‹ Traité pratique des maladies des yeux, des oreilles, du nez et du pharynx [microforme]Chapitre 21 sur 154 · CHAPITRE XII Maladies du pharynx · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII Maladies du pharynx

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Il faut placer le patient dans un endroit bien éclairé, en évitant toutefois la lumière directe du soleil qui provoque des ét! . 'ssements, des reflets gênants sur la cornée, et une contr. ‘ on spasmodique des paupières.

Certains renseignements, fournis par l'attitude et l’aspect du malade, peuvent circonscrire rapidement le champ du diagnostic et réduire l'exploration de l’œil à l'examen d’un petit nombre de symptômes. (Cependant, pour être bien fixé sur la nature et la cause d’une maladie, il faut porter son attention, non seulement sur l’endroit désigné comme étant malade et sur les symptômes décrits, mais aussi, jeter un rapide coup d’œil d'ensemble sur les différentes parties qui constituent le globe de l’œil et ses annexes.

Chez les enfants, qui ne parlent pas ou qui ne donnent pas toujours une idée exacte de ce qu’ils ressentent, chez ceux qui simulent la maladie, ou qui ne jouissent pas du plein exercice de leurs facultés intellectuelles, il est très utile de pouvoir se passer des renseignements oraux ; d’un autre côté, pour le diagnostic des affections oculaires, l'examen objectif joue le principal rôle.

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Démarche et attitude du patient

Quand un patient marche droit, la tête haute, roulant des yeux qui paraissent sains extérieurement, sans fixer aucun objet ; quand il s’avance en tâtonnant, en relevant les jambes d'une manière exagérée ou désordonnée, il est probable qu'il s'agit d’une affection du fond de l'œil. Ceux qui au contraire marchent d’un pas lent, la tête basse, en faisant un abat-jour de leur main, sont plutôt atteints de cataracte sénile. La figure contractée, grimaçante, larmoyante indique une inflammation aigüe de la cornée ou de l'iris.

L'apparition d’images doubles, (diplopie) oblige certains patients à pencher la tête de façon à faire abstraction de l'image fautive ; la même chose se remarque dans certains cas d’astigmatisme où le patient cherche, par ce moyen, à annuler l’action gênante d’un méridien défectueux de la cornée.

Dans le même ordre d'idées, STEVENS a signalé la forme particulière que prennent le sourcil et la face dans l’hétérophorie. (1)

Le clignement des paupières a souvent lieu chez les myopes. I1 suffit quelques fois de constater la démarche toute particulière d’un ataxique pour éveiller l'attention sur la nature probable de la lésion oculaire. Nous pouvons en dire autant des bouffissures de la face, que l’on rencontre chez les cardiaques et les albuminuriques ; des éruptions cutanées de nature scrofuleuse, ou syphilitique.

Les patients qui tiennent leur bouche entr'ouverte sont atteints soit de tumeurs adénoïdes, d’amygdales hypertrophiées ou de rhinites hypertrophiques qui offrent des PAR intimes avec les affections oculaires.

(1) Annales d'aculistique, 1822.

L'état des dents : la carie où une certaine conformation décrite par HUTCHINSON, fournit des indications précieuses pour le diagnostic et le traitement des kératites. Une tuméfaction localisée à l’angle interne des paupières indique bien souvent une affection des voies lacrymales.

Examen des paupières

On constate si l'ouverture de la fente palpébrale est d'égale étendue des deux côtés, si elle est diminuée ou exagérée. On observe si les plis de la paupière sont effacés, s’il y a gonflement partiel on généralisé, s’il y a rougeur et douleur à la pression.

Les œdèmes intéressant toute la paupière se rencontrent au cours des conjonctivites graves, des choroïdites suppuratives, des inflammations aigües du sac lacrymal et des abcès de la paupière.

Les rougeurs et les œdèmes partiels se rencontrent de préférence au bord libre des paupières, au cours de la blépharoadénite, au début de l’iritis, de la kératite suppurative. Le gonflement provoqué par le chalazion intéresse surtout la partie moyenne de la paupière supérieure.

Les érosions que l’on remarque aux angles externes de l’œil, indiquent des affections conjonctivales anciennes. La peau de la paupière inférieure et de la joue est souvent le siège de ces sortes d’érosions, causées par l'écoulement constant d'une

secrétion irritante.

En passant la main au niveau des sourcils, de la glande lacrymale et du bord ciliaire il est facile de constater s'il y a tumeur ou points douloureux. En pressant au niveau du sac on peut s'assurer s’il y a retention de pus ou de muco-pus, Il faut examiner soigneusement l'implantation des cils: les cils

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déviés sont souvent la cause de kératites. La paupière peut être renversée en dedans (entropion), renversée au dehors (ectropion), entraînant avec elle le point lacrymal inférieur.

