quelconque de la prosta il n'en est pas moins vrai qu'il existe parfois, quoique peu fréquetnme un obstacle quelque peu semblable, quand cet organe n'est pas affe( C'est il ce dernier éliit que le terme de ùarre, pour désigner une afTeci distincte, a été vulgairement appliqué chez nous.

Bien qu'il y ait eu, depuis longtemps, nombre de formes d'obstruet au col de la vessie décrites par les auteurs français bien connus du sic présent, sous les noms de a bourrelets», a baiTières uréthro-vésicalei « brides» et « valvules», on n'avait reconnu aucune distinction spéci entre la forme de l'obstacle que nous allons décrire, et celle qui consi dans une hypertrophie de la prostate, jusi|u'à ce que feu M. Guthrie app( l'attention sur ce sujet dans ses leçons au Royal Collège of Surgeons 1830. Il l'étudia avec soin, et aiTiva à une manière de voir plus précise c les anciens auteurs, en établissant les caractères distinctifs des deux afli tions, la prostatique, et celle qui ne l'était pas; le terme qu'il emploi pour désigner cette dernière est resté ici dans le sens qu'il lui attribua l'origine. Sa manière de voir sur les caractères essentiellement distincts deux affections est résumée brièvement par lui-même; la voici avec propres termes. Il conclut :

a 1» Qu'il existe un tissu élastique au col de la vessie, et qu'il peut ^ malade sans qu'il y ait un rapport nécessaire entre sa lésion et celle de prostate.

» 2" Que la prostate peut être malade sans qu'il y ait un rapport née sairc entre elle et ce tissu élastique. x>

Il en note deux cas, dont l'un a sans participation aucune de la prosta

CuAf. TVU.] BARItt Atl COL DE LA VtSSIE.

et sptkialemcut du Iroisième lobe. Le malade uriuait avec beaucoup de difliculté, par suite de la barrière rorméc par ce tissu inextensible. Il monrut enlhi de cetLe maladie, après de longues souffrances. » L'autre, dans lequel, (tar suili^ d'un développement inégal des lobes latéraux do la prostate (le lohe droit était très-gros), la muqueuse du col de la vessie s'est trouvée repoussée eu haut « de manière à former une barre à sa partie inrérieure. n «Cette liarre, ajoute-t-il,esl tout à fait membraneuse; elle ne rcnrerme pas de lissu élastique, lequel n'est pas malad« d'ailleurs, pas plus tjue la partie appelée If troisième lûbe, et il u'y a aucune partie saillante dans la vessie, .sauf la barre ou valve formée par la muqueuse, au méat même (1 ). »

De CCS deuv <»s, comme l'auteur le fait observer, l'un était exactement le contraire de l'autre. De vrai, chacun est le type d'une des deux classes l)ien nettes d'états anormaux intéressant le col de la vessie. Le dernier exemple se présente simplement comme un résultat naturel de certaines formes d'engorgement prostatique assez rares, et dont il existe quelques cas dans nos musées, où l'accroissement seul des lobes latéraux a eu pour elTet de repousser en haut la muqueuse, parfois avec quelques tissus fibreux ou musculaires sous-jaccnts, mais où il n'y a que peu ou point d'augmentation de la partie moyenne. Dans le premier cas, nous avons une élévation anormale de certains tissus qui reposent sous la muqueuse ii la partie postérieure ou vésicale de l'urèthre; mais elle ne s'accomjta^ne [las, et elle est sans aucun rapport avec une augmentation de volume quelconque de la prostate.

Il est particulièremenl nécessaii« de faire une distinction bien précise «Dire l'afTection à laquelle M. Guthrie applique le nom de a liarre au col de la vessie», et l'obstacle qui n'est constitué que par une partie médiane hypertrophiée de la prostate. On a indiqué, comme venant de M. Guthrie, des vues essentiellement dilTérentes des siennes propres. C'est ainsi que plus d'un auteur a décrit la baire comme une éminence située exactement derrière le tobe moyen hypertrophié. Il est clair que ce n'est pas là ce qu'entendait M. Guthrie ; on ne peut pas dire nou plus qu'une pareille éminence siège le moins du monde au » col de la vessie», d'auliint plus qu'elle doit se trouver nécessairement beaucoup en arrière de ce col. Comme nous le verrons bientôt, I éminence ainsi indiquée est constituée par un état hyper- Irophique des Irandes musculaires qui régnent entre les orihces des deux uretères, et que l'on counatl généralement sous le nom de n muscles des uretères ".

