CHAPITRE V
DU SPASMK ET DE L'INFUMNATION C0>S1DÉR£;S COMME CAUSES DE RÉTRÉCISSEMENT DE LLRÉTHRE.
Étal des parois musculaires de i'urèlhre, influant sur le calibre du canal. — Au(orit«r$ citées. — Causes des rétrécissements musculaires. — Effets de riiiflammatîon sur rurèihre.
Le lecteur aiii-a observé qu'en délaillanl les symptômes locaux des rétrécissements permanents, nous avons fait allusion à ce fait que de fréquentes variations dans le volume du jet de l'urine peuvent se présenter, et se pivsentenl, indépendamment des attaques de rétention complète. Souvent un malade raconte de lui-même que, quoique son jet d*urine soit toujours beaucoup moins considérable qu'il ne Tétait normalement, cependant •/ est beaucoup plus libre certains jou/^s que cTautres. A quoi attribuer le fait ? D'abord c'est un fait certain et même assez fR»quent; son explication se tire de la structure anatomique des organes, que nous avons, pour cette raison, décrite avec tant de détails dans une autre partie de l'ouvrage, et nous renvoyons le lecteur à quelques propositions que nous avons établies en peu de mots, mais d'une façon claire et facile à compn^ndre, aKn de résumer les faits relatifs à ce sujet et de faciliter la mémoire et les recherches (voy. pages ^2 et /i3).
Ainsi, il est bien démontré actueilemeiit Jait entrevu depuis longtemps par un gi*and nombre d'auteurs) qu'une portion de l'urèthre déjà rétrécie par un dépôt plastique peut avoir son calibre momentanément diminué par l'action des fibres musculaires qui l'entourent, dans n'importe quelle portion de son parcoui^s. Otte circonstance ne dépend pas d'un effort volontaire, mais provient dune irritation des nerfs sensitils de l'organe, transmise aux centres neneux, qui, par leurs rapports, soit avec la moelle épinièrt*, soil avec quelque ganglion, réagissent sur les branches nerveuses motrices,, lesquelles ont pour action de déterminer la contraction des fibres musculaires.
Cette iiTitation peut provenir parfois d'une exulcération de la muqueuse au niveau du point rétréci, ou simplement de la sensibilité exagérée; de
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telle sorte qu^une augmentation de lacidité ou làcreté de l'urine suffit complétenie^nt, chez quelques malades, pour exciter Faction réflexe que nous venons de décrire. C'est ainsi que la présence d'un corps étranger, tel qu'un petit calcul, une sonde, une injection, etc., etc., combinée avec la sensibilité locale et générale, la constitution et Tidiosyncrasie du malade, pourra déterminer de ces contractions réflexes.
De plus, non-seulement les influences locales agissent sur le calibre de Turèthre, mais il en est de même de Tétat général du système nerveux qui, par son influence sur toutes les fibres musculaires du corps, peut aussi dilater ou resserrer ces muscles en particulier et manifester ainsi la tonicUê ou Tabsence de tonicité. Le froid et la chaleur produisent des efl'ets contraires. Un frisson s accompage d^une diminution du jet de Turine ; et réciproquement, lorsque le corps est relâché parla chaleur, on obser>'e un jK plus volumineux. Li congestion vasculaire interne qui se produit en même temps doit avoir une grande part dans la production de ces symptômes (i). Xous devons par conséquent nous attendre à trouver peu de cas de rétrécissements organiques qui n'aient pas une fois ou lautre subi l'inOuenci' du spasme; l'observation est sur ce point pleinement daccord avec le fait.
