OTITE EXTERNE CIRCONSCRITE
Une chute, des secousses violentes sur la tête, l'introduction de liquide dans les oreilles peuvent révéler tout à coup cette
affection, en produisant les symptômes ci-dessus mentionnés. On a signalé des cas d’épilepsie en rapport avec cette maladie.
Traitement.—Si le cérumen n’est pas de consistance trop dure, on peut procéder immédiatement à l'extraction, au moyen de la seringue et de l’eau tiède, aidée au besoin du stylet ou de la pince pour en obtenir la mobilisation. Ces derniers instruments ne doivent être employés qu’en cas de nécessité, après avoir constaté que l'injection ne réussit pas, et encore faut-il user de ces instruments avec le contrôle de la vue.
Dans la majorité des cas des injections tièdes faites avec une bonne seringue suffisent. Si, après quelques injections, le malade accuse de vives douleurs, il faut suspendre la séance et ordonner des instillations d’eau tiède ou d’une solution de bicarbonate de soude au 25.
I1 faut se garder de promettre une guérison au patient, car le cérumen n'est pas toujours la seule cause de la surdité. Lorsque le conduit en est débarrassé, il faut examiner attentivement la membrane du tympan et traiter cette dernière, s’il y a lieu. Il faut assécher le conduit et ordonner de le fermer avec de la ouate pour quelques jours.
ARTICLE IV
Otite externe circonscrite
Cette affection est désignée sous les noms de furonculose, d'otite infectieuse ou d’inflammation folliculaire du conduit auditif externe. Elle est fréquente et siège dans la portion cartilagineuse du conduit, là où il y a des glandes et des follicules. Tantôt elle est superficielle, tantôt profonde, siègeant
près du péricondre. L'étendue de l’inflammation, la profondeur à laquelle elle siège, la portion du conduit où elle se développe, contribuent à donner à la maladie un caractère variable. Règle générale, les douleurs sont vives et d’autant plus violentes que le furonche siège plus profondément. Si la pression de la tumeur sur les parties rigides environnantes cause déjà des douleurs, il est facile de concevoir que les tiraillements du pavillon de l'oreille, l'application du spéculum, la mastication et les mouvements brusques de la tête puissent les augmenter.
C'est ce qui arrive en effet, et c’est pourquoi les malades portent la main à l'oreille et regardent attentivement à leurs pieds afin d'éviter de faux pas qui seraient suivis de secousses douloureuses.
En examinant l’oreille des patients, il faut se rappeler que le spéculum, en augmentant la pression, détermine de violentes douleurs ; il faudra donc procéder à cet examen avec beaucoup de prudence et de ménagements.
Les patients ne manquent pas d’ailleurs de nous avertir que l'oreille est très sensible ; il y a même des cas où cet examen est rendu difficile, soit par crainte exagérée de la part du patient, soit parce que les parois du conduit sont devenues accolées l’une contre l’autre. Le conduit, pour peu que le furoncle soit développé, se ferme, et ce ne serait qu’au prix de peines inutiles que l’on parviendrait à voir le tympan.
En effet, la présence d’un furoncle étant constatée, le but du traitement est d'abord de faire cesser la pression le plus tôt possible ; et l’on peut après une journée ou deux d’expectation explorer le tympan alors que la pression du spéculumn'est pas autant à redouter.
On observe la maladie à toutes ses phases, mais le plus sou-
vent les patients viennent nous trouver après avoir passé une nuit ou deux à souffrir ; c’est le plus souvent au moment où le furoncle a atteint son plus grand développement, c’est aussi au temps où il cause le plus de souffrance. Si la maladie débute et qu’elle soit superficielle, on remarquera d’abord une rougeur assez étendue, puis graduellement elle se limitera à un point circonscrit qui sera l'emplacement du furoncle. Si l'inflammation est plus profonde, les couches externes peuvent garder pendant longtemps leur aspect normal.
C’est d'ordinaire à la paroi antéro-inférieure du conduit cartilagineux que se développe la maladie.
Le gonflement de la peau du conduit augmente graduellement, les parois s’accolent l’une à l’autre et l’on voit le furoncle faire saillie sur la paroi opposée. La couleur de cette saillie varie du rouge foncé au rouge pâle ; arrivé à un certain degré de développement, le furoncle se délimite, pâlit, sa base prend une apparence plus ou moins pédiculée ; on peut alors confondre cette apparence avec celle du polype.
Une exploration à l’aide de la sonde, l’absence de suppuration antérieure de l'oreille moyenne, la nature des douleurs peuvent nous mettre aisément sur la voie du diagnostic. Si la suppuration existe depuis peu, il est possible que le furoncle se soit ouvert du côté interne du conduit auditif, alors que les parois intactes de cette tumeur regardent du côté du méat. Il peut arriver aussi que le furoncle existe en même temps ou peu après l’éclosion d’une otite moyenne catarrhale ou purulente aiguë.
Le furoncle évolue ordinairement dans l'espace de trois à six jours ; plus il est profond, plus la rupture en est tardive.
Après la rupture, les douleurs commencent à disparaître ;
une où le si au bute geur )Oit1t lam-
rder
duit
ellet le ette ain )ase
lors
ent rasoit OIS eut )eu
nte
elles cessent inême complètement lorsque l'ouverture a été grande et que le bourbillon de tissu cellulaire gangrené a pu être éliminé complètement. Dans certains cas, il persiste au niveau de l’ouverture de l’abcès un tissu spongieux, granu-
leux, qui retarde la guérison.
