‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 142 sur 154 · CHAPITRE IX CORPS ETRANGERS ET TUMEURS DU NEZ · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX CORPS ETRANGERS ET TUMEURS DU NEZ

Les corps étrangers sont de nature très variable, les plus communs sont les pois, les fèves, les boutons. Un examen attentif des fosses nasales les fera reconnaître.

Leur séjour prolongé dans les fosses nasales détermine une rhinite muco-purulente et peut être le point de départ de lésions graves.

Pour les enlever on peut utiliser des pinces appropriées. Un moyen simple qui donne de bons résultats est celui qui consiste à introduire une curette mousse en longeant le plancher des fosses nasales ; arrivé en arrière du corps étranger, on abaisse le manche de la curette et on tire à soi.

Rhinolite.—Lorsqu'un corps étranger est resté longtemps dans le nez, il se dépose à sa surface des produits salins qui

deviennent le point de départ d’un calcul appelé rhinolite. Ces calculs, par leur développement excessif, peuvent causer un gonflement du nez et de la face.

Le rhino-sclérome est caractérisé par le développement dans les couches profondes de la membrane muqueuse ou les téguments des ailes du nez externes, de plaques dures et épaisses,

La pression détermine peu de douleurs. La maladie apparair sous forme de nodules ronds, de consistence dure, qui projètent sur la peau. Maladie incurable.

Polypes muqueux.—De toutes les tumeurs qui se développent dans les fosses nasales, les polypes muqueux comptent ‘armi les plus fréquentes. Ce sont des tumeurs bénignes, molles, transparentes, pédiculées, de forme globuleuse, d'aspect grisâtre ou gris rosé. Elles s’implantent rarement sur la muqueuse par une large surface, leur volume peut varier jusqu’à atteindre la grosseur d'un œuf de poule. Les polypes peuvent exister en norbre considérable, leur point d'implantation est variable, cependant ils siègent de préférence sur les cornets moyen et supérieur et au pourtour de l’hiatus sémilunaire. Ils se développent quelquefois, mais rarement, dans les sinus maxillaires, frontaux, sphénoïdaux et ethmoidaux.

D'après ZUCKERKANDL les polypes sont le résultat d’une hypertrophie exagérée de la muqueuse du nez.

Symptomes objectifs.—Il est rare que les polypes se développent au point de distendre le squelette osseux du nez,

l’aspect extérieur du nez fournit donc peu de renseignements à ce sujet, il faut examiner les fosses nasaies. Les polypes sont quelquefois visibles à l'ouverture des fosses nasales, d’une manière permanente ou d’une manière passagère sous l'influence d’un temps humide ; le fait d'éternuer ou de moucher les chasse ai: dehors.

En écartant les narines avec

le spéculum on aperçoit des saillies gris sale ou rosées qui obturent les méats inférienr ou moyen ou les deux à la fois.

En y portant un stylet, on constate qu’elles sont molles, fluctuantes, mobiles, Si on

Fig. 181 ordonne au malade de souffler Duplay-Reclus :

Polype Nasal par le nez, la tumeur se déplace

d'elle-même, ou en la soulevant avec le stylet, on donne momentanément accès à l’air. Lorsque la tumeur siège profondément en arrière, on peut constater par la rhinoscopie postérieure qu'elle fait saillie dans le pharynx nasal.

Symptomes objectifs. —Pendant longtemps, le malade n’accuse que des symptômes de coryza chronique, il sent le besoin de se moucher souvent et ne réussit pas à souhait à rétablir la respiration nasale, de là, la nécessité de dormir la bouche ouverte. L’odorat et le goût sont diminués ou abolis,.

Dc; désordres multiples peuvent survenir du côté des voies lacrymales, de la conjonctive, de l'oreille moyenne, il peut survenir des accès d'asthme, de migraine, de névralgie. Il survient de l’inaptitude aux travaux intellectuels.

La durée des polypes est à peu près indéfinie, ils se développent lentement, et après avoir atteint un volume considérable, ils peuvent, par la compression qu'ils exercent sur eux-mêmes, s'atrophier en partie et s’éliminer au dehors pour faire place à de nouvelle poussées de la tumeur.

Fig 182

Le traitement est chirurgical, c'est-à-dire qu'il consiste à dés truire le polype soit par des moyens chimiques où à l’aide d'instruments. Parmi les substances chimiques employées

notons en première ligne l’acide

“ chromique. On peut détruire

complètement un polype à l’aide de cet agent en ayant soin toutefois de limiter l’action caustique à la tumeur. Ce mode de traitement est long et doit être plutôt réservé à cautériser les pédicules.

Nous en dirons autant du galvano-cautère. Parmi les méthodes opératoires il y a l’arrachement à l’aide de pinces, l’excision avec le serre-nœud à anse galvanique ou froide. L/arrachement est abandonné avec raison à cause des douleurs qu'il provoque et des accidents qu'il peut causer. L’excision avec l’anse galvanique est justifiable de tous les reproches adressés aux instruments qui dépendent de l'électricité, le courant

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