Ces remarques nous conduisent tout naturellement à la question que nous devons examiner maintenant : le spasme de l'urèthre se présente-t-il en dehors de l'existence d'un rétrécissement organique antérieur, quelque léger qu'il soit ? Le fait peut avoir lieu peut-être dans des circonstances exceptionnelles ; mais, dans la grande majorité des cas, il existe quelque lésion antérieure. On observe certains cas où la cause du spasme échappe à l'action des sens, et qu'on ne peut expliquer qu'en supposant qu'il prend son origine dans les centres nerveux eux-mêmes, et qu'il est le produit d'une action centrale plutôt que d'une action extérieure. Cette conjecture est tout à fait en harmonie avec ce que nous savons des lois qui gouvernent le système nerveux et avec les analogies qui se présentent dans l'action irrégulière des muscles des autres parties du corps. On peut ranger, sans aucun doute, dans cette catégorie les cas décrits par quelques auteurs comme des exemples de réfrétissemcnt spasmodique pur, qu'ils regardent du reste comme extrêmement rares.
C'est ainsi que s'exprime à ce sujet Sir B. Brodie : a II ne manque pas d'exemples de personnes sujettes depuis longtemps à des accès de rétention d'urine, suites de rétrécissements spasmodiques, quoique dans l'intervalle de ces accès le jet d'urine n'ait pas subi de diminution notable. Nous pouvons en conduire qu'un rélrt»cissement spasmodique peut exister en dehors de toute afl'ection organique actuelle. Cependant il faut reconnaître que
(!) L'exemple suivant est un type qui se retrouve fréquemiuent :
Un policeman, atteint depuis trois ou quatre ans d'un rétrécissement organique peu étroit. t^t plus tard soigné par l'auteur, raconte qu'il faisait son service le matin de bonne heure, et souffrait beaucoup du froid en hiver. La présence de son rétrécissement se faisait sentir surtout à celte période du jour ; au contraire lorsqu'il était réchauffé^ la difficulté d'uriner disparaissait preroue entièrement. Peu après, il fut atteint d'une rétention d'urine opiniâtre, dans une de ces froides matinées, et depuis lors, le rétrécissement se prononça de plu* on plus.
138 DES &ÉTKÉaSSEllEKTS DE L'CRÉTHEK. [Paat. i.
Yexhieuce d'un rétrécissement purement spasmodique se présente rarerement (t). » M. Guthrie dit qu'il n a rencontré qu'on seul cas semblable (2). Tous les deux expliquent le phénomène par le spasme dû à Faction des muscles transverso-urélhraux. John Hunter dit : « qu'il arrive fréquemment que at tissu musculaire se contracte dans différetiis points du canal, au point d'en amener l'oblitération et de faire obstacle à l'écoulement de Turine, dont souvent il ne peut passer une seule goutte (3). » M. Phillips s'exprime ainsi : « En dépit des négations méprisantes de certains auteurs qui nient l'existence des rétrécissements spasmodiques de l'urèthre et des objections qu'ils ont présentées, les rétrécissements spasmodiques existent en réalité, et méritent de fixer l'attention du chirurgien. Parfois, en pratiquant le cathétérisme sur des sujets irritables, on observe que la sonde est comme saisie et maintenue avec force contre les parois du canal, de façonàein- |)écher presque complètement tout mouvement de progression ou de recul 'k). »' Kt plus loin : « Quoique je croie que le siège des rétrécissements spasmodiques se trouve dans la portion du canal si intimement et dans quelqut's cas si complètement entourée par les muscles bulbo-cavemeux et de Wilson, cep<^ndant, sur des urèlhres très-irritables, il n'est pas rare •de trouver un engorgement de la muqueuse assez considérable pour arrêter l'instrument à 5, 8 ou 10 centimètres de l'orifice, et simuler les caractères •d'un vrai rétrécissement. Nous avons vu et recueilli nous-méme des exemples de ces diverses situations, le malade ne présentant aucun autre obstacle que son rétrécissement spasmodique (5). » M. Hancock « croit, contrairement à l'opinion émise par Sir 6. Brodie, qu'une contraction spasmodique des muscles de la vie organique peut se présenter aussi dans la portion antérieure du canal de l'urèthre, môme à 2,5 centimètres de l'orifice et que, <îelte contraction peut avoir lieu primitivement et indépendamment de toute affection spasmodique coexistante dans la portion membraneuse» (6). Il n'est pas nécessaire d'ajouter d'autres témoignages pour confirmer l'existence des rétrécissements spasmodiques et temporaires de l'urèthre. Il est évident cependant, d'après les opinions énoncées ci-dessus, pour •tous ceux qui ont examiné l'historique de cette question, que, tandis que l'existence des rétrécissements spasmodiques de l'urèthre est généralement admise, il existe pourtant peu de clarté au sujet des conditions anatomopathologiques impliquées par ce fait. Comme nous venons de le voir, 8ir B. Brodie et M. Guthrie reconnaissent la nécessité d'un appareil mus- •culaire pour produire le spasme, l'attribuent à l'action du transverse profond, et limitent par conséquent cette action spasmodique à la petite portion du canal, longue d'environ 2 centimètres, située entre les deux feuillets de l'aponévrose moyenne; tandis que d'aulnes auteurs plus récents sont dis-
(i) Sir \\. Brodie, On thc Vrinanj Onjans, h*^ édit., p. 6. (2) riiilhrie, /oc. cU,, p. ^b.