Il arrive aussi quelquefois qu’immédiatement après la guérison d’un furoncle il s’en déclare un ou plusieurs autres. Ce qui se passe alors dans le conduit auditif est en tout point analogue à ce que l’on remarque ailleurs, sur le cou par exemple, où des récidives sont plutôt la règle générale que l'exception. Ces rechutes sont une cause d’affaiblissement et d'excitation nerveuse.
Etiologie.—On a attribué la maladie à un vice constitutionnel, à une nourriture malsaine, au dérangement des voies digestives aux fièvres éruptives, au diabète, à l'application de pommades irritantes, à des irritations mécaniques sur la peau. HUETER en 1874, et depuis PASTEUR, LOWEMBERG et autres ont démontre que la maladie est due ait développement de micro-organismes. Ceci explique pourquoi le furoncle règne quelquefois sous forme épidémique, pourquoi il atteint de préférence les tanneurs, les bouchers, les cardeurs de chiffons et ceux en général qui travaillent dans des milieux où il y a des matières organiques en putréfaction. Le même individu peut en avoir des poussées successives par auto-inoculation ; le diabètique est plus apte à contracter la maladie. Chez ce dernier en effet, les fonctions de la peau ne s’opèrent pas bien, la sueur est gluante et rend la peau plus apte à retenir les micrococcus.
Traitement.—Si cette théorie est vraie, comme elle en a toute l’apparence, le traitement doit consister à tuer le microbe et à prévenir le développement de ses germes. Ainsi donc, aussitôt
qu'un furoncle fait son apparition, il faut se hâter ce l’inciser, d'enlever tout ce qu'il contient et de laver la plaie avec des liquides antiseptiques. On peut espérer par ce moyen enrayer la marche de la maladie et prévenir des auto-inoculations.
En conformité avec sa théorie, Lowemberg proscrit l'emploi des cataplasmes qui favorisent l’accroissement du furoncle et la repullulation de la maladie dans d’autres follicules. Il conseille d'ouvrir l’abcès immédiatement, que ce soit au début ou à la fin de la maladie, et d'introduire dans les lèvres de la plaie et aux alentours une solution alcoolique d'acide borique.
Il n’y a pas de doute que l'ouverture de l’abcès folliculaire est le plus prompt moyen de couper court à la maladie et de faire cesser les douleurs qui tourmentent les malades, mais on a reproché à ce procédé l'inconvénient de favoriser la rétention du cérumen ; de plus il est d’une application très douloureuse. Parmi les autres traitements conseillés, il y a les applications émollientes, des instillations chaudes de la liqueur de VAN SWIETEN, ou de la solution alcoolique d'acide borique.
Lorsque l’inflammation folliculaire a cessé, la sécrétion cérumineuse disparaît, ou il se produit un exsudat squammeux qui détermine de pénibles démangeaisons. Il faut conseiller aux patients de ne pas s’irriter le conduit avec Ges corps durs de toute espèce, cette pratique peut donner lieu à des récidives du furoncle. Pour calmer les démangeaisons, on prescrira avec avantage une pommade à l’acide borique (1 p. 3 de vaseline), il faut avoir soin de ne pas en faire des applications trop fréquentes. Dans le but de prévenir des récidives, et surtout s’il s’agit de sujets diabétiques ou syphilitiques, un aura recours à un traitement interne.
ciser,
c des
rayer
nploi le et Conlébut es de bori-
ilaire et de is on ition use, tions VAN
‘éruc qui aux s de s du avec ne), frétout Lura
OTITÉ EXTERNE DIFFUSE 305
ARTICLE V Otite externe diffuse
L'inflammation diffuse du conduit auditif accompagne souvent le furoncie de cette région, elle peut être due à une irritation locale du conduit, à des tentatives d’extractions de corps étrangers suivies de blessures du conduit. La symptomatologie de cette affection est à peu près la même que celle de l'otite externe circonscrite. La maladie débute par une sensation de brûlure, de tension et de démargeaison dans l’oreille, suivie bientôt de douleurs vives, de bourdonnements et d’un certain degré de surdité. L'affection peut évoluer rapidement et se terminer en quelques jours par la guérison. Le tympan participe à l'inflammation, se congestionne et s’érode. Dès les premiers jours, il se forme une sécrétion séreuse qui devient purulente, muco-purulente, ou teintée de sang. Le paquet de ganglions à la fosse rétro-maxillaire se gonfle, parfois le tympan se perfore et l’inflammation s'étend vers la caisse. Il se forme une desquamation épithéliale qui se mélange à la sécrétion, adhère aux parois du conduit ou est rejetée au dehors. La maladie passe quelquefois à l’état chronique ; la persistance de l’otorrhée a souvent pour cause ure maladie de la caisse qui peut s'étendre à l’apophyse mastoiïde.
Traitement.—Il faut prescrire le repos, éviter tout ce qui peut congestionner la tête, appliquer quelques sangsues au devant du tragus. Pour calmer les douleurs on introduit de petites éponges dans le conduit et de temps à autre on arrose cette éponge avec une solution saturée chaude d’acide borique,
ou une infusion narcotique. On applique de la chaleur sèche
nanas hnmsmtermathetsanamee cmmananenneme.