Une paupière qui reste ouverte, lorsque l’autre se ferme indique une paralysie faciale ou des cicatrices vicieuses. Une paupi ui, sans être fermée complètement, reste basse ou plus basse que l’autre annonce souvent la présence de granulations sur la conjonctive palpébrale. Enfin une paupière complètement fermée, sans gonflement, indique une paralysie de la troisième paire.

Examen direct de l'œil

L'examen du globe de l’œil doit d’abord porter sur la conjonctive. Son état de vascularisation doit être l’objet de la plus minutieuse attention. Les vaisseaux sont-ils tortueux, superfciels, vont-ils en s’élargissant de la conjonctive bulbaire à la conjonctive du cul de sac, il s’agit d’une simple conjonctivite ; au contraire s’ils sont droits, profonds et limités au pourtour de la cornée, ils indiquent plutôt un iritis ou une kératite.

L'injection est-elle partielle ou généralisée, la transparence de la conjonctive est-elle diminuée, les glandes de MEIBOMIUS sont-elles visibles, existe-t-il une sécrétion pathologique, la muqueuse est-elle œdématiée? L’appréciation exacte de ces différents points est absolument nécessaire à un bon diagnostic. La cornée exige aussi une inspection minutieuse. Il faut établir son degré de transparence, constater les anomalies de sa courbure ; s’il existe des opacités il faut en déterminer la nature.

L'éclairage oblique, l’examen à la loupe, la réflexion de l’image d’une fenêtre sur la cornée doivent venir en aide au besoin.

On passe successivement en revue la chambre antérieure et l'iris.

La chambre antérieure est-elle augmentée ou diminuée de profondeur, contient-t-elle du pus, des masses cristalliniennes ? L'iris peut être changé de couleur, il peut y exister des productions pathologiques : la #upille peut être dilatée ou contractée, sa réaction à la lumière peut être abolie. La couleur de la pupille peut être jaune, verte, blanche, grise ou ambrée et indiquer soit une tumeur intra-oculaire, du glaucome ou une cataracte, Za fension exagérée de l’œil annonce un glaucome.

I1 faut observer les dimensions du globe de l'œil, sa position dans l'orbite. On examine la position relative des deux lignes visuelles pour constater s’il existe des désordres musculaires.

Examen des yeux chez les enfants

Il est préférable de faire tenir l’enfant par un assistant et de placer la tête entre les genoux du médecin.

Après avoir essuyé l'extérieur de l’œil s’il y a des sécrétions, on écarte les deux paupières à l’aide des deux pouces, en pressant légèrement sur le bord ciliaire, pour ne pas ectropionner les paupières. Une pression exagérée sur le globe oculaire pourrait avoir pour conséquence une perforation brusque de la cornée dans un cas d’ulcération profonde.

Si en découvrant la cornée, on constate la présence de pus ou

. de mucosités, il faut en faire le nettoyage en instillant quelques

gouttes d’eau, et en essuyant avec du coton absorbant. Des filaments de mucus, collés sur la cornée, pourraient faire croire à la présence de lésions cornéennes qui n’existent pas. Lorsqu'il existe une violente photophobie, il est quelquefois nécessaire de recourir à l'emploi d’un écarteur approprié.

Fig. 1.

Ecarteur des paupières.

Examen de la conjonctive palpébrale supérieure

Pour faire cet examen, il faut renverser la paupière supérieure de la manière suivante : au moment où Je patient regarde en bas, on saisit les cils entre le pouce et l’index de la main gauche, on attire la paupière en bas, et avec l'index de la main droite on bascule le tarse.

Examen fonctionnel de l'œil

Aux examens externes qui précèdent il faut adjoindre au besoin celui du fond de l’œil avec l’aide de l’ophtalmoscope. On détermine par ce moyen l’état de la rétine, du nerf optique, de la choroïde, du corps vitré, du cristallin et de la réfraction. L'examen de la réfraction, de l’acuité visuelle, du champ visuel et du seus chromatique complète les notions qui sont indispensables au médecin pour asseoir un diagnostic sur des bases solides. En ajoutant quelques questions relatives à l’état général de la santé, à la profession, à la marche, la nature, et la durée des phénomènes observés, on saura dans quel sens il faut plus particulièrement diriger les recherches ultérieures. Si un patient n’accuse qu’une fatigue des yeux, pendant le travail, ou un affaiblissement de la vue, sans inflammation ni autre symptôme extérieur, c’est surtout à l'exploration des parties profondes de l’œil qu’il faut avoir recours.

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