(^3) John Hunier, Œuvres complètes^ t. II de la SyphiliSj trad Riclielol, Paris, 4843, chap. VII, p 362.
ih) Phillips, On thc Vrcthra. p. 131.
(5) Idem, ibid., p. 132-133.
(0) M. Hancock's Lettsomùm Lecture, for 1852.
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posés à attribuer rinfluence 'principale aux muscles de la vie organique qui entourent la totalité du canal. Enfin, quelques auteurs attribuent ce phénomène à l'action spasmodique du bulbo-cavemeux ; mais je pense qu'un petit nombre de ceux qui ont quelque expérience dans le cathétérisme hésiteront à reconnaître que Turèthi-c exerce souvent une action contractile sur un însti*ument avant que celui-ci ait pénétré jusqu'au niveau du muscle. De plus, il est douteux que ce muscle puisse exercer une grande influence sur le calibre de l'urèthre. J'incline à croire que ce pouvoir est peu considérable, à cause de la masse du tissu érectile interposé entre le muscle et le canal. En tout cas, l'influence de sa contraction doit être en partie amortie et difl'use; elle est certainement incapable de produire cette étreinte si énergique qui forme une sensation impossible à décrire, quoiqu'elle soit parfaitement connue de tous ceux qui possèdent des connaissances pratiques sur le sujet. En résumé, il me semble suffisamment prouvé que le canal étant doué de propriétés contractiles dans toute son étendue, •et possédant outre cela un muscle circulaire qui agit spécialement sur un point de son trajet, nous avons la clef 4u phénomène dont il nous reste maintenant à examiner les causes.
Les causes efficientes qui peuvent donner lieu à un rétrécissement spasmodique de l'urèthre sont nombreuses. Nous avons déjà dit qu'elles se divisent naturellement en causes résultant d'une lésion locale, que, pour mettre en accord avec les lois des actions réflexes, nous avons appelées causes excentriques; et en causes, dans lesquelles la lésion locale fait défaut ou n'est pas appi'éciable, et que nous supposons avoir une origine <;entrale. Dans ces dernières se rangent les cas rares de rétrécissements purement spasmodiques, terme qui, quoique bien compris, n'est point correct, s'il est destiné à désigner un cas où l'action spasmodique est pure ^l dégagée de toute complication, tandis qu'il désigne simplement un cas dans lequel la cause efficiente nous a <xîhappé.
