‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 106 sur 154 · CORPS ÉTRANGERS DU CONDUIT AUDITIF · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS DU CONDUIT AUDITIF

que ie médecin avait confondu avec un bouton de chemise, et qu’il avait tenté d'extraire avec des pinces, comme en faisait

foi une blessure du tympan, au niveau du manche du marteau.

Le meilleur moyen d'enlever un corps étranger dans la plupart des cas, c’est de seringuer le conduit avec de l'eau tiède. Ce moyen devrait être employé même dans les cas où le corps étranger est visible au méat. Il faut pour cela une bonne seringue et ne pas se rebuter si les premiers essais sont infruc-

tueux.

Les corps étrangers qu’on ne peut pas extraire par ce moyen sont ceux qui se gonflent, qui offrent des surfaces irrégulières qui s’enclavent dans les parois du conduit, tels que les morceaux de vitre, Pour extraire ces derniers, il faut avoir à sa disposition plusieurs petits instruments (crochets mousses) qui répondent chacun à des indications particulières. Des crochets pointus (kystotome) sont employés pour enlever des pois et autres substances analogues.

Les instruments aigus doivent être maniés avec beaucoup de précaution, autrement ils peuvent s'implanter dans la peau du conduit et produire des déchirures très douloureuses. Les pinces sont toujours d’un emploi dangereux et réussissent rarement. On peut utiliser la pointe fine d'un galvano-cautère pour enlever un pois, en pratiquant un trou qui permette d’y introduire facilement un instrument approprié. On a proposé aussi de produire une adhésion entre le corps étranger et un tampon de ouate trempé dans une colle forte. $Si le corps étranger est descendu dans la profondeur du conduit ou de la caisse, il peut être nécessaire de procéder au décollement du

pavillon de l'oreille.

Une incision profonde est pratiquée dans la ligne d'insertion

ÉXCSTOSE 309

du pavillon, puis avec le scalpel on isole la portion cartilagineuse que l’on ouvre à son extrémité interne. Le corps étranger enlevé, on referme la plaie avec toutes les précautions antiseptiques requises ; avec un peu de compression sur le pavillon,

la réunion a lieu facilement.

ARTICLE VII

Exostose, carie, nécrose, polypes, cholestéatome

Æxoslose.—1,es exostoses du conduit (fig 151) sont assez fréquentes. Elles sont formées par le développement anormal et partiel du tissu osseux

sur une des parois du conduit. Elles sont

de grosseur varivble, siègent ordinairement

au voisinage imm ‘diat du tympan à la partie postérieure. Leur developpement est 'ig 15 ie .

ie lent. L'étiologie est obscure, cependant on

s'accorde à invoquer diverses diathèses, entr'autres la goutte, le rhumatisme et la syphilis. Une irritation du périoste, une prédisposition par hérédité peuvent aussi y contribuer. Les douleurs sont à peu près nulles, les troubies .'ésultent de bourdon-

nement, de surdité plus où moins prononcés.

Diagnostic.—L'exostose du conduit peut être confondue avec

un polype. L'usage de la sonde révèlera la dureté de la y

tumeur et éclairera le diagnostic.

Le traitement est chirurgical.

On se sert d’un perforateur analogue à ceux des dentistes. Cette opération très délicate exige une certaine expérience des opérations pratiquées à l'extrémité interne du conduit auditif ;

pratiquée à la légère elle peut occasionner les plus graves

310 CARIE, CHOLESTÉATOME, POLYPE

accidents. Lorsque la tumeur est très dure, on utilise les propriétés de l’acide nitrique pour la ramollir, une solution de un pour cent répond à ce but. La carie et la nécrose du conduit sont le résultat d’une otite externe ou d’une inflammation de l'apophyse mastoide. La sonde fera reconnaître s’il existe des points ramollis ou rugueux.

Les points malades se recouvrent de granulations ou de polypes et les parois du conduit se gonflent.

La marche de la carie et de la nécrose est très lente, surtout dans les affections constitutionnelles,

Traitement.—Il faut enlever les points nécrosés, et l’extraction du séquestre peut réclamer des incisions pour faciliter. sa sortie. Après l’ablation, il faut curetter les points cariés, les granulations qui les recouvrent et faire suivre cette opération de nottoyages antiseptiques. |

Cholestéatome.—C'est une tumeur perlée, se développant surtout dans les oreilles qui ont déjà été le siège de suppuration chronique. Il s'établit une exfoliation d’écailles épidermiques qui s’amassent dans le conduit, subissent la dégénérescence graisseuse et produisent ‘es désordres variés. La compression qui détermine cette tumeur cause des douleurs ; son développement a lieu souvent aux dépens des structures osseuses environnantes et devient alors une source de danger. (Voir complications des otites suppuratives.)

Le traitement consiste à enlever ces accumulations aussi complètement que possible. Pour les ramollir, on peut utiliser une solution de bicarbonate de soude dans l’eau ou la glycérine.

Polypes.—Quoique les polypes soient visibles dans le conduit auditif, ils originent généralement de la caisse du tympan, et trouvent plus naturellement leur description au chapitre consacré aux complications de l’otite suppurative chronique.

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