Civiale consacre un chapitre k l'élude de ce sujet. Il décrit la i barrière urethro-vésicale » comme formée, dans certains cas, par » un simple pli de la muqueuse, mince et lisse, pres<|ue diaphane, étendu d'un lobe de la prostate à celui du côté opposé ■, et, dans d'autres, par un pli plus épais, sous la forme d'un cordon arrondi, qui contient du tissu musculaire et

(1) ]. G. Ciilhrie, On tht Aiiatomtj end Diteasn af Ihe Urinaty Orgirn». Cet oiivraKc rarmc 11 première partie des Ictons Taites au Iloyal Colley or Surgeons en 1S30. I.ondon, 1S3G, p. 23 et 25,

m MALADIES DE U PROSTATE. [Tl

lilirou\(l). Dans d'aiilres cas enlin, il pai'lîcjpc plu5 nu moins ik tance prostatique. Et il ajoute qu'on peut trouver aprè« la mon» riêie coiisidéralile sans avoir eu de synipliïmes pendant la rir, tm4i dans d'autres circonstances, une succession de désoi'dn'S dauluunv l'appareil urinaire peut résulter d'un repli membraiii^ux peu considi qui donne lieu néanmoins à une obstruction très-nette au to] riàti

11 passe aussi en revue les causes présumées d'obslructtonsnlni quand elles ne résullunt pas d'uni- h) perlrophîc de la prostate', «'«• les contractions musculaires s pasntodiques, lerhuinalisnip, etc.; An l'opinion que nous n'avons point de connaissances certaine sur l'tf de cette affection.

Mercier, qui connaît très-bien la manière de voir de M. Gutbrir 'sujet, mais qui ne pense pas toujours de mdmc, décrit, comme il usuelle de la baiTière urétliro-vcsicale, une « éiniDeiire seuii-in très-analogue k la valvule pyloriquc de l'estomac, mais qui n'oco que la moitié inférieure de l'orilice «. 1! en reconnaît deu\ genres & L'un est produit par le spasme des fibres musculaires qui rcmienl k la vessie; ces libres se contractent d'une manière permanente chat individus, après des attaques longues et répétées de l'atTection spasn en sorte qu'une barre permanente en est la conséquence. L'autrep le simple résultat d'une hypertrophie du lol)e moyen de ta prostate. premier, qui est la banv musculaire, il dit que le siège de l'aRiNfio tissu situé au somme! du tiigonc, entre la muqueuse et la prostil attribue le développement lï la présence d'un rétrécissement, d'u ou de toute autre cause venant exciter une action spasmodique de musculaires indiquées. Il peut aussi prendre naissanci; à la suit inflammation vive du col de la vessie, en général après la hlenno bien qu'il reconnaisse aussi d'autres causes. En conséquence, dîl-il peut rencontrer des exemples chez des individus plus Jeunes qi qu'alTecte la ttarre prostatique, ce qui aidera au diagnostic. Mais, eji { la sonde angulaire déterminera la différence, puisque, dans la barre laire, on pourra faire tourner librement le bec que l'on iolrodni' que, dans la banf prostatique, l'éminence arrondie de l'organe cni ce mouvement de rotation (2).

Le docteur Gross (de Louisville) a consacré quelques pages ii 1 1 u recueil en fonnc do barre au col de la vessie n. D'apn'-s ses ob--> et d'après un dessin qu'il donne de la ban'e, on voit qu'il ne compi sous ce lenne l'élal pathologique décrit par M. Guthrie {3 j ; «u* noi

{!) Civiate, Traité pratique des maladits da orgima ginilo-urinaireê S» ûdiii 1B58, vo1.ll, p. ISGciStA.

(3} Rnlierc/ifa sur le Irailemml da maladies des organes urinaii-et, elt. P>i 6* mémoire, p. 309 el suiv.

(3> Dam le dessin indiquiï, ica orificsB doi uretères «ont siluJs chacun à Ti;. miUs do !■ barrt mAiif, Ijquelle est Évidoruinenl un relief de «ubsunre inu^^cn: de* Qfetères, Bell) : ce sont ces muscles que l'on aperçoit si sauvant enire r>-~ . quand la reuie ett hypprlrophïée par suite de lu dilDcallÈ A uriner. S'tl preuve de plui, on la trouverait dans la description qui accompagna le

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