Parmi les causes excentriques ou extérieures, il n'en est pas de si commune qu'un rétrécissement organique partiel ; c'est-à-dire que, lorsqu'un rétrécissement permanent préexiste, quelque faible que soit son étendue, le canal peut se rétrécir ou même s'obstruer parfois. D'où, chez ces malades, la diflerence dans le volume du jet, diflerence à laquelle nous avons déjà fait allusion. Si le seul fait du rétrécissement organique peut donner lieu à une contraction spasmodique, ce dont nous n'avons aucun doute, à plus forte raison le lait a lieu quand il s'y ajoute une éraillure ou une ulcération de la mu(|ueuse en ce point. Ces conditions peuvent aussi se ren- ^ contrer en dehors de l'existence d'un rétrécissement ; il peut exister dans l'urèthre une ulcération, une lésion traumatique donnant lieu au spasme; les éraillures provenant de l'usage des instmments sur le canal, comme par exemple des bougies simples ou armées, ou d'instruments tranchants Av tout genre, ou des instruments de dilatation, etc., conduisent au même résultat. Le passage de l'urine sur des surfaces dénudées et sensibles agit <1(» concert avec ces lésions et devient une cause encore plus efficace, si ce Jiquide est altéré. Elle peut être très- acide, ou ammoniacale; celte deniière
ihO DES RCTn£asSEMERTS DE LXRÊTHRC. [Part, i
condition est pire que la première. L'arine peut être seulement plus concentrée que d'habitude : dans tous ces cas, la membrane malade est irritée, et le spasme est fréquent. C^est de cette façon qu*on explique la diminution du jet dans la goutte, coexistence bien établie par les faits. Cependant il est une cause qui n'a pas été suffisamment indiquée, et encore rooiu> expliquée par les auteurs, en partie parce que sa raison d*étre n'était pa> évidente, mais constituait plutôt une simple hypothèse, tant que le fait de la structure musculaire de Turèthre n'était qu'une théorie, et non pas une vérité établie. Il existe une certaine diathèse, connue sous le nom général de diathèse goutteuse, qui présente certains caractères principaux dont les plus marquants et les plus reconnaissables sont les suivants. Ces symptômes se montrent généralement chez des individus appi'ochant de l'âge moyeu (quoiqu'il existe des exceptions à cette règle' , ayant vécu habituellement d'une façon large et sans se refuser rien ; point nécessairement adonnés^ même par occasion, à des exci'S, mais au contraire dont les habitudes peuvent être Irès-régulières, cette régularité comprenant l'usage modéré, mais constant, de toutes les jouissances que peut procurer une table abondamment pourvue. Chez ces sujets, il existe fréquemment une tendance à l'irritabilité excessive de toutes les muqueuses du corps, d'abord marqu«v surtout sur les mu(|ueuses gastro-intestinale et pulmonaire, et principalement sur la première, où elle se manifeste par une dyspepsie acide, à laquelle ces personnes sont sujettes. Il survient une exagération très-marquée dans l'acidité des sécrétions, mais elle est variable suivant les époques. Ainsi, dans les saisons favorables à l'activité des fonctions des oi^ganes excrétoires et s|M*cialenient de la peau, ils ne s'en plaignent pas beaucoup: mais, si la transpiration cutanée est supprimée, les reins et le foie agissent davantage, l'urine devient fort acide, se charge de dépôts analogues à de la brique, et même de matériaux calcaires en quantité considérable. Au printemps, les vents d'est secs et froids affectent péniblement de pareils malades; ils ressentent des douleurs rhumatismales, souffrent de dérangements dans les viscères abdominaux, et les résultats d'une mauvaise assimilation des aliments se manifeste dans l'urine, de la façon que nous venons d'indiquer. Enlin, comme la muqueuse de leurs organes génitourinaires semble posséder, comme les autres, une sensibilité extrême aux agents d'irritation, on trouve fréquennnent le jet d'urine considérablement diminué de volume, quelquefois une difficulté exagérée dans la miction et un besoin plus frikiuenl d'uriner, qui conduisent le malade auprès du chirurgien. Si ce dernier ne considère pas ces symptômes comme appartenant à une affection primitive, mais est conduit, par l'examen du malade, à les regarder comme un signe du dtfaul d'assimilation auquel nous avons fait allusion, il n'aura pas de difiiculté à en venir à bout; tandis que s'il traite seulement l'affection organique locale supposée, il échouera paV les moyens mis communément en œuvre dans de pareils cas, et Turèthre ne retirent aucun l)énéfice des efforts répétés, tentés pour le guérir seulement par un traitement mécanique.
