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CHAPITRE VIII EPISTAXIS

Sous le terme d’épistaxis on doit entendre toute hémorrhagie nasale, non seulement celles qui s’écoulent goutte à goutte, mais aussi les plus profuses et les plus abondantes.

Etiologie.—IL,'épistaxis résulte de causes diverses. Il survient à la suite de traumatismes, de mauvais état constitutionnel, de

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troubles de la menstruation et d'un état morbide des tissus du nez.

Les causes /raumatiques sont les plus fréquentes et les mieux connues : les coups de poing, les chutes sur le nez produisent la rupture de quelques vaisseaux du septum, au point où les différentes pièces qui le composent se réunissent.

L'hémorrhagie est due plus rarement à une fracture de la base du crâne. Enfin les diverses opérations qui se pratiquent dans le nez, telles que ablation de tumeurs, opération de la cloison, ou de la muqueuse des cornets, sont autant de causes traumatiques d’hémorrhagie.

Les causes constitutionnelles sont : la pléthore, l’anemie, l’hémophilie, le purpura hémorrhagique, les maladies du foie, du cœur, des reins, la fièvre typhoïde et la pneumonie.

Les {roubles menstruels sont des causes fréquentes d’épistaxis. Elies ont lieu à l'époque de la puberté et de la ménopause. JoAL (1) dans un travail très élaboré, appuyé sur des faits incontestabies, a démontré qu’il existe un épistaxis qu’on peut qualifier de génital.

En effet, cette hémorrhagie est commune en rapport avec l’irritation, la congestion des organes génitaux chez l’homme et la femme. Lorsque l’épistaxis se déclare chez des jeunes sujets de 10 à 15 ans et même plus tard, à des heures fixes, le matin, au réveil, ou le soir après le coucher, il faut suspecter des habitudes de masturbation.

Parmi les...{ons locales déterminant l'épistaxis il y a les érosions de la cloison, surtout celles qu’on rencontre au pourtour de la perforation du septum, les 16oplasmes, et parmi ceuxlà, les tumeurs fibreuses ou angiomateuses.

(1) Rev. mens. du laryngologie, 1888,

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Symptômes. —Le siège de l’hémorrhagie est variable, mais

au on le rencontre plus souvent dans le septum, près du plancher Jl des fosses nasales (BAUMGARTEN). ar!

L'épistaxis est plus ou moins abondante, c'est un écoule- qu ment de sang, goutte à goutte, ou une hémorrhagie abondante 80 et continue, Le sang est artériel on veineux, coagulable ou non, dans ce dernier cas il faut craindre un état constitutionnel ot diathésique. L’'hémorrhagie occupe généralement un seul j' côté à la fois, quoique le sang puisse s'échapper par les deux q narines. et L'épistaxis survenant chez les sujets phéthoriques peut être considéré comme salutaire, la tension artérielle trouve une sou- ti pape de sureté dans le nez. Il faut veiller cependant à ce que s

ces hémorrhagies ne soient pas trop fréquentes ni trop abondantes, elles affaiblissent, et conduisent à la syncope. Lorsque les malades perdent connaissance, l’épistaxis cesse généralement, mais le sang peut continuer à couler dans le pharynx et il y a 1à un danger qu'il faut surveiller de près. Malgré la difficulté d’inspecter le nez dans ces cas, il faut s’efforcer de

tiouver le point d'où part l’hémorrhagie afin de pouvoir la

contrôler plus facilement.

Traitement. — Iorsque le point hémorrhagique est bien déterminé, il faut le toucher avec le nitrate d'argent fondu à l'extrémité d’un stylet. Les injections ou les poudres astringentes d’alun et de tannin rendent service dans quelques cas, ainsi que des injections de cocaine à 4 p. c., des injections tièdes dans le nez, de la glace sur le cou, et plusieurs autres procédés populaires mis en usage fréquemment.

Lorsque le point hémorrhagique n’a pu être établi et que les autres moyens suggérés ci-dessus ont échoué, il faut recourir

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