CHAPITRE X MALADIES DE LA CONJONCTIVE ARTICLE
Hynérémie de la conjonctive
Symptomes objectifs. — I,'hypérémie marque le début de
toutes les conjonctivites. Les vaisseaux deviennent turgescents
et visibles sur le globe oculaire, ils sont plus gros, plus flexueux qu'à l’état normal, (fig. 2) la conjonctive des culs de sac est 4 rouge au lieu d’être rose ou jaunâtre. La présence d’un plus grand nombre de vaisseaux a pour effet d'augmenter l'épais- | seur de la muqueuse et de masquer les glandes de MEIBOMIUS. | La sécrétion n’est autre qu’une augmentation du liquide des 4 larmes, à laquelle se mêle une transsudation séreuse. Le il |
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matin au réveil, on remarque, à l'angle interne, une matière jaunâtre, granuleuse, friable, qui n'amène pas d’'adhérence entre les paup'ères.
l'ig. 82 1 Injection épisclérale ; 2 iniection conjonctivale ; 3 injection conjonctivalc et épisclérale ;
La conjonctive palpébrale prend une apparence légèrement veloutée, on y remarque de petites saillies terminées en pointe, serrées les unes contre les autres et constituées par des papilles hypertrophiées. Cet état n'offre rien de commun avec les granulations conjonctivales, et n'apparaît même que dans les cas marqués d’hypérémie.
Lorsque l’hypérémie existe depuis longtemps, qu’elle est passée à l’état chronique, l'injection bulbaire pâlit et se localise vers les culs de sacs.
Symptomes subjectifs : les malades éprouvent une gêne, une sensation de sécheresse, de corps étrangers dans l’œil, les paupières sont lourdes; sous l'influence de la lumière artificielle, le malade éprouve une tendance au sommeil, le
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travail prolongé est difficile, le vent, l'air vicié, la fumée du tabac exaspèrent ces symptômes.
(L'étiologie ct le traitement seront indiqués dans l'article suivant.)
ARTICLE II Conjonctivite catarrhale
Les symptômes de la conjonctivite catarrhale sont l'exagération de ceux que nous venons de décrire à propos de l’hypérémie de la conjonctive.
Symptomes objectifs : la conjonctive oculaire offre une teinte rouge très prononcée, les vaisseaux se rendent jusqu’au bord de la cornée en s’amincissant graduellement. La muqueuse est gonflée, œdématiée, surtout vers les angles, par suite d’une suffusion séreuse dans le tissu cellulaire sous-jacent. Il en résulte une saillie prononcée, un bourrelet péricornéen qui peut recouvrir une partie de la cornée. C’est le chésnosis séreux qui diffère du chémosis charnu de l’ophtalmie purulente par sa couleur, sa consistance et son pronostic. Le chémosis séreux est pâle, presque transparent, il est mou, se laisse déprimer par les paupières, et cède facilement à des incisions qui laissent échapper un liquide séreux. Le chémosis charnw, au contraire, est d’un rouge vif, d’une consistance marquée, il est tenace et fait courir de grands risques à la cornée. L’infiltration séreuse de la conjonctive détermine des tiraillements sur les vaisseaux, des déchirures et de petites ecchymoses mal délimitées. Il n’est pas rare de voir, autour de la cornée, de petites élevures à sommet grisâtre, érodées, qui sont dues au pincement de la conjonctive entre les paupières. L'injection qu’on remarque, au pourtour de la cornée,
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doit être différentiée de l'injection sous-conjonctivale, qui appartient aux maladies de l'iris et de la cornée. Cependant les deux injections peuvent coexister (fig. 82) et il faut en tenir compte pour le traitement.
La séerétion dans ce cas-ci n’est pas seulement le liquide des larmes, mais bien une sécrétion pathologique, chargée d’'albumine, elle est filante, grasse au toucher ; le mucus y est abondant ainsi que les cellules épithéliales. Ce liquide devient de plus en plus consistant, accole les paupières pendant le sommeil, et le matin, les cils sont réunis par faisceaux distincts. L'écoulement du liquide sur la joue y détermine des excoriations, ainsi que dans la région des angles de l'œil, les glandes ciliaires peuveut participer à l'inflammation. Les excoriations sont surtout fréquentes chez les enfants qui ont
la peau fine et l’épiderme peu résistant.
Le liquide de la conjonctivite catarrhale peut être inoculé sur une conjonctive saine, c’est ce qui explique la propagation de la maladie à plusieurs membres d’une même famille.
Symptomes subjectifs.—Sensation de cuisson, de sécheresse, de corps étrangers dans l'œil, enfin les symptômes exagérés de l'hypérémie. Le matin, les patients éprouvent de la difficulté à ouvrir les veux. Les troubles de la vue résultent de
mucosités ou de masses épithéliales qui passent sur la cornée,
et produisent des franges irisées autour des lumières et des
obscurcissements passagers.
Etiologie.—I,2: causes d’hypérémie et de conjonctivite catarrhale sont, en première ligne, la contagion et l'habitation de logements humides. Ce sont encore des courants d’air, des refroidissements, des variations brusques de température,
comme on en voit surtout au printemps et en automne, les éma-