Il est bon de se rappeler que, chez de pareils malades, on doit ivcher-
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cher d'autres signes de la diathèse. Ils n'ont pas toujours, on peut méine dire assez rarement, souffert de véritables attaques de goutte. Cependant ils présentent des symptômes qui ne laissent aucun doute sur la nature réi^lle de l'affection , et qui sont ceux qu'on désigne généralement comme caractéristiques de la maladie dans ses fonnes les moins évidentes. Ainsi on observe fréquemment des palpitations, des agitations la nuit, mais surtout les premières, qui indiquent, avec les autres sjmptùmes que nous avons mentioimés, une tendance marquée à la goutte, et doivent conduire le médecin à examiner d'une Taçon toute spéciale les caractères de l'urine. On remarque fi^équemment une grande irritabilité et une vascularité de la peau, ainsi que la coexistence d'affections éruptives présentant un caractère chronique, psoriasis, acné, etc. Dans quelques cas, la difficulté de la miction est|précédée de la disparition de l'éruption, fait qui n'avait pas échappé à quelques-uns des anciens auteurs qui ont écrit sur les maladies des voies urinaires. Dans d'autres cas, Tinflammation de l'urèthre peut donner lieu à un écoulement puriforme, que Ton peut ranger dans les affections catarrhales de la nmqueuse, de la même façon que le catarrhe qui atteint .si fréquemment les bronches et les narines dépend d'un état inflammatoire de ces organes. La cause première de cet écoulement résulte d'un arrêt de la transpiration cutanée, par suite d'une exposition au froid, tandis que la cause locale immédiate ou déterminante, c'est l'irritation d'une muqueuse présentant une sensibilité exagérée par une urine très-acide. Nous savons qu'un refroidissement peut, de la même façon, déterminer une gastrite subaiguë avec dyspepsie, de la diarrhée, ou simplement une affection de la gorge, ou enfin une irritation de la vessie. L'affection se développe sur la muqueuse la plus faible, suivant l'idiosyncrasie de l'individu.
Les cas que nous venons de décrire se voient rarement à l'hôpital ; on les trouve généralement dans les classes les plus élevét^s de la société. Peutêtre que leur peu de fréquence dans les observations prises à l'hôpital, obser\'ations si importantes pour les recherches, est une autre raison qui explique pourquoi les auteurs ont porté moins d'tittention qu'ils ne l'auraient dû sur les rapports existant entre l'inflammation de l'urèthre et la diathèse urique. Cependant, au point de vue qui nous occupe, ces rapports sont delà plus haute importance pour aider à résoudre un gi'and nombre de phénomènes qu'on a considérés comme anonnaux ou irréguliers. Une nouvelb* preuve de la vérité de cette opinion, relative aux rapports qui existent entre la goutte et quelques affections vésicales et uréthrales, c'est qu'elles s'amendent par le traitement le plus en usage dans les formes les mieux connues et les plus communes de la goutte. Tous les symptômes d'un calcul dans la vessie 'excepté naturellement ceux qui résultent du contact de la sonde avec le calcul, aussi bien que les symptômes de rétrécissements de l'urèthre, peuvent provenir d'un dérangement des organes digestifs, et disparaître par un traitement approprié à ces affections.
Sous la dénomination d'urine altérée, comme cause de spsme, nous devons noter les effets des canlharides, de la térébenthine», des épiées, des condinients, etc., qui tous, probablement par le fait du contact direct, enflam-
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ment le caiial et le rétrécissent. On ne peut pas dire d'une iaçon certaine que le cootaei local direct soit nécessaire pour produire cet effet, puisqu'il peut provenir de l'action du corps irritant sur le système nerveux. Ainsi ou a obtenu les mêmes résultats en appliquant les cantharides sur la peau qu en les prenant à Tinléneur. Ou bien Téliminatioo du principe actif par les urines peut occasionner le spasme, en le mettant en contact direct avec la muqueuse; mode d'action que nos connaissances sur les conditions pathologiques de ces organes, en cas d empoisonnement, nous conduiraient plutôt à admettre en pareil cas. Raisonnant par analogie, nous devons nous attendre à voir certains irritants déterminer la contraction des fibres musculaires involontaires de Turèthre. Ainsi le rétrécissement passager de l'œsophage est bien connu, et sa source spasmodique est Eacile à reconnaître aux. mêmes caractères, c'est-à-dire à son peu de durée.
Je n'ai indiqué jusqu'ici que des causes qui déterminent une irritaticm de l'intérieur du canal, ou qui altèrent l'urine. Mais le spasme musculaire
peut aussi provenir de causes d'irritation existant autre part que dans le système lîénito-urinaire.
V Obstacle à la miction provenant de contraction musculaire sympathique. — La présence d'hémorrhoïdes, et surtout d'hémorrhoïdes enflammées causant du (énesme et des contractions exagérées du sphincter anal, est qurlquefois une cause de spasme. Il en est de même des fistules rectales. Les opérations sur l'anus, particulièrement la ligature des héniorrhoîdes sont fréquemment suivies de rétention d'urine par contraction musculain^ sympathique. La fissure à lanus, cette affection si doulomreuse, ou les ulet*lations enflammées, peuvent également déterminer les mêmes accidents. Les rapports et la sNmpthiequi existent entre le sphincter anal et le Iransversc profond ont déjà été mentionnés (pages 32 et 33) ; de pareils cas ne font que les confirmer. Une complication semblable est résultée de la présence d'un ver solitaire dans l'intestin (1), et aussi d'ascarides dans le rectum, à cause des démangeaisons excessives que procurent ces derniers. Le prurigo de l'anus et des organes génitaux, qui se rencontre surtout chez les personnes âgées, est une cause non douteuse de spasme. Il ne paraîtra [Mis surprenant que les émotions morales puissent parfois influer sur la miction, si l'on se rappelle l'union intime qui existe entit* la vessie, lurèthre et leurs muscles, non-seulement avec les centres cérébro-spinaux, |)ar les nerfs spinaux, mais encore avec tous les autres viscères abdominaux et pelviens, par un al)ondant réseau de fibres nerveuses de la vie organique.
ri) Un exemple de ce genre est relaté dans le Meflical Times du 2G avril 1848. — |T avait été d'abord rapporté par M. Tuffriell dans le Dub'in Médical Press, Ce praticien dit que le malade présentait des symptômes l»ien accusés d'inflammation de la vessie et de rétrécissement de l'urèllue, lorsqu'il vint réclamer ses soins. Il reconnut que rafTcction siéjçeait « au niveau de la portion membraneuse » . Après du repos et un traitement médical, qui semblait fortement indiqué, l'état du malade fut notablement amélioré ; mais apn-fi l'abaurlou du traitement, il survint une rechule. A la fin on soupçonna la présence d'un ver solitaire, on administra le remède approprié, et <• le malade rendit un ver long de 30 pieds». L'observation se termine parce qui suit : « Tous les symptômes antérieurs cessèrent immédiatement; l'urine devint claire et naturelle, et le malade fut bientôt complètement rétabli d'une façon définitive. »
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O système et ses nombreux ganglions propagent les influences et les sympathies qui existent entre ces viscères, de telle façon qu'un organe peut à peine être lésé sans qu'un autre s'en ressente. Quoique ces cas puissent paraître simples à un observateur qui ne les examine qu'en passant, ils^ peuvent résulter d'un manque d'harmonie dans la série des actes nécessaires pour produire le plus de mouvements dans l'économie animale. De temps à autre se présentent des cas qui semblent ne pouvoir admettre aucune autre explication (1). Rarement un rétrécissement de l'urèthre se montre à intervalles périodiques de vingt-quatre ou quarante-huit heures, et cède, après que d'autres moyens ont échoué, à l'administration de la quinine. Un cas pareil est rapporté sous Tautoritéde Sir 6. Brodie dans un mémoire qui a paru dans la Médical Gazette, vol. I, page 107. J'ai eu l'occasion d'observer un cas identique, guéri de la même manière. Le grand caractère qui distingue les phénomènes liés à un rétrécissement musculaire spasmodique, et les sépare entièrement de ceux qui sont liés aux rétrécissements organiques, c'est leur caraclère passager. Les symptômes de rétrécissement peuvent se présenter plusieurs fois, mais il est bien évident parfois que le canal possède sa largeur normale. Ce n'est jamais le cas lorsqu'il existe un rétrécissement organique; la largeur du canal peut varier, mais jamais elle n'atteint le volume normal.
Il est bien évident, quant à ce qui touche au traitement, que l'on pi*endra l'état général du malade eu sérieuse considération et qu'on fera varier le traitement suivant les indic^Uions particulières à chaque cas. Le traitement lcx!al de l'urèthre nest que d'une importance secondaire, souvent inutile, ou mémt» préjudiciable. La première et la principale chose, comme dans toutes les affections spasmodiques, n'est pas tant de rechercher les signes et les symptômes, (|ue la cause des désordres dont la connaissance exacte |)eul seule mettre sur la voie d'un Iraitement heureux. Cette cause doit être recherchée non-seulement du coté des organes génito-urinaires, mais encore dans h\s organes voisins et contigus, et même dans l'état général du sujet. D'une* façon généi^ale, on trouvera que l'altention dirigée du ccMé des fonctions organiques de l'individu, de l'état des sécrétions, et la réfiularité dans le régime» el les habitudes du malade, feront disparaître les sunptômes locaux bien plus ([u'un tniitement plus direct ou spe»cial. Nous trouverons, en parlant du Iraiteinc'ut des rétrécissements organiques, des preuves abondantes de la vérité de ces remarques.
2* Obstacle à la miction provenant d'une inflammation. — J'ai déjà dit que j«' n'emploierai pas h» ternie d<» rétrécissement inflammatoire. De quelle façon rindammation met-elle donc obstacle aux fonctions de l'urèthre ? Je crois que l'indaunnation de l'urèthre ne gène que fort peu ou point la miction, à moins que la prostîite ne soit atteinte. Ainsi, dans la blennorrhagie aiguè, tant que l'action est Imitée, comme au début, à la portion antérieur*' du c^mal, quoique la miction soit douloureuse, il n'existe pas d'obstacle matériel au cours de l'urine. — Plus tard, à la suite d'impru-
(I) Sir A. Coopcr s'exprime ain>i dans ses Lirons : « Mt^me un état crexcitation de Tesprit, ou un rspril tout ontior livré à Télude peut parfois inrtuer à un tel de^c sur le système neneux, qu'il en résulte un rétrécissement spasmodique de Turèthre. »
ihh DES RÉTRÉaSSEMENTS DE LTRÊTHRE [^abt. i.
deDce ou d'un traitement non approprié, ou raéine, chez quelques malades, dans les circonstances les plus favorables, il peut survenir une rêtentioo d'urine qui nécessite T usage de la sonde. L'obstacle ne si^e pas cependaDt dans le point où se rencontrent les véritables rétrédssements, mais près do col de la vessie. Il est en eflet produit par un gonBement inflammatoire dt* la prostate, et je suis persuadé que telle est la véritable condition pathologique de ce que Ton a désigné autrefois sous le nom de rttrécistemtfni inflammntoire. Par exemple, un jeune homme a une blennorrhagie datant de deux ou trois semaines; se trouvant beaucoup mieux, il s*est pmnb d'enfreindre le régime prescrit. Peut-être a-t-il usé de boissons alcooliques oa s'est-il li\Téà un exercice forcé, oua-t-il subi l'influence d'une Tive émotîoD? Tout à coup son jet diminue, les difficultés de la miction augmentent, et il soufl're d'une rétention complète accompagnée de fièvre et d'agitation. L'examen démontre bientôt que tout cela est dû à une prostatite aiguë dont nous parlerons plus en détail en décrivant cette affection. Plus tard, en parlant de la rétention d'urine, nous ferons encore allusion à cette tîon, quoique ce sujet appartienne à l'étude des maladies de la prostate.